jeudi 13 juillet 2017

Argenteuil : édiles main dans la main avec les affairistes contre les travailleurs


Des projets où ni la population ni les travailleurs n’ont leurs mots à dire

Le maire d’Argenteuil poursuit le projet urbain de la zone industrielle de la gare d’Argenteuil, laquelle se trouve derrière la gare centrale. Ce projet a été initié par le maire précédent, P. Doucet.

         Si l’on peut imaginer que l’entreprise Givaudan et son centre de recherche puissent s’intégrer à l’avenir dans ce projet d’un nouveau quartier moderne, les entreprises Otis et Semperit sont dans le collimateur de leur disparition. On ne s’en fait pas pour leurs actionnaires qui risquent de faire à l’occasion de sa réalisation de belles opérations foncières. Les craintes sont du côté des travailleurs de ces deux entreprises. Pour ceux de Semperit; elles sont déjà bien présentes depuis l’annonce le 30 juin dernier  de la fermeture de l’usine.
         Les actionnaires et leurs amis des collectivités locales mènent leurs petites affaires. Aux travailleurs et à la population de se faire entendre.

Municipalité d'Argenteuil : micmacs


Un poste en échange de la « liberté de parole » !

L’ex-adjoint à la culture devenu l’ex-conseiller municipal délégué à la culture, devenu aujourd’hui simple conseiller s’épanche naïvement sur sa récente dégradation. Selon lui, ce serait sa candidature aux dernières élections législatives qui a amené G. Mothron  à lui retirer sa délégation.
             Certes c’est leur affaire.
        Cela dit, ce monsieur déclare retrouver aujourd’hui sa « liberté de parole ».
         Mais on se demande bien pourquoi il avait accepté qu’on la lui prenne et de se taire.
         Notre "homme devenu libre" peut donc aujourd’hui prendre rétrospectivement position sur trois années de recul sur le plan de la culture sur la commune. Il peut également expliquer comment il a pu accepter toutes les misères faites à l’encontre des travailleurs du Figuier blanc victimes d’une hiérarchie dont il était censé être le responsable en dernier ressort.
         Il peut encore maintenant donner son point de vue sur le « projet Héloïse » calamiteux pour l’avenir de la vie culturelle à Argenteuil et pour le paysage des berges.
         Ils sont tout de même étonnants ces gens qui bradent leur liberté de parole contre même pas un plat de lentilles, mais pour des titres dérisoires !

Orpéa, Domidep, EHPAD de tout le pays. Ah si tous les travailleurs des EHPAD d’ici et d’ailleurs se donnaient la main !


Mais cela nous rappelle quelque chose : la grève des Pensées à Argenteuil
 

Ehpad – Échillais : les employés n’acceptent plus

La maison de retraite d’Échillais, en Charente-Maritime, fait partie du groupe Orpéa, qui gère 70 000 lits répartis sur 750 établissements dans dix pays. Les profits du groupe ont augmenté de 18 % en 2016, atteignant 475 millions d’euros. Les actionnaires sont gâtés : ils vont se partager 60,5 millions d’euros en 2017, des profits en hausse de 11 % sur un an.
Ce n’est pas le cas des pensionnaires et de la centaine d’employées du site d’Échillais. Ces dernières se sont mises en grève le 4 juillet afin d’exiger des embauches supplémentaires en CDI, la requalification de CDD en CDI, une augmentation de salaire de 150 euros brut, des contrats de 24 heures par semaine minimum et l’arrêt des économies qui conduisent à un traitement inacceptable des pensionnaires.
Des situations scandaleuses étaient citées par les salariées, qui n’ont qu’un quart d’heure pour la toilette et l’habillage d’un résident, et se voient imposer de faire la toilette des patients avec des draps, faute de lingettes. Certains résidents n’ont pas été changés à l’heure du repas. Des soupes en sachets ont été servies pendant des semaines, des soucis d’économies ayant empêché la réparation des appareillages de cuisine. Après 15 h, faute d’infirmière, les médicaments sont distribués par des auxiliaires de vie, sans ordre écrit.
Les crises d’hystérie du directeur, menaçant les salariées, entraînent des arrêts maladie et des dépressions. Le directeur fait d’ailleurs l’objet de plusieurs plaintes pour harcèlement et comparaîtra en justice le 14 septembre. Les salariées ont voté la grève pour ce jour-là, afin d’appuyer leurs collègues plaignantes et leurs revendications, conscientes de devoir riposter collectivement.

                                        Correspondant LO (Lutte ouvrière n°2554)

Migrants, d'évacuation en évacuation. Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière


Migrants : après l’évacuation du camp de la porte de la Chapelle

Vendredi 7 juillet, près de 2 800 migrants ont été évacués du camp situé à la porte de la Chapelle, à Paris, où ils vivaient dans la rue, dormant sur des matelas à même le sol ou dans des tentes. C’était la 34e évacuation depuis 2015.
Avec la chaleur, la situation devenait intenable, le site ne disposait que de trois points d’eau et de sept latrines. La gale et les poux s’y étaient installés. Mais, à part un hébergement de quelques semaines dans des gymnases en région parisienne, aucune solution n’est proposée, et rien n’est prévu pour les nouveaux arrivants. Dimanche 9 juillet, de nombreux migrants étaient à nouveau installés à la porte de la Chapelle, certains ayant quitté les gymnases où ils se trouvaient entassés, d’autres venant d’arriver.
Le centre de premier accueil de la porte de la Chapelle, ouvert par la mairie de Paris en novembre 2016, était prévu pour 400 personnes, le temps qu’elles se reposent pendant cinq à dix jours, avant de les diriger vers un des 301 centres d’accueil et d’orientation dans le pays. Mais il est depuis longtemps saturé. Face à l’urgence, la maire de Paris, Anne Hidalgo, a proposé un projet de loi prévoyant entre autres des centres d’accueil dans toutes les grandes villes du pays, en particulier celles par où passent les migrants, comme Nice, Marseille ou Lyon.
Mais le gouvernement ne donne aucun signe qu’il veut améliorer la situation. Le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, a refusé l’ouverture d’un centre d’accueil à Calais, ou même simplement la création de points d’accès à l’eau, de toilettes, de douches, sous prétexte qu’il ne faut pas créer d’appel d’air. Et il a répété cette expression la semaine dernière, lorsqu’il a reçu à Paris les ministres de l’Intérieur allemand et italien afin d’envisager des solutions communes.
Mais le fait de ne rien prévoir pour leur accueil n’empêche pas les migrants de quitter leur pays pour fuir l’horreur de la guerre et de la misère. La seule solution à ce drame est de permettre aux migrants de voyager en sécurité et de les accueillir en leur offrant un toit et une perspective de refaire leur vie ici. Contrairement à ce que prétendent tous les démagogues qui alimentent la xénophobie, un pays comme la France en aurait tout à fait les moyens.

                            Hélène COMTE (Lutte ouvrière n°2554)

mercredi 12 juillet 2017

Restos du coeur Argenteuil ; une décision indigne


     Pas joli joli



C’est par hasard que nous venons l’apprendre le mauvais coup suivant à l’encontre de l’action des Restos du coeur d'Argenteuil. Apparemment depuis mai, le camion des bénévoles du Restos du cœur qui faisaient leur distribution aux plus démunis a été obligé de quitter le parvis de la gare d’Argenteuil, face au boulevard Foch, pour le site plus reculé du parking de la Colonie, derrière la gare. Il y avait peut-être des problèmes, mais ce n'est pas en supprimant la distribution qu'on les règle. Et cela ne va pas sans poser bien d'autres problèmes aux bénévoles dont l'objectif est d'avoir le contact avec le maximum de personnes en très grande difficulté.
         Démunis et personnes marginalisées ne sont certes pas un spectacle ni réjouissant ni tranquille, mais c’est une des faces d’une société en crise profonde.
         Devant une telle situation et un tel déplacement, vient immédiatement à l’esprit  l’injonction : « Cachez ces misérables que nous ne saurions voir ! ».
         Et bien si, voyons-les et regardons bien en face la réalité telle qu’elle est.
         Et que penser de l’édile responsable d’une telle décision, sans doute pétri de bonnes manières et d’éducation, à défaut d’avoir un vrai grand cœur comme Coluche et tous ces bénévoles ! DM

Associations, municipalité, vie locale à Argenteuil : pas très sérieux tout cela


Même pas à Pâques ni à la Trinité…

 A l’heure où nous écrivons en ce 12 juillet, nous n’avons toujours pas de réponse à notre demande de réservation d’une salle pour organiser notre prochain banquet édition 2018. Habituellement, nous recevions la réponse de la municipalité au plus tard en mars-avril. Nous sommes pratiquement à la mi-juillet… Et cette absence de réponse nous pose bien des problèmes, car un banquet d’une telle importance que le nôtre ne s’improvise pas.


         Tout cela est sans un effet collatéral lié à l’engrenage du « projet Héloïse » pour lequel la municipalité avance « à vue ». Certes.

         Mais la municipalité s’était engagée à ce que les associations et autres ne subissent aucun dommage conséquent à ce projet…

         A ce jour, la preuve est faite que c’était là une idée lancée en l’air.

Semperit - Argenteuil, la lutte contre les lienciements et la fermeture de l'usine


Demain retrouvons-nous pour soutenir les travailleurs de Semperit à 11 heures rue des Charretiers derrière la gare d’Argenteuil-centre lors de leur deuxième « jeudi de la colère »


Un article dans le numéro 2554 de Lutte ouvrière à paraître aujourd’hui.


Semperit – Argenteuil : un beau premier « jeudi de la colère »


Semperit est une multinationale du caoutchouc qui compte 7 000 travailleurs à travers le monde. Le 30 juin dernier, elle a annoncé la fermeture de son usine d’Argenteuil, qui fabrique des tapis roulants pour mines. Depuis, les 88 travailleurs se mobilisent. Ils organisaient leur premier « jeudi noir de la colère » le 6 juillet.
Ce sont des travailleurs déterminés qui ont accueilli les habitants, les familles et les militants venus les soutenir. Ils ont reçu le soutien de Lutte ouvrière, avec la présence de Nathalie Arthaud et de nombreux camarades, du PCOF, du PCF, du NPA, de la France insoumise, du PS, et même de la nouvelle députée d’Argenteuil, élue d’En marche qui, lors de sa courte intervention, n’avait pas grand-chose à dire et qui a reçu un accueil des plus frais.
Invitée à prendre la parole comme les autres représentants des soutiens présents, notre camarade Nathalie Arthaud a répondu à la députée. Celle-ci avait parlé de la loi qui, selon elle, garantirait que tout se passe au mieux pour les travailleurs licenciés et qui les accompagnerait. Elle avait aussi promis de tout faire pour que cette loi soit respectée. Nathalie, s’adressant aux travailleurs en lutte, a insisté sur le fait que cette loi est la loi des patrons, faite à leur avantage, et que Macron veut la rendre encore plus favorable au patronat. Ce dont les travailleurs ont besoin, ce n’est pas de cellules psychologiques pour accompagner leur licenciement, comme le prévoit la direction de Semperit, relayée par la députée. Ce dont ils ont besoin, c’est de garder leur travail. Ils ont donc raison de dire non à la fermeture de leur usine et aux licenciements. Et cela, ils ne peuvent le faire que par la mobilisation qu’ils ont entamée. Cette intervention a été chaleureusement applaudie.

                                      Correspondant LO (Lutte ouvrière n°2554)

12 septembre : Manifestons !


Journée du 12 septembre : manifestons !

Pour l’instant, seule la CGT a appelé à une journée d’action, de grèves et manifestations, le mardi 12 septembre, contre le démantèlement du Code du travail, contre cette prétendue réforme qui n’est qu’une rafale d’attaques contre les salariés.


« Nous avons eu 17 modifications du Code du travail ces trente dernières années. Aucune n’a apporté de l’emploi », objecte avec justesse un dirigeant du syndicat CFE-CGE de l’encadrement à l’argument tordu des partisans de Macron et du Medef, selon lequel il faudrait alléger pour les patrons les procédures, et le coût, des licenciements pour qu’ils n’hésitent pas à embaucher. Ceux qui réclament depuis des années la simplification du Code du travail, en fait les représentants du patronat petit et grand, poursuivent leur objectif : faire sauter les quelques protections que la loi peut assurer aux salariés.
Macron veut faire passer le plus vite possible cette loi travail aggravée. Il s’attaque aussi au pouvoir d’achat des travailleurs actifs et retraités en augmentant la CSG, aux travailleurs du public par la suppression de 120 000 emplois, ce qui ne peut qu’aggraver la situation dans les hôpitaux, les écoles et tous les services publics les plus utiles à la population. En parallèle, sont annoncés les nouveaux cadeaux au patronat,comme la baisse de l’impôt sur les sociétés.
La méthode Macron consiste à convoquer les directions syndicales à une série de réunions dites de concertation. Nombre d’entre elles mordent à l’hameçon et certains dirigeants font mine de trouver du grain à moudre dans ces parlottes. Philippe Martinez, de la CGT, reproche pourtant au gouvernement de ne prévoir, avec ces 48 rencontres, que six fois une heure par syndicat, ce qui serait trop peu pour négocier.
Mais les travailleurs, avec ou sans emploi, actifs ou retraités, n’ont rien à négocier. Les richesses accumulées, ce sont eux qui les ont produites. Il n’est pas question d’accepter ces nouvelles attaques. Alors cette journée du 12 septembre doit être la première journée du refus, le plus massif possible !

                                          Viviane LAFONT (Lutte ouvrière n°2554)