vendredi 19 avril 2019

Argenteuil, Lidl, butte d’Orgemont : la municipalité et le rétropédalage


Elle est dans le pétrin. Elle l’a bien cherché



La municipalité LR d’Argenteuil a traditionnellement des sympathies dans le quartier pavillonnaire d’Orgemont. Ce sont ces habitants qu’elle a pris à rebrousse-poil lorsqu’ils ont appris qu’un permis de construire pour l’installation d’un Lidl à la marge du parc de la butte d’Orgemont, à l’angle de la rue du Clos des moines et de l’avenue de Stalingrad. Georges Mothron l’a signé, puis est venu présenter le projet, en guise de « concertation ». Pour la municipalité, et c’est certes la loi du genre, on décide et « ensuite », on discute lorsqu’il n’y a plus à discuter.
         La majorité des habitants, hostiles à ce projet, se sont rebiffés, et aujourd’hui le maire d’Argenteuil, à un an des élections municipales, tente désespérément une opération de rétropédalage qui n’a rien à voir avec le vélo.
         Sauf que le permis de construire a été signé, et que, dans le meilleur des cas, cette affaire risque de coûter bonbon à la collectivité, donc aux habitants.
         Avant-hier, lors du conseil municipal, sur le sujet, les édiles n’en menaient pas large.
         (A suivre donc).

jeudi 18 avril 2019

Macron et son discours annulé : les attaques demeurent. Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière n°2646 à paraître


Macron annule son discours : les attaques demeurent

 « Nous avons décidé de transformer les colères en solutions », proclame le site de l’Élysée. Mais les « solutions » de Macron en réponse à la colère de la population travailleuse, qui s’exprime depuis mi-novembre, ne s’écarteront pas de sa ligne de conduite politique habituelle : tout pour le grand capital.
Le pouvoir d’achat qui s’effondre, la santé mise à mal, les services publics dégradés : il n’était pas besoin d’un grand débat pour savoir que là résident les causes de cette colère. Elle n’a d’ailleurs pas cessé après le discours de Nouvel An de Macron. La savante mise en scène présidentielle des prétendues solutions, consistant en un discours le 15 avril au soir et une conférence de presse deux jours plus tard, a été bouleversée par l’incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Mais une partie du contenu, délivré par avance aux médias, a fuité.
On peut donc juger de la pertinence des réponses. À ceux qui ont la hantise des fins de mois, l’Élysée parle vaguement de « baisser l’impôt pour les classes moyennes », en finançant cette mesure par la « suppression de certaines niches fiscales ». Tout dans le flou, et rien sur une baisse de la TVA, que chacun paye fort cher. Les retraites inférieures à 2 000 euros seraient réindexées sur l’inflation… en janvier 2020. Rien n’est suggéré pour rattraper la perte pluriannuelle de pouvoir d’achat, pas plus que pour augmenter les retraites de ceux qui doivent se débrouiller pour vivre avec moins de 1 000 euros. Rien non plus sur la hausse de la CSG, qui a déjà volé de plusieurs dizaines d’euros par mois des millions de retraités.
Les salariés aux payes insuffisantes, aux emplois précaires, aux temps partiels non choisis, devraient se contenter d’une pérennisation de la prime défiscalisée suggérée par Macron aux employeurs lors de son discours du Nouvel An : jusqu’à 1 000 euros chaque année, au bon vouloir de l’employeur. Voilà qui ne fait pas grand tort aux grands patrons, car peu de salariés ont touché cette prime, qui s’est limitée dans l’écrasante majorité des cas à quelques centaines d’euros en janvier dernier.
Macron prétend ne plus accepter « aucune fermeture d’école ni d’hôpital jusqu’à la fin du quinquennat ». Mais par contre il ne s’engage pas à revenir sur les dizaines de milliers de suppressions de postes programmées dans les années à venir ! Il ne dit rien sur les classes surchargées, les services d’urgence débordés, les Ehpad où le personnel ne sait plus où donner de la tête… Il y a aussi les attaques à venir sur les retraites. Que ce soit en retardant l’âge légal de départ en retraite ou autrement, elles viseront à réduire le montant des pensions. Sans parler des menaces de suppression de jours fériés, sous prétexte de financer la dépendance.
Alors, face à cette politique spectacle, au mépris des gouvernants, à la rapacité de la classe des riches, les travailleurs ont toutes les raisons de transformer leur colère en luttes massives.
                                          Viviane LAFONT (Lutte ouvrière n°2646)


LCI :  Débat avec Nathalie Arthaud
Ce soir jeudi 18 avril
À 22h00

Algérie : la pression populaire accentue la crise du régime. Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière n°2646 à paraître.


Algérie : la pression populaire accentue la crise du régime

17 Avril 2019

Ravaler la façade du régime avec des anciens du clan Bouteflika, organiser des élections présidentielles le 4 juillet, voilà la transition démocratique du chef d’état-major Gaïd Salah, que tente d’imposer Bédoui, le Premier ministre. Le bras de fer entre le régime et peuple algérien continue. Celui-ci a massivement rejeté ce qui est vécu comme une nouvelle manœuvre.
La contestation s’est amplifiée durant toute la dernière semaine. Mercredi 10 avril, à l’appel de l’intersyndicale de la fonction publique, les agents des différentes administrations, hospitaliers, enseignants, ont manifesté contre Bensalah, qui assure la présidence par intérim, et aussi pour dénoncer l’usage des canons à eau et à son, ainsi que les lacrymogènes utilisés la veille contre les étudiants.
Le jeudi 11 avril, répondant à l’appel à la grève des syndicats autonomes, des cortèges de travailleurs d’entreprises publiques ont sillonné les villes du pays. Ils étaient par exemple des centaines à Boumerdès et des milliers à Bejaïa. Pour éviter les infiltrations de policiers en civil ou de voyous manipulés, les travailleurs sont de plus en plus organisés dans des cortèges d’entreprise.
Vendredi 12 avril, des millions de personnes ont crié « Bensalah, Belaïz, Bédoui, dégagez tous ! Pouvoir au peuple ! » Gaïd Salah était aussi dénoncé : « Gaïd Salah, le peuple n’est pas dupe, on a dit : vous dégagerez tous ! » ou, s’adressant aux policiers : « Pacifique, pacifique, policier enlève ta casquette et rejoins-nous ! »
Durant sept semaines, des manifestations toujours plus nombreuses se sont déroulées pacifiquement sans aucune intervention policière. Vendredi 12, il en a été ainsi dans toutes les villes du pays, sauf à Alger où la police, usant de canons à eau et de lacrymogènes, a bloqué un point précis de la manifestation : le tunnel des facultés, baptisé par les manifestants le « tunnel du hirak ». Par ailleurs, les policiers ont procédé à des arrestations de manifestants ou de militants, qui ont tous été relâchés au bout de quelques heures. Cette attitude du pouvoir tranche avec celle des semaines précédentes. Bédoui veut à tout prix imposer sa transition démocratique et tente de reprendre le terrain perdu. En provoquant les manifestants, il veut tout à la fois décourager les nombreuses familles présentes et sans doute reprendre en main une police qui semble perméable au mouvement populaire.
Les manifestants ne veulent pas céder aux provocations policières, ils tiennent au caractère pacifique du mouvement. S’organiser, se coordonner, mettre en place des vigiles, ne pas céder aux provocations, c’est ce qu’ont décidé de faire les jeunes des quartiers populaires d’Alger ainsi que les étudiants lors de leurs assemblées générales des différents campus du pays. Mardi 16 avril, ces derniers étaient de nouveau dans la rue dans tout le pays et des milliers à Alger devant la Grande Poste. Les policiers présents en masse ont cédé le terrain.
Le nouveau gouvernement et l’élection présidentielle prévue le 4 juillet sont totalement contestés. Les magistrats et les maires refusent de s’impliquer dans son organisation. Chaque sortie de ministre en province donne lieu à des protestations de la part de la population. À Alger, le ministre des Travaux publics a dû rebrousser chemin. D’autres ont été chassés par la population à Bechar. Le ministre de l’Énergie était, lui, attendu à l’aéroport de Tebessa. Complètement rejetés, ils sont contraints de se cacher et ne peuvent plus sortir de leurs bureaux.
Dans ce contexte de crise politique, Belaïz, le président du Conseil constitutionnel, vient d’annoncer sa démission. La crise politique s’accentue. Les manifestants, méfiants après toutes ces manœuvres, refusent une transition qui vienne d’en haut. Dans ces conditions, les élections présidentielles auront-elle lieu ?
En tout cas, des appels à la grève sont relayés sur les réseaux sociaux et par les syndicats autonomes.
Une manifestation était prévue mercredi 17 avril, contre le secrétaire de l’UGTA, Sidi Saïd, qui vient d’annoncer lors d’un congrès qu’il ne se représentera pas à la tête du syndicat. C’est insuffisant, disent les travailleurs, « il va placer des hommes comme lui ». Ils veulent que le syndicat leur appartienne : « On en a marre de la politique de cooptation et de désignation des représentants des travailleurs par en haut. » Les manifestations du vendredi 19 avril s’annonçaient importantes et devant constituer une nouvelle étape pour ce mouvement qui conteste tout le système politique et ne veut pas se contenter de promesses et de faux-fuyants.

                                        Leïla Wahda (Lutte ouvrière n°2646)



RN : Après le ravalement de la boutique, le changement de camelote


En bonne démagogue et comme une girouette

Pour forger son image de parti de gouvernement, rassurer les patrons petits et grands et tous ceux qui possèdent un peu de biens, le RN de Marine Le Pen, vient de revoir toutes ses positions sur l'Europe.
        Finie l'exigence de la sortie de l'euro que refuse le patronat et qui inquiète la petite bourgeoisie possédante. Plus question de quitter l'Union européenne ni même de supprimer la Commission européenne, qu'elle vilipendait pourtant. Alors que les lepénistes parlaient d'imposer une « préférence nationale » pour les commandes publiques, ils parlent maintenant « d'incitations fiscales » et de "réformer les institutions".  Bref, comme tous les autres partis bourgeois...
En bonne démagogue, Le Pen et ses amis font la girouette, le temps d'une élection.

Associations, édiles, des rapports ambigus


Ne pas être, ou être seulement avec ses moyens propres



Le réseau associatif est une forme essentielle de l’activité et de l’action collective dans la société. Il l’est particulièrement au niveau local.
         Mais s’il est facile de créer une association, il est bien plus difficile de la faire vivre et agir. Pour cela, seuls l’engagement militant et le dévouement le permettent, sous l’appellation quelque peu réductrice de « bénévolat ».
         L’indépendance de l’association est la condition fondamentale de son fonctionnement. Mais même lorsque, comme on le constate à Argenteuil, des associations qui font un énorme travail, en particulier dans le domaine de la culture, revendiquent cette indépendance, elles dépendent en particulier de la décision municipale de leur prêter, gracieusement ou pas, des locaux pour leurs évènements.
         Mais il y a des associations plus ou moins indépendantes qui dépendent directement des collectivités, en particulier de la collectivité locale communale, pour exister, par l’attribution de subventions, de locaux, mais aussi sur le plan de bien d’autres choses.
         En soi, il n’y a rien à y redire. La vie associative est de l’intérêt de la collectivité. Les membres sont des contribuables.
         Mais pour survivre, des associations arrivent à ne dépendre pour l’essentiel seulement de la pérennisation de subventions qui peuvent atteindre des sommes très importantes, ou de l’utilisation d’équipements, etc.
         C’est là où le clientélisme intervient, en tout cas sous une forme particulière, de la part des édiles.
         Les associations sont un facteur d’influence très important, au point que les partis sont à l’origine de nombreuses associations qui directement ou indirectement peuvent contribuer à leur rayonnement.
         Maîtres du subventionnement et intéressés « en proximité » par l’action des associations, les édiles ont le moyen de les influencer d’une toute autre façon. Pour résumer : si l’association est de leur côté, ou si elle est ou paraît être hors de leur camp, elle ne sera pas traitée de la même façon. Elle peut même être profondément maltraitée. D’un extrême à l’autre, de la bienveillance à la maltraitance, toute la palette peut se retrouver au niveau des rapports entre les associations et les édiles.
         Ce que nous évoquons d’un point de vue général ci-dessus peut s’illustrer localement, et Argenteuil a une histoire toute particulière dans ce domaine, comme des évènements récents l’ont montré une nouvelle fois.
         Nous parlions de maltraitance, il suffit de rappeler en la matière celle qu’a subie sous le maire précédent l’association Conjugue qui avait eu le malheur de déplaire à ce dernier, son directeur s’étant présenté à des élections face à lui. Il y eut également l’affaire de la vente du Temple protestant qu’une association voulait racheter alors que l’édile avait d’autres projets. Sa réaction fut claire et net : couper le subventionnement.
         Le maire actuel d’Argenteuil n’est pas en reste sur ce plan. En nous limitant malheureusement à une seule affaire de son ressort, nous rappellerons ici simplement les misères qu’il a opérées à l’encontre de la MJC d’Argenteuil dès son retour en 2014, en diminuant radicalement les subventions municipales et en réduisant considérablement ses locaux.
         Cela est révélateur des liens et de la loi que nombre d’édiles voudraient imposer au monde associatif. Une situation inadmissible.
         Ces associations jouent un rôle social majeur. Sans conditions, exprimées, virtuelles, ou d’autocensure, elles devraient bénéficier du soutien maximum de ceux qui sont justement censés s’intéresser à améliorer l’état de la société au niveau de leur commune.

(Demain : Lidl, le rétropédalage de la municipalité)

"Rouge, art et utopie au pays des Soviets " une exposition bien décevante


Une explosion artistique portée par la Révolution russe

 
Monument à la IIIème Internationale de Tatline (Wikipédia)

Une lectrice nous a transmis son appréciation de l’exposition « Rouge, art et utopie au pays des Soviets » qui s’est ouverte dernièrement au Grand palais et que nous avons vue également. Une appréciation que nous partageons largement. C’est donc bien volontiers que nous la publions aujourd’hui.

« "Rouge, art et utopie au pays des Soviets " au Grand Palais est une expo réactionnaire, voire négationniste : il n'y a pas eu de révolution russe, ni une avant-garde extraordinaire, mais "un coup d'état bolchevik "...  Pour l'avant-garde, elle se résume à une maquette de Tatline, une affiche de Maïakovski … ! En matière d'utopie, l'expo réduit le projet constructiviste à un banal utilitarisme.  Très peu de contextualisation POLITIQUE, pas d’analyse des étapes de la normalisation dans les différentes branches artistiques qui n'ont pas toutes été frappées en même temps. A l'étage s'étale en grands formats la célébration du Petit Père des Peuples. Iconographie du culte de la personnalité, on remplace mentalement la tête de Staline par celle de Poutine.
 Le commissaire de l’exposition, Nicolas LIUCCI-GOUTNIKOV déclare au Figaro (25/03/2019) : « L’exposition de Londres était celle du centenaire de la révolution d’octobre 1917 et se concentrait sur les chefs-d’œuvre des avant-gardes russes, de Kandinsky à Chagall et Malévitch. J’ai voulu dépasser cette stricte période et montrer les formes artistiques très particulières qu’a engendrées le projet communiste. »
Et de présenter « le réalisme socialiste » comme un choix libre (?) d’une nouvelle esthétique diamétralement opposée à celle de l’avant-garde, sans rapport avec l’élimination des révolutionnaires de 1917 par Staline ! Ainsi cette expo CACHE, OCCULTE, DISSIMULE que l'imposition du réalisme socialiste s'est faite sur la persécution, et même sur l'élimination PHYSIQUE des artistes d'avant-garde dès la fin des années vingt. 
Ce n’est pas la première fois qu’une exposition sur un courant artistique est présentée en dehors de tout contexte historique et de toute référence à la lutte de classes, ce fut le cas de l’exposition sur le surréalisme à Beaubourg (2013/2014), les surréalistes y étaient montrés comme d’inventifs bricoleurs s’amusant, hors du temps historique. C’était entre 1917 et 1933, et les discussions étaient vives autour des positions de Trotsky ! »

mercredi 17 avril 2019

Notre-Dame de Paris et l’unité nationale


Monument millénaire, oui ! Union nationale, non !








L'incendie de Notre-Dame, monument millénaire et bijou architectural, suscite une émotion légitime.
Mais cette émotion a été immédiatement instrumentalisée afin de créer une unité nationale et nous faire serrer les rangs. De Le Pen à Mélenchon, ces dirigeants politiques déplorent avec les mêmes mots la destruction d'un « symbole de la France ». Mélenchon réclame une trêve des élections. Macron faute de mieux, se pose en reconstructeur de l'édifice... pour les décennies à venir. Le milliardaire Pinault annonce un chèque d'au moins 100 millions d'euros. Ce qui n'écornera guère sa fortune.
Les travailleurs et la population laborieuse n'ont rien de commun avec toutes ces génuflexions de circonstances, et avec ceux qui voudraient que tout le monde communie autour d'un même drapeau tricolore. N'oublions pas que leurs ancêtres politiques n'ont pas hésité à mettre Paris à feu et à sang, pour écraser la Commune en 1871.

Hôpitaux, urgences et autres services : la catastrophe


Il y a urgence à arrêter le massacre


Plusieurs services d'urgences des hôpitaux publics parisiens (AP-HP) sont en grève depuis lundi 15 avril. Le personnel des urgences n'en peut plus. Il y a de quoi : la fréquentation des urgences a bondi, du fait du manque de généralistes en ville, du fait aussi de la précarité sociale qui explose.
Mais le gouvernement continue de supprimer des postes de titulaires et des centaines de lits, aux urgences comme dans les autres services.
En plus d'une prime de pénibilité de 300 euros, les grévistes réclament des postes supplémentaires, la titularisation des CDD. Il y a urgence à leur donner satisfaction !

La mobilisation pour le maintien des services de l'hôpital de Beaumont visés par l’ARS