samedi 14 mai 2016

Guerre d'Algérie : lorsque Guy Mollet envoyait les "rappelés" en Algérie. L'anniversaire d'un refus.





La mémoire du refus

Il y a 60 ans, des soldats rappelés et la population de communes creusoises se révoltaient contre la guerre d'Algérie.

         Le 7 mai 1956, un convoi militaire transportant une vingtaine de rappelés en route pour l'Algérie fait halte dans la commune de La Villedieu en Creuse. Au moment de repartir, les rappelés refusent. Les habitants de la commune dont le maire, René Romanet, les aident et les cachent dans des granges. Une compagnie de CRS est envoyée dans la nuit mais le lendemain, 8 mai, des habitants des communes voisines de Faux la Montagne et de Nedde envahissent le bourg en soutien aux rappelés insoumis.
         Le maire de La Villedieu, Robert Romanet, l'instituteur de Faux la Montagne, Gaston Fanton, et Antoine Meunier un ancien combattant sont arrêtés. Le maire de Villedieu en raison de son passé de résistant n'a pas été condamné à de la prison ferme mais à trois ans avec sursis, mais il a été révoqué et déchu durant 5 ans de ses droits civiques, Antoine Meunier mutilé de guerre a eu droit à une peine symbolique mais l'instituteur de Faux la Montagne, lui a écopé de huit mois de prison à Fresnes et, interdit d'exercer sa profession durant 5 ans, il est devenu bucheron.
        Un hommage vient d'être rendu, soixante ans plus tard, par une cinquantaine de personnes dans la mairie de Tarnac, aux soldats insoumis et surtout aux trois courageux anti-colonialistes qui n'ont jamais été réhabilités et étaient tombés dans l'oubli .
         En 1956, le président du Conseil et chef du gouvernement était le socialiste Guy Mollet qui sous le nom de "pacification" menait la salle guerre coloniale d'Algérie...

vendredi 13 mai 2016

Argenteuil et Jean Vilar : pièces à conviction



Il y a un mois, une lettre portant sur l’avenir du complexe Jean Vilar était envoyée à G. Mothron, maire d’Argenteuil, par le « Comité Jean Vilar » auquel je me suis associé. Ci-dessous, cette lettre, et la réponse qui vient de lui être faite. Nous y reviendrons dans les jours qui viennent, mais nous la portons dès maintenant à la connaissance de nos lecteurs. DM

13/04/2016
Objet : Salle Jean VIILAR
Monsieur Le Maire,
Par décision du conseil municipal du 30 mars, votre majorité a décidé le déclassement de l’île Héloïse,  de façon à vendre à un promoteur privé.
Selon vos propos lors de ce conseil municipal, le projet consiste à édifier un complexe cinématographique avec restaurants voire commerces.
Ce projet inquiète naturellement les associations, auxquelles d’ailleurs vous avez immédiatement écrit, puisque la salle Jean VILAR est un point de rassemblement très utilisé par de nombreuses associations, collectivités et  organisations politiques. Le privé serait il à même de répondre à ces besoins. Nombre de questions découlent de ce choix.
Argenteuillais, engagés dans la vie de notre ville,  nous souhaiterions vous rencontrer au plus vite en espérant quelques réponses de votre part à des questions comme :
       1)  Le complexe Jean Vilar sera-t-il maintenu à l’identique dans le projet ? De quelle façon sera-t-il intégré au futur « pôle de loisirs » ? La capacité des salles pour une utilisation associative sera-t-elle conservée ou accrue ?
       2)   Quels sont les promoteurs en charge d’étudier ce projet ?
     3)   Quelles différentes étapes légales vont être franchies, et à quel rythme, pour la vente du terrain, l’acceptation du projet et sa réalisation que vous programmez pour 2019 ?
      4)   Pouvez-vous, vous engager à ce qu’il y ait aucune interruption de services aux associations utilisatrices ? Qu’aucune initiative ne saurait être compromise même provisoirement  par cette construction ?
      5)  Dans l’hypothèse où le complexe Jean VILAR serait déplacé ailleurs, à quel emplacement cela serait il ?
Dans l’attente de cette rencontre, nous vous prions de trouver ici, Monsieur le Maire, l’expression de nos meilleures salutations
Pour le comité Jean VILAR
Marie José CAYZAC, Frédéric LEFEBVRE-NARE,  Dominique MARIETTE, Xavier MORIN, Jean Christophe SOLARD



SPIE Autocité, VINCI, leurs bonnes affaires à Argenteuil



La poule aux œufs d’or et le stationnement

Nous avons diffusé hier in extenso la « synthèse » du rapport de la Cour Régionale des Comptes sur la Délégation dite de « service public » concernant le stationnement. Nous pourrions donner à ce résumé accablant le titre : « Dix ans de poule aux œufs d’or pour deux grandes entreprises du secteur ». Nous y avons souligné un certain nombre de passages, que nous reportons ci-dessous :
« -Le dernier avis de contrôle budgétaire... avait relevé… combien la gestion du stationnement urbain pesait sur les comptes de la communele ;
-le 14 novembre 2014, un protocole transactionnel par lequel elle s’est engagée à verser au délégataire précité une indemnité de 13,6 M€[1], selon un échéancier courant jusqu’en 2018.
-Une convention déséquilibrée ; 
-Au titre de cette délégation, conclue en 2006,… un ensemble de subventions et de compensations d’un montant d’environ 2 M€, alors que la société, dans le même temps, percevait la totalité des recettes des parcs en ouvrage de la ville et du stationnement en voirie. En sus de ce montant significatif, une somme de 0,6 M€, correspondant à des compensations diverses, était également facturée par la société SPIE Autocité, mais la collectivité n’assurait ni la comptabilisation, ni le règlement de cette créance, sans pour autant la contester.
-L’absence de maîtrise des enjeux financiers liés à la délégation conclue avec SPIE Autocité est à l’origine de cette situation. Sur des points essentiels, la collectivité, en effet, a singulièrement négligé la défense de ses intérêts :
- elle versait… une subvention… aux contours mal définis.
-La collectivité prenait également en charge, au sein de son propre budget, des dépenses en relation directe avec l’exploitation du service public délégué, qui incombaient pourtant au délégataire ;
- Plus encore, la commune était sanctionnée, à hauteur d’une somme équivalente, au titre d’un taux de respect irréaliste des règles de stationnement, arbitrairement fixé à 70 %, alors qu’il s’élevait en réalité à environ 25 % ;
-par ailleurs, les rapports d’activité du délégataire ne retraçaient pas l’intégralité des flux financiers mis à la charge de la collectivité, sans que celle-ci ne formule la moindre observation, se mettant ainsi en position de faiblesse vis à vis des futurs contentieux avec son délégataire.
-De même, le contrôle technique de la délégation a toujours été défaillant. -Ce projet abandonné sans que la commune en tire quelque conséquence que ce soit s’agissant du cahier des charges techniques et financières de la délégation.
 -les modalités de calcul du montant de la subvention forfaitaire d’exploitation, que la collectivité verse à la société Vinci Park, ne sont pas précisément définies par le contrat et les mécanismes de revalorisation de la SFE apparaissent très défavorables à la collectivité ;
- la collectivité n’a par ailleurs effectué aucune comparaison des recettes et des charges au titre des délégations successives.
-le coût de cette politique est important pour la commune et devrait atteindre, en 2015, près de 250 € par foyer fiscal.
-Il en résultera, certes, une offre nouvelle de places de parking, mais aussi des coûts d’exploitation plus élevés pour le délégataire, alors que la collectivité ne dispose à cet égard d’aucune étude permettant de conclure à la présence d’une demande solvable de nature à permettre de rentabiliser la gestion de ces parkings. »

         N’en jetez plus la cour est pleine, comme on dit.
         Dans un prochain article, nous nous intéresserons à répondre à la question : mais pourquoi ce que nous appellerons, au moins provisoirement, de telles erreurs, "erreurs" pour le moins ?