Les travailleurs doivent prendre
la tête de la fronde sociale
Les
agriculteurs, les camionneurs, les centres équestres, les sages-femmes, les
parents d’élèves, tous s’organisent pour faire entendre leur colère. Il faut
que les travailleurs fassent entendre leurs revendications de classe avec
autant de vigueur.
Certes,
il n’y a pas un jour sans que les travailleurs se battent. Récemment, il y a eu
les ouvriers de Marine Harvest en Bretagne, les salariés d’Alcatel-Lucent, ceux
de La Redoute
et, demain, d’autres travailleurs frappés par les licenciements se
mobiliseront. Mais pour peser politiquement, il faut que les travailleurs
fassent de toutes ces luttes un seul et même combat contre les licenciements.
Personne ne le fera à leur place ! Et
sûrement pas le patronat, quand bien même il se pose en défenseur de l’emploi.
Tous les patrons qui veulent des aides s’abritent derrière la « sauvegarde
de l’emploi ». Mais depuis le début de la crise, les banquiers comme les
grands groupes ont encaissé les milliards de l’État… et ils continuent à
licencier.
Les patrons font de leurs profits la
priorité ? Les travailleurs doivent faire de la lutte pour leur emploi et
leur salaire, leur priorité !
Les grands groupes ont de quoi payer les
salaires des travailleurs et, à défaut, qu’ils puisent dans les fortunes
accumulées par les grands actionnaires. Les difficultés éventuelles -y compris
celles des plus petites entreprises- doivent être palliées par les plus riches,
par les plus fortunés, par les banques, celles-là même que l’État a aidées pour
traverser la crise. Les travailleurs n’ont pas à servir d’amortisseurs.
L’interdiction des licenciements et la
répartition du travail entre tous sans diminution de salaire sont des exigences
pour tous les travailleurs.
Comment ne pas se sentir menacé quand le
chômage frappe indistinctement les anciens comme les plus jeunes, les
travailleurs qualifiés comme ceux qui ne le sont pas, les ouvriers des petites
entreprises comme des grandes ? Comment ne pas voir que le licenciement
est aussi une arme utilisée par le patronat pour faire pression sur les
travailleurs et pour aggraver l’exploitation de tous ?
La fermeture d’une usine est un drame
pour les ouvriers qui y travaillent comme pour les buralistes, les coiffeurs,
les restaurateurs, les garagistes qui voient leurs commerces désertés.
L’interdiction des licenciements est une mesure de salut public.
C’est
sur les impôts que la colère s’exprime le plus aujourd’hui, mais là aussi les
travailleurs ont leur mot à dire. Comme souvent, ce sont les plus riches qui
hurlent le plus. Et les entendre se plaindre de payer trop d’impôts alors
qu’ils sont riches à millions est écœurant.
Oui, le véritable matraquage fiscal
concerne les classes populaires. Les mesures fiscales décidées en douce ont
fait que près d’un million de salariés et de retraités modestes qui ne payaient
pas d’impôt sur le revenu sont devenus imposables. Et combien de travailleurs
ont à payer 100, 200, 300 € de plus ?
Le gouvernement a reculé partiellement
sur l’écotaxe, il faut le faire reculer complètement. Et, plus important encore
pour les travailleurs, il faut le contraindre à abandonner la hausse de la TVA !
Sur la TVA ou sur les fermetures d’usines, les
travailleurs, les commerçants et les artisans qui ne vivent que de leur travail,
peuvent se battre côte à côte. Mais les travailleurs ne doivent pas rester une
force d’appoint, ils doivent prendre la tête du combat, en mettant en avant
leurs objectifs essentiels : le combat pour garantir l’emploi de tous.
Ce n’est pas un combat catégoriel. C’est
se battre pour la jeunesse, c’est se battre pour que la classe productive ne
soit pas poussée vers la déchéance, c’est sauver ce que la société a de plus
vital.
La rapacité des capitalistes menace
l’ensemble du monde du travail mais les exploités peuvent s’y opposer par leur
lutte, de sorte que les emplois, les salaires et les conditions de vie des
classes populaires deviennent intouchables.
La droite et l’extrême droite se font les
championnes de l’opposition au gouvernement, sans rien vouloir changer pour les
exploités, si ce n’est en pire. À l’inverse, la lutte des travailleurs est la
seule qui peut ouvrir la perspective pour libérer la société du joug de
l’argent.
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