jeudi 16 novembre 2017

Révotution russe de 1917 (42) : vers la paix de Brest-Litovsk



L’armistice, l’état-major et les soldats

Au lendemain de la prise du pouvoir par les Soviets, le décret sur la paix proposait « à tous les peuples belligérants et à leurs gouvernements d’entamer des pourparlers immédiats en vue d’une paix juste et démocratique ». Une paix « dont a soif l’écrasante majorité des classes ouvrières et laborieuses, épuisées, harassées, martyrisées par la guerre, dans tous les pays belligérants » et qui « ne peut être qu’une paix immédiate, sans annexions (c’est-à-dire sans mainmise sur les terres étrangères, sans rattachement par la force de nationalités étrangères) et sans contributions de guerre ».
Mais pour cela, il fallait briser la résistance du Grand quartier général de l’armée tsariste – le GQG ou, en russe, la stavka – que les précédents gouvernements provisoires bourgeois avaient laissé en place. Victor Serge décrit cette étape du combat contre l’ancien appareil d’État dans son livre L’an I de la Révolution russe.
« Le 9 novembre, Lénine, Staline et Krylenko appelaient au téléphone le général Doukhonine et lui prescrivaient d’engager immédiatement avec les Austro-Allemands des négociations d’armistice. Ne recevant que des réponses évasives, ils terminaient cette conversation téléphonique en retirant à Doukhonine son commandement : “ Le sous-lieutenant Krylenko est nommé commandant en chef. ” Mais comment désarmer l’état-major ? (…) Un radio rédigé par Lénine appela la troupe à intervenir :
“ Soldats, la cause de la paix est entre vos mains. Vous ne laisserez pas les généraux contre-révolutionnaires saboter la grande œuvre de la paix, vous les placerez sous bonne surveillance afin d’empêcher des lynchages indignes de l’armée révolutionnaire et de ne pas leur permettre d’échapper au tribunal qui les attend. Vous observerez l’ordre révolutionnaire et militaire le plus strict.
Que les régiments du front élisent sur l’heure des mandataires afin d’engager avec l’ennemi des négociations formelles d’armistice. Le Conseil des commissaires du peuple vous y autorise. Informez-nous par tous les moyens du cours des négociations. Le Conseil des commissaires du peuple a seule qualité pour signer l’armistice définitif. ”
(…) Lénine précisa sa pensée : “ On ne peut vaincre Doukhonine, dit-il, qu’en s’adressant à l’initiative et au sentiment de l’organisation des masses. La paix ne sera pas faite que d’en haut, il faut l’obtenir par en bas. ” (…)
Les troupes se retournèrent contre la stavka ; le 18 novembre, au moment de fuir et de se transporter en Ukraine, l’état-major se trouva en présence des soldats. La stavka, écrit dans ses Mémoires l’émigré Stankévitch qui s’y trouvait, avait à peine commencé ses préparatifs de départ que des foules de soldats excités firent leur apparition, déclarant qu’elles ne laisseraient pas partir le GQG (…). La stavka n’avait pas un soldat pour la défendre… Doukhonine se disait surveillé par son ordonnance. ” Les officiers alliés, quelques généraux et quelques unités réactionnaires parvinrent seuls à s’échapper. À l’arrivée de Krylenko et des marins rouges, le généralissime Doukhonine, arrêté, fut massacré dans la gare de Mohilev. (…)
Tandis que Krylenko entrait à la stavka de Mohilev, l’homme du coup de force manqué de septembre, l’homme du rétablissement de la peine de mort aux armées, le dictateur rêvé naguère de la bourgeoisie russe et alliée, Kornilov, (…) se mit à la tête de son détachement et se fraya un chemin vers le Don (…). Le vieux général Alexeiev s’y consacrait depuis le début de novembre à l’organisation d’une armée de volontaires de l’ordre (…). Le général Dénikine s’exprime avec une louable précision sur la nature de ces forces de la contre-révolution. À l’appel de l’armée de volontaires répondirent “ les officiers, les junkers, la jeunesse des écoles, et très, très peu d’autres éléments (…). La nation ne se leva pas (…). Dans ces conditions de recrutement, l’armée [blanche] eut, dès sa naissance, un profond défaut organique ; elle revêtait le caractère d’une armée de classe. ” (…)
Le 18 novembre, tandis que succombait la stavka, un train spécial emportait vers Brest-Litovsk la délégation soviétique chargée de négocier l’armistice. Elle comprenait neuf personnes : A-A Ioffé, vieil immigré, ancien collaborateur de Trotsky à la Pravda viennoise ; L-B Kamenev ; L-G Mstislavski, officier socialiste-révolutionnaire de gauche et journaliste de talent ; G-I Sokolnikov, une terroriste d’hier (socialiste-révolutionnaire de gauche également), A-A Bitzenko ; un marin, un soldat, un paysan, un ouvrier. (…)
Ces négociations furent un duel. Pour la première fois dans l’histoire moderne, des hommes aussi différents, représentant non plus des États, mais des classes sociales ennemies, s’affrontaient. »

mercredi 15 novembre 2017

16 novembre, grèves, manifestations !


16 novembre : une nouvelle étape du combat



Nouvelle loi travail par ordonnances, baisse des APL, mesures contre le logement social, hausse de la CSG, les attaques de ce gouvernement des riches se multiplient contre les classes populaires.
Les raisons ne manquent pas de manifester ce jeudi 16 novembre, à l'appel de la CGT, de FO, de Solidaires, de l'UNEF, des organisations de lycéens et de chômeurs.
Ce gouvernement doit comprendre que les travailleurs, la jeunesse et l'ensemble des classes populaires ne sont pas prêts à se plier à sa politique.
Lutte ouvrière appelle à participer aux manifestations du 16 novembre. A Paris, le cortège de Lutte ouvrière se retrouvera à 14h00 au croisement du boulevard Voltaire et du boulevard Richard Lenoir. 

PSA et répression syndicale : soutien aux militants CGT de Poissy


Rassemblement de soutien aux militants CGT de PSA
Poissy  (Yvelines)
à 11h00



Jeudi 16 novembre aura lieu un rassemblement pour soutenir neuf militants CGT de l’usine PSA de Poissy, dans les Yvelines, accusés faussement de séquestration et de violences psychologiques en réunion par la direction et menacés par la justice.
Ces comparutions font partie d’une politique d’ensemble de la direction du groupe automobile, pour tenter de briser les militants combatifs afin de poursuivre les attaques contre l’ensemble des travailleurs.
Lutte ouvrière appelle au rassemblement du jeudi 16 novembre, à 11 heures devant le tribunal de Versailles, et Nathalie Arthaud y sera présente.

Droit à l’information, vous avez dit « droit » à l’information ?


Relaxe pour Lech Kowalski !

 

Lech Kowalski à la sortie de sa garde à vue, le 21 septembre. Photo Odile Allard

Le réalisateur indépendant Lech Kowalski est convoqué au tribunal de Guéret, ce mercredi 15 novembre. Il risque jusqu’à 35 000 euros d’amende et deux ans de prison. Mandaté par Arte pour faire un reportage sur le combat des travailleurs de l’usine GM&S de La Souterraine en lutte contre leur licenciement, il les avait suivis le 20 septembre dernier alors qu’ils occupaient la préfecture. Il avait alors été brutalement expulsé et sa caméra avait été rendue inutilisable par les forces de l’ordre. Il est maintenant poursuivi pour «rébellion». Non content de réprimer les travailleurs qui luttent pour sauver leur emploi, le pouvoir voudrait intimider ceux qui rendent compte de ces luttes.
Un rassemblement de soutien est organisé devant le tribunal de Guéret ce mercredi 15 novembre à 14h. Lutte ouvrière s’associe à cet appel.

Argenteuil et multiplex : qu’importe l’intérêt si le profit est là




50 salles de cinéma pour 200 000 habitants, ça fait combien d'argent ?

Et en plus, c'est vraiment pas beau !


Sur Facebook, l’ancien adjoint-au-maire Mouloud Bousselat énumère le tableau des multiplex prévus dans la région : « Ouverture de 8 salles à Montigny-les-Cormeilles,...ajouté à : 12 salles au CGR d'Epinay-sur-Seine, 18 salles au Mégarama de Villeneuve-la-Garenne, 8 salles envisagée à Bezons....effectivement, l'urgence est bien d'ouvrir 8 salles à Argenteuil !!... ». Et tout cela dans rayon de 6 kilomètres du centre d’Argenteuil !
         Ce panorama a toutes les qualités pour servir de base pour des exercices de mathématiques à l’école primaire : quel nombre total de cinéma ? Quelle densité ? Et plus difficile, quelle absurdité sociale !


Commentaire et commentaire d’un commentaire

A propos de notre article sur le handicap où nous évoquions l’absence de poste dédié au « handicap » chez les membres de la municipalité, nous avons reçu le commentaire suivant de Philippe Métézeau : « Bonsoir. Je n’arrive pas à publier un commentaire. Problème technique ? Je vous informe que j’ai été en charge de cette délégation dès le départ du conseiller municipal délégué et que je n’ai pas eu l’impression de l’accomplir de façon « marginale », même si elle s’ajoute à d’autres délégations. Un autre élu sera très prochainement nommé pour m’aider plus directement sur ce secteur. »
         Nous sommes donc allés relire sur internet ce qui figure sur le tableau présentant la titulature des membres de ladite municipalité : « Philippe Métézeau Adjoint au Maire Action Sociale et Santé, Vice-président du Conseil départemental du Val-d'Oise ».
         Le mot de « handicap » n’apparaît bien nulle part dans ce tableau. Nous pensons que cela est révélateur, bien sûr pas de ce que fait ou ne peut pas faire Philippe Métézeau sur le sujet.DM