jeudi 23 mai 2019

RATP : répression à l’encontre de militants


Ratp-Bus : la direction tente l’intimidation

Mardi 21 mai, au dépôt de bus de Croix-Nivert situé dans le 15e arrondissement de Paris, de nombreux conducteurs étaient en grève contre la convocation en procédure disciplinaire pouvant aller jusqu’au licenciement de deux militants connus de la CGT : Cemil et Michael.



Un rassemblement a commencé dès 6 heures devant le dépôt, avec le soutien de cheminots, postiers, de l’union locale CGT et de travailleurs d’autres dépôts de bus, du métro et de la maintenance. La CGT, le syndicat SAT, Solidaires, le Parti communiste, et des représentants de La France insoumise et de Lutte ouvrière ont pris la parole.
La direction reproche aux militants CGT un « harcèlement moral d’ambiance » à l’encontre d’une quinzaine de cadres et maîtrises du dépôt de bus. C’est la première fois que ce motif est avancé. Il n’est donc pas question de menaces, d’insultes ou de fautes dans leur travail. Pour baser son accusation, la direction a mené une enquête interne durant un an et demi. Lors des entretiens disciplinaires, il a juste été possible de consulter une partie des 270 pages du rapport d’enquête. Les témoignages tournent autour d’un état de souffrance des membres de l’encadrement quand les militants CGT viennent les voir pour faire respecter les conditions de travail, les règles de fonctionnement, les noms des cadres « en souffrance » étant masqués pour soi-disant éviter des représailles.
C’est bien d’une criminalisation de l’activité syndicale qu’il s’agit. Cette cabale organisée par la direction ne vise qu’à affaiblir une section CGT revendicative, et bien entendu les travailleurs avec. La direction a un délai pour donner sa décision mais chacun s’attend à ce qu’elle poursuive la procédure en envoyant les deux militants au conseil de discipline de la RATP, seul habilité pour les sanctions lourdes comme le licenciement.
Vers 11 h 30, la direction a fait intervenir les CRS dans le dépôt pour expulser les manifestants. Avant cela, les non-grévistes ont dû quitter la cour du dépôt où ils côtoyaient les grévistes, pour être entassés dans la salle du personnel. Lors de l’évacuation par les CRS, un manifestant ayant reçu un jet de gaz lacrymogène en pleine figure a dû être emmené aux Urgences. L’accès du dépôt était ensuite impossible, gardé par les CRS.
Bien que choqués des méthodes violentes de la direction envers les travailleurs, beaucoup n’en sont pas surpris. La matraque et l’accusation de « harcèlement moral d’ambiance » montrent que la brutalité est du côté de la RATP. Sa direction voudrait avoir les coudées franches pour gérer les dépôts en sous-effectif, traiter les travailleurs comme des pions qui n’ont rien à dire. Avec la future ouverture à la concurrence du réseau bus, elle craint les réactions des travailleurs que ces militants syndicaux tentent de préparer.

                                            Correspondant LO (Lutte ouvrière n°2651)

Argenteuil, « projet Héloïse », un maire totalement gêné aux entournures


S’il ne veut pas l’entendre, nous le lui répéterons sans cesse

 
Nous y reviendrons, mais le maire d'Argenteuil semble ne rien y comprendre à l’impressionnisme. Il préfère le cubisme ?

La municipalité a beaucoup d’humour, en tout cas, un certain humour. Alors que dans l’enquête publique portant sur l’avenir de son projet Héloïse, la conclusion est claire et nette : avis défavorable, en particulier sur sa dimension de remise en question de l’environnement, elle titre le dernier numéro de son mensuel qui vient de paraître : « Agir pour l’environnement ».
         Très gêné aux entournures, le maire d’Argenteuil, par ailleurs, a bien été obligé de consacrer ce qui fait fonction d’éditorial dans ce magazine, à ces avis défavorables.
         Nous n’aurons de cesse dans les semaines qui viennent de revenir sur le camouflet que vient de subir le maire d’Argenteuil.
         Présentement, et pour commencer, nous voulons dénoncer le fiel et la calomnie déversés dans le passage suivant : « Le projet actuel est, à l’origine, celui de la précédente municipalité, qui s’est déchirée à ce sujet et le reste encore. Nous avons fait le choix de le reprendre et de l’améliorer… ».
         Ce projet n’a jamais été « celui de la précédente municipalité ». Il a été celui de Philippe Doucet, qu’il a fait partager peut-être à quelques-uns de ses proches, mais jamais à l’immense majorité des conseillers municipaux de sa majorité. Philippe Doucet l’a concocté dans le plus grand secret avec la directrice générale adjointe dédiée à l’urbanisme. En conséquence, la municipalité précédente dont nous faisions partie ne s’est jamais « déchirée » à ce sujet. C’eût été le cas, si nous avions été au courant, et pour ma part, je l’aurais quittée si cela avait été le cas.
         Calomniez, il en restera toujours quelque chose… et ce n’est même pas sûr.
         En tout cas, le camouflet que les conclusions de l’enquête publique viennent d’affliger au maire d’Argenteuil vaut totalement pour son prédécesseur. (À suivre) DM

Depuis l’annonce de ces conclusions, nous recevions de nombreuses marques de sympathie de la part d’habitants, conscients que sans le travail collectif contre le projet, où nous avons pris toute notre part, nous n’en serions pas là aujourd’hui, avec toutes les espérances que nous pouvons avoir.

mercredi 22 mai 2019

Élections européennes, la grande confrontation sur LCI : les interventions de notre camarade Nathalie ARTHAUD

Macron en campagne… de bobards


Bonimenteur 1er, roi de la Macronie


Fauteuil princier

À quelques jours du vote, Macron s'est fendu d'une interview à la presse régionale pour se porter au secours sa candidate en perdition. Et il vante son bilan.
« Chômage au plus bas », dit-il : cela remplira d'aise les plus de 6,5 millions de personnes sur les listes de Pôle emploi.
« Le pouvoir d'achat n'a jamais augmenté de cette manière », explique-t-il : Macron oublie de dire que c'est sous la pression des mobilisations populaires des gilets jaunes qu'il a consenti à quelques mesures freinant la dégradation du niveau de vie, sans toutefois que cela permette de mieux remplir les caddies.
« Les emplois industriels sont recrées », prétend-il : c'est une claque donnée à la figure des travailleurs d'Arjowiggins, de Ford, dont les usines ferment et à tous ceux qui s'inquiètent des menaces de fermetures comme ceux de Général Electric (ex Alstom) en ce moment.
Il n'y a qu'en direction de la bourgeoisie que Macron tient ses promesses. Et avec zèle.




Ce soir, sur France 2, débat avec Nathalie ARTHAUD à 22 heures

Des chaises en plastique suffisent (voir plus haut)


Vincent Lambert : sauver quelles vies ?


Pour ces gens-là, il y a vie et vie


La mère de Vincent Lambert, catholique traditionnaliste

Les médecins de Vincent Lambert, plongé dans un coma irréversible depuis son accident il y a plus de dix ans, avaient estimé que le maintenir artificiellement en vie n'avait plus aucun sens. Mais une décision judiciaire vient de sursoir à l'arrêt des soins.
Cette décision a provoqué une explosion indécente d'enthousiasme, à l'image de ce l'on peut entendre lorsqu’un but est marqué lors d'un match ! Cette poignée d'ultra-religieux, qui exulte et utilise ce drame douloureux pour afficher son « attachement à la vie » est la même qui défend la peine de mort, qui bénit les armes et les boucheries guerrières quand elle n'appelle pas à des guerres qu'elle baptise de « saintes ».
Ces intégristes ont manifesté devant l'hôpital de Reims. Mais on ne les entend guère protester contre la diminution des budgets des hôpitaux, la fermeture de lits hospitaliers et les suppressions de postes de personnel soignant. Pourtant cela met beaucoup de vies en péril.

Argenteuil : rénovation de la salle des fêtes Jean Vilar ! sauvegarde de l’île Héloïse ! maintien de l’espace Héloïse dans le domaine public !


Il s’obstine. Le combat des Argenteuillais continue



D’une manière incognito pour la population, la municipalité a tenu une conférence de presse hier matin suite aux avis défavorables tenus pas le commissaire enquêteur sur les points « inondations » et « question environnementale » de l’affaire Héloïse. Il semble ressortir de cette conférence que la maire d’Argenteuil a la volonté de maintenir son cap qui risque de le mener droit… dans le mur.
         Dans les deux mois, une mission environnementale devra rendre son avis, que l’on peut raisonnablement imaginer conforme aux conclusions de l’enquête publique. Si ce n’était pas le cas, si elles lui étaient alors favorables, Georges Mothron envisage d’amender son projet… On peut imaginer totalement à la marge. Dans tous les cas, les délais s’allongent pour lui. N’oublions pas qu’il affirmait que son projet serait totalement réalisé dès 2019 !
         Pour notre part, nous maintenons nos objectifs : abandon total du projet Fiminco, rénovation de la salle des fêtes Jean Vilar, sauvegarde de l’île Héloïse, maintien de l’espace Héloïse dans le domaine public !
         Dans cette ténébreuse affaire, notre force est celle des habitants. Nous continuerons à les informer et à les mobiliser. D’autant plus que les élections municipales approchent, et qu’elles seront l’occasion d’un véritable referendum sur le sujet. Dominique MARIETTE


Pour info, l'article du Parisien-95 de ce matin que nous commenterons demain

 

Éducation, Argenteuil contre la loi Blanquer, le combat continue


Attention au feu qui couve sous la cendre



Nous nous sommes retrouvés à une soixantaine devant la sous-préfecture d’Argenteuil ce midi pour continuer à demander l’abandon de la loi Blanquer, une loi de guerre contre l’École publique et ses personnels. Certains diront que c’est peu. Mais comme je l’ai souligné lors de ma prise de parole, si l’on fait le compte de tous ceux qui se sont mobilisés, à telle ou telle occasion, depuis des mois, ce sont des centaines et des centaines d’enseignants d’Argenteuil qui  ont participé, avec le soutien de milliers de parents, comme en témoigne le succès des multiples appels à l’organisation de journées « écoles mortes » sur la localité.
         Après des années et des années de reculs et de dégradation de l’École publique, cela est la preuve que quelque chose est sans doute en train de s’inverser. Il faut qu’au repli sur soi, les liens collectifs se ressoudent et le remplace. Au manque ou aux limites actuelles de l’information si nécessaire, ces liens permettront la seule information qui compte, l’information de bouche à oreille, celle des réunions, informelles et syndicales. Il faut que l'organisation collective prenne le pas sur l'individualisme.
         Les pas de deux de Blanquer de ces dernières semaines, même s’il maintient pour l’instant son cap, ne peuvent qu’être mis en rapport avec ces changements qui s’aperçoivent dans les profondeurs du monde de l’Éducation nationale.
         Oui, le combat continue, et une nouvelle fois, la soixantaine de professeures des écoles (il y avait une AVS et quelques garçons !) qui ont pris le temps de se rassembler hier midi, ce sont eux qui ont eu raison. DM

mardi 21 mai 2019

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 20 mai 2019


Contre le camp du grand capital, pour celui des travailleurs : votez pour la liste conduite par Nathalie Arthaud et Jean-Pierre Mercier



Dans quelques jours, nous serons conviés à élire les députés au parlement européen. Les politiciens des partis de gouvernement nous disent que voter pour leur liste serait un vote « utile ». À entendre les uns, il faudrait voter « utile » contre Macron, pour Bardella-Le Pen, c’est-à-dire pour une liste qui prétend améliorer le sort des classes populaires… en les divisant, en dressant les travailleurs français contre les étrangers. À en croire les autres, il faudrait voter « utile » contre Le Pen… et donc pour la liste macroniste.
Nous n’avons pas à choisir. Ni Macron, ce président des riches. Ni Le Pen, qui s’exhibe en Italie aux côtés de tous les dirigeants xénophobes et antiouvriers d’Europe, comme ceux qui, au pouvoir en Autriche, permettent aux patrons de faire travailler les salariés jusqu’à 60 heures par semaine.
À chaque élection, les partis de gouvernement demandent aux travailleurs de voter pour eux. Mais tous se placent sur un même terrain : ils ne remettent pas en cause le système économique dans lequel nous vivons. Dans ce système, les véritables décisions ne se prennent pas aux élections, mais dans les grandes familles bourgeoises, dans les conseils d’administration des grandes entreprises. On le voit en ce moment avec les différents plans de suppressions d’emplois. Carrefour en annonce près de 3 000. Auchan vend 21 magasins et supprime près de 800 emplois ; la famille Mulliez, qui en est propriétaire, a augmenté sa fortune de 25 % en un an. La multinationale Ford ferme son usine de Blanquefort et licencie ses 800 salariés. Dans les trois cas, ni le parlement européen ni le parlement français n’ont été consultés ! La dictature économique des capitalistes se moque bien des élus et des élections.
Les élections ne changent pas la vie des travailleurs. À plus forte raison dans le cas du parlement européen : bien malin qui pourrait dire ce que cette assemblée change effectivement ! Les élections permettent de dire ce qu’on a sur le cœur. S’abstenir, c’est laisser d’autres parler à notre place. Alors ne nous laissons pas voler notre voix.
Pour les travailleurs, le seul vote utile, c’est le vote ouvrier. Dans ce scrutin du 26 mai, avec la liste de Lutte ouvrière, conduite par Nathalie Arthaud et Jean-Pierre Mercier, les travailleurs peuvent exprimer clairement leur identité de classe.
Ses candidates et ses candidats sont des ouvriers, des employés, des techniciens, des cheminots ou des enseignants. Ils savent ce que vivre avec des salaires ou des pensions modestes signifie. Ils connaissent l’intensification des rythmes de travail, les horaires décalés, la précarité et les restructurations permanentes.
Cette liste milite pour l’augmentation générale des salaires, des pensions et des allocations, et leur indexation sur les prix. Pas un salarié ne devrait gagner moins de 1800 euros net par mois.
Le gouvernement prétend que le chômage baisse, mais 5,6 millions de personnes sont inscrites à Pôle emploi. Pour s’attaquer à ce fléau, il faudra interdire les licenciements et répartir le travail entre tous. Comment accepter que des entreprises bénéficiaires puissent se débarrasser de salariés ?
On nous dit qu’il n’y a pas d’argent pour les Ehpad, pour les urgences hospitalières et pour les services publics. Comment se fait-il que certains puissent, quand il s’agit de restaurer Notre-Dame, débourser 100 ou 200 millions d’euros ? Oui, il y a de l’argent dans notre société. Mais contrairement à ce que dit Macron, il ne ruisselle pas du haut vers le bas, mais il est aspiré du bas vers le haut. Il faut donc que les travailleurs contrôlent les comptes des entreprises et les fortunes privées.
Pour imposer ces revendications, il faudra des luttes massives et puissantes du monde du travail. Il faudra remettre en cause la domination du grand capital et l’exproprier. Cela ne se joue pas dans une élection. Mais il est possible d’y affirmer son appartenance au camp des travailleurs et sa volonté de s’opposer à la dictature du grand capital. La seule liste à dire que les travailleurs, qui font fonctionner toute la société, doivent affirmer leurs intérêts matériels et politiques, est la liste de Lutte ouvrière. C’est la seule liste à dire qu’ils doivent diriger la société, l’organiser et la faire fonctionner pour les besoins de la collectivité, et non pour une minorité de privilégiés.
Le 26 mai, votez pour la liste de Lutte ouvrière.

Information

Contre la loi Blanquer,
Rassemblement à 12 heures aujourd’hui mardi
Devant la Sous-préfecture d’Argenteuil