lundi 10 avril 2017
Editorial des bulletins Lutte ouvrière d'entreprise de ce lundi 10 avril 2017
Changer
cet ordre social qui nous mène à la guerre
L’attaque au gaz des habitants de
Khan Sheikhoun, mardi 4 avril, est une nouvelle horreur dans la guerre
impitoyable que le régime syrien livre à son propre peuple depuis 2011. Cette
guerre a fait 500 000 morts, 10 millions de déplacés, soit la moitié de la
population, dont au moins 4 millions ont dû quitter le pays.
Après avoir soutenu Bachar Al
Assad, les grandes puissances ont misé sur sa chute quand la guerre a commencé.
Les États-Unis ont soutenu des milices islamistes financées par leurs alliés,
comme l’Arabie Saoudite ou le Qatar. Puis, en 2014, quand la guerre contre
Daech est devenue la priorité, les États occidentaux ont misé sur le maintien
d’Assad. Lorsque la Russie est intervenue dans cette guerre, ils ont émis des
protestations diplomatiques, mais ont laissé faire. « Plutôt Bachar que
Daech », disaient-ils. Une position que Trump lui-même rappelait il y a
quelques semaines.
Et puis, les États-Unis ont
accusé le régime syrien du bombardement de Khan Sheikhoun et ils ont frappé une
base aérienne. Trump prétend ainsi venir en aide aux Syriens. Quelle
hypocrisie, alors qu’il a mis fin à l’accueil déjà limité des réfugiés
syriens aux États-Unis ! Son souci n’est pas la protection des Syriens,
mais la défense les intérêts des États-Unis dans le conflit et de montrer
qu’ils y sont maîtres du jeu.
Les missiles américains
n’empêcheront pas cette guerre atroce de se poursuivre. Ils ne mettront pas fin
au régime d’Assad, et ce n’est d’ailleurs pas leur objectif. Comme les bombes
du régime syrien, ces missiles relèvent du terrorisme d’État, qui alimente en
retour le terrorisme des groupes islamistes.
Ce bombardement s’inscrit dans la
longue liste des forfaits de l’impérialisme dans cette région, une région que
les grandes puissances pillent et ravagent depuis plus d’un siècle, depuis que,
au cours de la Première Guerre mondiale, elles se sont partagées les dépouilles
de l’Empire ottoman et ses richesses pétrolières.
Les dirigeants européens qui,
comme Hollande, étaient critiques à l’égard de Trump, le félicitent
aujourd'hui. Toujours au nom du peuple syrien. Mais eux non plus ne veulent pas
accueillir plus de réfugiés. L’Union européenne en accueille aujourd'hui moins
que le petit Liban et ses quatre millions d’habitants ! C’est parce que
les portes de l’Europe leur sont fermées que tant d’entre eux tentent chaque
jour de franchir la Méditerranée, au péril de leur vie. Que les gouvernements
qui prétendent vouloir secourir les Syriens commencent par les accueillir,
quand ceux-ci veulent échapper à l’enfer de la guerre !
Nul ne sait à quelle escalade peut
mener l’intervention américaine dans cette région où sont déjà impliqués la
Russie, la Turquie, l’Iran, l’Arabie Saoudite et la France.
On nous dit que nous sommes en
paix. Mais les dépenses d’armement battent des records dans le monde entier. Le
gouvernement s’enorgueillit des ventes de Rafale, de sous-marins et autres
canons. Et le surarmement prépare la guerre, et non la paix. Personne ne sait
où peut conduire, par exemple, l’envoi d’un porte-avions américain contre la
Corée du Nord. La guerre est déjà à nos portes, en Ukraine, dans cette Europe
qu’on dit en paix.
« Le capitalisme porte en
lui la guerre comme la nuée porte l’orage », disait Jaurès. Il est
nécessaire de mettre fin aux causes des guerres : les rivalités entre
grandes puissances, la recherche du profit par la minorité privilégiée qui
domine la société.
Les travailleurs ne doivent pas
laisser aux capitalistes la mainmise sur la société. Il faut pour commencer
défendre nos conditions d’existence. Mais il faut aussi affirmer la nécessité
de mettre fin au capitalisme, pourvoyeur de guerre, de chômage et de misère.
C’est le sens de la candidature
de Nathalie Arthaud à l’élection présidentielle. Elle veut non seulement faire
entendre les exigences du monde du travail, mais aussi dire qu’il faut mettre
fin à cet ordre social injuste, où la cupidité des possédants et les
convoitises de leurs États mènent le monde à la guerre et à ses horreurs.
Voter pour Nathalie Arthaud, une
candidate communiste, c’est le moyen d’affirmer qu’une fraction, même minoritaire,
du monde du travail, est consciente qu’il faut changer cette société dont les
dirigeants nous enfoncent dans la crise et nous mènent à la guerre. Seuls les
travailleurs peuvent changer le monde ; aucun sauveur suprême ne le fera à
leur place.
Nathalie ARTHAUD, "petit" candidat ?
Vous avez dit « petits candidats »
Lors de l’émission « On
n’est pas couché », Nathalie ARTHAUD a déclaré à propos des
« petits » candidats : " être du côté des petits ne
me dérange pas, je suis du côté des petits, et les petits finiront par se
révolter. "
Libellés :
la campagne de Nathalie ARTHAUD
Nathalie ARTHAUD et Lutte ouvrière en campagne. Médias. Nos positions : la culture. J-13
Dans
les médias
Aujourd’hui Lundi
à 14 heures 10
LCP : retransmission du meeting
de Marseille de Nathalie
ARTHAUD de ce samedi 8 avril
Mardi 11 avril
à 06h20
France Inter :
Interview de Nathalie Arthaud
à 08h30
France Info TV :
Nathalie Arthaud est l'invitée de la matinale
à 18h30
Public Sénat :
Nathalie Arthaud est invitée dans l'émission L'épreuve de vérité
à 19h15
Radio Classique :
Interview de Nathalie Arthaud
Nos positions
Culture
Tant qu'il y aura des inégalités
sociales la culture restera un domaine essentiellement réservé aux classes les
plus favorisées. Le chômage, les bas revenus mais aussi l'insuffisance des
moyens alloués à l'éducation freinent l'accès à la culture du monde du travail.
Quand les classes sont
surchargées dans les quartiers populaires (de 30, parfois 39 élèves), que
l'illettrisme touche 2,5 millions de personnes en France, prétendre
favoriser la culture alors que tout contribue à augmenter la pauvreté
matérielle et donc culturelle, est une hypocrisie. Un Smic,
un RSA ou même l'aumône du revenu universel dont parle Hamon, est-ce que cela
permet à une famille ouvrière de payer sans compter une place de cinéma,
d'aller voir un spectacle, un concert ?
Il faut aussi permettre aux
artistes de pratiquer leur art sans la précarité et la pauvreté qui est souvent
leur lot. Libérer la culture des intérêts privés où les critères de
rentabilité et de gain freinent la créativité et la liberté dont l'art a
besoin. La libérer des mains des Drahi, Bouygues, Bolloré et autre Dassault.
Sans parler du marché de l'art et de la spéculation qui confisquent au grand
public nombre de trésors de l'humanité. Et que dire du budget de la culture qui
ne représente qu'1% du budget de l'État alors que celui de l'Armée est de
32,7 milliards d'euros ?
Nous ne posons pas la question de
la culture en termes de pays isolés et rivaux : la littérature est mondiale, le
théâtre, la musique, la peinture, la sculpture aussi. C’est ce qui fait sa
richesse. Nous sommes donc opposés à toute forme de chauvinisme et de repli
nationaliste. De même que nous nous opposons à l'individualisme, au mérite et
la concurrence érigés en modèle.
Comme les intellectuels, les
scientifiques, les artistes du monde entier qui se rencontrent, se mélangent,
les travailleurs, qu'ils soient français ou d'origine étrangère, ont tout à
gagner à se fréquenter, à mélanger ce qu'il y a de meilleur et de plus
progressiste dans chacune de leur culture.
Pour toutes ces raisons, il
faudrait consacrer l’agent public à l’éducation au lieu de la distribuer, à
perte, au grand patronat. Et cela nécessite de se battre. Ce combat, c'est
aussi le sens du programme que défend Nathalie Arthaud dans sa campagne.
Nous attachons une une grande
importance à la culture en direction des classes populaires. C'est ce dont
témoigne notre Fête annuelle lors de chaque week-end de la Pentecôte. Une Cité
du roman et une grande librairie organisent des débats avec des auteurs. Des
camarades bénévoles sont là pour conseiller les lectures. La Cité de la science
propose des conférences de vulgarisation et des débats avec des scientifiques,
tout comme le fait la Cité de la préhistoire. La Cité des arts permet de
s'essayer à la sculpture, au dessin, à la peinture ou la danse. Le théâtre, la
musique classique comme l'opéra, sous forme de conférences-spectacles, rendent
accessibles des notions artistiques et donnent envie de s'y intéresser
davantage. De même pour les conférences sur des tableaux, des grands artistes,
le cinéma, les films d'animation... Les arts de la rue sont aussi présents : à
la Cité médiévale, avec plusieurs chorales, des marionnettes, des orchestres,
du jazz et de nombreux concerts gratuits. Sans compter les cinémas en salle et
en plein air, gratuits aussi, les expositions ou les visites guidées de
l'arboretum.
C'est une façon pour nous de
rendre la culture accessible à tous, une culture de qualité pour les classes
populaires qui n’y ont pas forcément accès en temps normal. Ce que nous faisons
en petit, bénévolement, gratuitement, représente ce qui pourrait être fait en
grand dans une société fonctionnant au service de la population.
![]() | |
| Fanny Cottençon lisant des poèmes de Prévert et autres, lors du banquet de Lutte ouvrière à Argenteuil en 2014 |
Libellés :
la campagne de Nathalie ARTHAUD
Le député d'Argenteuil-Bezons, une amnésie profonde
Un député totalement amnésique…
Le tract que distribuent
actuellement les « amis » du député d’Argenteuil-Bezons est très
inquiétant. A sa lecture on craint que celui-ci ait complètement perdu la mémoire.
Ce
tract parle de tout, que son auteur est député, qu’il a fait des propositions
de loi, d’AB-Habitat, qu’il s’est battu pour l’hôpital, pour la Porte
Saint-Germain, pour le renforcement des effectifs du commissariat, pour le
multiplex,…! Bref, il donne l’impression que son auteur a complètement oublié
qu’il est député, et qu’il se croit toujours maire.
Car
sur l’essentiel, rien sur le cœur de son activité au Palais Bourbon durant ces
cinq dernières années. Oubliés le soutien inconditionnel à Hollande, les
cadeaux au patronal, la honte de ce projet de déchéance de la nationalité. Rien
sur la Loi Travail, cadeau s’il en fut au grand patronat, loi dont le député
local s’est fait le défenseur zélé… Oui l’amnésie totale ! Et de ce
côté-là, cela paraît totalement incurable. Après tout, c'est son affaire.
Roms : comme si cette communauté n'était pas déjà suffisamment stigmatisé
Nos sœurs et nos frères d’oppression
Un
film « humoristique » utilise pour « faire rire » un filon
« d’humour », la communauté Rom. Nous n’avons pas vu ce film et nous
n’avons pas l’intention de le voir. Mais le fait qu’il soit programme lors de 41
séances dans les semaines qui viennent à Argenteuil ne peut nous laisser
indifférent, et c’est bien volontiers que nous diffusons ci-dessous le
communiqué suivant du « Collectif National Droits de l’Homme Romeurope.
Cette communauté Rom qui vit des
conditions sociales dramatiques n’a pas besoin que des Affreux en rajoute en en
faisant un sujet de dérision et en augmentant un peu plus la stigmatisation
dont cette communauté est victime. DM
« A
BRAS OUVERTS », ESPRIT FERMÉ –
COMMUNIQUÉ
DU CNDH ROMEUROPE
« A bras
ouverts », esprit fermé
Paris, le 5 avril 2017
Comme beaucoup de spectateurs,
nous sommes atterrés par l’image des personnes dites Roms que renvoie le film A
bras ouverts. Empilement de clichés racistes et de préjugés stigmatisants, ce
film est un miroir du traitement particulier dont les Roms sont l’objet en
France.
Certes le film se veut une
comédie et une caricature, mais son auteur ainsi que son acteur principal
auront beau se réfugier derrière leur ambition de moquer les « bobos de la
gauche caviar », il n’en demeure pas moins qu’il entretient les pires
stéréotypes qui alimentent très concrètement le traitement indigne dont sont
victimes les personnes Roms.
Le 30 mars dernier, la Commission
nationale Consultative des droits de l’Homme (CNCDH) a publié un rapport annuel
sur le racisme confirmant que les Roms restent en tête du box-office des
personnes les plus rejetées en France. Concrètement, ce sont des refus aux
guichets pour ouvrir des droits, des jets de cocktails molotov dans des
bidonvilles de personnes identifiées comme Roms, des morts suite à des
incendies de leur habitat précaire, des expulsions à répétition sans solution
de relogement, des propos haineux envers les Roms…
Nous aimerions bien pouvoir rire,
mais la situation ne s’y prête absolument pas. Les personnes Roms avec lesquelles
les membres du CNDH Romeurope luttent au quotidien vivent en France dans une
situation d’extrême précarité, en bidonville, en squats ou à la rue. La mise au
ban de la société de ces migrants précaires d’Europe de l’Est est entretenue
par des politiques publiques basées sur la destruction à haute fréquence des
bidonvilles où ces personnes s’installent. Ces politiques contribuent à
l’ancrage dans une misère de plus en plus profonde d’enfants, de femmes et
d’hommes qui sont présents en France pour certains depuis de nombreuses années.
Il est toutefois important de rappeler que nombre de Roms en France ne vivent
ni dans la pauvreté, ni dans des bidonvilles. « Les Roms » sont pourtant
systématiquement associés dans le débat public à un groupe homogène formé de
personnes incapables de sortir de la précarité.
Le CNDH Romeurope considère qu’il
est urgent de changer de regard, de réaffirmer l’égalité et la fraternité entre
tous, ce que ce film ne permet pas.
Libellés :
"Roms"
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