dimanche 21 avril 2019
Éducation et société : l’École rattrapée par le pourrissement social. Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière de cette semaine
Saint-Denis
: l’école rattrapée par le pourrissement social
Depuis le début de l’année, des
incidents plus ou moins graves se multiplient dans les établissements scolaires
de Saint-Denis. Le lycée Paul-Éluard est devenu le théâtre de bagarres de
bandes rivales des cités de la ville.
La veille des vacances d’hiver,
un enseignant a été tabassé aux portes du collège La Courtille. Le 12 mars,
jour de la rentrée, une quinzaine d’individus se sont introduits dans le lycée
Paul-Éluard, armés de marteaux et de battes pour frapper un élève. Et le 11 avril
une enseignante du collège Elsa-Triolet a été menacée avec un pistolet à billes
par un élève de 15 ans, extérieur à l’établissement.
Dans les médias, les journalistes
évoquent la violence à l’école, mais ces faits sont surtout les révélateurs
d’une violence sociale endémique dans les quartiers populaires de Saint-Denis.
La dégradation du niveau de vie des classes populaires s’est accompagnée d’une
dégradation des services publics. Ainsi, l’antenne de la Banque de France pour
les surendettés a fermé, la poste, le service de la CAF ou celui des impôts
sont complètement saturés. La CAF ferme souvent ses portes pour traiter les
dossiers en retard.
Avec la fin des contrats aidés et
faute de subventions, de nombreuses associations de quartier ont diminué leurs
activités ou ont fermé leurs portes. Touchées également par une baisse des
subventions, les associations sportives ont dû également réduire leurs
activités. Et elles sont indispensables pour recréer le lien entre les jeunes
des différents quartiers.
Pire, les services qui
s’adressent spécifiquement à la jeunesse connaissent une pénurie de personnel
et de moyens. Il faut aujourd’hui un an d’attente pour une prise en charge dans
un centre médico-psychologique. Pour qu’un enfant de trois ans soit pris en charge,
après avoir été signalé à l’Aide sociale à l’enfance, il faut attendre parfois
deux ans ! Dans ces conditions, les assistants sociaux, déjà en
sous-effectif, ne savent souvent plus vers qui se tourner. Quant à la santé,
c’est aussi le désert. Cette ville jeune de 110 000 habitants n’a qu’un médecin
scolaire. Il faut attendre parfois plus d’un an pour avoir un rendez-vous avec
un orthophoniste. Tout cela aggrave bien sûr l’échec scolaire et le sentiment
d’exclusion d’une partie de la jeunesse.
À cela s’ajoute le chômage, qui
touche de plein fouet les jeunes les moins diplômés. Et il n’est pas étonnant
que, dans ces conditions, le commerce de la drogue y soit florissant : en
quelques années, le nombre de points de deal s’est multiplié dans la ville,
avec pour corollaire la présence d’armes en tout genre et l’aggravation de la
violence.
Alors, l’école que d’aucuns
voudraient « sanctuariser », devient la caisse de résonance de cette
dégradation sociale. Il est évident que le problème dépasse largement celui des
moyens alloués à l’éducation. Mais ce service public, comme les autres, subit
aussi depuis plusieurs années des suppressions de postes. Depuis 2012, au
collège Elsa-Triolet par exemple, les effectifs ont augmenté de 100 élèves
alors que les heures d’enseignement ont diminué de 10 %. Et la loi
Blanquer prévoit encore de supprimer des postes.
Parents d’élèves et enseignants
mesurent bien qu’il faut se battre à un tout autre niveau que celui de
l’école : c’est pourquoi l’idée d’un plan d’urgence pour la Seine-Saint-Denis
est de plus en plus reprise dans les manifestations.
Aline URBAIN (Lutte ouvrière n°2646)
Libellés :
Education
Temps de travail : la réduction de la journée de travail, plus que jamais à l’ordre du jour
La réduction de la journée de travail : un
combat
Le 17 avril 1919, l'Assemblée
nationale en France votait la loi sur la journée de travail de huit heures.
Cette revendication était portée par les grèves et les manifestations de la
classe ouvrière dans le monde entier depuis la fin du 19è siècle. Au lendemain
de la Première Guerre mondiale, au moment où les travailleurs avaient pris le
pouvoir en Russie, la peur de la contagion révolutionnaire avait contraint les
représentants des intérêts de la bourgeoisie française à faire un geste pour
endiguer la vague révolutionnaire qui se développait.
Aujourd'hui Macron évoquerait la
nécessité de travailler plus, alors que, selon l'Insee, la semaine de travail
reste en réalité, en moyenne, de 39 heures, soit plus que les 35 heures
légales. Le centenaire de la journée de huit heures rappelle que ce que la
classe ouvrière parvient à conquérir, elle l'arrache par ses combats.
Libellés :
condition ouvrière
Argenteuil d’hier et d’aujourd’hui : la marque pérenne de paysages conservés
Des paysages à défendre coûte que coûte
Répondant à un contributeur de
l’enquête publique sur « L’île Héloïse » pour qui « Depuis longtemps, les paysages chers à Monet
ont été anéantis par un urbanisme sauvage… », le conseiller
municipal d’opposition Frédéric Lefebvre-Naré évoque « Une étudiante en fin d’études d’architecture(qui)
a consacré son mémoire de fin d’études à ces mêmes paysages (les paysages d’Argenteuil illustrés par les
peintres impressionnistes. DM), il y a quelques mois, elle découvrait
Argenteuil à cette occasion, attirée par les tableaux de Monet ; et elle
conclut exactement l’inverse : « le travail de collecte de peintures
impressionnistes et la confrontation avec le paysage actuel m’a permis d’y voir
un potentiel incroyable oublié par les habitants. Ces peintures m’ont donné
envie de rendre à Argenteuil la grandeur des paysages peints par les
impressionnistes, des berges de Seine. De retourner la ville vers le fleuve,
mettre en valeur ce paysage, introduire en ville des éléments de nature, l’eau,
les berges de fleuve jardinées ; de retrouver les fonctions anciennes des
centres bourgs, d’échanges et d’animation, en donnant de la place à chacune des
envies des usagers. Dans de nombreuses villes, la tendance est de renouer le
lien avec les fleuves. Ces aménagements sont souvent à l’origine du
développement de la ville et participent de son identité. »
Nous
sommes totalement d’accord avec les conclusions de cette étudiante. Elles sont
à la base de nos raisonnements pour la sauvegarde de l’Île Héloïse. Elles confirment
que conserver ces paysages est une priorité pour la diffusion d’une image
positive d’Argenteuil. DM
samedi 20 avril 2019
Temps de travail : Macron et la rengaine patronale
L’usure du travail en hausse
Selon
les fuites orchestrées sur le contenu des annonces de Macron, opportunément
reportées après l'incendie de Notre-Dame, celui-ci évoquerait "la
nécessité de travailler davantage". C'est une rengaine répétée en
boucle par tous les porte-parole patronaux. Mais c'est une incohérence, car les
plans de licenciements se multiplient et plus de six millions de personnes sont
inscrites à pôle emploi. Ceux qui sont au chômage n'arrivent pas à retrouver un
emploi et ceux qui en ont un se détruisent la santé en travaillant plus et plus
longtemps. Absurde donc !
Il faut imposer la répartition du travail entre
tous, sans perte de salaires.
Libellés :
condition ouvrière
Victor Hugo, Notre-Dame de Paris et le sac du palais d'été à Pékin
Quand Victor Hugo comparait Notre-Dame de Paris au Palais d’été
impérial de Pékin
Le roman de Victor Hugo
« Notre-Dame de Paris » a été abondamment évoqué ces derniers jours.
En
octobre 1860, le même Victor Hugo écrivait un autre texte qui dénonçait
les pillages menés par les armées française et anglaise à Pékin. Il y comparait
Notre-Dame de Paris au Palais d’été impérial de Pékin : "Tous les
trésors de toutes nos cathédrales réunies n’égaleraient pas ce splendide et
formidable musée de l’orient. (...) Grand exploit, bonne aubaine. L’un des deux
vainqueurs a empli ses poches, ce que voyant, l’autre a empli ses
coffres ; et l’on est revenu en Europe, bras dessus, bras dessous, en
riant. Telle est l’histoire des deux bandits. Nous, Européens, nous sommes les
civilisés, et pour nous, les Chinois sont les barbares. Voilà ce que la
civilisation a fait à la barbarie".
Victor
Hugo n'était pas un révolutionnaire, mais il savait voir, écrire et décrire.
Libellés :
impérialisme
Police, contrôle des pauvres et des étrangers
Pas besoin d’une inspection pour le savoir
Le défenseur des droits, Jacques
Toubon, a dénoncé la consigne, donnée aux brigades de Police secours à Paris,
de contrôler les sans domicile fixe et les personnes soupçonnées d'être
étrangères. La pratique est avérée au moins de 2012 à 2018. Le défenseur des
droits a demandé à ce qu'une inspection soit ouverte à ce propos dans les
commissariats de Paris.
Mais
a-t-on besoin d'une inspection pour vérifier que leurs papiers sont rarement
demandés aux habitants des beaux quartiers, bien sous tous rapports ?
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police
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