samedi 6 mai 2017

Editorial des bulletins Lutte ouvrière d'entreprise du lundi 1er mai 2017. Avant le second tour, petit rappel



Contre l'ennemie mortelle des travailleurs, et contre le valet du grand capital !

À l’approche du second tour, les candidats recherchent des ralliements. Du côté de Macron, c’est l’union sacrée, de Valls et Hollande à Fillon et Sarkozy, en passant par le revenant Borloo ! Le Pen, elle, a prétexté l’accord avec la girouette Dupont-Aignan pour enterrer la sortie de l’euro. Si elle était élue, ses engagements sur le maintien des 35 heures ou pour une retraite à 60 ans seraient aussi oubliés : les promesses électorales d’une démagogue n’engagent que ceux qui y croient.
La semaine dernière, pour faire croire qu’elle est une candidate du peuple, elle est allée faire des selfies avec les ouvriers de l’usine Whirlpool d’Amiens, qui doit fermer dans un an.
Au fil des années, les effectifs de cette usine, qui comptait 1200 salariés dans les années 1980, ont fondu. La production et les cadences ont augmenté, avec ce que cela implique de maladies professionnelles et d’accidents du travail. Les ouvriers ont dû accepter les samedis travaillés obligatoires et la suppression de RTT. Les profits de Whirlpool ont atteint 850 millions l’an dernier. Contre tout cela, Le Pen n’a jamais protesté, parce qu’elle elle respecte le sacro-saint pouvoir capitaliste !
Les mesures qu’elle propose aujourd'hui sont dérisoires. Taxer les importations ? Mais cela se traduirait par une augmentation des prix ici, et par des droits de douane à l’étranger, et donc le chômage pour les salariés français qui travaillent à l’exportation.
Quel que soit l’élu, l’usine d’Amiens fermera, tout comme Florange a fermé malgré les promesses de Hollande. Ses 290 salariés seront licenciés et ses sèche-linges seront fabriqués en Pologne par des ouvriers gagnant 400 euros par mois. Whirpool augmentera ses profits et les actionnaires seront choyés.
Macron, l’ancien banquier, ne veut pas gêner les propriétaires de Whirlpool. Il parle de formation, de reclassements et de nouveaux emplois, mais c’est du vent : il veut même supprimer 120 000 emplois publics !
Les électeurs sont sommés de choisir entre ces deux bonimenteurs. Mais ce choix n’en est pas un !
Malgré sa quête de respectabilité, Le Pen est issue de l’extrême droite xénophobe, homophobe et antisémite, à l’image de l’ex-président du FN capable de nier l’existence des chambres à gaz. Elle oppose les Français, dont elle brigue les suffrages, aux étrangers. Autrement dit, elle dresse des travailleurs contre d’autres travailleurs. Elle rendrait la vie plus dure aux étrangers, puis aux immigrés même français, puis à tous les travailleurs ! Laisser attaquer les plus vulnérables, c’est se préparer à accepter les coups contre tous.
Le Pen imposerait un régime plus dur contre les syndicats et les associations qui ne sont pas assez dociles. C’est ce que font déjà des municipalités FN, qui privent de locaux ou de subventions des associations aussi utiles que le Secours populaire ou les Restos du Cœur.
Alors, le vote Le Pen doit être laissé aux nostalgiques de l’Algérie française, aux policiers racistes, aux bourgeois qui détestent les pauvres ! Pour un travailleur, voter pour elle, c’est voter contre ses propres intérêts.
Quant à Macron, son dévouement à la classe capitaliste est sans faille. Comme ministre, il a fait adopter une loi qui a étendu le travail du dimanche, facilité les licenciements économiques et réduit les recours aux prud’hommes pour les salariés. Il a ensuite inspiré la loi El Khomri, dans ses aspects les plus anti-ouvriers, comme le plafonnement des indemnités prud’homales, que le gouvernement a dû retirer face à la colère du monde du travail. Et Macron veut maintenant poursuivre cette offensive, y compris par ordonnances pour s’éviter même un débat parlementaire. Il veut démanteler le code du travail, augmenter la CSG et réduire l’ISF à quasiment rien. Il est logique que la Bourse ait flambé après le premier tour !
Au second, on voudrait que les travailleurs choisissent entre deux maux. Il faut refuser ce chantage. C’est pourquoi Nathalie Arthaud et les militants de Lutte ouvrière voteront blanc.
Celui ou celle qui va succéder à Hollande sera un ennemi résolu du monde du travail. Il faut que les travailleurs se préparent à défendre leurs intérêts, avec les armes de la lutte de classe. Il ne faut pas nous diviser, entre Français et étrangers, entre chômeurs et travailleurs en activité. Il faut reconstruire un parti qui représente nos intérêts de classe. Nous organiser pour lutter : quel que soit le futur locataire de l’Elysée, nous en aurons bien besoin.

Présidentielles 2017 : Le Pen Macron, Macron, Le Pen, un attachement viscéral à la bourgeoisie, au-delà de toutes les démagogies



Quand Macron fait semblant de parler aux ouvriers

Visant l'électorat de gauche, Emmanuel Macron est allé en fin de campagne à Albi, citant Jaurès et visitant une usine. Son opération de com' a été opportunément perturbée par des militants syndicaux de la CGT qui ont rappelé que Macron avait été l'un des inspirateurs de la loi El Khomri. Une politique pro-patronale qu'il entend prolonger et amplifier s'il est élu. Il faut se préparer à y résister.




Le Pen cherche à convaincre le patronat

Au lendemain du débat de second tour, Marine Le Pen est allée rendre visite en Bretagne au patron d'une entreprise de transport de près d'un millier de salarié. Ceux qu'elle veut rassurer, y compris en louvoyant sur l'euro, ce sont les patrons. Pour les travailleurs, elle a des promesses qu'elle s'empresse de remettre dans sa poche, comme elle vient de le faire en reculant sur son engagement de revenir à la retraite à 60 ans.


Argenteuil Maison des femmes : effectifs supplémentaires nécessaires



Alerte

La Maison des femmes est une structure municipale très importante. Alors que la municipalité actuelle était prête à s’en débarrasser après son élection en 2014, elle a survécu, d’abord dans des conditions inacceptables rue Pierre Joly, puis dans des locaux accueillants rue Defresne-Bast, dans la  cour du Centre de santé. Mais elle a toujours subi les conséquences d’un nombre trop limité de ses effectifs. C’est particulièrement le cas actuellement.
         La Maison des femmes d’Argenteuil mérite bien autre chose. Pour qu’elle survive et se développe, il faut d’urgence l’augmentation des effectifs actuels totalement insuffisants.

vendredi 5 mai 2017

Chômage, Macron Le Pen, le débat des nuls


Chômage : le débat des nuls

 


Lors du débat du deuxième tour entre Macron et Le Pen, cette dernière a ressorti son habituel couplet sur le chômage : elle prétend qu'il suffirait d'une taxe sur les produits importés pour dissuader les entreprises de délocaliser. Elle oublie de dire que cela se répercuterait sur les prix, et surtout, elle n'a pas un mot sur le fait que la plupart des licenciements ne sont pas liés à des délocalisations, mais à l'augmentation de la productivité, ici en France, et à la soif des profits des actionnaires.

         Quant à Macron, sa seule réponse sur cette question est de continuer à remettre en cause les droits des salariés, sous le prétexte, rabâché par la droite et la gauche que si les entreprises n'embauchent pas, c'est parce

qu'elles ont peur de ne pas pouvoir licencier.

         Les licencieurs peuvent donc dormir tranquilles : ce n'est sûrement pas la présidence à venir qui leur demandera des comptes.

Le Pen et la retraite, la démagogue en paroles et en retraites


Le Pen recule déjà sur la retraite à 60 ans

 


Marine Le Pen promettait de revenir à la retraite à 60 ans. Elle est revenue... sur cette promesse.

         Désormais elle envisage, si elle accède à l'Elysée, de ne la mettre en oeuvre qu'à la fin du quinquennat. Et dans sa profession de foi, cette mesure a tout simplement disparu.

         Autant dire qu'avec Le Pen, les paroles favorables aux travailleurs sur les retraites comme sur le reste ne sont que poudre aux yeux.

Le Pen à Mélenchon : le nationalisme, un terrain et un terreau pourris


Le Pen cherche des voix chez Mélenchon : le terrain pourri du nationalisme

En vue du deuxième tour, Marine Le Pen cherche très logiquement des voix partout où il s’en trouve, adaptant à chaque fois son discours à l’électorat visé. Ainsi, s’adressant spécifiquement aux électeurs de Mélenchon, Le Pen a souligné leur détestation commune du banquier Macron et fait appel à leur patriotisme.
Et d’ajouter que, dans les meetings de Mélenchon, « les drapeaux rouges ont été remplacés par des drapeaux bleu-blanc-rouge et que de belles Marseillaise ont été entonnées par les partisans de la France insoumise ».
Le premier argument est purement démagogique. Quand il s’est agi de lutter réellement contre la politique de Macron, dans les grèves et les manifestations, le FN condamnait les ouvriers semeurs de troubles. Le Pen déteste peut-être Macron, politicien concurrent, mais est du même camp social que Macron, banquier et homme du patronat. De plus, ne pas vouloir voter Macron ne signifie pas, loin de là, vouloir voter Le Pen.
Le deuxième, en revanche, peut porter. Mélenchon a fait campagne sur le patriotisme, le protectionnisme, l’intérêt national, la France dans le monde, la gloire de l’armée française et même les restes de l’Empire que sont les départements et territoires d’outremer. La France insoumise a le nationalisme en commun non seulement avec Le Pen mais avec tous les partis qui aspirent à servir la bourgeoisie française, à défendre son État, à exalter sa grandeur c’est-à-dire ses profits. Le nationalisme, qu’il soit professé par Mélenchon ou par Le Pen, est la corde pour soumettre les travailleurs aux capitalistes.
Mélenchon tricolore est le digne successeur des partis socialiste et communiste, instruments d’émancipation des travailleurs devenus au fil des décennies porte-parole de la bourgeoisie au sein de la classe ouvrière. Il avait fallu des dizaines d’années, les insurrections du 19e siècle, le travail de deux Internationales, pour séparer ce qui doit l’être, le prolétariat du patronat, le drapeau rouge du drapeau tricolore. Le PS puis le PCF ont détruit cela un siècle durant pour en arriver à fabriquer un Mélenchon qui interdit quasiment le drapeau rouge dans ses meetings. Et pour permettre à une Le Pen de se présenter en défenseur des travailleurs au nom du nationalisme !
S’il reste, et c’est heureux, bien des travailleurs qui ne confondent pas les classes sociales, qui ne marchent pas au sifflet derrière le drapeau tricolore des patrons, qui ne cèdent pas aux sirènes de l’extrême droite, ce n’est pas grâce aux Mélenchon, Laurent, Hamon et autres. C’est malgré eux !

                                                            P.G. (Lutte ouvrière n°2544)