samedi 16 mars 2019

Conseil municipal d’Argenteuil : grenades, LBD, manifestants blessés… et silence municipal


« Circulez, il n’y a rien à voir »


  
Des conseillers municipaux avaient déposé une motion à discuter et à voter lors du conseil municipal, portant sur le rejet de l’utilisation des engins offensifs utilisés par la police, en particulier lors des manifestations des « gilets jaunes ».
         Elle n’a pu être ni discutée ni votée, la municipalité leur ayant donné une fin de non-recevoir.
        Selon le maire d’Argenteuil, pour qu’une motion soit recevable, il faut qu’elle ait une dimension « locale » !
         On peut discuter en général de ce prétexte, mais ce mouvement des « gilets jaunes » et cette question des moyens utilisés par la police ont pris une dimension locale incontestable, par l’amputation de la main d’un jeune habitant d’Argenteuil, plombier de son état, Sébastien Maillet, qui a donné lieu dans les jours qui suivirent à une importante manifestation sur la Ville.
         Mais le maire d’Argenteuil et la municipalité ne sont peut-être pas au courant…

vendredi 15 mars 2019

Condition ouvrière : du chômage à l’emploi, de l’emploi au chômage, le recul de la condition ouvrière


Le gouvernement lutte… contre les chômeurs



Une enquête souligne que plus de la moitié des travailleurs au chômage ont dû accepter un emploi sans rapport avec leur métier ou leur qualification, et pour un salaire bien inférieur, parfois de 40%, à celui de leur emploi précédent.
La propagande du gouvernement rend les chômeurs responsables de leur sort. Et ce gouvernement a encore durci les contrôles à leur encontre, en prenant des sanctions allant jusqu’à la suppression des allocations en cas de refus d’un emploi, obligeant les privés d’emploi à accepter n’importe quel travail, à n’importe quel salaire.
Les mesures Macron n’ont pas réduit le nombre de chômeurs mais elles ont réduit les salaires de ceux qui ont du travail. Pour le patronat, c’est tout cadeau !

Lutte ouvrière dans les élections européennes (2) La suite de l’article de notre revue Lutte de classe de mars-avril 2019


Lutte ouvrière dans les élections européennes (2) La suite de l’article de notre revue Lutte de classe de mars-avril 2019 sur papier ((2,5 euros) ou :

https://mensuel.lutte-ouvriere.org//2019/03/09/lutte-ouvriere-dans-les-elections-europeennes_117795.html

 

États nationaux et Union européenne: des instruments doppression au service de la grande bourgeoisie

Nous rappellerons que le Parlement européen, comme toutes les institutions élues dans la démocratie bourgeoise, sert de feuille de vigne à une armada de fonctionnaires non élus et, derrière elle, à la domination du grand capital. Il prétend représenter les peuples de l’Union européenne (UE). Il ne les représente pas plus que les Parlements nationaux ne représentent les intérêts de leur propre peuple, ni sous Macron ni auparavant. Il ne le peut pas pour cette raison fondamentale que les exploiteurs et les exploités ont des intérêts opposés et que le prétendu «intérêt national» exprime, dans la société de classes, lintérêt de la classe dominante.

L’union actuelle entre des États qui sont tous au service de leur classe de possédants n’est cimentée que par leur volonté commune d’assurer à leurs capitalistes un marché aussi large que possible pour faciliter la circulation de leurs marchandises et de leurs capitaux. Mais cette volonté commune affichée dissimule la brutalité des rapports de force entre les États impérialistes d’Europe et la partie la moins développée du continent. La guerre menée aux classes laborieuses de Grèce par les puissances impérialistes d’Europe occidentale, par leurs banques et leurs dirigeants, en a fourni la dernière des illustrations. La mise en coupe réglée des anciennes Démocraties populaires par les grandes entreprises capitalistes, allemandes, françaises, britanniques, en est une autre illustration. De l’automobile aux hypermarchés capitalistes, en passant par les banques, l’Europe centrale et orientale, de la Pologne à la Bulgarie, est redevenue un terrain d’affrontement entre multinationales, comme elle l’était avant la Deuxième Guerre mondiale.

L’union de tous les peuples d’Europe est une nécessité pour ce continent à l’histoire si partagée, aux peuples si entremêlés, aux économies si interdépendantes, et qui a pourtant été si souvent déchiré par des guerres. Mais l’Union européenne n’est pas une union des peuples. C’est l’association de bandes de brigands, les pays impérialistes d’Europe occidentale, dont les plus puissants, France, Allemagne et Grande-Bretagne, se partagent la domination sur le continent.

Que les brigands capitalistes des différents pays soient associés ou qu’ils s’affrontent, ils mènent toujours la guerre contre ceux qui n’ont que leur travail pour vivre.

S’agissant d’élections qui ont le Parlement européen pour objet et l’avenir de l’Europe pour prétexte, nous défendrons le point de vue qui correspond aux intérêts politiques de la classe ouvrière. L’unification de l’Europe fait partie de notre programme. Le morcellement de ce continent entre États nations rivaux, défendant les intérêts spécifiques des bourgeoisies nationales, est un des aspects les plus réactionnaires, les plus nuisibles de l’organisation capitaliste de la société.

Il y a un siècle déjà, Trotsky défendait la perspective des États-Unis socialistes d’Europe. L’incapacité de la bourgeoisie dominant l’Europe à les réaliser est l’expression de son incapacité à réaliser quoi que ce soit de progressiste, c’est-à-dire allant dans le sens du progrès de la société humaine.

C’est la rivalité entre les bourgeoisies impérialistes française, allemande, britannique, etc., qui a creusé, lors de deux guerres fratricides devenues mondiales, un fossé de sang entre des peuples qui avaient tissé entre eux mille liens économiques, culturels, humains, au long d’une histoire commune. Cette rivalité entre bourgeoisies, même lorsqu’elle ne se traduit pas par la guerre, pèse sur les travailleurs. C’est en invoquant la concurrence, la nécessité d’être compétitives les unes vis-à-vis des autres, que les différentes bourgeoisies aggravent les conditions de travail et de salaire de tous les travailleurs.

Depuis un siècle, l’interdépendance économique est devenue bien plus forte encore. La mondialisation a multiplié les liens et les élargit à l’échelle de la planète. Les États-Unis d’Europe devront être intégrés dans une fédération mondiale des peuples, réglant collectivement les grands problèmes planétaires qui concernent l’avenir même de l’humanité – réchauffement climatique, pollution des mers, menaces contre nombre d’espèces vivantes et par là contre la vie elle-même.

Ces grands problèmes ne peuvent pas être résolus sur la base de la propriété privée des moyens de production, de la concurrence et du morcellement de monde en États nationaux.

L’Europe ne pourra être unifiée, en assurant une vie démocratique à tous ses peuples, en particulier aux minorités aujourd’hui opprimées, que par le renversement du pouvoir de la bourgeoisie.

Comment le capitalisme pourrait-il ouvrir une perspective aussi grandiose qu’une Europe sans frontières et intégrée à la communauté humaine dans son ensemble? Il nest même pas capable dassurer la satisfaction des besoins les plus élémentaires de tous, alors pourtant que les forces productives de l’ensemble de l’humanité ont atteint un niveau où ces besoins pourraient et devraient être satisfaits.

Tant que se perpétue l’organisation actuelle de la société, tout en militant pour son renversement, les communistes révolutionnaires continuent à défendre le droit démocratique élémentaire pour chacun de circuler et de s’installer librement, quelle que soit son origine, européenne ou non. Ils affirment que les travailleurs appartiennent à la même classe, avec les mêmes intérêts et un même combat à mener pour leur émancipation. Ils opposeront l’internationalisme à toutes les formes de démagogie nationaliste. Ils considèrent que le renforcement des frontières et la chasse aux migrants sont des expressions de l’évolution réactionnaire de la société et sont mortellement préjudiciables aux intérêts des travailleurs.

Les partis politiques de la bourgeoisie en compétition dans les élections européennes se partagent entre ceux qui présentent l’UE comme une chance et ceux qui la dénoncent comme la source de tous les maux. Ils mentent autant les uns que les autres.

Nous n’avons pas du tout l’intention de prendre parti pour l’un ou l’autre de ces deux camps. Porter le débat sur le choix entre plus ou moins d’Union européenne est un faux débat pour entraîner les travailleurs, une fois de plus, à oublier leurs intérêts de classe.

 

 

(A suivre)

 
Vendredi 29 mars
Meeting
Paris
À 20h30
Grande salle de la Mutualité - 24, rue Saint-Victor - Paris 5e
Entrée libre
Un départ est prévu à 19 heures d’Argenteuil
Rendez-vous :
« Café des 2 gares » gare d’Argenteuil sortie Orgemont
 

EuropaCity, Auchan et cie : un revers pour eux


Les opposants ne lâchent rien

 
And the women and the men ? Not ? (Ph. Médiapart)

Le tribunal administratif du Val d’Oise vient d’annuler la délibération de la Ville de Gonesse approuvant la révision du Plan Local d’Urbanisme permettant l’urbanisation du Triangle dit de Gonesse. C’est là, sur 700 hectares de terres agricoles très fertiles, qu’Auchan et consorts ont l’intention d’installer leur projet « EuropaCity » que conteste, et à juste titre, ses opposants.
         Pour ces derniers, cette annulation est incontestablement un « revers » pour les promoteurs du projet.
         Les décisions de justice initiées par eux sont incontestablement un encouragement pour la continuation d'une mobilisation d’ampleur dans la région, qui n’a jamais cessé depuis l’annonce de ce projet pharaonique, dont l’utilité sociale est nulle, mais dont le seul intérêt pour les promoteurs est un rendement capitaliste de bon aloi.

Pour notre propre affaire « Défense de Jean Vilar » et « Sauvegarde de l’île » :

Autorisation environnementale sur l’étude d’impact liée au permis de construire.
Prochaines permanences du commissaire enquêteur, les 18 mars de 11h00 à 14h00, 26 mars de 13h00 à 16h00, et le 30 mars de 9h00 à 12h00).
        
Déclassement du parking desservant les salles Jean-Vilar et Pierre-Dux appartenant au domaine public routier communal. Cette enquête se déroulera à l’hôtel de ville du 15 au 30 mars 2019 -
Permanences du commissaire enquêteur aujourd’hui 15 mars de 10h00 à 13h00, 18 mars de 11h00 à 14h00, 26 mars de 13h00 à 16h00, et le 30 mars de 9h00 à 12h00).



Par internet
Adresse à laquelle envoyer ses observations concernant l'enquête publique :
En indiquant comme objet de votre mail : "EP-Pôle-Héloïse-Argenteuil".
Vous pouvez écrire directement vos observations.

Religion : fît de la loi de 1905, et de l’expression des athées


Incongru et unilatéral, ma foi… d’athée



En bonne place, et avec des moyens de communication dont d’autres initiatives d’une toute autre valeur ne bénéficient pas, la municipalité organise un débat et une table ronde sur le thème : « Croire ou ne pas croire, la République et la foi ». Rien que cela !
         On peut déjà s’étonner que dans le cadre de la Loi de 1905 de séparation de l’Eglise et de l’Etat une telle initiative ait lieu.
         D’autre part, on annonce pour participer à ce débat trois croyants, un évêque, un président d’une fondation islamique, et un rabbin, bref trois participants qui apparemment croient. Et qui représentera ceux qui ne croient pas ?
         Une question qui n’a pas effleuré les organisateurs, alors que tout de même nous sommes un certain nombre à faire partie du clan des athées. Sans doute, trop mécréants à leur goût !

                                                           Image Histoire et société

Claude Monet à Argenteuil (1871-1878) : une Maison à ouvrir à tous dès maintenant ou au plus tôt


Un flou… impressionniste

 
Boulevard Héloïse par Claude Monet, 1871 (Yale University Art Gallery)

L’avenir de la Maison dans laquelle le grand peintre Claude Monet a habité à Argenteuil de 1871 à 1878 a été abordé lors du conseil municipal de mardi dernier.
         Il s’agirait de transformer ce lieu en espace muséal utilisant en particulier les techniques du numérique et des reproductions des œuvres du peintre.
         Ce projet annoncé un an avant les prochaines élections municipales paraît bien ambitieux pour un lieu aux dimensions restreintes. Il faut ici rappeler que le musée sur l’Impressionnisme du château d’Auvers-sur-Oise qui dispose de tous autres atouts est en grande difficulté et cela malgré sa rénovation.
         Comme si on ne pouvait pas ouvrir cette maison en lui gardant un objectif bien plus modeste.
         Côté dépense d’aménagement, il a été annoncé un budget de plus de 1,2 millions d’euros. Avec la possibilité d’un subventionnement à hauteur de 30 %, soit, annoncés, 500 000 euros de subventionnement possible. Soit un coût total de plus de 1,7 millions d’euros.
          Alors 1,2 ou 1,7 millions d’euros ? Il faut savoir. 500 000 euros de plus ou de moins, ce n’est pas rien.




jeudi 14 mars 2019

Lutte ouvrière dans les élections européennes (1) Un article dans notre revue Lutte de classe de mars-avril 2019


Lutte ouvrière dans les élections européennes (1) Un article dans notre revue Lutte de classe de mars-avril 2019 (2,5 euros) à paraître, que l’on déjà lire sur internet.

https://mensuel.lutte-ouvriere.org//2019/03/09/lutte-ouvriere-dans-les-elections-europeennes_117795.html



Lutte ouvrière dans les élections européennes

Pour les élections au Parlement européen du 26 mai prochain, Lutte ouvrière présentera une liste conduite par Nathalie Arthaud et Jean-Pierre Mercier.

Dans la campagne, nous ferons appel à la conscience de classe des travailleurs. Celle-ci commence par le sentiment d’appartenir à la classe sociale de celles et ceux qui n’ont que leur salaire pour vivre. De celles et ceux qui ne maîtrisent pas leurs propres conditions d’existence, à commencer par leur emploi, par leur pouvoir d’achat et tout ce qui en dépend.
Cette conscience commence par la fierté de faire partie de ceux qui, par leur activité, font fonctionner toute l’économie, des usines aux banques, des circuits de distribution aux transports, etc. D’être aussi celles et ceux qui constituent l’ossature de la vie sociale; ceux qui soignent, enseignent, transmettent, qui assurent les mille et un services indispensables à la vie de la collectivité, des crèches aux Ehpad.
La conscience de classe commence par la conviction que tous ceux qui travaillent ont le droit de vivre une vie correcte, correspondant à ce qui est nécessaire et possible dans notre 21e siècle, qui n’acceptent pas la dégradation de leurs conditions d’existence et ne se résignent pas à leur situation.
La conscience de classe, sur le terrain politique, c’est cependant bien plus que cela. C’est la conviction d’appartenir à la classe sociale qui a la possibilité mais aussi la vocation historique d’incarner un autre avenir pour l’humanité qu’une organisation sociale dominée par le grand capital et par la grande bourgeoisie qui le monopolise.
Cette conscience-là était incarnée dans le passé par des partis qui avaient pour objectif l’émancipation de la classe ouvrière par la seule voie possible: la révolution sociale, le renversement du pouvoir de la bourgeoisie, la liquidation de la propriété privée des moyens de production et la réorganisation de l’économie au profit de la collectivité.
Cette conscience-là, déformée, pervertie, trahie par les grands partis qui l’ont incarnée jadis, qui se sont revendiqués du socialisme puis du communisme, s’est effacée, laissant la classe ouvrière sans boussole ou avec des repères trompeurs. Le climat délétère du capitalisme agonisant pèse sur l’état d’esprit des travailleurs eux-mêmes et, plus encore, sur leur vision de la société, sur les rapports de classe. Ce n’est pas nouveau, la conscience de classe au sens politique du terme a toujours été un combat contre la pression dissolvante du capitalisme, de l’individualisme au chauvinisme.
C’est ce combat qui a été abandonné, progressivement ou brutalement, par les grands partis issus de la classe ouvrière, le PS et le PCF. Au point que les mots les plus simples, le vocabulaire de la lutte de classe – à commencer par exploiteur et exploité, grande bourgeoisie, grand capital et classe ouvrière – ont été chargés d’une tout autre signification que celle transmise par la tradition ouvrière. L’influence pourrissante du capitalisme corrompt jusqu’aux mots. La société se résume aux «classes moyennes». Une fraction croissante de la classe ouvrière se voit désignée comme «autoentrepreneuse». Et, quand le pouvoir parle de réformes, ce nest pas pour améliorer, ne serait-ce que progressivement, le sort des exploités, mais pour leur asséner de nouveaux coups.
Il appartient aux militants qui ont pour objectif de reconstruire un parti communiste révolutionnaire de profiter de toutes les occasions pour transmettre les traditions et les valeurs du mouvement ouvrier, jusqu’aux mots pour les désigner. Les élections, les campagnes électorales en constituent une.

(A suivre)




Vendredi 29 mars
Meeting
Paris
À 20h30
Grande salle de la Mutualité - 24, rue Saint-Victor - Paris 5e
Entrée libre
Un départ est prévu à 19 heures d’Argenteuil
Rendez-vous :
« Café des 2 gares » gare d’Argenteuil sortie Orgemont


Adama Traoré : son « asphyxie positionnelle » responsable de sa mort. La responsabilité de la gendarmerie relancée.


Le combat de la famille d’Adama Traoré contre la « grande muette »



Avant la clôture de l’instruction, la famille avait la possibilité d’amener des éléments complémentaires. C’est ce qu’elle a fait en faisant appel à une expertise d’un collège de professeurs de médecine émérites. Les conclusions de celui-ci viennent totalement contredire les conclusions de l’expertise officielle diligentée dans l’instruction. Et en plus, elle met en cause le sérieux de cette dernière.
         Pour eux, la mort le 19 juillet 2016 d’Adama Traoré, un jeune de 24 ans de Persan-Beaumont-sur-Oise, n’est pas dû à des problèmes médicaux particuliers antérieurs, mais bien aux conditions dans lesquelles il a été interpellé qui l’ont conduit à une « asphyxie positionnelle » et à la mort.
         On verra la suite que la « justice » donnera à cette expertise. Mais en tout cas, elle ne peut que conforter le combat de la famille d’Adama pour la vérité et la justice, c’est-à-dire pour conduire à la responsabilité des gendarmes dans la mort de leur fils et frère.