jeudi 25 janvier 2018

Macron et patrons à Versailles : si Versailles m’était conté





Grands patrons à Versailles : Macron tient salon

Lundi 22 janvier avait lieu à Versailles un salon très haut de gamme, dans le but affiché d’attirer sur le territoire les investissements des grands groupes internationaux.
                                                                  

Pour rassembler 140 patrons de ces géants économiques, Macron n’avait pas fait les choses à moitié. L’accueil au château de Versailles démontrait s’il en était encore besoin que le pouvoir en place sert les patrons comme des rois. Le personnel trié sur le volet, avec un Premier ministre au déjeuner, des entretiens à la demande avec 16 membres du gouvernement l’après-midi, et un président fringant pour le dîner : tout était fait pour répondre aux exigences de ces messieurs, loin des oreilles pourtant bien rarement indiscrètes de la presse vis-à-vis des milieux patronaux.
Il y avait peu d’annonces nouvelles de la part des représentants du gouvernement, à part de petites gâteries fiscales en faveur des hauts cadres s’installant ici. Mais était-il nécessaire d’en faire vraiment plus quand, en moins d’un an, l’exécutif peut déjà afficher à son actif la suppression de l’impôt sur les grandes fortunes, des impôts fortement réduits sur les revenus financiers, la baisse programmée de l’impôt sur les sociétés, des facilités nouvelles pour licencier et la suppression de pans entiers du droit du travail ?
Au-delà des ronds de jambe de damoiseau en direction des affairistes de tout poil, le gouvernement voulait continuer à faire la démonstration d’une attractivité nouvelle de la France depuis l’arrivée au pouvoir de Macron. À l’issue du sommet, il a donc fait claironner par ses porte-parole les résultats qui auraient été obtenus : environ 3,5 milliards d’investissements et la création de 2 200 emplois. Mais en réalité il s’agit de décisions déjà prises, depuis longtemps pour certaines, aussi bien les investissements de Toyota à Valenciennes que la construction du nouveau siège de Novartis à Rueil-Malmaison, commencée il y a trois ans.
Côté emplois créés, l’entourloupe est du même calibre. Est comptée comme création d’emplois la promesse par Manpower de faire signer 1 000 contrats de CDI intérimaire, c’est-à-dire la transformation d’emplois intérimaires existants en contrats qui condamnent à la précarité perpétuelle tout en supprimant les primes censées la compenser en partie. Autre entreprise citée en exemple, Google ne créerait au total que 30 emplois supplémentaires.
Macron a donc réussi à détourner des grands patrons, le temps d’une après-midi, des routes du sommet de Davos où ils se rendaient, en leur promettant un repas étoilé à Versailles. Mais, loin de signifier une quelconque relance de l’activité économique, il s’agit surtout d’esbroufe pour faire croire que tout va de mieux en mieux, alors même qu’une bonne partie des groupes présents au salon préparent de nouveaux plans de suppressions d’emplois partout dans le monde et y compris ici.

                                            Gilles BOTI (Lutte ouvrière n°2582)

Gardiens de prison en grève


 Rassemblement devant la prison de Fleury-Mérogis

Devant le refus de la ministre de la Justice d'augmenter leurs salaires et leurs primes, l'une de leurs principales revendications, les gardiens de prisons poursuivent leur mouvement. Chargés par l'État de surveiller des prisonniers toujours plus nombreux, enfermés dans des conditions inhumaines, les gardiens de prisons subissent en première ligne les conséquences de cette brutalité.
Incapables d'enrayer la violence d'une société minée par le chômage et les inégalités, les gouvernements successifs ont multiplié les lois répressives. Ils ont enfermé des malades qui relèvent de l'hôpital psychiatrique. Comble du cynisme, l'État traite à peine mieux les gardiens aux effectifs insuffisants et dont les salaires, ceux de fonctionnaires de catégorie C, sont indignes. Ils ont raison de ne pas l'accepter.

Paradis Fiscaux : cachez ce paradis que je ne saurais voir


Ils ne l'emporteront pas au paradis


L'Union européenne a retiré huit pays, dont le Panama, de la liste des paradis fiscaux. Ces pays auraient pris des engagements. Lesquels ? Les ministres des finances européens gardent le secret. Quand les intérêts des riches sont en jeu, l'opacité règne. Que des pays soient classés paradis fiscaux ou pas est purement hypocrite. Car tous les pays sont lancés dans une baisse généralisée des impôts pour les riches. C'est toute la planète qui est un paradis fiscal pour les capitalistes.

mercredi 24 janvier 2018

Cergy : rythmes scolaires et décision totalement unilatérale et surprenante


Dîtes-moi ce que vous voulez, mais attendez-vous à que je n’en fasse qu’à ma tête

Sur la commune de Cergy, il y avait pourtant eu une consultation qui donnait 90 % des consultés favorables au retour à la semaine de quatre jours. Mais le maire de Cergy (PS) a voulu n’en faire qu’à sa tête. Il a inversé le résultat de la consultation et décidé de maintenir la semaine de 4 jours et demi dans les écoles élémentaires, et de revenir à celle de quatre jours uniquement dans les écoles maternelles. Voilà de quoi compliquer un peu plus la vie des parents, et mettre en rogne les enseignants de Cergy.
         Ils ont répondu par la seule réponse qui convient en pareil cas, hier, par la grève. D’autant plus, quand ils ont l’impression d’être méprisés et de subir les injonctions d’un petit potentat local qui les prend pour des imbéciles.




Grève dans les écoles, collèges et lycées le 6 février à Argenteuil et Bezons. Journal de bord


Préavis de grève déposé par la CGT-Education du Val d’Oise




Un courrier de la FCPE aux conseils locaux FCPE d’Argenteuil

Bonjour à tous,

le 6 février prochain, un mouvement de grève des enseignants et personnels de l'éducation d'Argenteuil est organisé, appelé "Ecole Morte", avec une manifestation dans la ville. Ce mouvement fait suite à la mobilisation du 24 novembre, qui fut un succès inattendu.
Les raisons de cette journée d'action sont nombreuses, citons-en quelques unes :
- la hausse du nombre d'élèves par établissement et par classe (35 élèves voire plus en lycées ; des classes de plus de 26 en collèges et de 25 en élémentaire et en maternelle),

- la suppression du dispositif "plus de maîtres que de classes" dans les écoles primaires, 

- le refus de garder 4 lycées d'Argenteuil en Education Prioritaire (et donc ces lycées perdent des moyens pourtant nécessaires à leur fonctionnement)

etc.

Comme l'écrit l'appel à cette journée :

"Le climat scolaire se détériore partout. Ce que les enseignants pouvaient faire avec 20 à 22 élèves n'est plus possible à 30 ! La souffrance au travail est manifeste. Les élèves, eux, ne se sentent plus en confiance. Nombreux décrochent, les résultats ne progressent plus.

Des phénomènes de violence, qu'on avait su endiguer pendant quelques années, s'aggravent soit dans les établissements, soit aux abords.

Les enseignants les plus jeunes ne souhaitent qu'une chose : partir et espérer de meilleures conditions d'enseignement.  Le « turn over » des équipes est plus fort qu'ailleurs : leur fragilité est renforcée. On constate le recours fréquent à des personnels précaires jetés dès qu'on n'en a plus besoin !"

La fcpe du Val d'Oise partage ce constat et ces inquiétudes. Elle invite les conseils locaux de parents d'élèves de la ville à diffuser l'information sur cette journée d'action, et elle invite les parents qui le peuvent à exprimer leur soutien à cette action. 

Si vous le souhaitez, nous pouvons demander aux organisateurs de cette journée (enseignants, personnels) de venir expliquer leur action.


Cordialement,
Philippe Renou, vice-président de la fcpe 95, et administrateur fcpe pour Argenteuil.
PS: Mail envoyé à tous les membres des bureaux des conseils locaux d'Argenteuil de cette année  (et de l'année passée)

Macron chez Toyota


Coup de pub



Macron avec le directeur de l'usine Toyota d'Onnaing

En pleine campagne de communication pour montrer « l'attractivité de la France », Macron s'est déplacé à l'usine Toyota d'Onnaing dans le Nord. Il est venu cautionner l'annonce par le groupe d'un investissement de 400 millions d'euros à Onnaing avec la promesse de création de plusieurs centaines d'emplois.
      Médias et élus locaux, qui ont apporté leur pierre à cette opération publicitaire, ont été peu regardants sur les détails. D'abord l'État, la Région et l'Union européenne vont mettre la main au portefeuille en versant plus de 40 millions d'euros. Et surtout, chez Toyota comme ailleurs, les emplois en CDI diminuent au profit des contrats précaires. En quatre ans, les CDI sont passés de 3400 à 2900, tandis que les conditions de travail se dégradaient pour augmenter toujours plus la productivité. Une exploitation précisément renforcée par les lois Macron

Carrefour, 2400 emplois supprimés, son PDG et le maintien des profits


Un plan choc contre les salariés



Alexandre Bompard, Pdg de Carrefour, vient d'annoncer un plan de 2400 suppressions d'emplois et la cession des 270 magasins ex-Dia avec de lourdes menaces pour l'emploi des salariés de cette enseigne. Concurrencé par Amazon, Bompard annonce en même temps la réorientation de Carrefour vers la vente en ligne.
Les actionnaires du premier groupe de distribution français, qui jugeaient insuffisants les profits encaissés l'an dernier, ont été entendus. Pour maintenir leurs marges dans la jungle du marché capitaliste, Carrefour va pressurer les 350 000 salariés du groupe, dont 115 000 en France et jeter des milliers d'entre eux au chômage.
Les travailleurs n'ont pas à subir les choix stratégiques des patrons de Carrefour, ni à être sacrifiés pour enrichir ses actionnaires !

Syrie, une guerre sans fin


Sans fin

 Chars turcs à la frontière syrienne
L'armée turque a lancé ce week-end une offensive contre la région d'Afrin, au nord ouest de la Syrie. Les milices kurdes de Syrie, qui contrôlent cette région, étaient jusqu'alors soutenues par les États Unis et l'Europe dans leur guerre contre l'État islamique. Mais leur victoire est vécue comme une menace par le gouvernement turc de Erdogan, oppresseur des Kurdes en Turquie mais allié des occidentaux. Si le dictateur turc a choisi cette intervention militaire, il n'a pu le faire qu'avec l'accord de la Russie qui contrôle l'espace aérien dans cette zone.
Les États Unis, suivis par la France, ont demandé hypocritement à Erdogan de « faire preuve de retenue ». Après avoir utilisé ces milices kurdes, les États-Unis sont donc prêts à les abandonner. En dressant les peuples les uns contre les autres pour mieux contrôler le Moyen-orient et ses richesses, les puissances impérialistes sont responsables du chaos qui ensanglante la région.