dimanche 2 février 2014

Logement : nos vies ou leurs profits



En France, 3,5 millions de personnes sont obligées de vivre dans des logements indignes, dans des squats ou des campements. 5 millions de personnes ont du mal à régler leur loyer ou les charges de leur logement et doivent rogner sur leurs dépenses alimentaires ou médicales.
     Les raisons de ces situations de plus en plus critiques sont connues : le chômage, les bas salaires, la crise que le patronat fait payer aux couches populaires pour sauvegarder ses profits.

samedi 1 février 2014

PSA : les suppressions d’emplois continuent

La direction de PSA vient d’annoncer la fermeture d’une ligne de montage à l’usine de Poissy. 684 postes seront supprimés. Alors que le groupe a déjà supprimé 11 200 emplois depuis 2012.
     Les actionnaires de PSA, dont la richissime famille Peugeot, jettent à la rue des milliers de travailleurs et ils peuvent compter sur le soutien du gouvernement qui s’apprête à lui offrir un milliard d’euros pour ses opérations financières.
     Une seule garantie pour sauver les emplois : imposer l’interdiction des licenciements et la répartition du travail entre tous sans diminution de salaire.

Plus les memes costumes, toujours le meme capitalisme




Dégradation du pouvoir d'achat. Il faut la hausse des salaires et des pensions.

Les locataires de la cité des Musiciens dans le quartier du Val-Nord n'acceptent pas l'augmentation de 2% de leurs loyers qui prend effet ce jour 1er février.
     Cette cité appartient au bailleur Val d'Oise-Habitat dont le président est... Georges Mothron.
     Cela dit, ce n'est pas parce que la hausse d'AB-Habitat dont le président est son principal adversaire, est inférieur pour 2014, 1,5%, qu'elle est justifiée, elle aussi, pour autant.
      Il faut que les locataires-travailleurs et que les locataires retraités reprennent le chemin de la lutte.  Les loyers augmentent de 1,5% ou 2%, les salaires et les pensions de retraites devraient augmenter immédiatement d'autant.

vendredi 31 janvier 2014

6 février. Avec des camarades de l’Union Locale d’Argenteuil, j’ai participé à une distribution de tracts appelant à la journée d’action de la CGT le 6 février, ce matin au grand carrefour du pont en bas de l’avenue Gabriel Péri. Je participerai à cette manifestation tout en ne me faisant aucune illusion sur la politique des dirigeants de la CGT. Sur cette manifestation et la politique de ces dirigeants, un article de l’hebdomadaire Lutte Ouvrière de cette semaine. DM


Manifestation du 6 février : Affirmer une politique pour la défense des intérêts des travailleurs

La CGT appelle les salariés à « exprimer leur mécontentement et les motifs d'insatisfaction » en participant aux diverses mobilisations le 6 février prochain. Ceux qui veulent exprimer leur opposition aux attaques patronales et à la politique du gouvernement, qui multiplie les cadeaux au patronat, ont bien raison de se saisir de cette occasion pour le faire. Il est important que le plus grand nombre possible de militants et de travailleurs montrent leur détermination à ne pas se laisser écraser sans réagir.
     La majorité des centrales syndicales se distinguent par leur absence totale de réaction. Les dirigeants de la CGT sont les seuls à proposer quelque chose, même s'ils se contentent de quelques journées d'action éparpillées et bien peu nombreuses depuis l'élection de Hollande. Cela ne peut suffire à préparer la riposte d'ensemble nécessaire. Bien sûr, personne n'est en mesure de changer directement le contexte de fatalité qui pèse sur le monde du travail. Mais, dans cette situation, il est d'autant plus important que des militants affirment que le seul moyen de répondre aux attaques, c'est de se préparer à se battre collectivement sur un programme de sauvegarde du monde du travail.
Au lieu de cela, la direction de la CGT offre comme perspective plutôt vague de « faire entendre nos exigences en matière de salaires, d'emplois... ». Quelles exigences ? Et les faire entendre à qui ? À un gouvernement sourd aux besoins des travailleurs ? Le gouvernement actuel est au service des patrons et sait très bien ce qu'il fait.
Les « exigences », comme le dit la direction de la CGT, il ne suffira pas de les faire entendre pour renverser le rapport des forces actuel ! Il faudra les imposer. Cela commence par la nécessité de mettre en avant un programme clair qui corresponde aux intérêts communs de tous les travailleurs, les chômeurs, les précaires face à la classe capitaliste dans son ensemble.
Contre le chômage, il faut opposer l'interdiction des licenciements et la répartition du travail entre tous sans diminution de salaire. Contre la baisse des salaires et les prix qui flambent, il faut proclamer la nécessité de l'échelle mobile des salaires. Contre la dictature de la bourgeoisie sur toute l'économie, il faut mettre en avant la nécessaire ouverture des comptes des entreprises et leur contrôle par les travailleurs.
Il ne s'agit pas seulement pour les travailleurs d'exprimer leur mécontentement, mais d'imposer des mesures de survie pour leur classe. Il ne s'agit pas seulement de protester, mais de préparer la riposte pour faire reculer la bourgeoisie et ses serviteurs politiques.

Marion AJAR

Transports : on nous roule, et de plus en plus mal, assez !

Des usagers en colère appellent à manifester ce soir à la gare de Lyon contre les dysfonctionnements et la dégradation du service sur la ligne D de la SNCF.
     Ce sont tous les usagers de la Région parisienne qui devraient se mobiliser contre la dégradation du transport ferroviaire.
      Sur le réseau Saint-Lazare-Argenteuil-Conflans, il n'y a pas un jour sans que, à un moment ou à un autre, il y ait des perturbations qui rendent le transport très pénible pour chacun.
      Avec le doublement de la voie, on nous avait dit, naguère, que tout allait s'améliorer. Ces engagements n'ont pas été suivis d'améliorations, bien au contraire.
      Voilà un aspect de la dégradation générale du service public qui pèse sur ceux, pour qui la qualité du service public est pourtant essentiel, les travailleurs !

jeudi 30 janvier 2014

Finance : la peste

Après 2008, les Etats occidentaux ont arrosé les marchés financiers de centaines de milliards de liquidités, liquidités dont se sont servis les spéculateurs pour spéculer. Depuis plusieurs mois, les spéculateurs américains et occidentaux rapatrient leurs capitaux des pays dits émergents comme la Turquie, l’Inde ou la Russie. La conséquence en est la chute des bourses et des cours des monnaies de ces pays émergents et la menace d’un effondrement de l’activité économique.
     Après l’Inde, la Russie et l’Argentine, cela a conduit la banque centrale turque à relever les taux de ses emprunts, pour « inciter » les spéculateurs à rester, quitte à faire payer les intérêts de la dette à la population.

     Effondrement économique ou envolée de la dette : pour les couches populaires, la crise est loin d’être finie.

Mory Ducros-Rhône-Alpes : une correspondance dans notre hebdomadaire Lutte Ouvrière de cette semaine

Mory Ducros - Rhône-Alpes : Fermetures et licenciements, avec le soutien du gouvernement

Le tribunal de commerce décidera le 31 janvier, probablement, d'accepter le repreneur Arcole industries, principal actionnaire de Mory Ducros, qui avait déjà supprimé 700 emplois en 2012 lors de la création de l'entreprise par la fusion de Ducros express (ex-DHL France) et Mory, et qui l'a mise en faillite.
Son offre de reprise est la seule « globale », mais avec seulement 2.210 emplois conservés sur plus de 5.000, sans compter les 2 000 sous-traitants. Sur 85 agences, 50 seulement resteraient. Arcole a annoncé son plan le 23 janvier, lors d'un comité d'entreprise, en prétendant avoir fait un gros effort puisqu'au départ il prévoyait de garder 43 agences et 1 900 salariés ! Les salariés licenciés recevraient chacun 7 000 euros d'indemnité supra-légale, ce qu'ils jugent nettement insuffisant. Cette annonce a suscité la colère de travailleurs, qui ont alors envahi le comité d'entreprise.
Dans la région Rhône-Alpes, l'agence d'Annecy (26 salariés) serait fermée et celle de Chambéry passerait de 25 à 18 salariés. Et, pour la banlieue lyonnaise, l'agence de Vénissieux (168 salariés) fermerait. Celle de Saint-Priest serait maintenue, mais avec seulement 57 salariés sur plus de 100 actuellement. Les travailleurs se doutaient qu'une des deux agences, très proches, disparaîtrait, mais ne pensaient pas que la deuxième serait réduite de moitié. Dans ces conditions, on se demande où la direction compte effectuer les 27 reclassements promis pour Vénissieux.
C'est ce projet que le gouvernement soutient, en prêtant 17,5 millions d'euros à Arcole et en promettant aux licenciés 500 propositions d'emplois dans des entreprises publiques comme La Poste ou la RATP. Des patrons du transport routier auraient également promis d'aider 1.000 salariés à retrouver un emploi au moyen d'une « bourse d'emplois dédiée ». Les futurs licenciés, bien sûr, n'en croient pas un mot, d'autant que les professionnels du transport routier se montrent très sceptiques sur ces possibilités. Les seuls à se montrer optimistes sont le préfet de la région Rhône-Alpes... et Montebourg.
Ne manquant pas de culot, le futur repreneur menace de tout abandonner en cas de protestation des travailleurs, sous prétexte que cela menacerait l'entreprise ! Cela n'a pas empêché les travailleurs de Vénissieux et Saint-Priest de faire grève et bloquer leurs sites les 11, 12 et 13 janvier, car ils n'ont aucune confiance dans Arcole. Après avoir vécu des cessions successives, avec chaque fois des emplois supprimés, ils n'ont aucune illusion sur ce qui les attend, mais veulent pouvoir « partir dignement » et en ayant de quoi vivre.

                                                                       Correspondant LO

Le « genre » de cette rumeur : Réaction. Un article de notre hebdomadaire Lutte Ouvrière de cette semaine (en vente auprès des militants, sur demande, et à la librairie du Presse-papier -1 euro). Cet article est à faire circuler. DM


Rumeur contre l'école : La réaction à l'œuvre

Jeudi 23 janvier, de nombreux instituteurs ont eu la surprise d'entendre des parents d'élèves leur demander s'ils allaient réellement faire des cours d'éducation sexuelle à leurs enfants, leur vanter l'homosexualité, leur expliquer que les garçons pouvaient se transformer en fille et réciproquement, et bien d'autres stupidités du même genre. Des parents ont même menacé de ne pas envoyer leurs enfants en classe, et lundi 27 janvier, dans un certain nombre d'établissements, des enfants étaient en effet absents, les parents ayant répondu à un appel relayé par Internet et Tweeter.
        L'affaire a pris suffisamment d'ampleur pour que le ministre Peillon, les inspecteurs et les syndicats d'enseignants interviennent pour répéter l'évidence : l'école maternelle et primaire se borne à expérimenter des méthodes pour éduquer les enfants à l'égalité fille-garçon. Ce qui est une excellente chose.
         La rumeur, mensongère au départ, délirante au fil de sa diffusion, a été lancée par une militante d'extrême droite, Farida Belghoul. Elle est proche du démagogue réactionnaire Alain Soral et soutenue par Béatrice Bourges, l'égérie de la lutte contre le mariage pour tous, elle-même catholique intégriste. Cette rumeur, fortement marquée idéologiquement, a été relayée par des religieux, chrétiens ou musulmans. Au-delà du prétexte, dénué de sens, d'un enseignement de l'homosexualité aux enfants, c'est en fait l'école elle-même qui est visée, c'est-à-dire le fait que les enfants soient éduqués aussi par la collectivité, et non pas par leurs seuls parents dans le but de préserver des préjugés et des traditions surannées. Des tracts de cette mouvance réactionnaire affirment que les parents, et non l'État, sont seuls responsables de l'éducation des enfants. C'est stupide : comment les parents pourraient-ils enseigner aux enfants ce qu'ils ignorent parfois eux-mêmes ?
      L'ampleur, difficile à évaluer, prise par cette rumeur révèle un profond désarroi et une évolution inquiétante car elle touche même des familles populaires, posant entre ces dernières et les courants les plus réactionnaires un pont qui ne peut qu'accroître l'influence des idées de l'extrême droite.
       La concordance entre un tel phénomène et une manifestation d'extrême droite dans les rues de Paris n'est d'ailleurs pas fortuite. Elle survient après des mois et des années de propagande réactionnaire, religieuse, nationaliste, individualiste, propatronale distillée par tous les partis de gouvernement et certains médias. Quand on vide le cerveau des gens avec une telle constance pour le remplir avec des idées aussi crasseuses, il ne faut pas s'étonner qu'il puisse accepter pareils bobards.
       Mais les cris d'orfraie poussés par des ministres, des journalistes et autres sociologues, qui s'offusquent des bêtises gobées, sont plus répugnants encore. Car ces moralistes sont aux commandes de la société, ce sont eux qui mentent jour après jour, qui baptisent justice leur monde d'injustice et démocratie la dictature du grand patronat.
       Mais surtout, si de telles idées qui révèlent toutes sortes de replis, nationales, religieux, communautaire, peuvent prospérer, c'est qu'elles ont de l'espace devant elles. Dans le vide politique créé par la démoralisation des travailleurs, dans le silence désespéré de ceux qui se sentent écrasés par la crise, dans l'ambiance pourrie où Hollande poursuit la politique de Sarkozy, il suffit d'un rien pour que viennent crever en surface les idées les plus nauséabondes.
      Alors, il est plus que temps que le mouvement ouvrier renoue avec ses traditions de lutte et d'espoir. C'est par sa propre force, par son combat et son organisation que la classe ouvrière peut redonner foi en l'avenir, en la science et en la connaissance, et croire au progrès humain. C'est ainsi que pourrait être combattu l'obscurantisme sur lequel s'appuient tous les réactionnaires.

                                                         Paul GALOIS