mercredi 12 novembre 2014

Métropole du grand Paris et géométrie variable



Girouettes tournant au gré de leur propre vent

Un lecteur perspicace, averti et curieux a retrouvé la prise de position suivante de l’Union des Maires du Val d’Oise. Elle avait été adoptée à l’unanimité par une association qui est dirigée par les amis politiques de Messieurs Mothron, Métézeau, et Péricat. Alors, c’est vrai, cette motion date de … septembre 2013, c’est-à-dire avant les élections municipales, et que les girouettes sur les églises se dirigent au gré du vent. Mais tout de même…   En tout cas nous portons ce texte à la connaissance des habitants inquiets de la perspective de la liquidation de la CAAB et des grandes manœuvres politiciennes en cours.

« Les élus de l'Union des Maires du Val d'Oise ont adopté à l'unanimité une motion contre la Métropole de Paris lors de leur dernier conseil d’administration.

Réunis la semaine dernière au Conseil général du Val d'Oise, les élus du conseil d'administration de l'Union des Maires du Val d'Oise ont voté à l'unanimité une motion contre la Métropole de Paris. Malgré leurs différentes couleurs politiques, les représentants ont les mêmes inquiétudes. Ainsi, selon eux, « la règle qui obligerait les Communautés d’Agglomération à dépasser le seuil de 200 000 habitants remettrait en cause le schéma départemental de coopération intercommunale (SDCI) et éloignerait encore plus le citoyen des centres de décision ». Une mesure d'autant plus symbolique que Val d’Oise a été le premier département en France à adopter son schéma à l’unanimité.

Autre point noir, l’obligation de remettre en cause la carte intercommunale au lendemain des élections municipales qui serait pour les maires « un terrible déni de démocratie ». Et d'ajouter : « L’aboutissement des contrats de développement territorial des pôles de Roissy et du Bourget serait rendu difficile par la disproportion de taille de la métropole du Grand Paris et des communes limitrophes du Val d’Oise, notamment Roissy et Bonneuil-en-France ». En fin, les élus craignent les conséquences économiques que peut engendrer la création d'une super intercommunalité : « La création d’une intercommunalité de 6 millions d’habitants exercera naturellement une pression sur l’enveloppe financière globale de la DGF (déjà en réduction sur 2014 et 2015) dévolue à toutes nos communes et intercommunalités ».

mardi 11 novembre 2014

Collèges du Val d'OIse et Conseil général : restrictions en marche sur le dos de l'Ecole. Un parent d'élève de collège nous informe.



Budget des collèges : les élèves sont là pour apprendre pas pour payer les pots cassés

Le Conseil Général est responsable, depuis les lois de décentralisation, de la construction et de la gestion des collèges du Département.
Pour les 109 collèges publics du Val d’Oise, cela représente 57 460 élèves décomptés à la rentrée de Septembre 2014, soit 523 de plus que le même décompte l’an dernier (+0.92%).  En plus de tenir compte de l’inflation, on pourrait s’attendre à ce que la dotation à venir soit en hausse au moins à ce niveau, qu’elle tienne compte de ce nombre d’élèves supplémentaires, et plus largement des besoins réels de nombreux collèges, qui sont de plus en plus obligés de piocher dans leurs réserves.
Eh bien non, il n'en est rien !
La dotation globale augmente seulement de 0.68%, chiffre simplement égal à l’inflation à mi-année selon l’Insee. Déjà on peut donc remarquer que la hausse du nombre d’élèves est « oubliée » dans la nouvelle dotation. Ensuite, en regardant dans le détail, on note que la seule hausse de la dotation pour l’électricité (147 000 euros) dépasse la hausse totale de la cette dotation (108 573 euros) ! Il n’y a pas de miracle, cette dotation va demander encore des efforts aux collèges, et par ricochet des efforts demandés aux familles. Cela se traduira soit par une nouvelle dégradation des conditions de vie des élèves (nettoyage, surveillance, suivi, accompagnement), soit par des dépenses qui seront demandées aux familles (« pouvez-vous faire les photocopies du cours de français ? », hausse des remboursements en cas de casse de matériel, l’imagination ici est au pouvoir…), ou un peu des deux.
Et pourquoi tout cela ? 
Les torts sont partagés. D’un côté, l’Etat passe une partie de plus en plus grande de son budget à « rembourser la dette » (dont pas un élève ni une famille n’est responsable), à "aider le patronat", et donc transfère des compétences aux collectivités locales sans transférer intégralement le budget qui va avec. De leur côté, les collectivités locales font des choix d’économiser à tel endroit plutôt qu’à tel autre, sans informer de leurs dilemmes la population et sans leur demander leur avis. Par ailleurs, l’école est trop souvent vu par les élus comme une source de dépenses.
Et puis…
Voir l’article suivant…

Université : hold-up !



Hold-up à l’université

Les universités ont eu la mauvaise surprise en octobre de recevoir la subvention que leur doit l’État, amputée de 20 %. 200 millions d’euros attendus n’ont donc pas été versés et vont manquer pour payer le personnel.
Déjà les universités suppriment une partie des heures de cours prévus dans chaque formation, voire des filières entières. Par cette mesure supplémentaire le gouvernement plonge délibérément leurs finances dans le rouge.
On ne peut à la fois arroser le grand patronat et permettre à l’Éducation de fonctionner.

L'Editorial de cette semaine des bulletins Lutte Ouvrière d'entreprise : Jouyet-Fillon, Hollande-Sarkozy : bonnet blanc et blanc bonnet.



Jouyet-Fillon, Hollande-Sarkozy : bonnet blanc et blanc bonnet

Nouvelle tuile pour Hollande : Jouyet, son bras droit et grand ami, qui était censé mettre de l’ordre à l’Elysée, vient d’être pris en flagrant délit de mensonge. Finalement, il confirme que, oui, Fillon lui a bien demandé d’interférer pour que la justice accélère la procédure des affaires contre Sarkozy.

Saura-t-on le fin mot de l’histoire ? Fillon a-t-il voulu enfoncer Sarkozy ou est-ce Jouyet qui a voulu piéger Fillon ? Quelqu’un est-t-il effectivement intervenu pour accélérer le traitement judiciaire de certaines affaires contre Sarkozy ? Tout est possible. Mais il n’est pas nécessaire de connaître la vérité pour être écœuré par ces boules puantes.
La politique se résume de plus en plus en un panier de crabes où il est impossible de distinguer les crabes de gauche et les crabes de droite, les amis de ses ennemis.
Il n’y a pas à être surpris par le déjeuner intime entre Jouyet, actuel secrétaire général de l’Elysée, et Fillon, ennemi revendiqué de la politique de Hollande. Ces deux messieurs se connaissent bien, ils se sont fréquentés de près puisque Jouyet fut ministre de Fillon sous Sarkozy.
Tous ces politiciens forment un petit monde qui, au-delà des étiquettes politiques, se côtoie en permanence, se partage les responsabilités, connaît tout des rouages et des hommes qui font fonctionner l’appareil d’Etat et l’influencent au quotidien.
Ce ne sont ni les valeurs ni les idées politiques qui séparent ces hommes dits de « droite » de ceux dits de « gauche », c’est leur carrière et la concurrence à laquelle ils se livrent lors de chaque élection pour occuper les premières places et se répartir le pouvoir. Alors oui, que ce soit Sarkozy ou Hollande, pour les travailleurs, c’est bonnet blanc et blanc bonnet.
Sarkozy a fait passer l’âge de départ à la retraite à 62 ans ? Hollande s’est chargé d’augmenter la durée de cotisation ! Sarkozy a commencé à défaire les 35 heures en autorisant la multiplication des heures supplémentaires ? Hollande s’est chargé de légaliser la flexibilité !
Augmentation de la TVA, non-remplacement des fonctionnaires, cadeaux au patronat, fermetures des services hospitaliers, coupes dans les prestations sociales, gel des pensions, la gauche n’a fait que prendre le relais de la droite. Même face aux chômeurs, de plus en plus nombreux, le gouvernement Hollande copie celui de Sarkozy en prônant le contrôle des chômeurs !
Tour à tour au pouvoir, droite et gauche mènent une politique anti ouvrière.
Dans cet éternel recommencement politicien, l’extrême droite se présente comme vierge de toute affaire et de toute responsabilité et se pose en dernier recours. Mais le fait même que Marine Le Pen se dise prête à devenir Premier ministre de Hollande en cas de dissolution de l’Assemblée montre qu’elle ne cherche qu’à s’intégrer au pouvoir existant. La vieille famille bourgeoise et politicienne que représente la famille Le Pen ne déparera d’ailleurs pas dans le décor !
Le Pen dénonce l’UMPS, mais elle rêve de mettre en place un système UMPS-FN. Elle rêve comme les autres d’occuper le devant de la scène sans rien changer à cet ordre capitaliste où une seule famille bourgeoise à la tête d’une entreprise peut disposer de la vie de centaines de milliers de travailleurs. Sans rien changer à ce système où l’argent et l’exploitation règnent en maître car, évidemment, Madame Le Pen défend la propriété capitaliste, les inégalités et les injustices qui vont avec.
Tous ceux qui prétendent aider les travailleurs mais sans vouloir faire payer la bourgeoisie, sans s’en prendre aux profits, sont des menteurs, les Le Pen comme Hollande et Sarkozy.
Le Pen le dit elle-même, si elle arrive au pouvoir, une de ses priorités sera de s’en prendre aux étrangers, c’est-à-dire à des pauvres, à des travailleurs qui ont le malheur d’être nés dans un pays où ils n’arrivaient pas à vivre de leur travail. Rien que cela - désigner à la vindicte une fraction des travailleurs - montre que Le Pen ne prépare rien d’autre qu’une politique anti-ouvrière, et la pire qui soit.
Les politiciens de droite, de gauche et d’extrême droite sont à mettre dans le même sac, ils postulent tous à servir le patronat. Leurs combats et leurs manœuvres sont étrangers aux intérêts des travailleurs, et il serait vain de chercher un sauveur parmi eux.
Si les travailleurs laissent la vie politique dans les mains de ces gens là, la condition ouvrière reculera. Mais si les travailleurs relèvent la tête, contestent, s’organisent pour défendre leurs intérêts, ils peuvent inverser le cours de la vie politique.