jeudi 12 octobre 2017

Révolution russe (32) : Lenine et l’insurrection, mi-septembre 1917


Au mois d’août dernier, nous avions repris jour après jour le feuilleton paru depuis des mois dans notre hebdomadaire Lutte ouvrière sous le titre « Russie 1917 : La Révolution au fil des semaines »…Dernier article abordé : Début septembre : l’irrésistible progression des bolchéviks dans les soviets. Nous reprenons le fil de ce feuilleton. 


Mi-septembre : les lettres de Lénine sur l’insurrection

 À la mi-septembre, les bolcheviks avaient gagné une influence considérable dans les soviets. L’idée que le pouvoir devait passer aux soviets progressait parmi les masses qui prenaient conscience, à travers tout le pays, que leurs revendications vitales, au sens propre, ne pourraient être satisfaites par le gouvernement provisoire. Ce dernier avait convoqué une Conférence démocratique qui se réunit à partir du 14 septembre, pour tenter de reconstituer une autorité, la plus éloignée possible des soviets et de l’influence des bolcheviks. Durant cette période, Lénine, encore contraint à la clandestinité, envoya deux lettres au comité central du parti, pour défendre l’idée que la situation était mûre pour l’insurrection et la prise du pouvoir.
Dans sa première lettre, Les bolcheviks doivent prendre le pouvoir, écrite entre le 12 et le 14 septembre, Lénine écrivait : « Ayant obtenu la majorité aux soviets des députés ouvriers et soldats des deux capitales, les bolcheviks peuvent et doivent prendre en main le pouvoir. Ils le peuvent, car la majorité agissante des éléments révolutionnaires du peuple des deux capitales suffit pour entraîner les masses, pour vaincre la résistance de l’adversaire, pour l’anéantir, pour conquérir le pouvoir et le conserver. Car, en proposant sur-le-champ une paix démocratique, en donnant aussitôt la terre aux paysans, en rétablissant les institutions et les libertés démocratiques foulées aux pieds et anéanties par Kerenski, les bolcheviks formeront un gouvernement que personne ne renversera. La Conférence démocratique ne représente pas la majorité du peuple révolutionnaire, mais seulement les dirigeants petits-bourgeois conciliateurs. La Conférence démocratique trompe la paysannerie, car elle ne lui donne ni la paix ni la terre. »
Lénine développait cette idée dans Le marxisme et l’insurrection, qu’il fit parvenir au comité central bolchevique le 15 septembre : « Pour réussir, l’insurrection doit s’appuyer non pas sur un complot, non pas sur un parti, mais sur la classe d’avant-garde. Voilà un premier point. L’insurrection doit s’appuyer sur l’élan révolutionnaire du peuple. Voilà le second point. L’insurrection doit surgir à un tournant de l’histoire de la révolution ascendante, où l’activité de l’avant-garde du peuple est la plus forte, où les hésitations sont les plus fortes dans les rangs de l’ennemi et dans ceux des amis de la révolution faibles, indécis, pleins de contradictions. Voilà le troisième point. Telles sont les trois conditions qui font que, dans la façon de poser la question de l’insurrection, le marxisme se distingue du blanquisme.
Mais, dès lors que ces conditions se trouvent remplies, refuser de considérer l’insurrection comme un art, c’est trahir le marxisme, c’est trahir la révolution.
Pour prouver qu’en ce moment précisément le parti doit de toute nécessité reconnaître que l’insurrection est mise à l’ordre du jour par le cours objectif des événements, qu’il doit traiter l’insurrection comme un art, pour prouver cela, le mieux sera peut-être d’employer la méthode de comparaison et de mettre en parallèle les journées des 3 et 4 juillet et les journées de septembre. Les 3 et 4 juillet, (…) les conditions objectives pour la victoire de l’insurrection n’étaient pas réalisées.
1) Nous n’avions pas encore derrière nous la classe qui est l’avant-garde de la révolution. Nous n’avions pas encore la majorité parmi les ouvriers et les soldats des deux capitales. Aujourd’hui, nous l’avons dans les deux soviets. Elle a été créée uniquement par les événements des mois de juillet et d’août, par l’expérience des répressions contre les bolcheviks et par l’expérience de la rébellion de Kornilov.
2) L’enthousiasme révolutionnaire n’avait pas encore gagné la grande masse du peuple. Il l’a gagnée aujourd’hui, après la rébellion de Kornilov. C’est ce que prouvent les événements en province et la prise du pouvoir par les soviets en maints endroits.
3) Il n’y avait pas alors d’hésitations d’une amplitude politique sérieuse parmi nos ennemis et parmi la petite-bourgeoise incertaine. Aujourd’hui, ces hésitations ont une grande ampleur (…).
4) C’est pourquoi, les 3 et 4 juillet, l’insurrection aurait été une faute : nous n’aurions pu conserver le pouvoir ni physiquement ni politiquement (…).
Aujourd’hui la situation est tout autre. Nous avons avec nous la majorité de la classe qui est l’avant-garde de la révolution, l’avant-garde du peuple, capable d’entraîner les masses. »



mercredi 11 octobre 2017

Argenteuil, grève, manifestation et un conseil municipal très loin du vécu des habitants


Une bonne journée d’activité militante

J’avais évoqué hier le programme de ma journée militante. Autant en faire un bilan.

A 9 heures 30, assemblée de grévistes de l’Education nationale d’Argenteuil

Une vingtaine d’enseignants des écoles primaires, des collèges et des lycées de la Ville. Bien des problèmes à faire partager : la fermeture inadmissible d’une classe à l’école Paul Eluard 1 du Val Nord, des effectifs qui crèvent les plafonds aux collèges Camus et Eugénie Cotton, le manque d’AVS pour les élèves handicapés inclus dans les classes, et la suppression des 245 postes d’EVS, soutiens essentiels aux directions d’école, le très grand nombre d’enseignants contractuels non formés… Des situations dramatiques pour une commune très populaire telle Argenteuil.
         Des problèmes locaux à resituer dans l’offensive générale contre les services publics utiles à la population et contre l’ensemble du monde du travail, du privé comme du public.
         Une première rencontre. D’autres suivront. 

Une très belle manifestation
















A 14 heures, une très belle manifestation, au vu du nombre de manifestants et de l’ambiance. Des groupes de travailleurs d’entreprises privées, certes peu nombreux, mais très remarqués. Un cortège de ville important, celui d’Ivry-sur-Seine, massif, conduit par son maire et des conseillers, affirmant la nécessité de la défense des services publics. 

Un conseil municipal… très loin de la vie des habitants

Le soir, un rapide conseil municipal, sur lequel nous reviendrons dans les jours qui viennent. Sa rapidité et la très faible participation dans les tribunes sont deux signes que l’activité de la municipalité (en tout cas ce qui se discute lors de ces conseils) est bien loin des problèmes et des préoccupations de la population. Ainsi, le maire s’est auto-satisfait de la rentrée scolaire à Argenteuil, d’autant que, selon lui, le directeur de l’académie,  venu à Argenteuil le jour de la rentrée, l’était aussi… Ce que nous disions plus haut sur notre matinée montre ce qu’il en est dans la réalité. Ce conseil municipal a confirmé une nouvelle fois le décalage entre le quotidien vécu par les Argenteuillais, et le train de train de notables installés dans leur bulle.  

Ces moments ont été entrecoupés par deux temps de rencontre avec les habitants pour faire signer la « pétition pour la défense de Jean Vilar », l’occasion de riches discussions et de rencontrer la vraie vie.

Nathalie ARTHAUD dans la manifestation des fonctionnaires à Paris, interview sur BFM-TV

Argenteuil Semperit : vive la lutte des travailleurs


Vive les travailleurs de Semperit




La grève et l’occupation sont terminées chez Semperit. Les salariés ont voté ce lundi, à la majorité, la dernière proposition de leur direction A l’issue de la fermeture de l’usine prévue d’ici à la fin de l’année, les 64 salariés partiront avec une indemnité de licenciement allant de 20 000 à 50 000€ selon l’ancienneté et une période de « reclassement » de douze mois maxi durant lesquels ils toucheront 80 % de leur salaire brut.
         Les travailleurs de Semperit, depuis juin dernier, se sont mobilisés comme ils l’ont pu contre la fermeture de leur usine. Ils obtiennent une indemnité de départ bien supérieur au minimum, il est vrai totalement dérisoire, prévu par la loi, mais sans rapport avec ce que la multinationale Semperit devrait payer pour « atteinte à l’avenir des travailleurs licenciés et de leurs familles ».
         Pendant ces trois mois, nous les avons rencontrés, nous avons été à leur côté. Certains de ces travailleurs ne sont pas loin du départ à la retraite. D’autres, nous les croiserons dans les luttes futures pour imposer l’interdiction des licenciements, les embauches massives partout tellement nécessaires, bref pour que le Capital arrête de faire sa loi, sur le dos des prolétaires.

General Electric Grenoble : face aux énormes profits d’un côté, et aux licenciements de l’autre, la lutte


La grève



Depuis une semaine l'usine de production de turbines et le centre de recherche de GE Hydro de Grenoble sont à l'arrêt. Des ouvriers aux cadres, il y a une forte mobilisation gréviste contre le « plan de sauvegarde l'emploi », bien mal nommé puisqu'il prévoit 345 suppressions de postes sur 800.
         L'an dernier General Electric (GE) a réalisé, au niveau mondial, 8,17 milliards de dollars de bénéfices. Mais il en veut toujours plus. Les grévistes de GE Hydro qui manifestent, aujourd'hui 10 octobre, en même temps que les salariés du public, ont donc bien raison.

Réfugiés : l’Europe ferme ses portes


Rendre la vie des migrants toujours plus dure



Merkel, la chancelière d'Allemagne, a annoncé qu'elle allait durcir sa politique envers les réfugiés. En clair, elle se fait le relais des pressions xénophobes exprimées lors des récentes élections allemandes. Au lieu du million de réfugiés arrivés en 2015 et 2016, l'Allemagne ne devrait plus en accueillir que 200 000 par an.
         Quant au gouvernement français, il déclare qu'il ne laissera entrer que 10 000 réfugiés durant les 24 prochains mois, 40 fois moins que l'Allemagne. Les autres étant condamnés à la clandestinité ou à la mort en Méditerranée...
         Faut-il qualifier les gouvernements européens de civilisés ou de barbares ?

mardi 10 octobre 2017

Mardi 10 octobre 2017 : journée de lutte et de mobilisation


Notre journée d’aujourd’hui

9 heures 30

Participation à l’assemblée générale de grévistes

Initiée par le syndicat CGT-Education à l’espace Mandéla

 

14 heures, Paris, place de la République

Pour moi, il s’agit :

« Travailleurs du public et du privé, se défendre tous ensemble ! »

Je ferai un salut à mes camarades de Lutte ouvrière

Qui feront un « point fixe » :

métro Saint-Sébastien Froissard

 

18h.-18h.30 à l’entrée de l’Hôtel de Ville

Pour évoquer la question de l’espace Jean Vilar avec les spectateurs « in live » du

Conseil municipal d’Argenteuil qui commencera
à 19 heures

Ordre du jour sur :

http://www.argenteuil.fr/58-les-seances-en-direct.htm

Argenteuil défense de Jean Vilar : la population découvre toujours


Pour jean Vilar, une action résolue

Avec d’autres habitants nous continuons à faire signer avec le même succès la pétition réclamant la rénovation du complexe Jean Vilar et donc l’abandon de la vente de cet espace public à un promoteur privé.  Ce que nous avons fait avant-hier matin au grand marché Héloïse, et hier devant l’école de la Croix-Duny, au Val Sud. Un grand nombre de personnes ne sont toujours pas au courant, même si notre mobilisation diffuse l’information qu’il se passe quelque chose de pas joli à l’encontre de ce complexe Jean Vilar. Il y a de très nombreuses réactions d’étonnement et de fort mécontentement. Cela occasionne de très nombreuses discussions. La pétition continue à être massivement signée… 

Deux réflexions de la part d’un partisan du projet

« Il faut qu’Argenteuil bouge… Nous avons affaire à une « vieille zone »
Oui, mais bouger en détruisant un élément essentiel de la vie collective locale, et en détruisant un peu plus un espace non bâti pour l’essentiel, ce n’est pas bouger, c’est vouloir bouger pour bouger en détruisant et en allant vers l’aventure.

« Pourquoi faudrait-il que mes enfants soient privés d’un multiplex en proximité… »

Oui, il y a quelques partisans du multiplex. On peut avoir des avis différents sur cette question. En prenant le bus, on peut facilement aller à celui d’Epinay. Mais pourquoi construire des équipements en nombre qui seront très peu utilisés ? Dernier aspect : si vraiment, ils le veulent, pourquoi le faire à cet endroit en détruisant l’espace central de la vie collective locale ? 

Deux réflexions de combattants résolus contre le projet : 

« Défendre un espace à l’allure provincial et patrimonial à préserver » 

« Ils démoliront Jean Vilar, et la deuxième étape, ce sera le marché ! »

Quelques personnes vaguement au courant croyaient que le projet prévoyait la « rénovation » ou la « reconstruction » du complexe Jean Vilar. Nous leur expliquons les finalités différentes d’une salle des fêtes propriétés de la commune, et d’une salle polyvalente (si elle se fait), propriété d’un groupe privé, aux finalités pécuniaires privées, comme chacun sait, les unes et les autres sont aux antipodes.