dimanche 10 mars 2019

Argenteuil - Pôle Héloïse - enquêtes publiques, on se prépare (16)


Une volonté de concentration immobilière catastrophique !



Nous ne pouvons qu’avoir l’impression que l’essentiel des éléments prévus dans le projet « Cap Héloïse » n’ont qu’un objectif : celui de « faire passer » la construction des 150 logements qui sont le cœur de la bonne affaire que représente cette opération immobilière.
         Et la construction de ces logements est aussi une question « environnementale », et qui ne se réduit pas aux destructions paysagères que nous avons déjà largement abordées.
         Oui, il faut construire des logements, une question qui ne peut véritablement pas être réglée sous le capitalisme.
1.      Mais pourquoi vouloir faire d’Argenteuil une ville de 125 000 habitants ?

2.    Pourquoi densifier encore davantage un Centre-ville d’Argenteuil qui n’a pas les équipements publics, scolaires en particulier, idoines ?

3.    Où les conditions de transport en commun ne sont toujours pas réglées ? (Nous pensons en particulier aux énormes flux de la gare d’Argenteuil, à la rupture entre Epinay et Bezons du réseau de tramway, au retard scandaleux de la Tangentielle…).

La question se pose donc de la saturation immobilière d’Argenteuil, et celle des déséquilibres entre les différents secteurs de la Ville.
En attendant, les berges méritent autre chose que de créer une ligne continue de constructions allant du musée d’Argenteuil au pont de Bezons, dont « Cap Héloïse » serait le premier maillon central au niveau de L’île Héloïse. Une sorte de « Levalloïsation », à la différence près que les nouveaux quartiers de rives s’établirent à Levallois en remplacement de zones industrielles.
Il y a un autre avenir pour les berges de la Seine à Argenteuil.

Enquête publique par internet
Adresse-mail à laquelle envoyer ses observations concernant l'enquête publique :
En indiquant comme objet de votre mail :
 "EP-Pôle-Héloïse-Argenteuil".
Vous pouvez alors écrire directement vos observations.

Argenteuil – complexe Jean Vilar, un équipement indispensable aux habitants de la commune


5ème report déjà acté ?




L’utilisation du complexe Jean Vilar ne peut qu’être prolongée. La municipalité le sait pertinemment, même si elle ne l’avoue pas encore publiquement à la population. Ce sera la cinquième fois qu’elle le sera. Comme si la municipalité, au lieu de se ridiculiser avec ce 5ème report successif, ne pouvait pas annoncer simplement la poursuite jusqu’à nouvel ordre des activités de ce complexe.
         Cette façon de procéder en ne disant pas la vérité aux habitants est déjà en soi méprisante à leur égard. Elle est par ailleurs un frein aux initiatives des associations qui préparent avec dévouement depuis des mois déjà leurs initiatives pour l'année suivante.
         En attendant, ce complexe Jean Vilar, et la salle du même nom en particulier, exigent les réparations urgentes qui s’imposent… en attendant une réflexion d’ensemble sur la rénovation profonde de cette salle.

samedi 9 mars 2019

Violences policières : petit camouflet onusien


Le gouvernement français pris la main dans le sac



L’ONU a dénoncé les répressions violentes des manifestations qui se sont produites récemment au Soudan, Zimbabwe, Haïti, mais aussi… en France. Cela sonne comme un camouflet pour le gouvernement Macron, qui a aussitôt joué les offusqués, vexé d’être sur la même liste que Haïti ou le Venezuela.
Mains arrachées, manifestants éborgnés, coups de matraques… tous ceux qui ont suivi les manifestations ces dernières semaines n’ont pas besoin d’enquête de l’ONU pour avoir compris la recette du gouvernement face aux revendications sur le pouvoir d’achat : une louche de blabla, deux louches de brutalités policières.

Levothyrox de Merck : des Labos pharmaceutiques incontrôlés


Justice ?



La justice vient de donner raison au laboratoire Merck qui commercialise le Levothyrox, contre plus de 4000 patients utilisateurs de ce médicament qui avaient noté des malaises suite au changement de de formule du médicament et avaient porté plainte.
Selon la justice, il n’y aurait pas eu de « défaut de communication » de la part du laboratoire, et qu’importe les milliers de patients qui ont souffert pendant des mois d’effets secondaires parfois pénibles sans explication ni justification aucune. La justice leur expliquera peut-être qu’ils ont rêvé ?
En fait, pas question d’empêcher les trusts pharmaceutiques, comme les autres, de faire ce qu’ils veulent pour augmenter leurs profits dans la plus grande opacité et au détriment de leurs clients.




Algérie : la mobilisation continue. Sur la situation en Algérie, un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière de cette semaine

Hier, la mobilisation était bien plus importante que celle des deux vendredis précédents. Des centaines et des centaines de milliers de manifestants dans la rue à travers toute l'Algérie



L'article de Lutte ouvrière


Algérie : le mouvement populaire et les intérêts des travailleurs

Le Premier ministre algérien Ouyahia, pour tenter de juguler la contestation née après l’annonce de la candidature de Bouteflika à un cinquième mandat, a déclaré en guise d’avertissement : « Les citoyens ont offert des roses aux policiers, c’est beau, mais je rappelle qu’en Syrie ça a commencé aussi avec les roses. »
La menace a été vaine, puisque vendredi 1er mars, d’un bout à l’autre du pays, d’Annaba à Oran en passant par Alger, des centaines de milliers de personnes, des familles, des jeunes, des travailleurs ont participé aux manifestations. Les cortèges dynamiques lui ont répondu que la violence n’est pas de leur côté. Sur les pancartes brandies par les manifestants on pouvait lire : « Pacifique », « L’Algérie n’est pas la Syrie », « Non au cinquième mandat ! », « Bouteflika dégage ! » ou « 20 ans ça suffit », « Système dégage ». Et en fin de journée les manifestants eux-mêmes ont nettoyé les rues après leur passage.
Le pouvoir pensait-il sérieusement désamorcer la contestation, en annonçant le 3 mars à ceux qui ne voulaient pas de cinquième mandat qu’il n’y en aurait pas de sixième ? En tout cas, cette nouvelle marque de mépris a mis la jeunesse dans la rue le soir même. Les campus se sont mis en grève, des manifestations importantes de la jeunesse étudiante et lycéenne ont eu lieu lundi 4 mars. Mardi 5, les enseignants rejoignaient les étudiants dans des cortèges encore plus importants. Le prochain temps fort, l’acte III selon l’expression utilisée désormais par les Algériens, était prévu pour le vendredi 8 mars.
Les mots d’ordre contre le cinquième mandat ont rassemblé tous les mécontentements, des couches sociales aux intérêts opposés, des chômeurs aux étudiants en passant par les avocats et jusqu’au milliardaire Issad Rebrab. Ce dernier, classé sixième fortune d’Afrique par le magazine Forbes, possède un patrimoine estimé à 4 milliards de dollars. Il accuse le pouvoir de l’empêcher de créer 100 000 emplois en bloquant ses projets. Il soutient le candidat Ali Ghediri, général-major à la retraite, et incarne une opposition libérale.
Après s’être démarqués des appels à manifester le 22 février, presque tous les opposants ont cependant participé à la manifestation du vendredi 1er mars. Face à l’ampleur de la contestation et des manifestations, ils ont, les uns après les autres, annoncé qu’ils ne se présenteraient pas : Louisa Hanoune du Parti des travailleurs, Abderrazak Makri du parti islamiste MSP, Ali Benflis du parti Avant-garde des libertés, ex-Premier ministre FLN qui, soit dit en passant, est à l’initiative de la loi qui interdit les manifestations à Alger. Parmi les six candidats déclarés, quelques-uns hésitent à participer à ce simulacre de démocratie. Certains ont été chahutés dans la manifestation. Ils sont tellement affaiblis et décrédibilisés que cela a offert un espace à la candidature fantaisiste de l’homme d’affaires Rachid Nekkaz, qui a suscité l’engouement des médias et d’une fraction de la jeunesse. En effet il se savait inéligible et a déposé la candidature de son cousin !
Les soutiens à la candidature de Bouteflika se défilent peu à peu, à commencer par Ali Haddad, dirigeant du syndicat patronal FCE, équivalent du Medef. Des responsables locaux du FLN se désolidarisent aussi du cinquième mandat. Au sein de l’UGTA, syndicat lié au FLN, une dissidence se fait entendre. Face à la contestation, le pouvoir a pour l’instant fait preuve de prudence et évité de réprimer, soucieux sans doute d’éviter de provoquer une crise sociale et politique plus grande encore. À la recherche d’une solution de rechange, il tente de gagner du temps.
Les opposants de façade qui ont rallié le mouvement voudraient apparaître comme des solutions de rechange politique éventuelles pour la bourgeoisie. Les uns agitent le drapeau de l’islam, les autres celui de la démocratie, sans oublier de mettre en avant le patriotisme algérien. Ils parlent de changement mais aspirent avant tout à assurer la continuité de l’État et de l’ordre social.
L’annonce de la candidature de Bouteflika a été pour la population la marque de mépris de trop. En mettant les masses populaires dans la rue, elle a ramené à la surface toutes les raisons de mécontentement face à une situation sociale qui s’aggrave. Ces questions ne seront pas résolues par l’élection d’un nouveau président, fût-il plus présentable que Bouteflika.
Seule la classe ouvrière algérienne, nombreuse, jeune et éduquée, peut, en luttant pour des objectifs qui lui soient propres, offrir une perspective au profond mécontentement social qui s’exprime.

                                               Leïla Wahda (Lutte ouvrière n°2640)

Conseil municipal d’Argenteuil du 12 mars 2019


Ils sont fatigués doivent se coucher à 21 heures ?


Ils tournent le dos... aux intérêts de la population !

L’ordre du jour du prochain conseil municipal qui doit se tenir mardi prochain à partir de 19 heures 30 ne comprend que six points.
         Il y a bien sûr dans l’introduction une suspension pour la présentation d’un cabinet concernant l’avenir de la Maison Claude Monet (sur laquelle nous reviendrons). Elle prendra certes un peu de temps. Il y aura sans doute un moment notable de discussion à propos d’un point portant sur le projet de délégation de service public concernant deux crèches.
         Bien, il y a sans doute des obligations de légalité qui obligent à aborder ces six points.
         Mais cela semble suffire à des édiles qui veulent peut-être rejoindre au plus tôt leur lit.
         Car tout de même, il n’y aurait pas bien d’autres points à discuter à propos d’une ville de 110 000 habitants. Sans être exhaustif :

         -le point sur le projet « Héloïse » ;

         -les enquêtes publiques la concernant ;

         -la nécessité de continuer à utiliser la salle des fêtes Jean Vilar ;

         -le budget pour faire face dans ce cadre aux travaux les plus urgents ;

         -les difficultés rencontrées dans l’utilisation de l’Atrium ;

         -les projets immobiliers prévus sur la commune ;

         -le point sur l’avancée des travaux de l’école Simone Veil ;

         -l’état d’avancement du projet « Argenteuil littoral » ;

         -la situation des effectifs municipaux et les besoins ;

         -un point sur la « Métropole du Grand Paris » ;

         -le « Tiers-lieu » dans feu le musée d’Argenteuil » ;

         -les problèmes démographiques des différents quartiers de la Ville…

         Etc, etc., car nous n’avons pas eu besoin de trop chercher.

Une municipalité soucieuse des intérêts de la population discuterait publiquement de toutes ces questions qui la concernent au premier chef, avec une publicité de l’information sur les sujets abordés, et une vraie discussion amenant décisions certes, mais aussi remises en question.

Argenteuil - Pôle Héloïse - enquêtes publiques, on se prépare (15)


Défense et rénovation de la salle des fêtes et de son parking !

Défense du marché !

Défense d’un environnement à protéger !

Il s’agit de la « sauvegarde de L’île Héloïse »

Dans les justifications environnementales du projet Héloïse par le promoteur Fiminco, il y a deux aspects sur lequel celui-ci demeure extrêmement discret, c’est la hauteur de l’ensemble, et l’inclusion de l’espace concerné en rapport avec les espaces qui le jouxtent.
         Il est vrai que près de 45 mètres de haut, soit près d’une dizaine d’étages, cela mettrait cet îlot de béton au niveau non loin des grands bâtiments de l’avenue Gabriel Péri.
         Et puis, on comprend que le promoteur et la municipalité ne veulent pas considérer l’espace convoité dans sa relation avec l’espace environnant.
         La photo ci-dessous est profondément éloquente.


         Elle indique que cet espace « naturé » de « L’ïle » n’a pas été fondamentalement dénaturé par les installations postérieures aux années 1970.
         Le centre d’Argenteuil a subi durant les années 1960 une restructuration que l’on peut discuter avec nos lunettes de 2019. Mais il y avait un problème fondamental de construction de logements à résoudre. Le vieux centre était composé de très nombreux taudis. La question de la voiture ne se posait pas dans les termes où elle se pose aujourd’hui avec la pollution qui lui est liée…

         Aujourd’hui, sur la base de nos préoccupations environnementales, il s’agit de ne pas effectuer un remake. Nous devons protéger « L’île », avec son espace Jean Vilar et son parking rénovés, avec son marché amélioré, dans le cadre d’un espace arboré totalement soigné à nouveau.


vendredi 8 mars 2019

Oppression des femmes : toujours autant à l’ordre du jour. Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière de cette semaine



8 mars : pour le droit des femmes

La journée du 8 mars est l’occasion d’une multitude d’initiatives en faveur du droit des femmes dans le monde et en France, auxquelles Lutte ouvrière apporte son soutien.


L’an dernier à cette même date, des millions de femmes avaient manifesté en Espagne pour dénoncer la violence masculine. Au-delà de la sphère domestique, elles visaient en particulier la violence patronale, les travailleuses étant non seulement les moins bien payées mais les premières licenciées. L’initiative d’appeler les femmes à la grève a été reprise cette année en Belgique par des associations féministes soutenues par certains syndicats, en y ajoutant l’arrêt des tâches domestiques qui doublent bien souvent la journée de travail des femmes.
Dans un monde ravagé par la crise, la dégradation de la situation des femmes est révélatrice des reculs engendrés par le maintien de cette société. Exploitées systématiquement, enfermées dans la sphère domestique, traitées comme mineures à vie, victimes de viols généralisés dans les zones de guerre, vendues comme esclaves y compris sexuelles sur de nombreux continents, tel est le lot de la majorité des femmes de la planète.
Même dans les pays développés si fiers qu’ils prétendent appliquer des droits égaux, le droit des femmes régresse. Ce n’est pas seulement une inégalité sociale, avec en France des salaires inférieurs de 30 à 40 % à celui des hommes, des retraites représentant 60 % en moyenne de celles des hommes, une précarité encore plus généralisée. C’est aussi la violence sociale du quotidien, qui va bien au-delà du harcèlement de rue. Une femme sur quatre est victime ici de violence domestique, une sur trois subit une tentative de viol au cours de sa vie. Et tous les trois jours une femme meurt sous les coups de son compagnon.
Les gouvernants ne sont jamais avares de déclarations solennelles sur la nécessaire égalité homme-femme. Mais dans les faits ils réduisent même les maigres moyens des associations venant en aide aux femmes victimes de violence. En organisant la fermeture des centres pratiquant l’interruption volontaire de grossesse par simple souci d’économie ils privent les femmes même du droit élémentaire à disposer de leur corps.
La lutte pour l’égalité entre femmes et hommes fait partie du combat pour l’émancipation de l’humanité tout entière, c’est un des fondements du programme socialiste. C’est à l’initiative de Clara Zetkin qu’en 1910 la IIème Internationale fit du 8 mars une journée de lutte pour le droit des femmes, pour le droit de vote bien sûr mais aussi pour l’accès au travail avec des salaires égaux à ceux des hommes. C’est la révolte des femmes des quartiers populaires de Petrograd qui déclencha le 8 mars 1917 (23 février dans le calendrier en vigueur alors en Russie) la révolution qui allait provoquer la chute du tsar. C’est l’Union soviétique révolutionnaire qui officialisa cette journée à l’échelle internationale.
Le combat contre l’oppression des femmes est toujours autant à l’ordre du jour. Le sort intolérable qu’engendre le simple maintien du capitalisme à la moitié féminine de l’humanité suffit à montrer l’urgence d’en finir définitivement avec ce système.

À Paris, le rassemblement aura lieu place de la République à 15h 40.

                                               Gilles BOTI (Lutte ouvrière n°2640)