lundi 7 mars 2016

Editorial des bulletins Lutte ouvrière d'entreprise de ce lundi 7 mars 2016


Contre la loi travail, faisons grève et manifestons dès le 9 mars !


Les travailleurs rejettent massivement la loi El Khomri. Et pour cause ! Cette réforme est une démolition du Code du travail, un recul grave pour l’ensemble du monde du travail.

L’allongement du temps de travail, les heures supplémentaires décomptées sur plusieurs années et moins majorées, le plafonnement des indemnités prud’homales, la facilitation des licenciements économiques… tout cela vaudra pour tous les travailleurs. 

Les plus jeunes sont spécifiquement attaqués puisque les apprentis de moins de 18 ans pourront se voir imposer des journées de 10 heures. Les précaires aussi puisque la loi prévoit le non-paiement des jours fériés pour les intérimaires.

Et si les femmes ne sont pas spécialement visées, ce sont bien elles qui seront les plus frappées par la disposition généralisant les temps partiels inférieurs à 24 heures. Ce sont elles qui subiront le plus gravement la réduction des droits aux congés famille. Et que dire des conséquences pour les femmes, si la loi permet aux patrons de modifier les horaires de travail du jour au lendemain, avec des délais de prévenance réduits ?

Cette loi est un recul pour les ouvriers, les employés, et même pour les cadres. C’est un recul pour les CDI comme pour les CDD et les intérimaires. C’est un recul pour les jeunes, pour les femmes. Alors la seule réponse à la tentative du gouvernement qui consiste à opposer les précaires aux embauchés, les chômeurs et les jeunes aux autres salariés, c’est de se battre tous ensemble. 

Valls a reporté la présentation en Conseil des ministres pour essayer d’amadouer les confédérations syndicales. Mais l’avant-projet de loi comporte 131 pages et il n’y en a pas une de bonne pour les travailleurs.

Alors qu’est-ce que peuvent bien aller discuter les confédérations syndicales ? Que le plafond de l’indemnité pour licenciement abusif remonte un peu ? Que la définition des licenciements économiques ne change pas ? La belle affaire, quand le patronat se débrouille pour licencier 800 000 personnes par an !

Le gouvernement espère qu’en lâchant du lest, il pourra faire avaler la pilule. Ne tombons pas dans le piège où se complaisent certaines confédérations syndicales, comme la CFDT. Il faut le retrait pur et simple de cette loi.

On n’obtiendra le retrait de cette loi qu’en se mobilisant massivement dès mercredi 9 mars.

Cette date a émergé de diverses initiatives, en particulier de celle des organisations de jeunesse. Ce n’est que pressée par les travailleurs du rang que la confédération CGT, qui avait prévu une action pour le 31 mars, s’y est ralliée. La variété de ses appels, voire des lieux de rassemblement comme à Paris, témoignent de ses tergiversations.

Cela ne doit pas arrêter ceux qui veulent riposter. Les chefs syndicaux ont leurs calculs et leurs arrière-pensées. Les travailleurs, eux, n’ont qu’un seul et même intérêt : celui de se battre tous ensemble et d’engager le bras de fer avec le gouvernement.

Prévue de longue date par les syndicats, il y aura aussi, le 9 mars, une journée de grève à la SNCF. Les cheminots luttent justement contre la démolition de leur réglementation du travail, qui n’est rien d’autre qu’une déclinaison de la loi El Khomri dans le transport ferroviaire. Loin de s’opposer, ces deux mobilisations ne peuvent que se conforter.

Il en sera de même avec la grève dans les bus et le métro parisiens. Car, quelles que soient les revendications spécifiques des uns ou des autres, toutes ces mobilisations relèvent d’un même ras-le-bol. De ce ras-le-bol d’être ceux qui ont fait tous les sacrifices depuis que la crise a éclaté et qui ne le supportent plus.

Ajouter et unir ces colères est le seul moyen de peser sur le gouvernement et de le faire reculer. Seuls, entreprise par entreprise, les travailleurs ne font pas le poids face au gouvernement et au patronat réunis, mais collectivement, ils représentent une force colossale. C’est ainsi que dans le passé, les travailleurs en lutte se sont fait craindre et respecter par le gouvernement et le patronat.

Dès le 9 mars, soyons nombreux en grève et dans les manifestations. Si le succès est au rendez-vous, cela redonnera confiance et l’envie de se mobiliser à d’autres travailleurs. Car cette journée ne doit pas être sans lendemain. Un appel est déjà lancé pour le 31 mars et une véritable mobilisation peut se construire.

Le patronat démolit nos emplois et nos conditions de travail. Avec cette loi, les choses empireront encore. Il faut dire à Hollande et au patronat qu’on ne veut pas de leur loi. Hollande fait pire que la droite, combattons sa politique aussi résolument que si elle venait de la droite.   

9 mars, dans la rue, en grève, en assemblée générale



48 heures encore pour préparer le 1er acte

De très nombreuses initiatives ont lieu pour préparer la journée de grèves et de manifestations de mercredi. Elles dénotent que la protestation est forte voire très forte, et qu’elle peut déboucher sur un vaste mouvement, même si rien n’est joué.
         La pétition initiée contre la « loi travail » a battu tous les records de signatures. Elle en est à près de 1 million 150 000.
         Des préavis de grève existent dans de très nombreux secteurs, y compris à l’Education nationale où tout mouvement de grève sera couvert par l’un de ces préavis.
         Nous ne reviendrons pas sur le rassemblement initié à 12 heures 30 devant le Médef par la CGT. Mais il y aura à 14 heures une grande manifestation vers laquelle chacun doit converger qui partira de la place de la République.
         Des assemblées générales ont lieu dans les universités :


De Bezons et d’Argenteuil, pour rejoindre les rassemblements et la manifestation :

Pour ceux qui préfèrent s’y rendre par le Tram partant de Pont de Bezons, deux rendez-vous sont prévus par l’Union Locale des syndicats CGT de Bezons :
Départ collectif à 11h30 à la station du Tram Pont de Bezons
Départ collectif à 13h à la station du Tram Pont de Bezons

         A Argenteuil, deux cars sont prévus, mais ils risquent d’être vite pleins : tél pour s’inscrire au 06.72.01.83.93.
         Nous annoncerons sur ce blog les trains prévus entre 11 heures et 13 heures 30 par la SNCF au départ d’Argenteuil-centre vers Paris.

8 mars : journée internationale du combat des femmes pour l'égalité



Vive la journée internationale des femmes

 Le 8 mars est la journée que, traditionnellement, le mouvement ouvrier international avait dédiée à la cause de l'émancipation des femmes, depuis le Congrès de la IIe Internationale socialiste, tenu en août 1910.
         Clara Zetkin, à la tête du mouvement international des femmes socialistes en Europe, avait fait adopter une résolution dans ce sens, avec pour objectif de promouvoir la lutte pour le droit de vote des femmes.
         Aujourd'hui, dans le monde entier, ce combat pour l'émancipation des femmes est toujours d'actualité.
         Même dans un pays comme la France, où l'égalité hommes-femmes a été, après de longs combats, reconnue par la loi, les femmes sont victimes de multiples discriminations.
         Leurs salaires sont parmi les plus bas, et de toute façon globalement inférieurs à ceux des hommes. Elles sont les plus frappées par le chômage, la précarité et le travail à temps partiel imposé.
         Pour ne parler que de l'Europe, les femmes qui le désirent n'ont droit à l'IVG ni en Irlande ni en Pologne, pays où la pression de l'Eglise catholique est forte.
         On assiste, dans bien des pays dans le monde, y compris en France, à la montée des intégrismes religieux, avec ce qu'ils veulent dire comme reculs à la condition des femmes.
         Même là où elles ont obtenu que l'égalité femmes-hommes soit reconnue par la loi, et des droits comme le droit de vote, le droit à l'éducation et à un métier, le droit à l'avortement, bien des combats sont et seront encore nécessaires pour faire appliquer ces droits et ne pas les voir reculer.
         Et dans bien des pays, les femmes ne sont considérées par la loi que comme des mineures, ou pire encore, comme une catégorie inférieure sans droits. Elles sont victimes de graves discriminations et de pratiques moyenâgeuses, comme la séparation des sexes, l'asservissement des femmes à leur père puis à leur mari, l'obligation de s'enfermer dans des voiles ou dans la cage de la burqa.
         Nous, nous sommes solidaires et partie prenante des combats de toutes les femmes qui se battent contre l'oppression dont elles sont victimes, qui se battent contre toutes les régressions qu'on veut leur imposer, qui se battent pour leur émancipation.

LCI : Nathalie Arthaud - revue de presse samedi 5 février 2016

dimanche 6 mars 2016

Argenteuil : "laïcité" en parole, "communautarisme" chrétien en réalité


Des moyens municipaux mis au service d’une religion (suite)

 
Depuis 2014, on ne peut pas dire que la municipalité se soit beaucoup préoccupée de l’avenir de la commune, et lorsqu’elle a fait preuve d’un peu de dynamisme, cela a été pour s’attaquer à des fondements de la vie collective, à l’école en particulier, ou à la culture qui est le cadet de ses soucis. Mais aujourd’hui, elle s’agite à qui mieux mieux pour aider à la réussite d’un évènement interne à une religion.

         Nous avons évoqué à plusieurs reprises, et encore hier, comment elle se mêle d’une question qui ne devrait pas être fondamentalement de son ressort. Non pas qu’elle doive s’en désintéresser et ne pas prendre les seules mesures d’ordre public nécessaires. Mais en l’occurrence, ce n’est pas de cela dont il s’agit. Le dernier numéro de cette semaine de l’Argenteuillais en donne une nouvelle illustration manifeste. Pourquoi consacrer à l’évènement en question la dernière page de couverture dont l’objectif n’est pas prioritairement de prévenir les habitants qu’il y aura des modifications de circulation, mais qui est une véritable publicité pour l’évènement.

         Cela n’a rien à voir avec la liberté de conscience et d’expression, cela concerne une collusion entre une municipalité et les intérêts d’une religion.

         On parle beaucoup de « laïcité »et de « communautarisme » à Argenteuil. L’ancien et le nouveau maire s’envoient des mots pas spécialement d’amour sur le sujet… pour mieux agir, chacun de leur côté, en sens contraire dans la réalité.

         Oui, l’information sur le site internet de la Ville du planning des cérémonies de cette religion est choquante. Oui, la publicité en pleine page dans le magazine municipal pour l’évènement l’est tout autant. Et quels autres petits arrangements avec le diocèse nous réservent les semaines qui viennent ? Quel sera le coût final pour la commune et pour chacun d’entre nous donc de cette affaire ?

         Et l’on nous parlera de « séparation de l’Eglise et de l’Etat », une municipalité relevant de cet Etat et devant se contraindre aux termes de cette « séparation » ?

         Nous espérons n’être pas les seuls à être choqués, et que d’autres voix de protestation se feront entendre.

Le 9 mars, dans la rue et en grève, malgré les obstacles.


Mais nous, nous serons dans la rue mercredi 9 mars à 12 heures 30

 

Le front syndical se fissure avant même d’être un front…

 

Les confédérations  syndicales  sont plus que  timorées face à la réforme du Travail. Cinq d’entre elles, CFDT, CFE-CGC, CFTC, UNSA et FAGE se sont accordées  sur une liste de retouches du projet El Khomri, quémandées au gouvernement. La CGT, FO, Sud, refusent, elles, le texte en bloc mais ne se montrent ni pressées ni de très déterminées pour organiser la riposte.

Il a fallu que des militants et que des  travailleurs réagissent, pour que des dirigeants  se décident…mollement.

Il faut tout faire pour que les  grèves et les manifestations le 9 marquent le début d’une vraie riposte. 

Loi travail : une attaque qui ne doit pas passer

 

Valls a annoncé lundi 29 février qu’il reportait de quinze jours la présentation de la loi sur le dynamitage du Code du travail. Cela doit être ressenti comme un encouragement à se mobiliser par tous ceux qui ne veulent pas laisser faire ce retour aux conditions d’exploitation du 19e siècle.

Valls espère gagner du temps pour obtenir le soutien de certains syndicats, notamment la CFDT. Jusque-là, la direction de ce syndicat a joué le jeu et aidé à faire passer toutes les attaques du gouvernement depuis 2012. Laurent Berger a fait mine de résister, même si ses critiques du texte ne portent que sur la marge et non sur le fond. Seulement, la colère provoquée par cette dernière attaque, y compris parmi les militants CFDT, est telle que la direction du syndicat ne peut pour l’instant passer outre.

D’autre part, Valls tente aussi de faire taire certaines critiques au PS, voire dans le gouvernement. Ce ne sera pas le plus difficile car, les derniers exemples le montrent, la contestation des prétendus frondeurs du PS ne dépasse jamais les limites supportables pour le gouvernement. Et de toute façon cette contestation des députés et autres n’a aucune espèce d’importance pour les travailleurs. Ce n’est pas dans cette arène politique que se joue l’avenir de la classe ouvrière. Non seulement le gouvernement peut passer en force avec le 49.3, mais surtout ces frondeurs du PS et autres politiciens de la bourgeoisie taxés de « gauche » ont accepté tous les reculs passés, toutes les attaques du patronat. Et demain, ils le feront à nouveau, même si ils jouent le jeu de la contestation et imposent des changements de virgules dans un texte qui est et reste une véritable provocation pour le monde du travail.

Même si le gouvernement a changé la date de la présentation de la loi, il ne faut pas entrer dans son jeu et attendre, mais au contraire montrer dès maintenant que les travailleurs sont déterminés à mettre en échec ce projet et qu’ils le seront de plus en plus. La journée de grève et de manifestation du 9 mars doit être une réussite, la première étape d’une mobilisation qui devra continuer à se développer.

Marion AJAR