mardi 23 octobre 2018

Editorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 22 octobre 2018



Affaire Mélenchon : un cinéma politicien sans intérêt

Un nouveau feuilleton politico-médiatique a démarré la semaine dernière avec les perquisitions des domiciles de Mélenchon et de membres de son entourage, ainsi que des locaux de son mouvement.
Le dirigeant de la France insoumise fait l’objet d’une enquête préliminaire relative à ses comptes de campagne de la présidentielle de 2017 et à ses attachés au Parlement européen. Mais les moyens mobilisés pour mener les perquisitions ont été d’une ampleur inédite : 70 policiers et neuf magistrats dans quinze lieux différents. Une opération digne de la lutte contre le grand banditisme !
Que Mélenchon ait été indigné par un tel déploiement de forces, qu’il ait été choqué par l’irruption de policiers venus fouiller son appartement à sept heures du matin, sans égard pour sa vie privée, on peut tout à fait le comprendre. Comme on peut comprendre sa dénonciation d’une justice à deux vitesses : alors que des irrégularités ont été relevées dans les comptes de campagne de Macron, ni lui ni son parti n’ont eu à subir le même traitement.
Toute la vie politique est ponctuée régulièrement par ce genre de règlements de compte et d’affaires judiciaires. Après Sarkozy, Fillon, Le Pen, Mélenchon se trouve à son tour mis en cause, mais, lui, il en fait un spectacle et, en la matière, il en connaît un rayon !
Face aux policiers, Mélenchon s’est mis en scène devant les caméras, revêtant son écharpe tricolore, se prévalant de sa fonction de député et clamant : « Ma personne est sacrée ! » Oubliée l’époque où il reprochait à Le Pen d’invoquer son immunité parlementaire pour refuser de répondre aux juges !
Mais pourquoi un député devrait-il être plus protégé qu’un simple citoyen de ce genre d’intrusions policières ? Si c’est une injustice pour l’un, ça l’est pour l’autre aussi ! Si cela avait été un jeune de banlieue qui avait résisté à l’intervention policière, que se serait-il passé ?
Mélenchon proclame : « La République, c’est moi ». Ses détracteurs, eux, l’accusent d’avoir bafoué la police et la justice. De Macron à Mélenchon, ces politiciens ont constamment ces grands mots de « justice », « démocratie » ou « République » à la bouche. Mais cette « République » dont ils se réclament tous, c’est celle de la toute-puissance de la bourgeoisie et de l’exploitation.
Où est la justice pour les travailleurs, les intérimaires qui se retrouvent mis à la porte, parfois du jour au lendemain, sans que leur employeur ait à peine besoin de donner une justification ? Combien d’entre eux se font voler parce que le patron ne paye pas les heures supplémentaires ? Pour les travailleurs, il n’y a plus de démocratie dès qu’ils mettent les pieds dans l’entreprise et c’est en permanence qu’il leur faut défendre leurs droits face à l’arbitraire patronal. Pour imposer des changements d’horaire, de poste ou refuser un jour de congé, un patron a mille et un moyens, légaux ou pas.
La police et la justice, l’appareil de l’État servent les intérêts des classes possédantes et ont vocation à faire taire tous ceux qui contestent l’ordre capitaliste. Et ils le font la plupart du temps avec brutalité et sans prendre de gants ! Bien des travailleurs en lutte pour défendre leurs emplois ces dernières années en ont fait l’expérience. Comme ceux de Goodyear qui ont été condamnés à une peine de prison ou ceux d’Air France dont certains, accusés d’avoir participé à l’épisode de la chemise déchirée, ont été arrêtés à leur domicile, devant leurs enfants, et traités comme de vulgaires délinquants.
Quand Mélenchon s’insurge de la manière dont il a été traité, il est loin, très loin de ce que vivent des millions de travailleurs, dont le quotidien est fait d’injustice et de violence. Il se veut « insoumis » mais toute sa carrière est celle d’un politicien du système qui s’indigne aujourd’hui des obstacles que magistrats et policiers mettent sur sa route. Dans toute cette affaire, il y a surtout beaucoup de cinéma de part et d’autre.
Pendant que Mélenchon, Le Pen, Macron et leurs semblables occupent la une des médias, les vrais maîtres de la société, les actionnaires, les dirigeants des grandes entreprises et l’ensemble de la classe bourgeoise continuent de mener la guerre aux travailleurs.
Alors notre sort n’a rien à voir avec cette agitation dérisoire de ce petit monde politicien. La seule question importante pour nous, travailleurs, c’est de mettre en avant la défense de nos intérêts de classe face à ceux qui nous exploitent.

Péages d’autoroute : l’Etat roule pour les sociétés d’autoroute


Il y aurait bien une solution…

 
Par ici la monnaie...

Le gouvernement prépare la fin des barrières de péage sur les autoroutes. Le but : fluidifier le trafic.
À la place, des capteurs liront les plaques des véhicules ou des vignettes spéciales. En clair, l'arrêt au péage disparaîtra, mais le péage, lui, ne disparaîtra pas.
Supprimer purement et simplement ce racket serait bien plus efficace pour réduire les bouchons et la pollution qu'ils provoquent. Oui, mais cela se ferait au détriment des compagnies d'autoroutes. Et ça, le gouvernement ne le veut pas !

Ehpad – Méru : mobilisation pour le maintien de l’Ehpad


Une manifestation réussie contre la fermeture

 


300 personnes ont manifesté à Méru samedi 20 octobre, contre la fermeture de l’Ehpad Quiétude. Cet établissement public abrite 84 résidents et emploie 60 salariés. Il est situé dans l’Oise mais dépend administrativement et financièrement du Val d’Oise.
L’Agence Régionale de Santé (ARS) d’Île de France a annoncé en septembre sa fermeture imminente sous prétexte de travaux trop lourds à supporter (un ascenseur soi disant en panne…).
Après un conseil municipal largement ouvert au public le 26 septembre, un rassemblement devant la mairie le 11 octobre, cette manifestation est le troisième temps fort de la mobilisation contre la fermeture de l’Ehpad.
La veille de la manifestation, on apprenait que l’Ehpad ne fermerait pas, sa gestion étant transférée de l’ARS d’Île de France à celle des Hauts de France. Les présidentes des deux Conseils départementaux de l’Oise et du Val d’Oise ont immédiatement crié victoire.
Pourtant, rien n’est vraiment réglé. Les questions de financement des travaux de rénovation restent en suspens et surtout on peut douter que l’’Ehpad restera un établissement public accessibles aux anciens aux revenus modestes de Méru. En effet, l’ARS précise dans un communiqué qu’elle cherche un « repreneur ». C’est laisser entendre qu’elle s’apprête à revendre cet Ehpad à l’un de ces requins du privé qui font du profit sur le dos des anciens.
C’est pourquoi la manifestation, appelée à l’initiative des syndicats CGT, Unsa, Sud, et soutenue par la municipalité de droite, a été maintenue.
Au rassemblement final, les orateurs, tout en se félicitant de cette première avancée et du succès de la manifestation, ont souligné leurs inquiétudes et appelé à maintenir vigilance et mobilisation.

Argenteuil – Babou. Quelles conséquences pour les travailleurs ?


Le grand Monopoly capitaliste

 


Parmi les 95 magasins de l’enseigne « Babou »dans le pays, il y en a un à Argenteuil. Comme leurs camarades des autres magasins, ceux d’Argenteuil seront sans doute surpris d’apprendre que la chaîne « Babou » vient d’être rachetée par un groupe anglais, B&M qui possède, lui, 580 magasins, pour 28 000 salariés. Il faut dire que chaque magasin « Babou » est une sorte de gérance et que la plupart des employés « Babou » ne dépendent pas directement de la SAS Babou.
         Ainsi va le grand Monopoly capitaliste…

Agents territoriaux d’Argenteuil : il y a agents et agent


Un manque général de personnel 

Des centaines d’embauches utiles nécessaires

 

Si l’on fait le compte, le manque de personnel est général dans la plupart des services, de la commune d’Argenteuil. Services du « bâtiment », médiathèques, centres de santé, crèches, Ecoles, parmi bien d’autres, ne peuvent pas fonctionner correctement parce que l’embauche a été totalement gelée, ou parce que les travailleurs partis en retraite n’ont pas été remplacés, ou encore parce que les recrutements sont en attente.
         Les travailleurs présents ne pouvant faire que leur tâche, et non celle des travailleurs manquant, la situation est préjudiciable au service qui devrait être normalement rendue par la collectivité aux habitants.
         Un objectif pourrait être d’établir précisément le tableau des postes manquants, tableau qui pourrait servir de base pour la lutte pour imposer les recrutements nécessaires. Un combat qui concerne l’ensemble des travailleurs de la mairie, mais aussi toute la population qui est victime d’une telle situation.
 

Mais il y a au moins une exception
 

Monsieur burette

 


En revanche s’il y a un recrutement qui ne traîne jamais, c’est celui du directeur de cabinet, ce proche du maire chargé surtout de la « communication de celui-ci, mais aussi servant d’interface entre des élus et des directeurs de service défendant leurs prérogatives. Pour le nouvel arrivé, « Le cabinet est là pour mettre de l’huile dans les rouages ». Par ailleurs, selon lui-même « Argenteuil est une ville avec un fort potentiel car tous les ingrédients sont là, il ne reste plus qu’à mieux les partager ».
         Mieux que d’huile, ce n’est pas d’effectifs dont manque la collectivité ? Que la municipalité commence déjà par les compléter.

 

lundi 22 octobre 2018

Editorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise de ce lundi 22 octobre


Affaire Mélenchon : un cinéma politicien sans intérêt

Un nouveau feuilleton politico-médiatique a démarré la semaine dernière avec les perquisitions des domiciles de Mélenchon et de membres de son entourage, ainsi que des locaux de son mouvement.
Le dirigeant de la France insoumise fait l’objet d’une enquête préliminaire relative à ses comptes de campagne de la présidentielle de 2017 et à ses attachés au Parlement européen. Mais les moyens mobilisés pour mener les perquisitions ont été d’une ampleur inédite : 70 policiers et neuf magistrats dans quinze lieux différents. Une opération digne de la lutte contre le grand banditisme !
Que Mélenchon ait été indigné par un tel déploiement de forces, qu’il ait été choqué par l’irruption de policiers venus fouiller son appartement à sept heures du matin, sans égard pour sa vie privée, on peut tout à fait le comprendre. Comme on peut comprendre sa dénonciation d’une justice à deux vitesses : alors que des irrégularités ont été relevées dans les comptes de campagne de Macron, ni lui ni son parti n’ont eu à subir le même traitement.
Toute la vie politique est ponctuée régulièrement par ce genre de règlements de compte et d’affaires judiciaires. Après Sarkozy, Fillon, Le Pen, Mélenchon se trouve à son tour mis en cause, mais, lui, il en fait un spectacle et, en la matière, il en connaît un rayon !
Face aux policiers, Mélenchon s’est mis en scène devant les caméras, revêtant son écharpe tricolore, se prévalant de sa fonction de député et clamant : « Ma personne est sacrée ! » Oubliée l’époque où il reprochait à Le Pen d’invoquer son immunité parlementaire pour refuser de répondre aux juges !
Mais pourquoi un député devrait-il être plus protégé qu’un simple citoyen de ce genre d’intrusions policières ? Si c’est une injustice pour l’un, ça l’est pour l’autre aussi ! Si cela avait été un jeune de banlieue qui avait résisté à l’intervention policière, que se serait-il passé ?
Mélenchon proclame : « La République, c’est moi ». Ses détracteurs, eux, l’accusent d’avoir bafoué la police et la justice. De Macron à Mélenchon, ces politiciens ont constamment ces grands mots de « justice », « démocratie » ou « République » à la bouche. Mais cette « République » dont ils se réclament tous, c’est celle de la toute-puissance de la bourgeoisie et de l’exploitation.
Où est la justice pour les travailleurs, les intérimaires qui se retrouvent mis à la porte, parfois du jour au lendemain, sans que leur employeur ait à peine besoin de donner une justification ? Combien d’entre eux se font voler parce que le patron ne paye pas les heures supplémentaires ? Pour les travailleurs, il n’y a plus de démocratie dès qu’ils mettent les pieds dans l’entreprise et c’est en permanence qu’il leur faut défendre leurs droits face à l’arbitraire patronal. Pour imposer des changements d’horaire, de poste ou refuser un jour de congé, un patron a mille et un moyens, légaux ou pas.
La police et la justice, l’appareil de l’État servent les intérêts des classes possédantes et ont vocation à faire taire tous ceux qui contestent l’ordre capitaliste. Et ils le font la plupart du temps avec brutalité et sans prendre de gants ! Bien des travailleurs en lutte pour défendre leurs emplois ces dernières années en ont fait l’expérience. Comme ceux de Goodyear qui ont été condamnés à une peine de prison ou ceux d’Air France dont certains, accusés d’avoir participé à l’épisode de la chemise déchirée, ont été arrêtés à leur domicile, devant leurs enfants, et traités comme de vulgaires délinquants.
Quand Mélenchon s’insurge de la manière dont il a été traité, il est loin, très loin de ce que vivent des millions de travailleurs, dont le quotidien est fait d’injustice et de violence. Il se veut « insoumis » mais toute sa carrière est celle d’un politicien du système qui s’indigne aujourd’hui des obstacles que magistrats et policiers mettent sur sa route. Dans toute cette affaire, il y a surtout beaucoup de cinéma de part et d’autre.
Pendant que Mélenchon, Le Pen, Macron et leurs semblables occupent la une des médias, les vrais maîtres de la société, les actionnaires, les dirigeants des grandes entreprises et l’ensemble de la classe bourgeoise continuent de mener la guerre aux travailleurs.
Alors notre sort n’a rien à voir avec cette agitation dérisoire de ce petit monde politicien. La seule question importante pour nous, travailleurs, c’est de mettre en avant la défense de nos intérêts de classe face à ceux qui nous exploitent.

Hôtel Park Hyatt - Paris : la grève


La lutte continue

 


En grève depuis le 25 septembre, des salariés de la société de nettoyage sous-traitante de l’hôtel Park-Hyatt-Paris-Vendôme et des salariés de l’hôtel ont été violemment délogés, vendredi 12 octobre à 6 h 25, par des vigiles envoyés par la direction. Deux d’entre eux ont été blessés et hospitalisés, pour l’un avec une blessure sérieuse.
Depuis le début du mouvement, la direction de cet hôtel, dont la suite la plus chère est à 18 000 euros, s’assoit sur le droit et utilise illégalement des intérimaires pour casser la grève. Comme cela ne suffit pas, elle a recours maintenant à ses nervis contre les grévistes. Cerise sur le gâteau, ce même jour la préfecture a envoyé la police, non pas contre le directeur-voyou mais contre les grévistes eux-mêmes.
Dès le lendemain, un rassemblement de deux cents personnes dénonçait cette intervention au secours des patrons de l’hôtellerie. Loin de se laisser intimider, les 70 grévistes (60 sous-traitants et 10 salariés d’Hyatt) poursuivent leur lutte et exigent l’intégration des salariés du sous-traitant dans le personnel de l’hôtel.

Education nationale dans les quartiers populaire : un manque criant de moyens


Éducation non prioritaire

 


Un rapport de la Cour des comptes révèle que l’Éducation prioritaire (concentrées dans les zones REP ou REP +) ne reçoit que 4 % des moyens alloués à l’Éducation nationale, soit 1,7 milliard. Et ce alors que 20 % des élèves en relèvent. On est donc très loin de la priorité que devraient être ces zones qualifiées de prioritaires.
A propos de l’affaire de ce professeur braqué par un élève dans un établissement du Val de Marne et de l’émotion légitime qu’elle a suscitée, Philippe et Blanquer, son acolyte de l’Education nationale, viennent d’annoncer la mise en place d’un « plan d’action » contre la violence.
Les chiffres que nous avons cités ci-dessus parlent d’eux-mêmes. Là où il devrait y avoir d’énormes moyens destinés à l’éducation, et cela dès la maternelle, ne sont pas là, avec toutes les conséquences que ce manque a sur la société.