mardi 5 juillet 2016

Loi Travail : aujourd'hui comme hier et comme demain, on n'en veut pas !



Manifestation contre la loi Travail
Aujourd’hui
A Paris 14 heures Place d’Italie

La loi El Khomri, ça ne passe toujours pas parmi les travailleurs. Et c'est tant mieux ! Mardi 5 juillet, alors que le gouvernement représente son projet de loi Travail devant l'Assemblée nationale, une 12ème journée de mobilisation est organisée par la CGT et FO.
         Lutte ouvrière appelle à participer aux manifestations contre la loi travail le mardi 5 juillet 2016. A Paris, la manifestation partira de la place d’Italie à 14 heures pour rejoindre la Bastille. Le cortège de Lutte Ouvrière a rendez-vous au métro Saint-Marcel à partir de 13 heures.

Un car de la CGT part d’Argenteuil à 13 heures de la salle jean Vilar. Une participation de 5 euros sera demandée.

Courage, fuyons !


La direction du PS vient d'annoncer qu'elle repoussait son Université d'été, prévue fin août à Nantes.
         Pour les grands partis, les universités d'été sont d'abord un moyen de faire parler d'eux dans les médias. Mais le PS craint que son cinéma d'été attire plus de manifestants que de spectateurs. Notamment ceux qui dénoncent depuis des mois sa loi Travail, voulue par le Medef mais rejetée par les salariés.
         Reste une solution au PS pour ne pas annuler son université d'été : la fusionner avec celle du Medef, qui se tiendra fin août près de Paris. Les ministres y retrouveraient ainsi leurs amis du patronat.

Argenteuil : des dépenses inadmissibles, une campagne personnelle sans queue ni tête



Le fautif sera le payeur ? on en doute

La maire d’Argenteuil a donc été obligé par décision du tribunal administratif de donner un brusque coup d’arrêt à la campagne idiote sur le sujet du logement qu’il avait entrepris contre son concurrent et ennemi.
         Il nous dit que cette campagne, il ne l’a pas payée, puisqu’elle est un produit des accords entre la Ville et l’afficheur qui doit lui un certain nombre de panneaux lors de plusieurs campagnes d’affichage.
         Mais sur ces panneau, et à la place de cette campagne sans queue ni tête, destinée uniquement à la campagne personnelle du maire, il aurait pu faire une campagne sur des sujets beaucoup plus utiles : le programme des cinémas durant l’été, la future programmation de la saison du Figuier blanc et de la cave Dîmière, les animations estivales en direction de la jeunesse, les services aux anciens, l’état de ses projets comparés à ses promesses électorales de 2014, et l’on en passe.
         Mais en plus, dans cette affaire, il va tout de même y avoir quelques frais : frais de justice, à la charge du perdant, heures de travail de conception, d’affichage, de distribution des tracts, heure de dépose des affiches, etc.
         Là, le maire ne peut pas dire que les dépenses ont été le fait du dépensier P. Doucet. C’est G. Mothron qui est responsable. La moindre des choses serait qu’il n’ait aucune indemnité municipale jusqu’à ce que la dette qu’il vient de contracter à travers ce gâchis envers la collectivité finisse par s’éteindre.

Rocard : un serviteur de la bourgeoisie



Lui était engagé totalement pour sa classe, la bourgeoisie

« Engagés pour Argenteuil » est un site sérieux de militants d’Argenteuil, mais avec lesquels nous avons des divergences politiques fondamentales. Ses rédacteurs ne sont ni communistes ni révolutionnaires. Et l’enthousiasme qu’ils expriment à l’égard de feu Rocard ne nous surprend pas, à l’égard d’un grand serviteur « moderne » du « sénile » et « vieux » capitalisme. Mais les positions et les engagements des uns et des autres ne nous empêchent pas de discuter.
         Ce qui nous a donné envie d’écrire ce commentaire c’est la photo qui illustre l’article que ce site consacre au décès de Rocard et qui date de 1973.

« Face à la justice de classe solidarité populaire »




         C’est vrai nous étions encore bien près de Mai 68 et le Parti Socialiste Unifié que dirigeait Rocard en 1973 continuait à cette date à en porter la trace.
         Ce parti avait recruté de nombreux jeunes opposés à la guerre d’Algérie après sa fondation en 1960. Mais il regroupait un certain nombre d’anciens SFIO et fut rejoint l’année suivante par l’ex-chef de gouvernement de 1954, Mendès-France. Ces dernières se retrouvèrent au PSU sur la base du refus de l’engagement du Parti socialiste de l’époque à maintenir l’Algérie française.
         Pour ma part, c’est en juin 1967 que j’eu ma première activité politique sous la forme de ma première réunion, avec des militants du… PSU, à Argenteuil.
         Sur la localité, le PSU était animé par des militants catholiques de « gauche » qui avaient bien des qualités mais qui n’étaient ni communistes ni révolutionnaires eux aussi. D’ailleurs, nous nous fâchâmes, alors que j’avais rejoint Lutte ouvrière après 68 au moment du Programme commun et de l’ascension de leur nouveau « Camarade », Mitterrand, qu’ils avaient rejoint en 1973. Mais c’est eux qui m’avaient entraîné et introduit…
         Mai 68 passa effectivement par là. La direction du PSU se gauchisa, parallèlement à celle de la CFDT d’alors. Elle et Rocard se firent les chantre sdu socialisme, de l’autogestion, se référant à « l’exemple yougoslave ».
         Ainsi ce gauchissement, le terme de « classe » n’était pour eux alors ni un archaïsme ni un gros mot. Sans que cela ne corresponde à une conviction profonde, celle de s’opposer à la bourgeoisie, en posant la question du renversement de la société, de la prise du pouvoir, et en visant à « éduquer » le monde du travail à la conscience du rôle qu’il a à jouer.
         Mai 68 s’éloignant, les discours et les engagements politiques se droitisèrent, leur géométrie variable étant là la marque de fabrique de tous les politiciens. Rocard, bien sûr, n’y échappa pas, en confirmant ce qu’il avait toujours fondamentalement été, lui qui devint le premier ministre de Mitterrand. D. Mariette

lundi 4 juillet 2016

Editorial des bulletins Lutte ouvrière d'entreprise de ce lundi 4 juillet 2016

                Le 5 juillet et après, la lutte doit continuer

 Alors que, le 5 juillet, la loi El Khomri doit revenir à l'Assemblée, le gouvernement Hollande-Valls a averti que, pour lui, il n'est pas question de l'amender. Il menace de recourir une nouvelle fois à l'article 49.3 de la Constitution pour la faire adopter sans vote.

Même si quelques articles auront été changés, le gouvernement veut maintenir ce qui, pour lui, est essentiel dans cette “loi Travail” : elle permettra à un patron d'imposer, dans son entreprise, des conditions en retrait sur ce que prévoient le code du travail et les conventions collectives. Le gouvernement dit que ce sera plus démocratique et près des réalités. Mais tout salarié sait que dans son entreprise un patron dispose des moyens de pression pour imposer un accord à ses conditions, ne serait-ce qu'en faisant le chantage à l'emploi.

Hollande et Valls considèrent que ce point est essentiel parce qu'il est essentiel pour le patronat, qui leur a dicté ce texte. Avec la possibilité de faire leur propre loi dans l'entreprise, les patrons veulent pouvoir fixer les horaires, les salaires et poser leurs conditions sans être limités par les quelques contraintes de la loi actuelle.

La majorité de la population rejette la loi El Khomri, tout comme l'écrasante majorité des travailleurs. Depuis quatre mois, ils ont été des centaines de milliers à manifester contre elle, avec le soutien et la sympathie de tous les autres. Cela n'empêche pas ce gouvernement de vouloir la faire passer coûte que coûte, quitte à l'imposer aux députés qui voudraient lui apporter quelques aménagements et quitte à achever de se déconsidérer aux yeux de ceux qui l'ont élu.

Voilà la substance de ce système politique que l'on dit démocratique : peu importent les votes, y compris ceux des députés ; à la fin c'est le patronat qui gagne. Il dicte ses choix à un gouvernement obéissant, qui prévient ses désirs et justifie sa politique par le mensonge permanent.

Ces jours-ci, on glorifie Michel Rocard qui vient de décéder, et cela à droite comme à gauche, car il aurait défendu de grandes idées. Mais lesquelles ? La politique de Valls et Hollande n'est que leur mise en pratique. Le « dialogue social » consiste à signer des accords avec des dirigeants syndicaux qui sont du côté des patrons. La « lutte contre le chômage » consiste à reconnaître au patronat le droit de licencier, d'augmenter les horaires et les cadences de travail des uns, de jeter les autres sur le pavé et de se servir du chômage croissant pour faire du chantage. Il reste aux gouvernants à envelopper cela de phrases, puis à dénoncer ceux qui résistent comme des gens qui refuseraient les évolutions nécessaires de la société, avant de menacer d'interdire leurs manifestations !

Au-delà du brouillard dont ils les entourent, les seules idées des Valls, Hollande, Rocard et de quelques autres se résument à se mettre à plat ventre devant le patronat, à lui verser des milliards détournés des caisses de l’État et soustraits aux budgets de la santé ou de l'éducation, à imposer des lois en sa faveur et à mentir à la population en lui disant qu'avec tout cela, « ça va mieux ».

Heureusement, en ces quatre mois de lutte contre la loi El Khomri, les travailleurs qui ont fait grève et manifesté ont montré qu'ils ne se laissaient pas abuser, mais aussi qu'ils étaient décidés à le faire savoir en descendant dans la rue et en montrant leur force. Et cela est bien plus important que les votes ou les non-votes du Sénat et de l'Assemblée.

Il faut continuer à faire grève et manifester contre cette loi, comme des syndicats y appellent encore mardi 5 juillet, mais aussi après. Même si elle finit par passer, avec ou sans amendements, avec ou sans article 49.3, la lutte devra continuer car le patronat n'en aura pas fini de vouloir imposer ses exigences. Il voudra le faire au niveau local, comme la loi le permettra, et il voudra le faire au niveau national. Et s'il y a une leçon à retenir de ces quatre mois, c'est que pour lui une seule chose compte : le rapport de force qu'il peut imposer par le fait qu'il possède les entreprises, les capitaux et des gouvernements à son service.

Alors, c'est ce rapport de force qu'il faut inverser. Les travailleurs le peuvent, car ils sont le plus grand nombre et parce qu'ils produisent toutes les richesses que ces gens-là ne savent que dilapider. Mais ils ne doivent pour cela ne faire confiance qu'en leurs propres forces, celles qu'ils ont commencé à mettre en branle. Ce ne doit être qu'un début.