mardi 19 novembre 2013

Santé : ne pas chercher la justice dans une société d’exploitation

« Quand se soigner devient un problème d’argent, moi, Philippe Doucet, je dis que ce n’est pas juste. Et vous ? »
      Et nous, nous pensons que c’est effectivement honteux dans une société qui dispose d’énormes moyens pour préserver la santé et la vie de la population.
      Inadmissible que la sécurité sociale est de moins en moins les moyens par les politiques des gouvernements successifs de jouer son rôle.
      Scandaleux le fait qu’une fraction croissante de la population économise sur les cotisations-mutuelle au risque de ne plus pouvoir se soigner en cas de besoin.
      Honteuse cette chute des revenus de salariés, de chômeurs, de retraités qui ne peuvent plus se payer une paire de lunettes ou remplacer une dent cassée.

      Une telle société mérite de disparaître et le plus rapidement possible.

Editorial de la semaine des bulletins d'entreprise Lutte Ouvrière

Les travailleurs doivent prendre la tête de la fronde sociale

Les agriculteurs, les camionneurs, les centres équestres, les sages-femmes, les parents d’élèves, tous s’organisent pour faire entendre leur colère. Il faut que les travailleurs fassent entendre leurs revendications de classe avec autant de vigueur.
Certes, il n’y a pas un jour sans que les travailleurs se battent. Récemment, il y a eu les ouvriers de Marine Harvest en Bretagne, les salariés d’Alcatel-Lucent, ceux de La Redoute et, demain, d’autres travailleurs frappés par les licenciements se mobiliseront. Mais pour peser politiquement, il faut que les travailleurs fassent de toutes ces luttes un seul et même combat contre les licenciements.
     Personne ne le fera à leur place ! Et sûrement pas le patronat, quand bien même il se pose en défenseur de l’emploi. Tous les patrons qui veulent des aides s’abritent derrière la « sauvegarde de l’emploi ». Mais depuis le début de la crise, les banquiers comme les grands groupes ont encaissé les milliards de l’État… et ils continuent à licencier.
     Les patrons font de leurs profits la priorité ? Les travailleurs doivent faire de la lutte pour leur emploi et leur salaire, leur priorité !
     Les grands groupes ont de quoi payer les salaires des travailleurs et, à défaut, qu’ils puisent dans les fortunes accumulées par les grands actionnaires. Les difficultés éventuelles -y compris celles des plus petites entreprises- doivent être palliées par les plus riches, par les plus fortunés, par les banques, celles-là même que l’État a aidées pour traverser la crise. Les travailleurs n’ont pas à servir d’amortisseurs.
     L’interdiction des licenciements et la répartition du travail entre tous sans diminution de salaire sont des exigences pour tous les travailleurs.
     Comment ne pas se sentir menacé quand le chômage frappe indistinctement les anciens comme les plus jeunes, les travailleurs qualifiés comme ceux qui ne le sont pas, les ouvriers des petites entreprises comme des grandes ? Comment ne pas voir que le licenciement est aussi une arme utilisée par le patronat pour faire pression sur les travailleurs et pour aggraver l’exploitation de tous ?
      La fermeture d’une usine est un drame pour les ouvriers qui y travaillent comme pour les buralistes, les coiffeurs, les restaurateurs, les garagistes qui voient leurs commerces désertés. L’interdiction des licenciements est une mesure de salut public.
C’est sur les impôts que la colère s’exprime le plus aujourd’hui, mais là aussi les travailleurs ont leur mot à dire. Comme souvent, ce sont les plus riches qui hurlent le plus. Et les entendre se plaindre de payer trop d’impôts alors qu’ils sont riches à millions est écœurant.
     Oui, le véritable matraquage fiscal concerne les classes populaires. Les mesures fiscales décidées en douce ont fait que près d’un million de salariés et de retraités modestes qui ne payaient pas d’impôt sur le revenu sont devenus imposables. Et combien de travailleurs ont à payer 100, 200, 300 € de plus ?
      Le gouvernement a reculé partiellement sur l’écotaxe, il faut le faire reculer complètement. Et, plus important encore pour les travailleurs, il faut le contraindre à abandonner la hausse de la TVA !
      La TVA est la taxe qui rapporte le plus à l’État, c’est l’impôt qui frappe le plus les travailleurs et les plus pauvres. Avec la TVA, tout le monde paye le même taux d’impôt, qu’on soit millionnaire, smicard ou chômeur : il n’y a pas plus injuste ! Augmenter la TVA pour financer les 20 milliards du crédit d’impôt compétitivité offerts au patronat, c’est prendre dans la poche des pauvres pour donner aux riches, il ne faut pas l’accepter.
     Sur la TVA ou sur les fermetures d’usines, les travailleurs, les commerçants et les artisans qui ne vivent que de leur travail, peuvent se battre côte à côte. Mais les travailleurs ne doivent pas rester une force d’appoint, ils doivent prendre la tête du combat, en mettant en avant leurs objectifs essentiels : le combat pour garantir l’emploi de tous.
     Ce n’est pas un combat catégoriel. C’est se battre pour la jeunesse, c’est se battre pour que la classe productive ne soit pas poussée vers la déchéance, c’est sauver ce que la société a de plus vital.
     La rapacité des capitalistes menace l’ensemble du monde du travail mais les exploités peuvent s’y opposer par leur lutte, de sorte que les emplois, les salaires et les conditions de vie des classes populaires deviennent intouchables.

     La droite et l’extrême droite se font les championnes de l’opposition au gouvernement, sans rien vouloir changer pour les exploités, si ce n’est en pire. À l’inverse, la lutte des travailleurs est la seule qui peut ouvrir la perspective pour libérer la société du joug de l’argent.

Mondial de football au Quatar : l’esclavage moderne

Après d’autres, Amnesty International dénonce dans un rapport les conditions de travail « dures et dangereuses » des ouvriers immigrés au Qatar, qui doit accueillir le Mondial de football 2022. L’exploitation des travailleurs immigrés y est impitoyable. Beaucoup d’ouvriers ne sont pas payés et certains se retrouvent bloqués dans le pays par leurs employeurs, qui refusent de leur délivrer des permis de sortie. Les nombreux accidents de travail sont souvent mortels.

     La Fédération internationale de football association (FIFA) et l’ONU se sont contentées des vagues promesses du Qatar de « trouver des solutions ». En réalité, tout le monde ferme les yeux sur cette ignominie. Le plus important reste la manne gigantesque de profits générés par le Mondial de football, et le « prestige » que recherche le Qatar dans cette opération, même s’il a un goût de sang.

Les ambulanciers contre la hausse de la TVA

Les ambulanciers protestent aujourd’hui contre l’augmentation de la TVA de 7 à 10 % au 1er janvier, prévue sur les transports sanitaires.
     Pour l’heure, le porte-parole de la Chambre nationale des services d’ambulance mène la contestation au nom de l’ensemble de la catégorie, regrettant de ne pas pouvoir répercuter la hausse de la TVA sur les patients, puisque certains tarifs sont fixés par l’assurance maladie.
     Mais parmi les ambulanciers, il n’y a pas seulement des patrons propriétaires d’une flotte importante. Il y a aussi des artisans petits patrons et des ambulanciers salariés. Autant dire que tout le monde n’a pas les mêmes intérêts.

     Après les transporteurs, les défenseurs des centres équestres, des restaurateurs, il est grand temps que les travailleurs – qui ne peuvent, eux, reporter la hausse sur personne - fassent entendre leur voix contre la hausse de la TVA, pour la défense de leurs intérêts et ne laissent pas à d’autres le soin de parler en leur nom.

lundi 18 novembre 2013

"Sentiment d'insécurité" : attention quand on veut surfer sur le « sentiment d’insécurité » à ne pas le renforcer

Après avoir évoqué : « Quand rentrer chez soi peut être source d’inquiétude… », le maire d’Argenteuil liste dans son premier tract-bilan et ses affiches les mesures qu’il a fait voter au conseil municipal durant ces dernières années: « 40 policiers municipaux présents au quotidien », la « police municipale armée », « 120 caméras installées », « les sorties d’écoles sécurisées ».

         Mais on se demande, quand on y réfléchit  quel rapport il y a entre ces décisions et le fait de rentrer chez soi moins inquiet. On peut même tout à fait considérer que ces mesures en elles-mêmes contribuent à stimuler le « sentiment » d’insécurité, au lieu de le réduire. Et à ce jeu-là, qu'est-ce qu'en gagne la collectivité ?
          

Souvenirs-souvenirs (mauvais)

La main sur le cœur, le candidat local de l’UMP s’engage à « baisser les taux d’imposition pour qu’Argenteuil redevienne une ville abordable" comme il le dit dans un tract.
     Durant son mandat, les impôts locaux n’avaient pas bougé, certes mais la Ville n’ont plus.
     Mais à lui qui dénonce actuellement l’augmentation "des prix, des taxes, des impôts" dans le même papier, quelques rappels.
     Prenons les prix, quand il était député, combien de hausse du prix du gaz ? Quand il était président d’AB-Habitat, combien de hausse des loyers ? Sur ce plan, le maire actuel n’est qu’un gagne-petit parmi les gagne-petit.
     Les taxes ? La hausse programmée de la TVA mise sur les rails par son ami Fillon, il l’a votée tout de même. N'est-ce pas ?
    Quant au gel du barème de l’impôt sur le revenu mis en place par Sarkozy, notre ex-maire ex-député n’en est tout de même pas étranger. Il confirme ?

     Quand on lui rappelle de tels souvenirs, le cœur de GM saigne. Il se dit : comment faire croire à mes promesses ?

Impôts : la fiction et la réalité

La porte-parole du gouvernement Najat Vallaud-Belkacem a estimé vendredi que "la solidarité fiscale est de retour en France", en s'appuyant sur une enquête de l'Insee selon laquelle en 2012 les prélèvements obligatoires ont davantage participé qu'en 2011 à la réduction des inégalités.
     "Au moment où les commentaires vont bon train, nous avons des résultats à présenter", a affirmé dans un communiqué la ministre des Droits des femmes, pour qui "le consentement à l'impôt (...) se renforce chaque fois que l'impôt est juste".

      La méthode Coué. Quant au niveau de vie réel, des classes populaires, ces gens-là n’ont pas l’occasion de constater de près ce qu’il en est.

Droit à l'avortement : le retour en arrière. Un article de l'hebdomadaire Lutte Ouvrière de cette semaine

Droit à l'avortement : le retour en arrière

« Un million de femmes se font avorter en France. Elles le font dans des conditions dangereuses en raison de la clandestinité à laquelle elles sont condamnées, alors que cette opération, pratiquée sous contrôle médical, est des plus simples. (...) Je déclare que je suis l'une d'elles. Je déclare avoir avorté. De même que nous réclamons le libre accès aux moyens anticonceptionnels, nous réclamons l'avortement libre. »
    C'était en 1971, le Manifeste des 343. Quatre ans plus tard, grâce au combat des femmes, le droit à l'avortement était, enfin, inscrit dans la loi.
Mais aujourd'hui, quarante ans plus tard, et c'est le très officiel « Haut conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes » qui l'affirme dans un rapport remis au gouvernement, le recours à l'interruption volontaire de grossesse (IVG) reste pour bien des femmes « un véritable parcours de la combattante ».
     Le rapport passe en revue les dysfonctionnements qui aboutissent dans certains cas à faire d'une IVG un chemin semé d'obstacles. Il accuse le manque d'information ou les difficultés d'accès à cette information, qui font par exemple que l'IVG médicamenteuse reste peu pratiquée. Il incrimine la clause de conscience invoquée par certains médecins ou gynécologues pour refuser de pratiquer des avortements. Et puis, aussi et surtout, il dénonce le manque de moyens et de personnels, et notamment la fermeture entre 2000 et 2011 de 130 établissements de santé pratiquant des IVG !
     En conséquence, des femmes connaissent l'angoisse de ne pas pouvoir être prises en charge à temps. Certaines sont même contraintes, après avoir dépassé les délais légaux et si elles en ont les moyens, d'aller avorter à l'étranger. Comme autrefois, avant la loi. Parce que, pendant ces quarante ans, tous les gouvernements qui se sont succédé n'ont eu de cesse de faire des économies sur les budgets de la santé et de fermer des structures de santé, au prétexte qu'elles n'étaient pas rentables. Et cela au mépris des droits des femmes, qui ne les intéressent que les jours de discours ou d'inaugurations.
Remis à la ministre des Droits des femmes Najat Vallaud-Belkacem, le présent rapport affirme : « En faisant état des insuffisances du service public en matière d'IVG (...) les rapports se suivent mais les obstacles demeurent. » Certes, et il pourrait bien en être de même une fois encore.

                                                                             Sophie Gargan