mercredi 17 avril 2019

Amiante, goudron, benzène, poussières de bois… explosion du nombre de cancers





Selon une étude de l’Assurance maladie, avec près de 2 000 cas par an, le nombre de cancers professionnels reconnus a plus que triplé en 20 ans. Et ce nombre est sous-évalué d’après l’étude elle-même, car bien des cancers liés au travail ne sont pas reconnus comme tels
Ils sont dus dans 80 % des cas à l’exposition à l’amiante, mais de plus en plus, d’autres produits comme le benzène, les goudrons, les poussières de bois déclenchent ces maladies.
Dans bien des cas, les travailleurs doivent se battre pour se faire reconnaître en maladie professionnelle, comme pour les victimes de l’amiante dont la lutte contre l’État et les patrons dure depuis des dizaines d’années et doit encore se poursuivre.

La Réunion : Migrants Sri-Lankais : toujours rejetés


Résultat pourtant du chaos planétaire

 
Bon... pour les touristes (Bernard Gagnon — Travail personnel, CC BY-SA wikimedia.org)

Vendredi dernier un nouveau bateau de migrants venant du Sri-Lanka, avec à son bord 120 personnes environ dont 16 femmes et 13 enfants, a accosté à Sainte-Rose.
C’est la sixième embarcation qui arrive sur l’île depuis mars 2018.
Une fois arrivés sur les côtes françaises de l’Océan Indien, tous subissent le même sort : mise en centre de rétention avant leur passage en justice et leur expulsion de La Réunion.
Les autorités ne veulent pas de migrants qui fuient la misère, la répression ethnique et politique.
Les pays impérialistes dont la France sèment la guerre et le chaos sur la planète mais ne veulent pas que leurs victimes viennent frapper à leur porte.

Argenteuil : Élections municipales bientôt de retour


Le fléau du « clientélisme »

 
Pour certains, une mairie vaut bien quelque manque de principes

Les prochaines élections municipales sont maintenant dans moins d’un an, mais les écuries électorales sont déjà en action, certaines depuis des mois. C’est dans ce cadre que l’agitation pour remobiliser des anciennes ou des nouvelles clientèles est en marche, avec éventuellement des cartes rebattues entre les différents camps, si l’opportunité s’en présente. Les contacts se nouent, se dénouent, se renouent.
         On doute que de quelconques convictions soient la plupart du temps à l’origine de cette nouvelle floraison d’activité "militante".
         Le fait de rejoindre des écuries électorales à la veille d’élections avec l’espoir d’en obtenir un poste de petit notable ou au moins d’en tirer un petit avantage matériel, emploi, poste, logement, n’est ni une nouveauté, ni propre à Argenteuil, et ce phénomène existe à tous les étages des collectivités locales et des écuries gouvernementales.
         Mais ce clientélisme est aux antipodes de l’engagement militant. En revanche, il pourrit la vie politique, et il est un élément délétère qui n’aide pas à la conscience et à l’union du monde du travail.
         Les plus à blâmer ne sont pas les individus qui pensent que c’est comme cela que l’on améliore sa situation et que l’on avance dans la vie. Les plus coupables sont ceux qui utilisent ces méthodes pour leur misérable et dérisoire carrière politique.
         Le pourrissement de la société se traduit aussi sans doute pas une hausse du clientélisme parallèle à celle de l’individualisme qui ronge la société.
         Il est certes au cœur de la société bourgeoise depuis toujours. Mais, pour ce qui est en premier lieu du PS qui, il y a bien longtemps, fut un parti révolutionnaire, s’être fourvoyé dans l’électoralisme et son pendant, le clientélisme, a largement accompagné sinon contribué à sa dégénérescence.

(Demain, écuries électorales et associations)

mardi 16 avril 2019

Éducation, Argenteuil et le CIO : contre les mauvais coups convaincre, mobiliser, s’organiser (suite)


Un très mauvais coup supplémentaire

Il est rare que nous publions in-extenso un article du Parisien-95. Mais l’information le mérite. Nous reviendrons sur cette liquidation du CIO d’Argenteuil boulevard Jeanne-d’Arc.
         En pleine angoisse des élèves de seconde (choix définitif des spécialités dans quelques semaines) et des élèves de terminale (retours de Parcoursup qui vont commencer le 15 mai), c'est juste ignoble.
J'appelle ça la haine des jeunes.

Voir également ci-dessous le communiqué de la FCPE-95.

Argenteuil : poussé dehors, le CIO attend un nouveau toit

>Île-de-France & Oise>Val-d'Oise|Antoine Guitteny| 15 avril 2019, 12h37 |0

Argenteuil, le 3 avril. Le Cio (centre d’information et d’orientation) déménage, poussé dehors par la mairie qui veut installer une crèche au même endroit. À droite, Michèle Ninassi, psychologue, espère une solution de relogement définitive à Argenteuil. LP/Antoine Guitteny

Le centre d’information et d’orientation n’occupe plus ses locaux boulevard Jeanne-d’Arc. Poussée dehors par la mairie qui va y aménager une crèche, l’équipe s’alarme d’une précarité qui l’empêche d’assurer pleinement ses missions.

« Et ça ? Ça doit partir où déjà ? » Au milieu des cartons, les équipes du centre d’information et d’orientation (CIO) d’Argenteuil ne savent plus où donner de la tête. Installé dans ses locaux du boulevard Jeanne-d’Arc depuis 1997, le centre a été sommé de déménager par la mairie qui souhaite implanter sur ces lieux, une crèche de 50 places dès la rentrée de septembre. Il emploie 16 personnes, dont 13 psychologues de l’Education nationale.

Pour comprendre, un retour en arrière s’impose : « Au départ, le département finançait la location des locaux et les frais de fonctionnement », se souvient Michèle Ninassi, psychologue de l’Education nationale. En novembre 2012, le département s’est désengagé. « La mairie, à l’époque tenue par Philippe Doucet (PS), avait signé une convention avec le rectorat pour que le CIO puisse continuer à occuper ses locaux gracieusement. La municipalité payait aussi les frais de fonctionnement », détaille la psychologue.

En attendant, le CIO se trouve au 7, rue des Gobelins

Quelques mois plus tard, Georges Mothron (LR) était élu à la tête de la mairie. À l’époque, le mot d’ordre chez les Républicains était de souligner « la gestion désastreuse de l’équipe Doucet ». Et le nouveau maire de refuser de payer les frais de fonctionnement du CIO, au son d’un argument : les mairies ne sont pas là pour se substituer à l’Etat et à ses missions. La convention d’occupation des lieux signée sous l’ex maire Doucet courant jusqu’en 2020, les équipes du CIO gardaient au moins leur toit.

Mais depuis septembre 2018, les choses se sont accélérées. La mairie a signifié au rectorat sa volonté de récupérer les locaux. Et a proposé des solutions de relogement. Des solutions « pas adaptées » estiment les équipes du CIO. Le Rectorat cherche et ne trouve qu’un seul bâtiment appartenant à l’Etat qui pourrait faire l’affaire : l’ancienne maison du Droit et de la justice, rue Alfred-Labrière. « Mais la décision dépend du préfet. On attend depuis plus d’un mois », précise l’équipe du CIO.


/LP

Lassée d’attendre, la mairie a adressé une injonction de déménager fin mars. « On ne parle pas d’expulsion mais ça y ressemble », peste l’équipe. « On est dans l’urgence pour ce projet de crèche », répond la mairie qui regrette cette situation et pointe : « on a prévenu le rectorat dès septembre… »

En attendant, « une partie des effectifs va occuper une salle dans la maison de quartier du centre-ville, rue des Gobelins, une autre partie ira à l’ERPA (Espace de ressources pédagogiques d’Argenteuil) et l’essentiel de notre matériel part dans un autre endroit… Comment remplir nos missions d’accueil et d’écoutes ? C’est sérieusement compromis », martèle Michèle Ninassi qui redoute, si le préfet dit non pour les locaux rue Labrière, de devoir partir d’Argenteuil. « Ceux qui ont besoin de nous vivent à Argenteuil. Si on déménage dans une autre commune, ils ne viendront plus. » Actuellement, les personnes qui cherchent à contacter le CIO d’Argenteuil sont renvoyées sur celui d’Ermont.

Communiqué de la FCPE-95.

La réforme du lycée général va obliger pour la première fois les élèves de seconde à choisir des "spécialités" dont le contenu comme l'impact sur l'orientation dans le supérieur sont toujours flous. Ces choix définitifs devront être faits peu de temps après le retour des vacances de pâques.
Pour les lycéens de terminale, ce sont les réponses de ParcoursSup qu'il va falloir traiter à partir du 15 mai, avec un processus de choix qui change cette année.
C'est en plein doute pour des centaines de jeunes et de familles du bassin d'Argenteuil que la mairie de cette ville a décidé d'expulser de ses locaux le Centre d'Information et d'Orientation (CIO) d'Argenteuil.
Cette expulsion est scandaleuse. Le mépris affiché par la municipalité est inqualifiable.

Nous demandons, de toute urgence, aux services préfectoraux, de réquisitionner immédiatement des locaux performants et adaptés aux tâches du CIO d'Argenteuil pour que l'accueil des jeunes et des familles ne soit en aucun cas perturbé par la guéguerre que se livrent sans arrêt Etat, régions et communes.


                                         Pour la fcpe 95, Philippe Renou, vice-président fcpe 95.

Algérie, Soudan : des leçons et un avertissement pour les travailleurs


Algérie, Soudan : des leçons et un avertissement pour les travailleurs

La montagne du « Grand débat » a donc accouché de la souris de quelques mesures annoncées par Macron lundi soir. Médias et politologues auront beau peser le peu qu’elles apportent aux plus démunis et en faire le centre de l’actualité, cela ne changera rien au fait que la vie devient de plus en plus difficile pour un nombre toujours plus grand d’exploités et à l’abandon croissant de tous les services qu’on dit encore publics : hôpitaux, écoles, Ehpad… Et tout cela pendant que les grandes fortunes continuent à s’accroître, au détriment des classes populaires.

Et même le peu que le pouvoir a lâché aux plus démunis ne l’a été que parce que le mouvement des gilets jaunes a témoigné de la colère de ceux qui ne possèdent pas de capitaux leur permettant de parasiter le travail de la classe ouvrière.

Ce que le mouvement de protestation a montré ici, en France, nous est montré, avec une ampleur bien plus puissante, en Algérie et au Soudan, où la vie est bien plus difficile encore pour les exploités et où aux inégalités s’ajoute une dictature ouverte : seule la réaction venue d’en bas peut faire reculer le pouvoir exercé au profit exclusif des grands possédants.

En Algérie, après des semaines de manifestations qui ont commencé en février, la population a obtenu la démission de Bouteflika, qui était au pouvoir depuis vingt ans. Le nouveau gouvernement a promis la tenue d’un scrutin présidentiel le 4 juillet prochain. Il espère ainsi canaliser l’aspiration au changement exprimée par la population et faire élire un homme qui assurerait la continuité du régime. Les manifestations qui viennent d’avoir lieu dans tout le pays le 12 avril montrent que la majorité de la population ne veut pas se contenter d’un ravalement de façade et refuse d’accorder la moindre confiance à ceux qui ont dirigé le pays avec Bouteflika en réprimant toute opposition.

Au Soudan, depuis quatre mois, des manifestations se déroulaient contre le renchérissement des produits de première nécessité. Malgré la répression, elles n’ont cessé de s’amplifier. Finalement, le 11 avril, l’armée a décidé de lâcher le dictateur en place depuis 30 ans, organisant un coup d’État pour mettre en place un « Conseil militaire de transition ».

Les travailleurs et les classes populaires qui se sont mobilisées  massivement en Algérie et au Soudan contre la dictature ont montré qu’en luttant collectivement et d’une façon déterminée, ils représentent une force énorme.

Mais ce qui se passe aussi bien en Algérie qu’au Soudan nous montre aussi que cette force ne peut être efficace qu’à condition d’être guidée par une politique qui se place du point de vue des intérêts de classe des exploités. Cela nécessite que les exploités se donnent une organisation représentant à la fois ces intérêts et une perspective pour l’ensemble de la société.

La grande bourgeoisie, les classes privilégiées ont à leur disposition un arsenal politique et des forces de répression pour défendre leur domination. Ces serviteurs politiques ou militaires ont les moyens d’inventer une multitude de subterfuges pour tromper la majorité pauvre de la population et tenter de la conduire vers des voies de garage. Et si ces subterfuges ne suffisent pas, ils feront appel à la répression. En Algérie, de façon encore un peu déguisée, au Soudan de façon brutale, c’est l’état-major de l’armée qui joue le rôle de centre dirigeant pour offrir une solution à la classe dominante.

Eh bien, la principale leçon à en tirer pour les classes exploitées, et avant tout pour le prolétariat, c’est qu’il faut qu’elles disposent d’organisations susceptibles de devenir un état-major face à ceux de la bourgeoisie, à commencer par un parti en lequel elles se reconnaissent et qui sache opposer aux choix politiques de la bourgeoisie une politique favorable aux masses populaires.

L’autre leçon, c’est que la classe privilégiée n’abandonne jamais sans combattre. « Qui a du fer a du pain » disait Blanqui, un grand révolutionnaire du 19ème siècle parlant de l’armement des classes opprimées. Ce qui s’est passé en Égypte est l’illustration de ce que font les oppresseurs à un peuple désarmé.

La lutte que mènent aujourd’hui les travailleurs en Algérie et au Soudan, c’est aussi la nôtre, travailleurs de France, celle que nous avons à mener pour renverser le pouvoir politique et économique de la classe privilégiée et pour mettre fin à la mainmise du grand capital sur la vie de la société.

Acte XXII des gilets jaunes : à Nancy des amendes de 135 euros pour avoir manifesté !


Droit de manifester ! Abrogation de la loi dite anti-casseurs !





Pratiquement toute la ville était interdite aux gilets jaunes samedi 13 avril, alors que le but de toute manifestation c'est de se faire voir et entendre...
Pas moins de 45 gilets jaunes ont écopé d’une amende de 135 euros pour avoir manifesté dans le centre-ville de Nancy samedi 13 avril. Cela en application de la loi anti-casseurs dont le décret d’application vient tout juste de paraître.
Le préfet de Meurthe-et-Moselle avait interdit un immense périmètre et mobilisé 200 policiers et gendarmes pour interdire tout accès au centre-ville. Parce qu’il est bien incapable de trouver des réponses aux revendications des gilets jaunes sur le pouvoir d’achat, le gouvernement tente d’étouffer leur colère et de faire croire à l’opinion publique que tout est rentré dans l’ordre...
Après avoir défilé dans les rues complétement désertes, plusieurs centaines de gilets jaunes ont réussi à pénétrer dans le centre et à manifester devant les passants sans qu’il y ait le moindre problème…
Mais les forces de police ont fini par prendre en nasse une partie des manifestants, les libérant au prix d’une contravention de 135 euros !
Avant cette manifestation de samedi, la préfecture annonçait que, depuis le début du mouvement des gilets jaunes, le 17 novembre dernier, 221 manifestants avaient été interpellés et que le tribunal avait prononcé 47 condamnations dont 14 peines de prison ferme. La répression continue de plus belle, mais elle montre aussi ses limites car les manifestations continuent chaque samedi depuis presque cinq mois maintenant…

Guerre du Yémen et la France, et la prétendue innocence de Macron


Sanglant mensonge d’État

 
                                                                           Photo RFI

Depuis que de gros clients des industriels français de l'armement, l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, font la guerre au Yémen, le gouvernement français prétend n'être pour rien dans les 8 300 civils tués. Faux !
Des journalistes viennent de publier un rapport du renseignement militaire, remis à Macron et à ses ministres, qui prouve le contraire.
Ce rapport était bien sûr classé secret défense.
Le secret militaire comme le secret des affaires servent à cacher les crimes et les coups tordus du grand patronat et de ses gouvernants.

EPR, EDF, Bouygues et cie, profits, une belle histoire d’amour…


Il devait être livré en 2012


Chantier de l'EPR à Flamanville

C'est un feuilleton à rebondissements. L'EPR de Flamanville, présenté par EDF comme le « réacteur nouvelle génération », devrait voir encore sa mise en service reculer. En effet, un groupe d'experts de l'Autorité de Sûreté Nucléaire vient de noter des soudures défectueuses, à un endroit difficilement accessible qui doit contenir de la matière radioactive.
L'EPR aurait dû entrer en fonction en 2012, mais avec l’accumulation des malfaçons, et du même coup des problèmes de sécurité, le coût des travaux a bondi de 3 à 10 milliards d'euros. Ces sommes ont été généreusement payées par l'État, donc par les contribuables, pour le plus grand profit d’un certain nombre de grosses entreprises comme Bouygues. Avant de produire peut-être un jour de l’électricité, l’EPR aura été une bonne affaire pour certains…