mardi 12 juillet 2016

AB-Habitat : célérité ou lenteur, selon la question en jeu




Rapides… quand ça les arrange !


Après le jugement qui lui a été favorable contre le maire d’Argenteuil, le député vient de faire déposer sur le sujet un courrier dans toutes les boîtes aux lettres des locataires de l’Office AB-Habitat, soit plus de 11 000 logements. Outre le coût de fabrication dudit courrier, cette distribution représente au total des dizaines d’heures de travail. On comprend que le député qui dirige AB-H ait saisi cette occasion trop belle pour rappeler l’ineptie de la campagne initiée contre lui-même par son concurrent, avec les moyens de la Ville d’Argenteuil. Le maire avait tenté très maladroitement, et c'est le moins que l'on puisse dire, de diriger le mécontentement des habitants en attente de logement contre P. Doucet. 
        Mais l’explication de ce dernier sur cette affaire qui ne concerne pas pour l’essentiel les locataires actuels, ne pouvait-elle pas attendre la parution du prochain Bonjour, le petit journal de l’Office ?
         En l’occurrence, les dirigeants de ce dernier ont fait preuve d’une grande célérité sans commune mesure avec leur lenteur sur bien des réclamations venant des locataires.
         Nous pensons, entre autres, à l’affaire des compteurs de Joliot-Curie quand des locataires étaient absents le jour de leur échange. On leur a imposé des estimations extravagantes et donc des sommes importantes qu’ils ne doivent pas, mais qui leur ont été prélevées depuis mars. Alors que dans un premier temps, on leur indiquait une régularisation début juillet, on leur dit maintenant qu’elle ne se fera pas avant septembre. Il s’agit pourtant de centaines et de centaines d’euros.
         La célérité pour les guerres intestines. Pour le reste, la lenteur est de rigueur…

EuropaCity : un projet douteux


Si vous voulez noyer le poisson, demandez un rapport

« EuropaCity » est un vaste projet visant à créer dans la plaine agricole de Gonesse un vaste espace commercial et de loisirs. Pour ses promoteurs, autour du groupe Auchan, riche à milliards, ce serait un projet mirifique à tous les points de vue. Comme à propos de bien d’autres  grands projets, pour les promoteurs du barrage de Sirven, pour ceux de l’aéroport Notre-dame des Landes, du Lyon-Turin, comme de bien entendu. Seulement, à voir.
         Comme on peut s’en douter, nous y reviendrons, ce projet pharaonique n’a pas que ses partisans, mais bien des détracteurs, en particulier dans la mouvance écologique, mais pas seulement.
         Pour calmer les ardeurs de ces derniers, E. Cosse, la ministre du Logement et de l’Habitat durable, vient de commander une étude sur ce projet EuropaCity à un organisme public. Le rapport devra présenter les avantages et les inconvénients du projet « en le plaçant dans la perspective d’un aménagement durable », selon Le Parisien.
         Quand on crée une commission ou qu’on demande un rapport, c’est surtout que l’on veut gagner du temps.
         Dans tous les cas, lorsque le rapport parviendra, il y aura belle lurette qu’elle ne sera plus au gouvernement, mais elle pourra toujours dire qu’elle y aura mis du sien.

ArcelorMittal : des profits d'acier


Agenda

Les grands groupes ne manquent ni d’air ni de CO2

Fin 2011, ArcelorMittal décidait de fermer ses sites de Schifflange et Rodange au Luxembourg mais « oubliait » de prévenir le gouvernement, ce qui lui a permis de bénéficier de quotas d’émission de CO2. 
         Le gouvernement les lui a finalement réclamé, ArcelorMittal s’apprêtant à vendre les 81 073 tonnes alloués par l’Etat dont il n’avait utilisé que 151 tonnes. ArcelorMittal a eu le culot de porter l’affaire en justice afin de garder ces quotas (et le pognon qui va avec).
         Ces grands groupes capitalistes se croient tout permis : y compris de voler les pouvoirs publics et de porter plainte ensuite contre leur victime !

Et en plus, s’ils peuvent rogner l'intégralité des salaires

Cette année, le départ en vacances a un goût amer pour les travailleurs de l'atelier tréfilerie sud de l’usine Arcelor Mittal de Bourge-en-Bresse. Leurs congés payés se prolongeront par du chômage partiel au moins jusqu'au 5 septembre. Indemnisés à 75 % de leur salaire brut, ils perdront de 2 à 300 € sur la paie d'août.
         Cet atelier lamine des aciers spéciaux pour les gaines flexibles transportant le pétrole en eaux profondes. Après l'annonce en grande pompe d'un juteux contrat avec Technip, le cours du pétrole s'est effondré, entraînant le ralentissement de l'exploitation pétrolière puis celle des commandes d'aciers. Depuis, les rumeurs courent sur l'avenir de cet atelier qu'Arcelor s'apprête à revendre au fond américain Oaktree.
         Il n'y a aucune raison qu'Arcelor Mittal, qui reçoit des centaines de millions d'euros de l’État au titre du CICE ou du crédit impôt recherche, fasse payer aux travailleurs les aléas de son marché. Il doit payer l'intégralité des salaires !

lundi 11 juillet 2016

Editorial des bulletins Lutte ouvrière d'entreprise


Continuer de faire entendre le camp des travailleurs

 Hollande a profité de l’Euro de Football pour pérorer sur « l’amour », « la joie », « le rassemblement » et « l’union nationale ». Comme si l’engouement autour des Bleus pouvait faire disparaître la colère sociale qui existe dans le pays !

Quand Hollande mouille le maillot, c’est pour faire équipe avec le patronat et attaquer les droits des travailleurs, et ça, ça ne s’oublie pas.

La loi El Khomri a fait tomber les masques. Y compris pour ceux qui avaient encore espoir en lui, le gouvernement est apparu pour ce qu’il est : un gouvernement de combat contre les exploités, un gouvernement qui les méprise et se moque de leurs problèmes.

Des centaines de milliers de salariés ont exprimé leur opposition quatre mois durant. Il y a eu des pétitions, des grèves, une douzaine de journées d’action nationales. Comment a répondu le gouvernement ? Par des mensonges et du chantage, en essayant de minimiser et de discréditer la contestation et en usant de l’intimidation et de la répression.

Pour finir, comme il était incapable de dégager une majorité à l’Assemblée, il est passé en force en recourant à l’article 49-3. Avec la loi El Khomri, le gouvernement a fait une spectaculaire démonstration de servilité vis-à-vis du patronat et de mépris envers les travailleurs.

Oui, les travailleurs ont besoin d’unité et de rassemblement, mais entre eux, sur des bases de classe. Et c’est ce que la mobilisation contre la loi Travail a commencé de faire.  

Pour la première fois depuis longtemps, le monde ouvrier s’est rassemblé contre les mensonges patronaux sur la flexibilité, les prétendues difficultés de licencier ou la compétitivité. Il s’est retrouvé dans la conscience d’avoir à lutter collectivement. Et ceux qui ont pu participer aux débrayages ou aux manifestations ont senti la force sociale des travailleurs.

Comme le gouvernement a fait adopter sa loi, certains, du côté du patronat et du gouvernement, se plaisent à dire que les manifestations et les grèves n’ont servi à rien. C’est occulter le fait que cette mobilisation a réveillé la conscience et la combativité du monde du travail.

Désormais, les travailleurs qui se battent savent que leurs revendications sont comprises et partagées. C’est un encouragement pour ceux qui n’acceptent plus les sacrifices et qui veulent résister. C’est ce dont la classe ouvrière a besoin car le patronat et ses serviteurs politiques ne comprennent que le rapport de forces.

Au travers de cette contestation, les travailleurs ont fait de la politique. Ils doivent continuer en intervenant y compris dans les élections, en se revendiquant de leurs intérêts de classe contre le patronat et tous ses serviteurs politiques. 

Du Parti socialiste au Front national en passant par les différentes nuances de la droite, tous raisonnent du point de vue patronal comme s’il n’y avait pas d’autre point de vue.

Tous font croire que la prospérité et les profits de la bourgeoisie sont de bonnes choses pour l’ensemble du pays. Ils camouflent l’exploitation et la lutte de classe. Ils cachent le fait que l’enrichissement d’une minorité provient de l’appauvrissement de la majorité.

Même Jean-Luc Mélenchon, qui se prétend à gauche du PS, ne s’en prend pas au droit du capital et à sa dictature sur la société. Il préfère faire diversion en prônant l’éventualité d’une sortie de l’Europe, ce qui ne changerait rien à rien au sort des classes populaires, comme les travailleurs britanniques sont en train d’en faire l’amère expérience. 

Il n’y a donc rien à gagner au cirque électoral consistant à choisir entre ces « grands candidats ». Ils nous tromperont tous. Les travailleurs doivent se servir des élections pour affirmer la nécessité de s’en prendre aux intérêts de la classe capitaliste, à l’exploitation et à la domination des plus riches sur l’économie, sans quoi ils seront voués à subir.

Affirmer une politique de classe et les perspectives de lutte collective, se défendre et changer la société, est la raison d’être de Lutte Ouvrière et de la candidature de Nathalie Arthaud à l'élection présidentielle.

Voter pour faire entendre le camp des travailleurs lors des prochaines élections montrera qu’il existe un courant d’opinion se réclamant de ces idées. Cela aidera à la construction du parti qui manque aux exploités : un parti qui représente leurs intérêts matériels et politiques. Un parti qui affirme la fierté de ceux qui font tout tourner dans cette société. Un parti qui ne vise pas à prendre des responsabilités dans ce système bourgeois mais se fixe pour but de le renverser.