mardi 26 janvier 2016

Editorial des bulletins Lutte ouvrière d'entreprise de ce lundi 25 janvier 2016. Et quelques rendez-vous



Le 26 janvier et le 4 février, les travailleurs doivent se faire entendre

La course pour la Présidentielle est lancée. Après Fillon, Juppé et Copé, Sarkozy sort un « livre-confessions ». Faute de sondages flatteurs, il mise sur un succès de librairie pour rester dans la course de la primaire de droite.
         À gauche, c’est sur une démagogie sécuritaire écœurante, sur la révision de la Constitution et la prolongation de l’état d’urgence que Hollande parie pour faire monter sa cote de popularité.
         Nul besoin de dire que les intérêts des travailleurs sont absents de ce cirque politicien.
         La semaine dernière, nous avons encore eu droit aux provocations de Macron assurant que « la vie d'un entrepreneur est souvent plus dure que celle d'un salarié… parce qu’eux, ils peuvent tout perdre ». Comme si les travailleurs étaient protégés, assurés d’avoir un emploi, de toucher un salaire, d’avoir un logement ! 
         Et cela ne devait pas suffire, puisqu’il en a rajouté, à Davos, devant un parterre de grands capitalistes, en affirmant qu’il fallait mettre fin à la majoration des heures supplémentaires de façon à enterrer les 35 heures.
         Valls et Hollande n’en disent pas tant, mais ils agissent. Et tout est sur la table : les 25 % de majoration des heures supplémentaires qui pourraient disparaître du code du travail ; la baisse des indemnités prud’homales auxquelles ont droit les salariés licenciés sans cause réelle et sérieuse ; et même la baisse des indemnités chômage !
         La crise a jeté dans la précarité des millions de femmes et d’hommes ? Eh bien, le gouvernement envisage de couper dans leurs allocations chômage quand des milliards sont versés à fonds perdus au patronat.
         Et comme on l’a vu avec Air France, le gouvernement voudrait, en plus, que les travailleurs se taisent. C’est aussi le sens de la condamnation à neuf mois de prison ferme, des anciens ouvriers de Goodyear, coupables d’avoir lutté contre la fermeture de leur usine à Amiens.
         Jean-Marie Le Guen, le secrétaire d’État chargé des relations avec le Parlement, s’est même permis de dire « il y a trop de syndicats en France ». Ce sont là des provocations autrement plus graves que les propos de comptoir d’un Macron !
         Tous ces gens se moquent des chômeurs et des travailleurs. Ils font carrière dans le système capitaliste au service de la bourgeoisie et ils croient pouvoir tout se permettre. Il faut montrer que ces provocations ne passent pas.
         Il ne sert à rien de se morfondre en répétant que le PS n’est plus de gauche. C’est avéré depuis longtemps. Mais les travailleurs ont toujours leurs intérêts, leurs revendications et leurs perspectives de classe à mettre en avant, indépendamment des évolutions politiciennes des Hollande et compagnie.
         Des organisations syndicales appellent à la grève et à la manifestation dans la Fonction publique et dans l’Éducation nationale mardi 26 janvier pour l’emploi et les salaires. Il y a également un appel à se rassembler le 4 février pour demander la relaxe des ex-salariés de Goodyear.
         Il faut que les militants et les travailleurs qui n’acceptent plus les attaques patronales et les provocations du gouvernement répondent présents. 
         Il y a beaucoup d’hésitations, un manque de confiance, voire de la résignation dans les rangs des travailleurs. Et comment pourrait-il en être autrement quand les directions syndicales n’ont pas réellement envie de se battre ? Comment pourrait-il en être autrement quand les sommets syndicaux se montrent, eux-mêmes, irrésolus et hésitants alors qu’ils devraient conforter les travailleurs dans leurs droits et leur donner confiance dans leurs capacités à se battre ?
         Oui, les travailleurs ont perdu bien des batailles, mais ils n’ont pas perdu la guerre. Dans bien des endroits, ils résistent, loin des compromissions des sommets des appareils syndicaux. Car il suffit de regarder du côté du grand patronat pour comprendre qu’il y a de l’argent. Il suffit de constater les ponts d’or qui sont faits aux actionnaires et aux dirigeants pour comprendre que les travailleurs ont toute légitimité à ne pas se laisser faire.
         Alors les personnels des hôpitaux, de l’Éducation nationale et de la Fonction publique en général ont mille fois raison de protester. Que ce soit dans le public ou dans le privé, quand son salaire reste bloqué à celui de 2010, quand ses conditions de travail ne cessent d’empirer au rythme des suppressions d’emplois, il faut le dénoncer.
         Ce ne sera certes qu’une protestation et, pour faire reculer le patronat et le gouvernement, il faudra plus que cela. Mais il faut commencer par prendre la parole et ne pas la laisser à tous les perroquets du patronat que sont les Macron, Valls, Sarkozy et Hollande.

Sur Argenteuil, aujourd’hui

A 9 heures, devant l’Hôtel de Ville,
Assemblée des travailleurs territoriaux

11 heures 30
Rassemblement devant la Sous-préfecture

13 heures
Départ collectif pour rejoindre les rassemblements parisiens

Travailleurs terrotoriaux de la Ville d'Argenteuil : quelques brèves du bulletin Lutte ouvrière des Territoriaux d'Argenteuil de cette semaine



Comme prévu, l’intégration des agents de l’ex Agglomération effective depuis le 1er janvier se fait dans le flou et est propice à la dégradation de leurs conditions de travail et d’emploi

Dans le no-man’s land on peut être en colère
Ceux d’entre nous relevant de l’ex-Agglomération qui n’ont pas été rattachés ni à Azur ni à Bezons sont dans une sorte de no-man’s land : relèvent-ils vraiment d’Argenteuil ou du nouveau territoire T5 ? Rien n’est moins clair, même si cela devrait s’éclaircir puisque dans les jours qui viennent, les notables de ce nouveau territoire doivent discuter de l’avenir des fameuses « compétences » : de ce qui reviendra à qui, commune d’Argenteuil, territoire, et dans quel délai ?
Ils se croient au marché aux esclaves ? Pourtant, l’esclavage a été définitivement aboli dans le pays en 1848 suite à la… Révolution !

Non à la diminution de notre salaire
Le maire d’Argenteuil veut supprimer les tickets restaurants à ceux d’entre nous venant de l’Agglomération qui en bénéficiaient. Ces tickets-restaurants ne représentaient qu’une forme de salaire, et une partie de celui-ci. Les supprimer revient à diminuer d’autant notre salaire.
Non, non, et non !

Pour un salaire qui nous permette de vivre vraiment
Les tickets restaurants sont une forme de salaire « fragile » à l’image des primes et autres « avantages » qui rentrent ni dans le calcul direct de notre salaire ni dans celui de nos futures pensions de retraite.
Cette « fragilité » peut concerner évidemment demain nos salaires eux-mêmes. Mais en attendant, la seule voie est celle de l’intégration de toutes ces primes et « avantage » dans le salaire.

On n’ira pas travailler tout nu comme les Canuts lyonnais
S’il n’a pas dit non, le maire est tout de même resté évasif quant à la question des vêtements de travail.
Étonnant, il doit tout de même savoir que s’il n’y a pas de vêtements de travail de qualité et en quantité, il ne peut y avoir également de travail.

Comme on sait, la culture n’est pas la tasse de thé du maire d’Argenteuil. La salle de spectacle Le Figuier blanc  et les médiathèques en font ou risquent d’en faire les frais

Pas de pépins pour le Figuier blanc
À la suite des déclarations du maire au sujet de la culture, l’inquiétude règne à propos de l’avenir du Figuier blanc.
La crise de la culture est un aspect de la crise de la société. La défendre c’est s’opposer à cette crise.
Le Figuier blanc a donné depuis sept ans de beaux fruits. Les belles récoltes suivantes doivent pouvoir se poursuivre.

Livre en déclin, chagrin
La situation est catastrophique dans les médiathèques de la Ville. Le recrutement d’une direction tarde à se concrétiser. Des postes ne sont pas remplacés. A cette situation s’ajoute la baisse des dotations.
Les ombres d’Aragon, d’Elsa et de Desnos en sont toutes retournées.

(A suivre)

Argenteuil, dépôts d'ordures sauvages, le maire à la manoeuvre !



Du balai contre les mesures néfastes aux travailleurs

La saleté des rues de la Ville n’est pas une nouveauté. Il existe depuis des lustres en particulier des dépôts sauvages qui sont régulièrement alimentés par des détritus de chantier déposés la nuit. Les travailleurs municipaux chargés du nettoyage ou du ramassage ont bien du mal à faire face.
         Ces dernières années, la municipalité d’Argenteuil dénonçait l’incurie des responsables de l’Agglomération qui avaient la charge de cette « compétence ». Aujourd’hui, avec la dissolution de celle-ci, cette tâche revient au maire d’Argenteuil et la municipalité affirme qu’elle est dorénavant à pied d’œuvre.
         Comment dit-on ? C’est au pied du mur que l’on reconnaît le maçon ? On va donc voir la municipalité à l’œuvre.
         Elle compte infliger des amendes, développer une brigade chargée spécialement de l’affaire, développer l’esprit civique des enfants,… Soit. On va la voir à l’œuvre, et nous verrons le bilan.
         Mais en s’attaquant aux conditions de travail et de salaire des personnels chargés de ce travail du nettoyage et du ramassage (voir les extraits du bulletin Lutte ouvrière des Territoriaux d’Argenteuil ci-dessus), c’est un bien mauvais signe qu’elle donne sur la voie de son projet d’améliorer la propreté de la Ville.