lundi 18 juillet 2016

Canicule ; si risque, action et solidarité envers les personnes fragiles !


S’il y a danger, le rôle de la solidarité

 

Il risque de faire chaud voire très chaud à Argenteuil aujourd’hui et dans les jours qui viennent, même s’il n’est pas dit que cela dure. Les départements de la Région parisienne sont sur la carte de "vigilance" dans la zone où il faut être "attentif".

Bien évidemment depuis l’hécatombe de la canicule de l’été 2003 (15 000 victimes) un plan canicule est lancé tous les ans. La formule que l’on trouve sur le site internet de la Ville d’Argenteuil est pour le moins des plus ambigüe : « Chaque commune est tenue d’en organiser les modalités. La Ville incite les personnes âgées, handicapées et/ou isolées à s’inscrire auprès du Ccas pour un suivi, si les températures venaient à s’élever fortement ».

         Ce sont les personnes directement concernées par le risque qui doivent spontanément s’inscrire ?

         Certes, elles le devraient.

         Mais en attendant, si elles ne viennent pas à la collectivité y demander de l’aide, c’est à la collectivité d’aller à elles.

         La collectivité, ce n’est pas seulement les moyens de la collectivité municipale et des autres collectivités administratives qui doivent répondre bien sûr aux besoins, mais c’est le rôle de la famille, des proches, des voisins. Bref, c’est aussi le rôle de l’esprit et des réactions collectives.

Travailleurs territoriaux : offensive patronale et résistance des travailleurs


Pour nos amis territoriaux d’Argenteuil, de Bezons et d’ailleurs :

 La Rochelle (Charente-Maritime)

Une mairie « de gauche » anti-ouvrière

 
Le Conseil municipal de La Rochelle du 11 juillet, derrière le maire J.-F. Fountaine (dissident PS), a approuvé l'augmentation du temps de travail des agents territoriaux, sous les sifflets de ces derniers toujours très mobilisés. À l'initiative de l'adjoint (Verts) aux « mobilités », il a aussi voté une augmentation importante des tarifs des parcmètres, que paieront en particulier tous ceux qui doivent se garer au centre-ville pour venir travailler.

Enfin, il prévoit la mise en vente de la Maison des syndicats, un vaste immeuble ancien situé dans l'hypercentre, ce qui promet une opération immobilière fort lucrative ; et le déménagement forcé des syndicats en périphérie, sur la commune de Lagord. Cet éloignement rendra plus difficile les démarches des travailleurs qui viennent se faire conseiller pour se défendre contre leur patron. C'est n'est certainement pas pour déranger le maire, lui-même patron d'une entreprise nautique de plusieurs centaines de salariés.

Parions que toutes ces attaques mesquines finiront par produire l'effet inverse, en augmentant la colère des travailleurs, et leur conscience que les politiciens de gauche comme de droite sont au service des patrons quand ils n'en sont pas eux-mêmes.

 
Ville de Grenoble (Isère)

Piolle, le dépité maire

 
Lundi 11 juillet, malgré les congés, plus de 250 agents de la ville de Grenoble et habitants ont manifesté lors du conseil municipal contre la suppression de 150 postes et les attaques visant plusieurs services municipaux. La suppression de trois bibliothèques de quartier, prévue par le mal nommé « plan de sauvegarde des services publics locaux » du maire, suscite notamment l’incompréhension mais surtout la colère.

Après avoir copieusement hué les élus et tenté de se faire entendre en tapant contre les cloisons de la salle du conseil, usagers et salariés l’ont finalement envahie. Durant quatre heures, syndicats, représentants des usagers ont interpellé… vertement la municipalité écologiste, qui n’a eu d’autre choix que de reporter le conseil municipal.

Le maire vert, qui n’a pas même daigné s’adresser aux manifestants, était... rouge de colère tandis que le parti de gauche, avec lequel il dirige la ville, était… vert de rage.

Lectures d'été : "l'amie prodigieuse" d'Elena Ferrante


L’amie prodigieuse, d’Elena Ferrante

 

« L’amie prodigieuse » d’Elena Ferrante, porte sur l’amitié de deux filles peu ordinaires qui se crée dès l’enfance pour se poursuivre dans les temps de l’adolescence. Une histoire somme toute banale, celle de millions et de millions de filles à travers le monde. Mais c'est bien plus, il y a toute une bande de garçons et de filles, une génération qui découvre son monde.  Nous sommes dans l’Italie des années 1950 qui sort très difficilement de la misère de l’Après-guerre, et à Naples, dans un de ses quartiers très populaires que l'on ne quitte pas comme cela, voire dont on ne sort jamais. C’est l’Italie du Sud telle qu’on l’imagine et dont tant de films de ces années-là nous ont fixé l’image.

         Ce roman est aussi un très beau livre « sociologique » qui donne à réfléchir sur les couches et classes sociale, et sur ce que l’éducation peut créer de distances dans ce qu’il est commun d’appeler l’ « élévateur social ». Ce n'est surtout pas un livre à se prendre la tête en ces temps difficiles, mais un beau roman qui se lit "tambour battant".

         Un livre très riche, plein d’émotion et de sensibilité. On attend de lire les tomes suivants, il y en a deux qui ne sont pas encore parus en « livre de poche ».
 
 
 

              L’amie prodigieuse, Elena Ferrante, Folio, 8,20 euros

dimanche 17 juillet 2016

Facebook, un petit bilan personnel, à propos du drame de Nice


L’occasion d’un petit bilan d’étape

 
Cela fait maintenant une dizaine de mois que je me suis installé sur le réseau Facebook. Il y a bien évidemment un côté sympathique, et cela est intéressant de voir les réactions des uns et des autres à l’actualité. Pour le meilleur et pour le pire, mais autant connaître l’état des consciences et des raisonnements, y compris de ses « amis ». Je regrette surtout qu’il y ait finalement peu de commentaires et de réflexions. Celles à l’emporte-pièce sont en conséquence d’une utilité bien limitée.

         On le voit ces jours derniers à propos du drame de Nice.

         Ce qui importe ce sont les victimes ; 84 tués et les centaines de blessés, et le traumatisme que cela représente pour tous.

         Pour le reste :

         Qu’il s’agisse d’un acte à 100 % terroriste, c’est bien possible.

         Qu’il s’agisse d’un acte d’un déséquilibré, cela l’est tout autant.

         Qu’il y ait des deux dans cette affaire, c’est encore possible, mêlant folie et solidarité avec ce qui se passe au Moyen-Orient.

         Que Daech voit un intérêt politique dans cette affaire, c’est évident.

         Que Hollande ne trouve comme seule réponse que d’intensifier l’intervention française en Syrie et en Irak, c’est dans la continuité d’une politique qui dans cette région depuis 25 ans a mené à la catastrophe.

         Ce qui est incontestable, c’est que ces drames, au-delà de la nature des uns et des autres, ont touché ici depuis deux ans, là où depuis des décennies, chacun se croyait loin de l’horreur du monde.

         Celle-ci finit toujours par nous rattraper. C’est celle-ci qui mériterait que nous nous arrêtions pour réfléchir, se documenter, connaître, échanger, et agir sérieusement.

         Car il n’y a pas à être pessimiste comme la lecture des messages de certains « amis facebook » le suggère. Rien n’est inexorable. Il n’y a d’acteurs de l’humanité, que l’humanité elle-même. Elle a son sort entre les mains. A nous d’en être conscients et d’en tirer avec conscience les conséquences.  DM

Nice : politiciens à la manoeuvre


Nice : des politiciens  charognards

 
La surenchère politicienne en matière de sécurité n'aura pas attendu le moindre délai après le massacre de Nice. De Hollande et Valls qui ont annoncé la mobilisation de tous les réservistes militaires, aux dirigeants du Front national qui ont ressorti l'idée de la déchéance de la nationalité, en passant par Henri Guaino qui a carrément proposé de doter les militaires de lance-roquette pour arrêter les camions fous, c'est à qui sera plus sécuritaire. Et tous les candidats à la primaire de la droite, rassemblés lors d'une messe à Nice, d'énumérer les mesures qui auraient pu, selon ces stratèges en chambre, « empêcher un tel attentat ».

Qu'ils soient au pouvoir ou dans l'opposition, aucun de ces politiciens n'a la moindre solution sérieuse pour empêcher l'acte d'un déséquilibré comme celui de Nice, quelles que soient les motivations de ses actes. Mais pour faire semblant d'agir, ils sont prêts à entretenir la peur et à semer la haine, en France et dans le monde, ce qui revient à préparer le terrain pour de nouveaux actes barbares. En politique, les charognards sont des espèces nuisibles.

Turquie : ni Erdogan ni les militaires


Turquie : ni Erdogan ni les militaires !

 

La tentative de coup d'Etat militaire en Turquie contre le pouvoir d'Erdogan semble avoir échoué même si la situation reste encore confuse. Elle aurait fait plus de 260 morts et provoqué plusieurs centaines d'arrestations.

Erdogan, qui n'a cessé de renforcer son pouvoir en s'appuyant sur l'AKP, un parti conservateur et qui se revendique de l'islam, se heurte depuis des années à l'hostilité d'une fraction de l'armée. Cette rivalité est un mélange de concurrence pour le partage du pouvoir et des richesses et de désaccord sur la politique nécessaire à la bourgeoisie turque.
          Mais ni Erdogan et l'AKP ni les militaires putschistes ne représentent les intérêts des classes populaires turques. Les uns et les autres ont montré, à plusieurs reprises, qu'ils étaient prêts à réprimer dans le sang toute opposition.

Hollande : les intérêts de PSA et compagnie


Loi travail : les valeurs de Hollande et les nôtres

 

Dans son intervention télévisée du 14 juillet, Hollande a défendu la loi travail en prétendant qu'elle avait été mal présentée. C'est une piètre excuse et c'est surtout prendre pour des imbéciles les centaines de milliers de travailleurs qui ont manifesté depuis début mars pour imposer son retrait et les millions qui se sont déclarés opposés à cette loi scélérate. Quel que soit l'emballage, les manifestants, et derrière eux la grande majorité de l'opinion publique ouvrière, ont bien compris que cette loi organise la démolition de leurs droits. Ils l'ont dit et répété : ils n'en veulent pas !

Hollande a ajouté que cette loi allait être bonne pour le pays et conforme à ses valeurs. Là, il était sincère, tant il a montré depuis quatre ans que ses valeurs sont celles des actions en bourse et des profits que la bourgeoisie tire de l'exploitation.

 
Loi Travail et accord de compétitivité chez PSA
« Conforme à mes valeurs » (Hollande, le 14 juillet)

 
Le deuxième accord de compétitivité signé chez PSA, qui attaque durement les intérêts des travailleurs, est tellement dans l’esprit de la Loi Travail que Hollande, lors de son interview du 14 juillet, n’a pas manqué d’en faire la promotion.

Dans un groupe comme PSA qui affiche une santé financière insolente, l’aggravation de la flexibilité existante pour augmenter les heures supplémentaires non payées, une réduction du salaire pour le travail de nuit, le blocage des salaires, et les suppressions d’emplois qui continuent, c’est l’exemple.

Effectivement, c’en est un pour Hollande qui ne voulait pas rater l’occasion de montrer qu’il est complètement à plat ventre devant le grand patronat !

samedi 16 juillet 2016

Culture et quartiers populaires : des moyens dignes de ce nom à mettre en oeuvre


Initiatives bonnes à prendre, dérisoires face aux nécessités

 
Argenteuil relève d’une zone de sécurité prioritaire (ZSP), une structure créée il y a quelques années qui permet surtout une intervention plus importante des « forces de l’ordre » en cas de problème. Un jumelage « culturel » vient d’être signé entre cette ZSP et deux établissements publics culturels (EPC). Ainsi, Argenteuil va travailler avec le centre national des arts plastiques de Puteaux (Cnap) et la Cité de la céramique à Sèvres (Hauts de Seine) avec l’objectif de : « Rapprocher la culture de ceux qui en sont éloignés ».

         Ce partenariat bénéficiera aux centres de loisirs et aux associations culturelles du Val d’Argent, Sud et Nord apparemment, et peut-être, aux écoles et aux collèges de ce quartier.

Selon G. Mothron que nous ne savions pas si sensible à l’art ce «  sera une très belle opportunité pour les enfants et les trois collèges du Val d’Argent, dès la rentrée prochaine. Nous attendons le lancement des projets avec impatience pour permettre de sensibiliser les jeunes à l’art ».

Bien évidemment, ces initiatives ne peuvent qu’être positives pour les élèves et enfants qui en bénéficieront. Elles viennent s’ajouter à bien d’autres qui ont lieu ou qui ont eu lieu entre les « riches » et les « pauvres », que ce soit les projets Essec ou Sciences Po concernant tel ou tel lycée ou celui entre le collège Eugénie Cotton et l’Opéra de Paris. Mais pour contrarier l’inégalité culturelle et surtout le recul culturel qui touche les milieux populaires, et qui n’a fait que s’aggraver ces dernières années, il faudrait une toute autre politique que ces initiatives à la marge.

Avec les possibilités, certes limitées, de la commune, ce n’est pas dans cette direction nécessaire en tout cas que la municipalité actuelle d’Argenteuil s’est engagée, et c’est peu de le dire.