lundi 7 juillet 2014

Editorial des bulletins Lutte Ouvrière d'entreprise de ce lundi 7 juillet 2014

Seules les luttes pourront changer les choses

Le patronat était sorti de la première conférence sociale avec un cadeau de 20 milliards de crédit d’impôt compétitivité et un accord sur la flexibilité. Puis il était sorti de la seconde en ayant obtenu l’allongement de la durée de cotisation retraite à 43 ans. Et il commence la troisième déjà satisfait !
Il lui a suffi de menacer de boycotter la conférence pour imposer d’avance ce qu’il voulait. Il demandait au gouvernement le report de la mise en place du compte pénibilité permettant aux travailleurs de partir un tout petit peu plus tôt à la retraite. C’est accordé. Il voulait plus de liberté pour imposer des temps partiels. C’est chose faite. Il souhaite la simplification du droit du travail. Elle est sur la table.
Le Medef a aussi prévenu : il ne tolèrera aucune « contrainte ». Il demande à bénéficier au plus vite des 41 milliards de baisses de cotisations et d’impôts du pacte de responsabilité, mais il ne s’engagera pas à créer le moindre emploi.
Et qu’ont répondu Valls et Hollande ? « Oui, maîtres. D’accord, maîtres ! ». Voilà le dialogue social : une mascarade qui cache les ordres du patronat.
C’est ainsi depuis le début du quinquennat Hollande, et avec Valls Premier ministre, le Medef est encore plus ravi. Valls est l’homme du patronat et il l’assume sans complexe. Tout comme il revendique fièrement son intransigeance face aux cheminots et aux intermittents du spectacle. Tout comme il se prépare à enterrer la SNCM et à faire pointer les marins au chômage.
En revenant sur les accords pénibilité pour donner satisfaction au Medef à la veille d’une conférence sociale, Valls a démontré qu’il se moquait des confédérations syndicales. Et que font les dirigeants syndicaux ainsi piétinés ? Ils pleurnichent et… en redemandent !
« Valls a porté un coup au dialogue social », a regretté Berger de la CFDT. « Ce n’est pas du dialogue social, c’est du diktat patronal », a déclaré Mailly, dirigeant de FO. Quant à Lepaon de la CGT, il s’est fendu d’une lettre à Hollande pour demander… sa définition du dit dialogue social.
La CFDT n’en a pas moins annoncé qu’elle se rendrait à la dite conférence, tandis que FO et la CGT ont réservé la réponse sur leur participation à Hollande ; une réponse qu’elles devraient pourtant en priorité aux travailleurs.
Les dirigeants syndicaux ne savent que se lamenter de ne pas être écoutés. Mais où et quand ont-ils vu que le « dialogue social » était autre chose qu’une sinistre farce ? Il faut d’ailleurs être un bureaucrate indécrottable pour voir en Gattaz et ses acolytes, qui ne visent qu’à démolir les droits des travailleurs et des chômeurs, des « partenaires sociaux ».
Il suffit d’être, en entreprises, confrontés à la guérilla patronale, pour comprendre que dans cette période de crise les patrons sont prêts à tout pour leurs profits. La seule chose qu’ils veulent négocier, ce sont des baisses de salaires, des augmentations du temps de travail ou des suppressions d’emplois.
D’expérience, les travailleurs savent que leurs intérêts ne dépendent pas des réunions au sommet mais de leur capacité à se défendre collectivement. Alors faire croire, comme le font certains dirigeants syndicaux, que le sort des travailleurs dépend de ce genre de grand-messe revient à les désarmer et à trahir leurs intérêts.
Même dans les périodes de prospérité économique, le patronat n’a jamais rien donné aux travailleurs. Tous les droits qui leur ont été accordés ont été conquis de haute lutte.
Le dialogue social est une invention de la bourgeoisie, un leurre, une façon de détourner les exploités des luttes nécessaires. Aujourd’hui, gouvernement et patronat s’assoient dessus, ils font ce qu’ils veulent et comme ils veulent. Cela a le mérite d’être clair. Oui, tout est une question de rapport de force.
Les travailleurs doivent se préparer à retrouver le chemin de la lutte contre un patronat aussi riche que menteur, contre un patronat qui attaque et qui n’a pas de limites. À l’instar de la BNP Paribas, toujours prête à se plaindre quand les salariés revendiquent mais qui s’apprête à payer au gouvernement américain une amende de 6,4 milliards d’euros, comme s’il s’agissait d’une simple amende de stationnement !
À l’instar du groupe Bouygues qui se dit forcé de licencier dans la téléphonie mais qui était prêt à mettre 15 milliards sur la table pour racheter SFR.

Pour que tout cet argent cesse de passer de main en main entre bourgeois et soit utilisé pour créer des emplois avec des salaires et des retraites qui permettent de vivre, il faudra que les travailleurs en fassent l’objectif de leurs luttes.

dimanche 6 juillet 2014

Argenteuil : "Guerre des chefs à Argenteuil corral" dernier épisode



Guerre des chefs, version locale, épisode 312

Comme un point d’orgue à la veille de vacances qui s’annoncent moroses pour de nombreux Argenteuillais, un communiqué de presse a été distribué à l’ensemble des habitants ces jours derniers sous le titre de : « Annonce de Georges Mothron en marge du Conseil Municipal ». Non pas un bilan d’étape au terme du premier trimestre de la nouvelle municipalité mais un nouvel épisode du feuilleton « Guerre des chefs à Argenteuil corral ».
         Si l’on comprend bien, le maire actuel suspecte « depuis longtemps» que de « graves irrégularités » : « favoritisme », « faux et usage », « abus de confiance », « complicité et recel de ces délits », ont été commis « sous le précédent mandat » !
         « Si », « très probablement », « le cas échéant », l’affaire ira devant les tribunaux, selon l’édile qui raisonne de manière pour le moins ampoulée. Et pas question d’en savoir plus, il y a le secret de l’instruction… alors que l’instruction n’a pas commencé et ne se fera peut-être jamais !
         En attendant, alors que les finances d’Argenteuil sont, paraît-il dans le plus que rouge, on se lance dans des procédures, on fait appel à des avocats qui, à ce que l’on sache, ne travaillent pas gratis. Et tout cela avec l’impression que la seule chose qui compte depuis trois mois à Argenteuil est cette rivalité haineuse entre l’ancien et le nouveau maire, aux dépens des habitants, dans une Ville qui, de mois en mois, fait de plus en plus grise mine.
Nous savons M Mothron fort peu avare de déclarations grandiloquentes et d’initiatives. En trois mois, il nous a fait plusieurs fois le coup. D’abord, à propos de la Communauté d’Agglomération quand il a fait un conseil municipal extraordinaire pour contourner les résultats des élections des conseillers municipales. Pas bon. On l’a vu à nouveau en mai lorsqu’il a déclaré sans prudence mais avec force conviction qu’il n’appliquerait pas la réforme des rythmes scolaires à la rentrée prochaine, pour finir pas s’incliner. Encore pas bon.
Et cela continue.
Pendant ce temps-là, la pauvreté et le chômage grandissent à Argenteuil comme ailleurs. Une vaste opération de licenciements a lieu à l'initiative de la municipalité d'agents communaux contractuels.
Au-delà du dernier épisode de la guerre des chefs version locale, et à des années-lumière de la question du fonctionnement d’une collectivité locale et de ses ombres clientélistes, encore une impression d’une totale diversion. DM


samedi 5 juillet 2014

Services publics, Arlette Laguiller, drôle de démocratie, loin des poriorités de la population



L’été : période noire pour les services publics

Après deux semaines de fermeture, les Caisses d'allocations familiales d'Argenteuil et de Sarcelles ont rouvert leurs portes. Cette fermeture temporaire devait permettre de rattraper le retard et d'accélérer le traitement des dossiers en attente...
         La Poste quant à elle prévoit de réduire les horaires d’ouverture dans de nombreux bureaux du département.
         La SNCF, pour sa part, a décidé la fermeture du guichet Grandes Lignes la seconde moitié de juillet et la première d’août à la gare d’Argenteuil.
         On annonce pour cet été une hausse du nombre de ceux qui ne partiront pas en vacances. Et pourtant, on réduit le service public  pendant les vacances.
         Double peine.

Dimanche 6 juillet 12h30 - France Culture - Le Rendez-vous des grands témoins
Arlette Laguiller sera l’invitée de l’émission

Notre camarade Aerlette, une vie de militante


Attention : les horaires des émissions peuvent être modifiés indépendamment de notre volonté

Toujours un air d’Ancien régime

Sur son blog, le député d’Argenteuil revendique la fermeture du passage sous le bâtiment Yves Farges, décriée par les habitants. Il en serait même à l’origine.
         Aucune concertation, aucune information préalable dans cette affaire.
    Cela résume bien la position de ces gens-là. Une fois élus, pourquoi demander son avis à la population, discuter, informer et rendre des comptes ?

N’ont pas mieux à faire ?

Dernier « évènement » de la guerre entre le nouveau et l’ancien maire la menace du premier d’envoyer le second devant les tribunaux pour sa gestion de 2008 à 2014. Affiche dans les panneaux d’affichage municipal. Tract dans toutes les boîtes à lettres de la commune.
         Ils n’ont pas d’autres choses à faire ?
    La pauvreté qui monte. Les salaires en déroute. Les logements qui manquent, la rentrée scolaire prochaine qui s’annonce calamiteuse, les jeunes désoeuvrés particulièrement pendant les vacances, les anciens isolés,…
         Apparemment, tout cela, loin de leurs préoccupations.

vendredi 4 juillet 2014

Argenteuil, CAAB, Argenteuil-Bezons, chômage, nouvelles de la cité Joliot-Curie



Argenteuil-Bezons, une histoire du mouvement ouvrier, du mouvement communiste

Le maire d’Argenteuil a dans le viseur l’Agglomération d’Argenteuil-Bezons, ni pour l’intérêt des habitants et des personnels.

         Quant au passé et à la géographie, longtemps avant l’existence très récente de la CAAB, des liens particuliers existaient entre les communes d’Argenteuil et de Bezons.
         La principale raison de ces liens est à chercher dans l’histoire d’une agglomération industrielle d’Argenteuil-Bezons qui connut un essor rapide à partir de la fin du XIXème siècle. A cette agglomération industrielle se superposa une ville ouvrière marquée par le mouvement ouvrier et dès les années 1920-1930 par l’empreinte du mouvement communiste du PCF avec ses graves défauts mais aussi ses qualités militants. Lorsqu’en 1958, le pouvoir gaulliste, en vue du scrutin uninominal, créa des circonscriptions territoriales pour élire les députés, il en créa une qui concentrait le vote PCF dans un isolat, celui d’Argenteuil-Bezons auquel on ajouta dans un premier temps Sannois qui avait également une tradition de commune ouvrière. Il s’agissait bien d’isoler un espace industriel et PCF d’un environnement nettement plus rural de l’ex-Seine et Oise dont le maire d’Argenteuil aime à rappeler sa propre filiation familiale.
Amputée de Sannois, après la création du Val d'Oise en 1964, la circonscription d’Argenteuil-Bezons n’a jamais été remise en question jusqu’à aujourd’hui.
Ne serait-ce qu’inconsciemment, dans sa volonté de liquider la CCAB, n’y aurait-il pas aussi de cela pour le maire d’Argenteuil, et pas seulement le fait de couper l’herbe sous les pieds d’un pouvoir aux mains de son rival ? Rompre avec cette géographie-là, rompre avec ce passé politique ?
Si c’est le cas, la population d’Argenteuil et de Bezons n’a aucun raison de suivre les chemins de l’inconscient du maire d’Argenteuil.

Il faut combattre le chômage, à l’échelle du pays comme à… Argenteuil

Dans la guerre mi-sérieuse mi-Clochemerle qui oppose le nouveau et l’ancien maire, il y a…  la bataille des affiches.
Celles de l’ancien maire défendant la pérennité de la CAAB sont signées. Celles qui dénoncent le député Doucet ne le sont pas…
         Ces dernières sont certes intéressantes : elles dénoncent le chômage qui augmente.  Dans cette situation, le député local PS a une incontestable responsabilité. On ne peut pas à la fois servir le grand patronat et lutter contre les licenciements de celui-ci.
         Il faut donc bien certainement dénoncer la hausse du chômage. Mais il faudrait peut-être commencer à balayer devant sa porte.
         C’est la municipalité actuelle qui a engagé depuis deux mois un vaste mouvement local vers Pôle emploi en licenciant des centaines de contractuels ! Il faut stopper ce mouvement. Il faut réembaucher les licenciés qui le souhaitent !
         En tout cas, ces escarmouches par voie d’affichage sont bien pitoyables,  à un moment où toute la population devrait se réunir pour lutter contre ce chômage qui ronge la société.

Nouvelles de la cité Joliot-Curie

Nous évoquions ces jours derniers la surprise des habitants de Joliot-Curie d’avoir constaté la fermeture au petit matin d’un passage entre le cœur de la cité et le groupe scolaire, rue Yves Farges, passage en particulier fréquenté par les parents conduisant leurs enfants à l’école. Les locataires de la cité viennent de recevoir la lettre suivante signée du directeur général d’AB-Habitat qui revendique, une semaine plus tard, la fermeture de ce passage.
         Extraits :
 « Cette fermeture a été prise pour lutter contre les dealers de drogue et les perturbateurs. Ces derniers ont immédiatement détérioré ce mur »…
… «pour mettre fin à cette situation, et après concertation avec l’amicale des locataires, nous avons décidé de condamner ce passage… ».
         Comme le souci d’extirper les trafics et les perturbations est louable. ! Nous le découvrons simplement à l’occasion de cette fermeture, alors que les choses durent depuis, disons … quelques décennies !
         Quant à l’accord de l’Amicale, si il se confirmait, Amicale dont nous faisons partie, elle ne représente quelle même et n’a guère pris l’avis de chacun de ses quelques adhérents, dont modestement de nous-mêmes.
         Tout ce monde a toujours le mot « concertation » quand aucun sujet ne l’exige. En revanche, quand elle serait nécessaire, il n’y en aucune ou l’ombre de celle-ci.
         De la même façon, on informe après, alors qu’il s’agirait d’informer avant.
         Bref, tout est fait à l’envers, si loin des locataires que l’on prétend, à l’occasion, protéger. D Mariette