lundi 25 janvier 2016

Argenteuil et ses Figuiers : à conserver et enrichir et en tout cas le tout premier, le Figuier blanc



Que vive Roméo et Juliette

lundi dernier 18 janvier, le maire d'Argenteuil s'en prenait lors d'une réunion publique à la politique culturelle de son prédécesseur. Plus précisément il dénonçait le coût d'un certain nombre de spectacles présentés au Figuier blanc, prenant en l'occurrence l'exemple du spectacle de danse "Roméo et Juliette", sur une musique de Prokofiev, présenté par la troupe du chorégraphe Angelin Preljocaj. S'il eût assisté hier à ce spectacle magnifique, peut-être eût-il subi un moment de révélation culturelle et artistique !
            Mais non, il n’était pas là comme toujours au Figuier blanc pour voir ce spectacle parfait qui a fait honneur à la Ville.
          Lors de cette réunion de quartier, il a cité le nombre, apparemment exorbitant pour lui, de 50 000 euros de prix de revient de ce spectacle.
         Les habitants d’Argenteuil ont droit à de la vidéo-surveillance dont l’efficacité, quand elle fonctionne, est bien discutable ? Ils ont eu droit à des illuminations de noël sans intérêt ? Ils subissent l’action de hauts cadres territoriaux destinés pour l’essentiel à réduire le personnel nécessaire de la Ville et à réduire d’autant les services publics utiles rendus à la population, mais payés avec des paies qui ne sont pas de "smicards" ? Et il faudrait en plus qu’il n’y ait pas à Argenteuil le bonheur d’une saison culturelle de valeur ?
         C’est tout de même fort de café. Le Figuier blanc est une création de la municipalité Georges Mothron an I. Cette salle aux hautes performances techniques était destinée à des spectacles de qualité, et elle doit le demeurer. Et par les temps qui courent, ces spectacles ne peuvent qu’être subventionnés, par l’impôt de tous, via l’Etat ou les collectivités territoriales.
         Ces spectacles sont ouverts à tous. Il s’agit de prendre son abonnement en temps utile. Et si les candidats locaux étaient trop nombreux, chacun, chacun son tour, pourrait bénéficier de ces spectacles de qualité. Oui, chacun son tour, car effectivement tous les habitants doivent bénéficier du bonheur de la culture.
         Cette culture élève. Le fait qu’elle soit en difficulté est un des aspects de la crise de la société.
         C’est tout de même un comble que l’actuel maire d’Argenteuil et ses pairs aient boycotté depuis des années le Figuier blanc sous prétexte que c’était leur ennemi irréductible qui en avait la responsabilité.
          A un moment où l'on peut dire que ce n'est pas de gaîté de cœur que les maires des autres communes du nouveau territoire des Boucles nord de la Seine accueillent Argenteuil, cette Ville a déjà un atout, son beau fruit, le Figuier blanc.
         En tout cas, si Georges Mothron était venu voir le spectacle d’hier, non seulement, il en serait sorti de bonne humeur, heureux, mais avec une toute autre appréciation du « coût » de la culture,  et finalement, serait-ce que pour un instant, de l’humanité. DM

Hôpital d'Eaubonne, ISS Hygiène et prévention, des travailleurs maltraités ou inquiets, la solidarité des autres travailleurs



Des travailleurs, une classe ouvrière

Entreprises de sous-traitance, travailleurs souvent maltraités

La semaine passée, nous étions un certain nombre de travailleurs et de militants syndicaux à nous rassembler mercredi à l’hôpital Simon Veil d'Eaubonne. Nous étions venus soutenir 11 travailleurs chargés de la peinture et du nettoyage d'après-peinture sur le chantier du nouvel EHPAD de cet hôpital. Sauf que l’entreprise chargée de ces travaux n’avait pas fourni ni contrat de travail (hormis une déclaration unique d’embauche) ni fiche de paie à trois d’entre eux, et seulement un contrat de travail en CDD de 5 mois mais sans fiche de paie à huit autres de ces travailleurs. En outre, ils n’ont pas été payés de la part de leur entreprise sous-traitante à la situation légale inquiétante. L’objet de la mobilisation était que le donneur d’ordre final de tout cela, l’hôpital public d'Eaubonne lui-même assume la responsabilité d’une telle situation déplorable, et y mette un terme. (A suivre).

La protection, d’abord celle des travailleurs

Aujourd’hui, un autre rassemblement de soutien a lieu ce matin à 11 heures, au 38 rue de la Rivière à Bezons, devant l’agence locale de l’entreprise ISS Hygiène et prévention, à l’occasion d’une réunion d’information du personnel initiée par la CGT de l’entreprise.
         Les dirigeants de celle-ci, prestataire de service dans les métiers de l’assainissement, de l’hygiène de l’air et de la protection incendie, compte environ 500 salariés répartis sur 4 agences. Justement, leur objectif, sur la base de sombres objectifs comptables, est de supprimer une des 4 agences,… celle de Bezons en l’occurrence, et de se débarrasser du personnel qui ne suivrait pas. Par-là, ils veulent minimiser les coûts des licenciements économiques que l’on peut imaginer.
         Une bonne raison d’apporter là encore la solidarité des autres travailleurs.

Flint aux Etats-Unis : le scandale de l'eau dans une ville en faillite. Un article de l'hebdomadaire Lutte ouvrière de cette semaine.



États-Unis : à Flint, le scandale de l’eau contaminée continue

Ce n’est que samedi 16 janvier que Barak Obama a décrété « une situation d’urgence » à Flint, dans le Michigan, cette ville de près de 100 000 habitants où la population a été contaminée par de l’eau prétendument potable mais polluée au plomb et à diverses bactéries. Cela a duré d’avril 2014 à octobre 2015, mais les autorités n’ont admis les faits, pourtant dénoncés depuis des mois par la population et certains médecins, qu’en septembre dernier.
         En 2014, la ville, en faillite, a été mise sous tutelle par le gouverneur du ­Michigan qui a nommé à sa tête un gestionnaire financier. Pour faire des économies, celui-ci a obligé la ville à s’approvisionner en eau dans la rivière polluée de Flint au lieu de continuer à acheter son eau à Detroit, et ce n’est qu’en octobre dernier que Flint s’est à nouveau raccordée à l’eau de Detroit.
         Mais entre-temps dix personnes sont mortes sur les 87 qui ont contracté la légionellose, et 43 personnes sont contaminées au plomb, dont des enfants qui risquent d’être handicapés dans leur développement.
         Et le problème n’est toujours pas réglé car les canalisations sont tellement délabrées qu’elles polluent l’eau, même si celle-ci est désormais saine au départ. Il faudrait 1,5 milliard de dollars pour remplacer ces canalisations pourries et rien n’a encore été fait.
         C’est la colère de la population qui a fait éclater le scandale, a obligé Obama à reconnaître – bien tard – l’état d’urgence et à débloquer quelques fonds pour aider les victimes.
                                                                                         D.C.