Budget des collèges : les élèves sont là pour apprendre pas pour
payer les pots cassés
Le Conseil Général est responsable,
depuis les lois de décentralisation, de la construction et de la gestion des
collèges du Département.
Pour
les 109 collèges publics du Val d’Oise, cela représente 57 460 élèves décomptés
à la rentrée de Septembre 2014, soit 523 de plus que le même décompte l’an
dernier (+0.92%). En plus de tenir
compte de l’inflation, on pourrait s’attendre à ce que la dotation à venir soit
en hausse au moins à ce niveau, qu’elle tienne compte de ce nombre d’élèves
supplémentaires, et plus largement des besoins réels de nombreux collèges, qui sont
de plus en plus obligés de piocher dans leurs réserves.
Eh bien
non, il n'en est rien !
La dotation
globale augmente seulement de 0.68%, chiffre simplement égal à l’inflation à
mi-année selon l’Insee. Déjà on peut donc remarquer que la hausse du nombre
d’élèves est « oubliée » dans la nouvelle dotation. Ensuite, en regardant dans
le détail, on note que la seule hausse de la dotation pour l’électricité (147 000 euros) dépasse
la hausse totale de la cette dotation (108 573 euros) ! Il n’y a pas de
miracle, cette dotation va demander encore des efforts aux collèges, et par
ricochet des efforts demandés aux familles. Cela se traduira soit par une nouvelle
dégradation des conditions de vie des élèves (nettoyage, surveillance, suivi,
accompagnement), soit par des dépenses qui seront demandées aux familles («
pouvez-vous faire les photocopies du cours de français ? », hausse des
remboursements en cas de casse de matériel, l’imagination ici est au pouvoir…),
ou un peu des deux.
Et
pourquoi tout cela ?
Les torts sont partagés. D’un côté, l’Etat passe une
partie de plus en plus grande de son budget à « rembourser la dette » (dont pas
un élève ni une famille n’est responsable), à "aider le patronat", et donc transfère des compétences
aux collectivités locales sans transférer intégralement le budget qui va avec.
De leur côté, les collectivités locales font des choix d’économiser à tel
endroit plutôt qu’à tel autre, sans informer de leurs dilemmes la population et sans leur demander leur avis. Par ailleurs, l’école est trop souvent vu par les élus comme une source de dépenses.
Et puis…
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