vendredi 24 juin 2016

Argenteuil : nouvelles technologie pour contrer la diminution des moyens ? Mon oeil !



La technologie en soi ne créera jamais la véritable Humanité

Dans sa « lettre du maire » de juin, G. Mothron exprime son enthousiasme pour les nouvelles technologies de l’information, « fibre », nouveau site de la Ville au 1er janvier prochain, et bien sûr « Raconte Ma Ville»,  la nouvelle application dont nous avons déjà parlé (pour les modernes ou les snobs, nous allons tout de même donner la traduction pour dire m… aux initiateurs du Breixit : « Tell My City »).
         Il argumente en particulier autour de l’objectif de renforcer le lien social, le service public et l’information culturelle : « La ville d’aujourd’hui a, plus encore qu’hier, l’obligation d’innover vite et efficacement, dans un souci d’attractivité de son territoire et de lien social renforcé. À l’aide des nouvelles technologies, le citoyen doit devenir acteur de sa ville pour imaginer et façonner la ville de demain. »…
         « Grâce aux nouvelles technologies, les usagers peuvent non seulement disposer rapidement d’informations les concernant, mais aussi désormais en apporter eux-mêmes en temps réel et s’impliquer activement dans la gestion de la cité. »
         Comme si ces nouvelles technologies pouvaient en soi contribuer à tout cela.
         Les nouvelles technologies ont maintenant une histoire de 20 ans, une vieille histoire donc. Elles ont renforcé le lien social ? l’implication dans la gestion des collectivités ? l’engagement ? le service public et Le mieux-être ?
         La réponse est négative, bien sûr.
      Les nouvelles technologies pourraient certes contribuer à tout cela. A condition que nous soyons dans de toutes autres conditions sociales, dans une société guidée par autre chose que le profit, avec des pouvoirs émanant directement de la population et contrôlés par elle. Bref, une situation aux antipodes de la situation actuelle. Et dans cette situation, on ne peut pas dire que G. Mothron soit depuis deux ans à la pointe de plus de service public, d’écoute des habitants, de lien social renforcé. Non, on ne peut pas le dire.

Loi travail : Valls et la liberté de manifester. Retour sur la journée d'hier



La liberté de manifester est un droit, certes, mais pas pour Valls

A l'Assemblée, Valls s'est permis de dire qu'il garantirait « la liberté de manifester » alors qu’il avait maintenu cette interdiction pendant plusieurs jours pour, finalement, lever cette interdiction pour ce jeudi 23 juin, et encore… très partiellement.
         La liberté de s'organiser et de manifester, les travailleurs l'ont conquise par leur lutte, contre tous les gouvernants qu’ils soient de droite ou se disent de gauche comme Valls, toujours prêts, eux, à sortir la matraque.
         Ce droit-là, nous allons devoir le défendre.
         Car on peut difficilement appeler « manifestation » ce qui s’est passé hier à Paris et qui avait été autorisé par Valls et compagnie : un immense camp retranché, de la Bastille au bassin fluvial dit de l’Arsenal, bloqué par une armada de CRS, fouillant chaque manifestant à l’entrée du camp, un circuit de 1 km 6 autour de ce bassin, dans un endroit excentré où le verbe manifester n’a plus de sens. On aurait pu tout aussi bien faire tourner les manifestants sur la cendrée du Stade de France, un petit tour et puis s’en vont.
         Alors, bien sûr, nous étions présents, par solidarité avec tous les présents. Mais ce n’était, et de loin, pas une manifestation.
         Alors, la liberté de manifester garantie par Valls ? Une vallse, une vallsette une ronde, mais rien d’autre, sinon un mensonge éhonté de plus !
         Oui, cette liberté-là, nous allons devoir la défendre. 


 
Dès tout petit il rêvait d'imiter Napoléon dit le Petit


Victoire du Brexit, une fausse alternative. Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière de cette semaine écrit avant le referendum



Le « Brexit » l'a emporté lors du referendum organisé hier dans le Royaume-Uni, c’est-à-dire le oui à la sortie de l’Union européenne. Ci-dessous un article extrait de notre hebdomadaire Lutte ouvrière de cette semaine, écrit par nos camarades britanniques du groupe Worker’s Fignt, le combat des travailleurs

Grande-Bretagne : la fausse alternative du Brexit

À la veille du référendum du 23 juin sur la sortie ou non de la Grande-Bretagne de l’Union européenne (le Brexit), et après l’assassinat de la députée travailliste Jo Cox, nous publions la prise de position de nos camarades du groupe trotskyste britannique Worker’s Fight (Grande-Bretagne-UCI).
Quel que soit l’état de santé mentale de son meurtrier, l’assassinat de la députée travailliste du West Yorkshire, Jo Cox, reflète le climat empoisonné créé par des années de surenchère xénophobe des gouvernements et politiciens qui ont transformé les travailleurs immigrés en boucs émissaires.
         Avec la campagne pour l’actuel référendum, le climat est devenu tellement chargé de peur et de haine que le meurtrier, que ses voisins considéraient comme « normal et serviable », a cru légitime d’agir au nom de ses idées d’extrême droite. Il a pris deux pistolets, un couteau et a tué Jo Cox en criant « La Grande-Bretagne d’abord ». Pourquoi ? Probablement parce qu’elle était connue pour soutenir les enfants migrants que Cameron, le premier ministre, ne voulait pas accueillir dans le pays !
         Depuis on assiste à un répugnant festival d’hypocrisie au-dessus du cadavre de Jo Cox : les mêmes politiciens, qui ont attisé les flammes menant à son meurtre, ont pleuré à chaudes larmes sur son sort et ont loué sa générosité.

Campagnes xénophobes

         Le rôle joué par Nigel Farage et son parti antieuropéen Ukip dans la création de cette atmosphère empoisonnée est évident. En témoigne leur dernière affiche de campagne montrant une file ininterrompue de réfugiés qui semblent prêts à « envahir » la Grande-Bretagne sous le slogan « Le point de rupture ». Peu importe que la photo ait été prise à des milliers de kilomètres, sur la frontière entre la Croatie et la Slovénie. C’est juste un mensonge alarmiste de plus de l’Ukip à propos des réfugiés, après tant d’autres sur ce sujet, comme sur d’autres, depuis le début de cette campagne.
         Mais même si certains ténors eurosceptiques de la droite conservatrice, comme le ministre de la Justice Michael Gove, ou l’ancien maire de Londres Boris Johnson, tâchent à présent de prendre leurs distances avec Farage, de peur qu’il ne porte préjudice à la campagne de ceux qui veulent quitter l’Union européenne, ils ont aussi leur part de responsabilité dans le climat qui a coûté la vie à Jo Cox. Depuis le début de la campagne, ces responsables officiels du camp du Brexit ont utilisé de façon croissante les préjugés anti-immigrés, avec des méthodes proches de celles de l’Ukip.
         Comment aurait-il pu en être autrement ? Ce référendum a été organisé par Cameron pour contenir l’inquiétude causée par l’Ukip au sein de son propre Parti conservateur, en particulier celle des politiciens les plus droitiers craignant de perdre leurs postes confortables. Mais, bien loin de contenir la démagogie crasse anti-immigrés de l’Ukip, Cameron y a contribué, comme il l’a fait depuis des années.
         Bien avant la montée électorale de l’Ukip, Cameron brodait sur le mythe du « tourisme social » que pratiqueraient les travailleurs venant des pays de l’Union européenne, avec le soutien hystérique des journaux tabloïds conservateurs. Il y avait une logique politique à cela, qui n’avait rien à voir avec les faits.
         Avant cela, Cameron avait accusé les chômeurs et les pauvres d’être un poids pour les services publics, alors que le réel fardeau était les coupes budgétaires dont ils faisaient les frais. Puis il a désigné les travailleurs européens comme d’autres boucs émissaires qu’on pouvait rendre responsables de la défaillance du système de santé et des nouvelles coupes dans les budgets sociaux.
         Et durant cette campagne, on a vu à nouveau Cameron rappeler à tout le monde qu’il demeurait eurosceptique, expliquant que la meilleure façon de sévir contre l’immigration était de rester dans l’Union européenne, ce qui lui donnerait plus de moyens pour la contrôler grâce aux « concessions » obtenues de celle-ci l’an dernier.
Les deux bouts d’un même bâton

Ainsi, les deux camps représentent les mêmes politiques qui, dans le passé, ont consisté à serrer la vis aux travailleurs pour leur faire payer la crise provoquée par les patrons. Et les deux représentent, d’une façon ou d’une autre, la même politique future consistant à jouer une partie de la classe ouvrière contre une autre – les « britanniques » contre les « immigrés » – de façon à l’empêcher de riposter.
         Leur référendum est un cas classique de « pile je gagne, face tu perds ». Le magnat des médias Rupert Murdoch qui sait parfaitement utiliser les institutions politiques de la bourgeoisie à son profit, illustre cela à merveille. D’un côté l’édition anglaise de son quotidien à grand tirage Sun arborait une ligne pro-Brexit éclatante. Mais en Écosse et en Irlande du Nord, le Sun a changé sa une, car il ne fait aucun doute qu’elle n’y aurait pas été très populaire. Pendant ce temps-là, un autre journal de Murdhoch, le très classique et très sérieux Times, se joignait au camp anti-Brexit. Les Murdoch de ce monde sont toujours les gagnants de ces jeux politiques.
         Les travailleurs doivent se tenir à distance de ce faux choix entre deux façons différentes d’être pendus. La seule façon d’aller de l’avant est de se préparer à combattre leur ennemi intérieur, les patrons, leurs gouvernements et leur système, en s’unissant, quelle que soit leur nationalité, par-dessus toutes les divisions que les capitalistes voudraient créer dans leurs rangs !
                                                         Workers’ Fight