lundi 22 août 2016

Lait, viande, les aberrations du capitalisme


Liquider le pouvoir des trusts

 

Les éleveurs et producteurs de lait entrent une nouvelle fois dans la bataille. Ceux de l’ouest du pays sont appelés à manifester aujourd’hui 22 août devant le siège de l’entreprise de Lactalis à Laval en Mayenne. Les évènements de l’an passé vont-ils se renouveler puisque rien n’a été réglé ? Sur ce sujet, un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière du 5 août… 2015 ? Un an plus tard, les cours sont toujours aussi bas, et la situation des petits producteurs toujours aussi catastrophique. Un an plus tard, les mêmes problèmes restent posés

 

Éleveurs en colère face aux capitalistes de la distribution

05 Août 2015

Si les éleveurs ont levé les nombreux barrages érigés entre le 19 et le 27 juillet, ils n’ont pas pour autant cessé leur mouvement. Chaque jour, ils mènent de nouvelles actions, barrages filtrants, opérations escargot, contrôle de la provenance de la viande dans les supermarchés ou les restaurants, etc. Ils veulent maintenir la pression sur la grande distribution et les industriels du secteur, pour les obliger à augmenter les prix auxquels ils achètent leur viande ou leur lait.

C’est en luttant avec ténacité depuis le mois de juin, en organisant la mobilisation collective à travers tout le pays, que les éleveurs ont forcé le gouvernement à intervenir. Stéphane Le Foll, le ministre de l’Agriculture, a annoncé un plan d’aide de 600 millions d’euros, consistant en annulations ou reports de charges et de cotisations, ainsi que la mise à disposition de 500 millions supplémentaires de crédits bancaires.

En continuant leur mobilisation, les éleveurs essaient de faire plier les groupes capitalistes de la grande distribution, de la transformation du lait et de l’abattage. Ceux-ci respecteront-ils les différents accords signés, avec la médiation du gouvernement, pour l’augmentation du prix d’achat de la viande ou du lait ? Cela ne dépendra que du rapport de force que les éleveurs créeront et maintiendront dans le temps. Les capitalistes du secteur ne leur concèderont quelques centimes de plus par kilo de viande ou litre de lait que s’ils y sont obligés, et feront tout pour ne pas rogner leurs profits.

C’est ainsi que le groupe fromager Savencia (anciennement Bongrain, à la tête des produits Cœur de Lion, Caprice des Dieux, Elle & Vire, qui achète du lait à des milliers d’éleveurs), vient d’affirmer dans un courrier interne qu’il n’est pas lié par l’accord passé avec les éleveurs, car il ne commercialise aucun des produits concernés, packs de lait classiques, yaourts nature ou fromages premier prix.

En lutte contre des capitalistes parmi les plus importants du pays, les éleveurs ne peuvent que susciter la sympathie des travailleurs. Mais les intérêts des uns et des autres ne sont pas pour autant identiques. Si certains éleveurs croulent sous les dettes et vivent comme des ouvriers – 10 % des élevages, toutes filières confondues, seraient en difficulté financière – d’autres, comme Xavier Beulin, le président de la FNSEA, font partie du grand patronat. La plupart d’entre eux, en tant que propriétaires, se sentent davantage liés au patronat qu’au monde ouvrier, et ne se démarquent pas des revendications habituelles de celui-là, comme les baisses de charge pour « être plus compétitifs ».

Lors de leurs dernières actions, les éleveurs ont multiplié les « contrôles » dans les grandes surfaces. Mais il ne s’agit que de contrôler la provenance de la viande ou du lait et de saisir ou repérer par une étiquette les produits d’origine étrangère. Les éleveurs veulent ainsi sensibiliser la population au « consommer Français ». Ils accusent leurs concurrents allemands, brésiliens, polonais ou belges de pratiquer le dumping sur les prix et d’être en partie responsables de la crise du secteur. Mais est-ce vraiment le problème ? Non, et bien des éleveurs le savent, qui dénoncent les marges que les capitalistes de la filière appliquent, à chaque étape, entre le prix d’achat au producteur et le prix de vente en rayon. Pour savoir où se font précisément ces marges, quel niveau elles atteignent, ce ne sont pas les rayons de supermarchés qu’il faut contrôler, mais les comptes des groupes capitalistes du secteur.

La question du contrôle des comptes des grands groupes capitalistes se pose dans tous les secteurs de l’économie. Ce contrôle indispensable pourrait et devrait devenir un objectif commun, non seulement pour les éleveurs et les autres producteurs, mais pour tous les travailleurs et pour les consommateurs eux-mêmes.

                                    Valérie FONTAINE (Lutte ouvrière n°2453)

Incendies de l'été : pour le gouvernement, il n'y a pas le feu


À Paques ou à la Trinité ?

 
L’appel d’offre est lancé. Le ministre de l’intérieur renouvellera la flotte aérienne de lutte contre les incendies entre 2018 et 2022 !

La flotte actuelle compte douze Canadair qui ont plus de 20 ans d’age, 9 trackers chargés de larguer plusieurs tonnes de retardant qui ont, eux, plus de soixante ans d’ancienneté. Les seuls avions récents sont les deux Dash qui peuvent emporter dix tonnes d’eau.

Le chef de l’État à l’étranger est capable de vendre des avions de combats, des hélicoptères propre à évoluer par tous les temps. Il chante les louanges de son industrie aéronautique susceptible de construire en un rien de temps des gros et moyen porteurs.

Mais construire de simples appareils pour lutter contre les incendies, il faut croire que cela ne mérite pas deux sous de l’État.
 
 

dimanche 21 août 2016

Nathalie Arthaud, "le camp des travailleurs"


Face à l’agitation politicienne : faire entendre les intérêts du monde du travail

 
En ce mois d’août, le petit monde politique, le gouvernement, la droite comme la gauche, s’agitent, chacun à sa façon, pour se mettre en ordre de marche pour les présidentielles de 2017. Chacun y va de son hochet pour détourner les victimes de la crise d’une compréhension claire des causes de cette catastrophe et des seuls moyens de la combattre.
 
Pour la droite, relayée par le chef du gouvernement, Valls, voilà que le mal serait la présence de quelques femmes en burkini sur les plages. Pour les uns, il faudrait légiférer d’urgence, et pour les autres, comme Valls, les 36 000 maires de France devraient s’en occuper. Au même moment des millions de travailleurs n’ont plus les moyens de partir en vacances et les ressources des milieux populaires se compriment avec des conséquences en chaîne.

À gauche, c’est la course pour incarner ce qu’ils appellent tous « la vraie gauche », c’est-à-dire celle qui, sans toucher au système, à la dictature économique des capitalistes, prétend qu’avec elle au pouvoir on verrait ce qu’on verrait. Mais on a déjà entendu cette chanson. Car tous, malgré leur credo anti-Hollande d’aujourd’hui, de Hamon à Lienemann, de Montebourg à Mélenchon, ont été ministres socialistes et s’en revendiquent. Ils ont tous fait la preuve de leur totale soumission aux volontés des capitalistes, les vrais maîtres de ce monde.

Leur agitation, chacun avec son pseudo-programme, et surtout sa posture, parlant de tout sauf de l’exploitation des travailleurs et masquant soigneusement la lutte de classe, prouve qu’ils sont au service du patronat. Eh bien il est vital que, face à eux et surtout face à la bourgeoisie, le monde du travail, la classe ouvrière, affirme son existence et son droit à la vie.

Des centaines de milliers de travailleurs l’ont fait en s’opposant à la loi El Khomri, par les grèves et les manifestations, durant quatre mois. Il est important que les travailleurs expriment aussi leurs intérêts sur le terrain politique. Ils pourront le faire en soutenant la candidature de Nathalie Arthaud. Car il faut qu’on entende la voix de ceux qui ne veulent pas se soumettre à cet ordre. En effet, il crée la misère, la guerre et le désespoir. C’est la domination capitaliste qu’il faut combattre en se préparant à la renverser demain.

                                        Paul SOREL (Lutte ouvrière n°2507)
 
Notre brochure de campagne
 
 
Le vendredi 30 septembre, Nathalie ARTHAUD, candidate communiste de Lutte ouvrière à l’élection présidentielle du printemps prochain lancera sa campagne au Cirque d’Hiver, à Paris.
 

Argenteuil, les impôts locaux et la politique municipale : petite discussion


La question des « impôts », à l’image de la société actuelle

 
P. Métézeau, un des adjoints au maire d’Argenteuil discute dans un commentaire d’une de nos dernières brèves de notre blog (« Si tu veux aller de l’avant, n’oublie pas »), notre appréciation des motivations de la politique d’ « austérité » de la municipalité d’Argenteuil actuelle qui s’est traduite depuis mars 2014 par 400 à 500 « licenciements » de travailleurs communaux en situation « précaire », par l’augmentation de nombre de tarifs d’activités et de services communaux, voire leur suppression pure et simple. Notre appréciation était que, comme c’est la loi du genre chez  tous les notables, les yeux rivés qu’ils ont dès le premier jour de leur élection sur les  élections municipales suivantes, s’il y a bien, dans cette perspective une promesse électorale que la municipalité d’Argenteuil peut tenir et veut tenir, c’est la diminution des impôts locaux. Pour cela, elle a choisi d’appliquer l’austérité municipale dont nous parlons, dont les travailleurs municipaux sont les premières victimes tout comme les milieux les plus modestes de la Ville dont les municipalités sont les soutiens de première proximité. Pour l’électorat favorable à cette diminution des impôts locaux, le reste du programme électoral que nous rappelons ici pour mémoire relève de l’accessoire.
 
A rappeler régulièrement
 

         P. Métézeau conteste cela en indiquant que bien des milieux modestes votent pour son camp. En passant, il indique que sur la base de notre critique nous serions, nous, pour la hausse de ces impôts locaux.

         Nous n’entrerons pas dans le débat qu’il y a milieux modestes et modestes. Mais effectivement, si c’était si simple, il y a belle lurette que l’énorme majorité de la population aurait dû porter ses faveurs et ses suffrages au courant, celui du communisme révolutionnaire internationaliste dont Lutte ouvrière assure dans le pays la continuité. Que cette fraction de la population ne le fasse pas sur la base de la conscience de ses intérêts fondamentaux, c’est une autre histoire.

         Pour notre part, nous ne sommes pas favorables, quel qu’en soit le prétexte, à l’augmentation des impôts, quels qu’ils soient, locaux ou autres. Nous sommes mêmes fondamentalement contre l’impôt et donc favorables à sa disparition. Dans le cadre de la liquidation du capitalisme et du profit, les producteurs décideront eux-mêmes de ce qui sera la part qui reviendra directement à chacun, et celle qui reviendra à la collectivité, au niveau de cette dernière pour faire face à toutes les nécessités sociales collectives, et cela à toutes les échelles de la vie sociale, de l’échelon local à celui de la planète.

Macron et le marécage vendéen


Macron ratisse large chez les châtelains à particule

 
Macron, potentiel participant à la course présidentielle, une « créature » de Hollande selon P. Doucet, a rendu visite à Philippe de Villiers, connu pour être un des représentants d’une extrême droite nationaliste et réac, en son fief du Puy du Fou. A cette occasion il a tenu à dire que, bien que membre d'un gouvernement de « gauche », il n’était pas « socialiste ». Par honnêteté, a-t-il précisé ! 

A vrai dire, les dirigeants du PS ont depuis longtemps trahi les idées socialistes, même s’ils conservent l’étiquette. Mais si Macron a choisi de souligner une évidence devant de Villiers, ce n’est pas honnêteté, c’est qu’il essaye de pêcher les voix dans les marécages de la droite.

SNCF : une assurance "trajet perturbé" en guise de trains assurés


SNCF : des surtaxes à la place de trains assurés !

 

La SNCF propose une nouvelle assurance "trajet perturbé". Il faudrait payer en plus pour avoir, en cas de train annulé, le remboursement du trajet domicile-gare ou l'exonération des frais d'échange de billet.

Depuis mai dernier, elle a aussi généralisé des taxes importantes concernant les échanges ou remboursement de billets.

Le nombre de trains "déprogrammés", annulés ou retardés est de plus en plus important, principalement à cause du manque de personnel, mais la SNCF ne manque pas d'idées... pour faire payer les usagers.

samedi 20 août 2016

Agenda militant : à Argenteuil, à Bezons, à Paris, dans la rue ou en réunion, un mois de septembre chargé


Un agenda bon pour le moral

 

Les semaines qui viennent vont donner l’occasion à Argenteuil, en particulier pour le personnel municipal d’oublier l’actualité peu engageante de ces derniers jours.

         Le 5 septembre une journée d’action et de grève est prévue pour ces travailleurs. Il faut que la municipalité entende entre autres que l’on ne peut pas continuer comme cela, que l’augmentation qu’elle a mise en place du temps de travail est catastrophique. En tout cas, le personnel des écoles ne peut plus connaître une nouvelle année scolaire dans les mêmes conditions de la précédente. On lui impose de travailler plus longtemps par semaine que les travailleurs qui avaient obtenu de le faire à l’été… 1936 ! Plus de 40 heures !

         Le 10 septembre, le forum des associations dans l’espace Jean Vilar donnera l’occasion aux habitants de se retrouver, non seulement pour envisager les activités de l’année, mais également pour échanger sur la situation actuelle, locale et à l’échelle du pays.

         Ce week-end-là, du vendredi  9 septembre après-midi au dimanche soir 11 septembre, aura lieu la fête du journal l’Humanité. Elle est bien évidemment une initiative militante du PCF, mais elle donne l’occasion  aux participants de rencontrer bien d’autres militants et organisations qui existent dans le monde du travail. Ainsi, vous pourrez y rencontrer les militants de Lutte ouvrière, notre parti y tenant un stand important comme les années précédentes.

         Quelques jours plus tard, le 15 septembre, nous dirons aux bourgeois et à leurs hommes politiques que nous sommes toujours là, mobilisés contre la loi Travail. Ce que la loi fait, la rue peut le défaire.

         Le dimanche 18 septembre, la « braderie de Bezons » aura lieu. Autour de notre camarade Michel Campagnac, conseiller municipal de cette ville, Lutte ouvrière y animera, comme chaque année, un stand.

         Enfin, le vendredi 30 septembre, Nathalie ARTHAUD, candidate communiste de Lutte ouvrière à l’élection présidentielle du printemps prochain lancera sa campagne au Cirque d’Hiver, à Paris.

         Qu’on se le dise !

         Faisons de cette rentrée qui vient, une rentrée menée «sur les chapeaux de roue » et tonitruante.
 

P. Métézeau a posté un commentaire à propos de notre article d’hier intitulé « Si tu veux aller de l’avant, n’oublie pas ». Voir ce commentaire pour ceux que cela intéresse. Nous y répondrons demain.

Animateurs, Animation, mille pas en arrière, c'est la politique du gouvernement


Non à la confirmation d’un recul social !

 

Jusqu’à la mise en œuvre des nouveaux « rythmes scolaires », le nombre maximum d’enfants encadrés par un Animateur était de 10 pour un groupe d’enfants de moins de 6 ans, et 14 pour un groupe d’enfants âgés de six ans ou plus.

Avec la mise en place de la « réforme », ce nombre est passé en 2013 respectivement à 14 et à 18.         
Ces effectifs avaient alors été décidés pour une période provisoire de 3 ans. Ils viennent d’être confirmés de manière définitive par un décret signé en date du 1er août dernier.

         Une intersyndicale exige le retour à la situation antérieure à 2013 et appelle à la grève le 5 septembre prochain. Quant à la CGT, elle revendique un Animateur pour 8 enfants de 3 à 6 ans et un Animateur pour 12 enfants de 6 à 12 ans, mais appelle de son côté, on se demande bien pourquoi à la grève le 19 septembre !

         En tout cas, ces décisions gouvernementales sont des mesures iniques, qui réduisent les coûts d’encadrement aux dépens du bénéfice que les enfants peuvent tirer d’activités collectives. Et cela est d’autant plus grave dans les quartiers populaires.