jeudi 5 septembre 2019

Crash du Rio-Paris : Les juges ordonnent un non-lieu pour Airbus et Air France. Jugement qui vient de tomber ce matin. Avant lui, un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière à paraître


Le crash du vol Rio-Paris : la justice à la rescousse d’Airbus

04 Septembre 2019
Le 1er juin 2009, le vol Air France 447 Rio-Paris s’abîmait en mer au large du Brésil. Sur 216 passagers et 12 membres d’équipage de l’A330-200, il n’y eut aucun survivant.

Mais comme la justice se hâte lentement dès que de gros intérêts sont en jeu, il a fallu dix ans avant qu’elle ne s’apprête à rendre sa décision sur l’affaire. En outre, il semble qu’elle s’oriente vers un non-lieu pour Airbus et Thalès, pourtant mis en cause dès le lendemain du drame, en n’accusant qu’Air France.
C’est ce qu’a requis le parquet de Paris cet été. Il a considéré qu’aucune « faute pénale en lien causal avec l’accident ne peut être imputée au constructeur ». Cela a provoqué l’indignation des familles et proches des victimes qui viennent de répliquer en produisant un document accablant pour Airbus et son équipementier Thalès. Il concerne les sondes Pitot, trois petits appareils situés à l’extérieur du fuselage pour mesurer la vitesse de l’avion. Or sur le vol AF 447, ils avaient tous givré et donc fourni des indications erronées aux navigants, ce qui avait provoqué le décrochage fatal de l’appareil.

Ce document intitulé « Expertise d’une sonde Pitot » date de novembre 2004. Élaboré pour Thalès, qui fabrique des sondes Pitot AA, il notait qu’au bout de 10 000 heures de vol en moyenne, celles-ci connaissaient des dysfonctionnements du fait du givre. Ainsi, en 2008 – un an avant la catastrophe du Rio-Paris, dont les sondes affichaient 19 000 heures de vol ! – on avait noté une recrudescence de tels « incidents » : onze en un an, dont huit pour Air France.

Alors que le moindre incident aérien et a fortiori accident est censé faire l’objet d’une enquête et d’un suivi très stricts, Airbus, qui connaissait ces problèmes, se serait arrangé pour que l’autorité de surveillance de la sécurité du ciel en Europe, EASA, n’interdise pas les sondes incriminées.

Quant au parquet, son réquisitoire « règle en cinq lignes » la question des sondes, s’indignent les proches des victimes, dont les représentants s’étonnent que la trace même des fameuses sondes ait disparu du dossier judiciaire !

À l’heure où les ventes de Boeing, le concurrent d’Airbus, connaissent un gros trou d’air du fait de crashs répétés de son B737 Max, il semble hors de question pour les juges de faire de l’ombre au constructeur européen en reconnaissant qu’il ne fait pas mieux que son rival américain en matière de sécurité. Et pour la même raison : la course au profit, aussi meurtrière dans les cieux que sur terre.

                           Pierre LAFFITTE (Lutte ouvrière n°2666)



Drame de Lyon-Bonnevay-Villeurbanne, La récupération écœurante d’un drame


… Mais avec l’intervention des témoins, loin de l’ordure xénophobe, un autre visage, réjouissant celui-là, de l’humanité

 
Lors d'une manifestation à Lyon

 Le drame qui s’est déroulé samedi à la gare routière et au métro Laurent Bonnevay, à Villeurbanne, a déclenché une polémique odieuse. Sous prétexte que l’agresseur est un réfugié afghan, le Rassemblement national et la droite par la voix d’Eric Ciotti, ont distillé leurs poisons xénophobes et islamophobes.
     La folie meurtrière qui a frappé cet Afghan révèle surtout les violences psychologiques que subissent certains réfugiés. Cet homme a fui la guerre en Afghanistan, traversé clandestinement la moitié du globe livré aux passeurs, erré à travers l’Europe et vivait dans un foyer à Vaulx-en-Velin. Il y a certainement de quoi avoir l’esprit dérangé !
     Ce fait divers a aussi montré un autre visage, réjouissant, de l’humanité. C’est le courage et le sang-froid des témoins, en particulier un chauffeur de bus, qui sont intervenus pour maîtriser le forcené sans le lyncher. Il aura peut-être échappé aux xénophobes que le chauffeur est un lyonnais d’origine maghrébine !

Fraude sociale, urgences, féminicides... Sur LCI-midi, dans le débat, la présence de Jean-Pierre Mercier

Violences subies par les femmes


Un Grenelle de la parlotte



Alors que 101 femmes sont mortes sous les coups de leur compagnon ou ex-compagnon depuis le 1er janvier 2019, le gouvernement lance à son de trompe son Grenelle sur les violences conjugales qui va être l’occasion pour des ministres et sous-ministres de s’auto-promouvoir en pérorant sur le sujet.
Quant à la réalité de la lutte contre les féminicides et les violences faites aux femmes, le budget actuel est d’à peine 79 millions d’euros. Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat chargée de la condition féminine, s’est bornée à annoncer la création d’un numéro de téléphone national et d’un fond d’un million d’euros alors que plusieurs associations ont chiffré à un milliard d’euros la somme nécessaire pour mettre en place des mesures élémentaires de protection des femmes en danger. On est donc très, très loin du compte.

Argenteuil, femmes : contre les violences, les parlottes… et la réalité à Argenteuil


La réalité dans une ville populaire pourtant de 115000 habitants !



L’actualité nous montre que la question des « violences faites aux femmes » devrait être une des priorités de l’action publique. C’est pour cela qu’après 2014, nous avons agi à notre mesure pour le maintien à Argenteuil d’une véritable Maison des femmes.
         Aujourd’hui, en septembre 2019, cette Maison est en très grande difficulté. Si elle n’a jamais bénéficié du nombre d’agents communaux nécessaires pour une véritable action continue d’ampleur, actuellement elle en est arrivée à une situation qui ne peut plus lui permettre de fonctionner. Sa responsable ayant eu un accident est arrêtée pour de longues semaines de ce fait, il n’y a plus qu’une seule personne pour faire vivre la Maison. Par ailleurs, dans le cadre des bouleversements de l’espace Dunant en vue de la construction d’une nouvelle école, les ateliers de la Maison des femmes qui se tenaient dans la salle Ambroise Croizat auraient lieu désormais dans la Maison des femmes elle-même, ce qui, au vu de son espace réduit, pose d’énormes problèmes.
         Ce n’est plus possible, la Maison des femmes doit vivre, la municipalité doit prendre les mesures d’urgence qui s’imposent. DM

On nous informe. Et heureusement qu’il y a de telles associations, et de telles initiatives…

Le mouvement Femmes Solidaires organise aujourd’hui jeudi 5 septembre au Figuier blanc une projection-débat autour du film “Papicha”, projeté en avant-première en partenariat avec le cinéma Le Figuier Blanc et le lycée Jean Jaurès...
Ce film qui évoque les sombres années 1990 à Alger fait écho aux espoirs que suscite le contexte de ces derniers mois en Algérie... Il permettra aussi le rappel de la campagne "Génération non sexiste" de Femmes Solidaires et l'actualité du Grenelle contre les violences faites aux femmes....
Au plaisir de vous retrouver ce jeudi 5 septembre à 14 heures.

Argenteuil : élections municipales de mars 2020, notre petite chronique (8). Aussitôt installés, les panneaux aussitôt démontés…


Serait-il tombé dans le panneau ?

Les mêmes en 2019... mais problème : c'est à 6 mois des élections municipales

Il n’y avait pourtant pas longtemps qu’ils avaient été installés mi-août, avenue Gabriel Péri, ces fameux panneaux de propagande municipale ! Ils n’étaient tout de même pas réservés seulement aux habitants d’Argenteuil qui n’étaient pas partis en vacances en août ?
         En tout cas, ces très nombreux panneaux ont été retirés fissa ces derniers jours.
         Comme nous le pressentions, un problème de légalité en lien avec les prochaines élections municipales de mars 2020 concernant les maires sortants ?
         Il n’y avait personne pour conseiller la municipalité ? Pas de « cabinet » ? Ses membres à se dorer la pilule sur les plages, en lisant un bon polar ?
         Ah l’amateurisme quand tu nous tient !

mercredi 4 septembre 2019

Et pendant ce temps-là des femmes sont tuées


Une société fondée sur les inégalités et les oppressions de toutes sortes.



Samedi 30 août, une femme a été assassinée par son compagnon. C’est la centième depuis le début de 2019, qui risque de battre le sinistre record de 2018 où 121 femmes avaient ainsi été tuées.
Fin août à Paris, des manifestants ont dénoncé ces crimes et l’inaction du gouvernement. Depuis que ce dernier a annoncé ce qu’il appelle un « Grenelle des violences faites aux femmes », 27 d’entre elles ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint : une tous les deux jours.
Une preuve quasi quotidienne de la barbarie de cette société fondée sur les inégalités et les oppressions de toutes sortes.


On nous informe


Le mouvement Femmes Solidaires organise demain jeudi 5 septembre au Figuier blanc une projection-débat autour du film “Papicha”, projeté en avant-première en partenariat avec le cinéma Le Figuier Blanc et le lycée Jean Jaurès...
Ce film qui évoque les sombres années 1990 à Alger fait écho aux espoirs que suscite le contexte de ces derniers mois en Algérie... Il permettra aussi le rappel de la campagne "Génération non sexiste" de Femmes Solidaires et l'actualité du Grenelle contre les violences faites aux femmes....
Au plaisir de vous retrouver jeudi 5 septembre à 14 heures.



Médef : « confessions de grands patrons, laisse-béton ! »


Quand le patronat parle des inégalités



C’est dans le très chic 16ème arrondissement de Paris, à l’hippodrome de Longchamp, que le Medef, principal syndicat patronal, a fait sa rentrée en débattant sur le thème… des inégalités.
Le chef du Medef a admis que « la prospérité n’a pas été équitablement répartie ». Difficile de le nier quand on parle devant un parterre de patrons qui en connaissent un rayon en matière d’exploitation.
C’est donc sans surprise qu’ils ont ovationné Sarkozy, invité de la fiesta patronale, quand il leur a déclaré que la « recherche de l’égalité ne va pas dans le bon sens ». Et ses amis les grands patrons y sont pour quelque-chose.