jeudi 9 mai 2019

Collèges en Val d’Oise : à Argenteuil comme dans d’autres villes, un retard de mises en chantier


Des décisions de construction bien tardives

 

Nous avons évoqué hier la perspective de la construction d’un dixième collège à Argenteuil dans les années qui viennent, alors qu’il en faudrait au moins deux, d’autant plus que l’augmentation de la population de la Ville avance à grands pas, résultats des multiples programmes de construction privée en cours de réalisation.
         Interrogée à l’occasion de cette annonce par Le Parisien-95, la vice-présidente en charge de l’éducation au sein du conseil départemental du Val d’Oise a déclaré quelque peu ingénument : « À Argenteuil, le taux de remplissage est en moyenne de 95 % dans les neuf collèges de la ville, souligne Virginie Tinland. Dans certains, il est à 100 %. Il était indispensable de construire un collège ».
         « Dans certains, il est à 100 % » ! Effectivement, cela crée une situation intenable. Mais alors, des centaines d’élèves supplémentaires vont devoir y être tout de même scolarisés d’ici la construction de ce seul dixième collège, car les programmes immobiliers que nous évoquons n’ont pas attendu ou n’attendront pas les rentrées scolaires 2022 ou 2024 (puisque les deux dates de mises en service sont avancées) pour être achevés.
         Quelle est la solution prévue par le conseil départemental pour faire face à cette situation intenable, pour les élèves et les enseignans ?

mercredi 8 mai 2019

Éducation nationale : des revendications multiples : salariales certes, mais pour l’amélioration des conditions de travail, et le refus de la loi Blanquer


Une journée importante de grève et de manifestation demain

 
                                                        Photo Le Dauphiné libéré

A la veille de la grande journée de grève de la fonction publique de demain, Blanquer aurait fait des promesses d’augmentation de salaires à une délégation des « Stylos rouges », un mouvement informel qui s’est développé parallèlement à celui des Gilets jaunes sur les réseaux dits « sociaux ». Si cela se faisait, cette augmentation serait à mettre au crédit de la forte mobilisation qui secoue le monde de l’Éducation depuis des mois à l’échelle du pays, à laquelle de nombreux enseignants et militants syndicaux ont contribué.
         Ils attendent que ces promesses se concrétisent. Mais leurs revendications vont bien au-delà d’une augmentation salariale totalement légitime. Elles portent sur leurs conditions de travail et celles de leurs élèves. C’est pour cela que les actions unissent enseignants et parents. Sur les promesses de Macron cette fois sur les effectifs, un article extrait du dernier numéro de notre hebdomadaire Lutte ouvrière. 

Écoles : encore des promesses sans moyens 

acron s’est engagé à dédoubler toutes les grandes sections des écoles en zone prioritaire et à plafonner l’effectif des classes de la grande section au CE1 à 24 élèves, partout, à partir de 2020.
Dans les jours qui ont suivi la conférence de Macron, Blanquer, le ministre de l’Éducation, a seulement évoqué la création de 2 000 postes par an. Or, selon un calcul du journal Les Échos, il faudrait environ 10 000 postes pour parvenir à l’objectif fixé par Macron. Autant dire qu’il y a loin de la promesse à la réalité.
Macron s’est aussi engagé à ne plus fermer d’écoles sans le consentement du maire. Blanquer a rajouté, lui, qu’il y aurait toujours des fermetures de classes, qui selon lui sont inévitables.
Tant mieux si certaines classes peuvent fonctionner avec 12 ou 24 enfants au maximum car, depuis le dédoublement des CP, les enseignants et les parents ont pu constater l’amélioration des conditions d’apprentissage. Mais, à supposer que le gouvernement tienne sa promesse, il tentera de le faire au détriment des moyens consacrés aux autres niveaux dans le primaire, au collège ou dans les lycées. La réalité que vivent aujourd’hui beaucoup de parents et d’enseignants, c’est une aggravation des conditions d’enseignement. Les banderoles contre les fermetures de classes et d’écoles que l’on peut voir dans de nombreuses villes en témoignent. Les mesures annoncées par Macron ne permettront pas, dans la plupart des cas, une véritable amélioration, car pour cela il faudrait y consacrer des moyens à la hauteur des besoins, qui sont énormes : il faudrait plus de personnels, plus de locaux, et donc plus de moyens financiers. Tout cela, Macron ne l’envisage absolument pas.

                                                                Inès Rabah (Lutte ouvrière n°2648)

Amiante : des victimes condamnées par la justice


Préjudices d’anxiété contre profits

 


36 anciens salariés d’Honeywell - Allonne près de Beauvais vont être contraints de rembourser les 8 000 euros que la justice avait condamné leur employeur à leur verser en 2016 au titre du préjudice d’anxiété.
La Cour d’Appel de Douai qui a émis cette sentence s’appuie sur une argutie juridique : au moment où ils ont été licenciés, les salariés avaient signé une renonciation à tout recours en justice… Alors qu’à la date de leur licenciement, le préjudice d’anxiété n’existait pas juridiquement : il n’a été introduit qu’en 2010 !
Ceci, alors que leurs quelque 400 anciens collègues de Bosch (les deux entreprises n’en faisaient qu’une jusqu’en 1990), qui eux aussi ont lancé une procédure similaire, mais sans avoir signé de renonciation, sont en passe de gagner. Et que, tout récemment, le préjudice d’anxiété vient d’être élargi par la Cour de Cassation à tous les travailleurs exposés à l’amiante !
Exposés à l’amiante toute leur vie professionnelle, soumis à l’anxiété d’y laisser leur peau ensuite, voilà les travailleurs condamnés...
Pour protéger les intérêts des capitalistes, le système judiciaire a plus d’un tour dans son sac !

Le désert médical en France : 8 millions de personnes concernées


Qu’elle prenne le sujet à « bras le corps »… N’y comptons pas !

 


Huit millions de personnes vivent en France dans un « désert médical », faute de généralistes et plus encore de spécialistes à moins de 45 minutes de chez elles.
C'est dangereux pour leur santé et c'est scandaleux pour un des pays les plus riches de la planète.
La ministre de la Santé parle de « prendre le sujet à bras-le-corps » et elle énumère quelques mesurettes. Mais elle n'envisage pas un instant de faire que les personnels de santé, à commencer par les médecins, soient tenus d'aller s'installer partout où l'on en a besoin.
Ce ne serait pas extraordinaire : l'État le fait déjà pour les enseignants. Et surtout, ce serait normal car c'est la collectivité, par le biais de la Sécurité sociale, qui paye les longues et coûteuses études des futurs médecins.

Argenteuil : collège construit demain, avec retard, là où il en faudrait au moins deux de plus


Le nombre de collégiens explose, la construction suit loin derrière

 


Le conseil départemental du Val d’Oise qui a en charge la gestion des collèges prévoit d’en construire un de plus à Argenteuil. On ne sait pas trop si cela se fera à l’horizon de la rentrée 2022 ou deux ans plus tard.
         En tout cas, non seulement il est urgent qu’il soit construit, mais il en faudra encore au moins un ou deux de plus dans les années qui viennent, au vu de l’essor démographique en marche sur Argenteuil.
         Il y a un élément supplémentaire qui a de quoi inquiéter. Pour les dirigeants du conseil départemental, il semble normal de construire des collèges pour 700-750 élèves, et d’agrandir à ce niveau des collèges existants.
         Il y a quelques années, on considérait pourtant que des structures de 500-550 élèves étaient bien la limite maximum pour qu’elles fonctionnent correctement. Et cela est d’autant plus vrai dans les quartiers populaires, tel celui du Val-Notre-Dame où il est prévu de construire le nouveau collège.

Argenteuil, incendie de Notre-Dame, une subvention bien discutable


Il faut toujours raison garder

 


Nous avons oublié lors de nos brèves concernant le dernier conseil municipal d’évoquer la subvention qui a été votée à l’unanimité en faveur de Notre-Dame.
         On comprend que quelques jours après l’incendie, ces messieurs-dames aient été dans l’émotion. Mais tout de même, 10 000 euros, ce n’est pas un peu exagéré ?
         D’autant plus, que ce ne sont pas les richissimes donateurs qui ont manqué, histoire entre autre de se faire un petit coup de pub. Chacun se souvient du sketch Pinault-Arnault et de leur « si tu donnes 100 millions, j’en donne 200 » !
         Pour revenir à Argenteuil, à la suite du tremblement de terre du Népal d’avril 2015 qui a fait plus de 8000 victimes et qui a eu des conséquences économiques et sociales dramatiques, le conseil municipal avait voté une subvention de 3000 euros. Il est vrai qu’il avait répondu positivement à une demande associative.
         Mais pour Notre-Dame, on aurait très bien pu laisser Pinault, Arnault et consorts, sortir seuls leur volumineux carnet de chèques.

mardi 7 mai 2019

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 6 mai 2019


Elections européennes : votez Lutte ouvrière !



Le 1er mai, malgré les incidents et les interventions policières, les manifestations ont été plus fournies que l’an dernier, preuve s’il en était besoin que les annonces de Macron n’ont convaincu personne. On a vu le ministre Castaner dans ses œuvres. D’abord pour transformer la manifestation parisienne en un camp retranché, où les milliers de policiers ont multiplié les brutalités contre les manifestants. Ensuite, en expliquant que certains d’entre eux auraient attaqué un service de réanimation à la Pitié-Salpêtrière.
C’était une grossière tentative de manipulation. En réalité, les seuls à attaquer l’hôpital sont… Macron, Philippe et Buzyn. Privés de moyens, les services craquent de partout. La grève des urgences hospitalières, commencée à Paris, s’étend.
Le gouvernement prépare maintenant une réforme des régimes de retraite. Avec l’augmentation de la durée de cotisation nécessaire pour une pension à taux plein, l’âge légal de départ à 62 ans deviendra une fiction. De plus en plus de salariés devront poursuivre leur activité, et ceux qui ne le pourront pas auront une retraite de misère. Avec la retraite par points, les salariés qui ont eu des carrières hachées, des périodes de chômage et de temps partiel, verront également leur retraite amputée.
Jeudi 9 mai, les salariés de la fonction publique sont en grève contre la précarisation des emplois, la baisse de leur salaire réel et l’introduction de ruptures dites conventionnelles, qui sont des licenciements à peine déguisés.
Les travailleurs doivent continuer à dire leur colère et à exprimer leurs revendications. Et les élections européennes du 26 mai prochain peuvent en être l’occasion.
Les partis de gouvernement voudraient résumer le scrutin à un affrontement entre, d’un côté les pro-Union européenne (UE) comme Macron, la droite et le PS ; et de l’autre, les anti-UE comme Le Pen-Bardella et tous les candidats souverainistes.
C’est un faux débat. Les travailleurs n’ont certes rien à attendre de l’UE : elle a été construite par et pour les capitalistes, et non pour les travailleurs. Elle n’a évidemment pas aligné, par le haut, leurs conditions de travail et leurs salaires.
Mais le chant entonné par le chœur des pleureuses souverainistes est mensonger. Car si l’UE n’a pas amélioré la condition ouvrière, ce sont les États nationaux qui l’ont dégradée. C’est Macron qui a mené l’an dernier une réforme ferroviaire pour céder le réseau aux groupes privés. C’est lui qui veut aujourd'hui vendre Aéroports de Paris. Ce sont Valls puis Macron qui se sont attaqués au Code du travail pour détruire les droits des salariés. Ce sont les gouvernements français qui ont créé des déserts médicaux, baissé les APL, supprimé les emplois aidés, augmenté la CSG ou désindexé les retraites par rapport aux prix. C’est Hollande qui a mis en place le CICE, ce cadeau fiscal aux entreprises de 20 milliards par an, et même 40 en 2019. Et c’est Macron qui a supprimé l’impôt sur la fortune.
Et derrière les politiciens, c’est le grand patronat qui a commandé toutes ces décisions. Alors, désigner l’UE comme seule responsable ou vanter le Frexit revient à exonérer les politiciens et les capitalistes français.
La liste présentée par Lutte ouvrière, et conduite par Nathalie Arthaud et Jean-Pierre Mercier, refuse cette fausse opposition.
Elle affirme que pour préserver nos conditions d’existence, il faut augmenter les salaires, les pensions et les allocations, et les indexer sur les prix.
Contre le chômage, il faut interdire les licenciements et créer des emplois, en répartissant le travail entre tous, sans perte de salaire. Carrefour veut supprimer jusqu’à 3000 emplois. Auchan veut se débarrasser de 21 magasins et de leurs 700 salariés. Pourquoi ceux-ci devraient-ils faire les frais des décisions de la famille Mulliez, propriétaire du groupe et cinquième fortune française ? Combien celle-ci a-t-elle empoché ces dernières années, grâce à leur travail ? Avec les usagers et les consommateurs, les salariés doivent pouvoir contrôler les comptes des entreprises.
La liste de Lutte ouvrière est une liste de travailleurs qui exprime ce que doivent être aujourd'hui les objectifs de leur classe. Elle affirme que le monde du travail doit s’en prendre à ses vrais ennemis, le grand capital et ses représentants politiques.
En votant Lutte ouvrière le 26 mai, vous affirmerez haut et fort que le camp des travailleurs doit faire entendre ses exigences.

Nathalie Arthaud, en débat sur LCI hier