jeudi 12 septembre 2013

Santé : de moins en moins de médecins de ville pour répondre à des besoins croissants

Médecins de ville : une situation alarmante à Argenteuil comme ailleurs

Demain vendredi, la municipalité inaugurera un nouveau cabinet médical au Val à la réalisation duquel elle a contribué. Ce genre d'action vient s'ajouter à l'effort ancien qui a été fait sur la ville en matière de santé, à travers notamment des centres de santé municipaux. Ces efforts sont légitimes et nécessaires.
     La crise aggrave les maux des milieux populaires, y compris au niveau de leur santé. Les centres de santé comme les médecins libéraux, malgré tous leurs efforts, sont bien incapables de faire face à tous les besoins.
     Un nouveau cabinet vient de fermer dans le centre ville, aggravant les difficultés des généralistes qui demeurent.
      La situation est alarmante.

...et pourtant des besoins croissants pour soigner les classes populaires

Capitalisme = danger pour la vie des travailleurs

Selon une étude des médecins du travail portant sur 2010, 10% des salariés, soit près de 2,2 millions de personnes (dont les deux tiers d’ouvriers), ont été exposés à au moins un produit chimique cancérigène, à des intensités variables. Depuis, la situation n’a pas dû s’améliorer.

     Absence fréquente de système de protection collective ou individuelle, difficultés sans fin pour faire reconnaître comme maladie professionnelle les cancers qui se déclenchent des années après l’exposition, formation bâclée ou nulle : les capitalistes protègent beaucoup plus leurs profits que ceux qui travaillent pour eux.

TVO-Véolia-Argenteuil : le 10 septembre, un nombre de grévistes significatif

Mardi 10 septembre, 43 travailleurs sur 187 ont tenu à se mettre en grève, à l'occasion de la journée d'action et de manifestations initiée par les quatre confédérations, CGT, FO, FSU et Solidaires.
     Que près d'un travailleur sur quatre du dépôt d'Argenteuil ait été en grève ce jour-là est révélateur de ce qui pèse sur leurs épaules : pas seulement la crainte concernant les retraites, mais aussi les salaires insuffisants, les conditions de travail, les effectifs.
     Sur ces questions, il faudrait que tous les travailleurs de ce pays se retrouvent au coude à coude de plus en plus nombreux dans la rue et dans la grève dans les semaines qui viennent. Ce qui est vrai à l'échelle du pays l'est également à l'échelle de TVO-Véolia-Argenteuil où ces 43 grévistes ont posé un premier jalon.

Ile Maurice : une lutte d'ouvriers originaire du Bangladesh, un article extrait de l'hebdomladaire Lutte Ouvrière de cette semaine

Île Maurice : manifestation d'ouvriers bangladais

Au tout début du mois de septembre, quatre cents ouvriers venant du Bangladesh et travaillant pour l'entreprise textile mauricienne Real Garments se sont mis en grève après que leur salaire d'août a été divisé par deux. De 250 euros par mois, il était passé à 125 euros.
     Ces ouvriers, quand ils travaillent dans leur pays, ne touchent qu'un salaire mensuel de 30 euros. Voilà pourquoi ils acceptent de s'expatrier à des milliers de kilomètres, à Maurice, où ils espèrent multiplier leurs gains par sept ou huit, mais en enchaînant des semaines de 55 heures et en subissant des conditions de vie et de travail épuisantes, voire humiliantes. Leurs déplorables conditions de logement en dortoirs étaient également une des raisons de la grève.
     Ce trafic de main-d'oeuvre est organisé au profit des capitalistes de la zone franche par le gouvernement mauricien lui-même, en accord avec les gouvernements des pays d'où sont issus les travailleurs : Bangladesh, mais aussi Madagascar et Chine. Avec les salaires pratiqués, les capitalistes du textile mauricien tels que Real Garments ou Ciel sont ultra-gagnants, tout comme les sociétés d'habillement occidentales pour lesquelles ils travaillent.
     Alors que, mardi 3 septembre, ils s'étaient rassemblés devant le siège de l'entreprise, les travailleurs bangladais ont subi les violences de la police antiémeutes. Le ministre du Travail, prenant fait et cause pour les patrons de Real Garments, a accusé les ouvriers grévistes de « prendre le pays en otage et de menacer la paix industrielle du pays », ajoutant que « si d'ici ce soir, ils ne reprennent pas le travail, leur contrat sera résilié. Et je ferai résilier leur permis de travail avec effet immédiat », ce qui amènerait leur expulsion du pays. La menace ayant été mise à exécution, 92 d'entre eux ont été expulsés le mercredi 4 septembre, dont les leaders du mouvement.
     Plusieurs dirigeants de l'opposition politique et des syndicats se sont élevés contre le traitement inhumain réservé aux ouvriers bangladais et ont demandé que les salaires retrouvent leur niveau antérieur. Ils ont également dénoncé les expulsions. Faizal Ally Beegun, un syndicaliste militant en faveur des travailleurs étrangers, a déclaré qu'il s'agit là d'une « déportation pure et simple » de ces Bangladais. « Je suis ici, a-t-il poursuivi, pour dénoncer les injustices. Il est inconcevable que des étrangers, venus gagner leur vie à Maurice, soient forcés de prendre l'avion en catastrophe, avec leurs vêtements empilés dans des draps comme de vulgaires criminels. »
     Si le droit au travail dépend du bon vouloir des patrons et de leurs soutiens gouvernementaux, l'exploitation, elle, ne connaît pas de frontières.
                                                                   
                                                                                 Émile GRONDIN


Rentrée scolaire : pas mieux que les précédentes : un article de l'hebdomadaire Lutte Ouvrière en vente à la librairie Le Presse-papier à Argenteuil

Rentrée scolaire : pas mieux que les précédentes
La rentrée de septembre 2013 s'annonce aussi chaotique que les précédentes, essentiellement parce que le nombre de postes créés est très inférieur aux besoins, et même aux promesses du ministre Peillon.
Pour maintenir la promesse faite par Hollande de 60 000 créations de postes sur sa mandature (ce qui ne compensait déjà pas les 80 000 supprimés par Sarkozy), il aurait fallu 14 000 postes cette année. Peillon ne s'était engagé que sur 10 000, et au final seuls 7 500 ont été créés. Or, le nombre d'élèves ne cesse de croître depuis plusieurs années, surtout dans les villes populaires.
La précarité s'est développée. La FSU a calculé que, dans le secondaire, 1 900 enseignants n'ont pas été recrutés à cause d'une note éliminatoire au concours, alors que leurs résultats étaient globalement bons. Mais s'ils ne sont pas jugés aptes à être titulaires, ils le sont quand il s'agit d'être contractuels ou vacataires, c'est-à-dire précaires. Quant à la « pérennisation » des AVS (auxiliaires de vie scolaire), elle ne concerne qu'une partie d'entre eux et, de toute façon, elle ne correspond pas à un statut de fonctionnaire mais à un CDI de droit privé venant après six ans de CDD.
Par ailleurs, dans le primaire, les Rased, ou réseaux d'aide aux élèves en difficulté, n'ont pas été restaurés : seuls 72 postes ont été créés, alors que 5 000 avaient été supprimés.
Toujours dans le primaire, la réforme des rythmes scolaires, qui touche cette année un élève sur cinq, suscite de nombreux couacs, les animateurs nécessaires pour assurer des activités en-dehors des heures de cours n'étant ni en nombre suffisant ni toujours formés à ce type d'activités.
Enfin, dans les maternelles, nombre de classes dépassent les trente élèves, ce qui est déjà beaucoup, et la scolarisation des enfants de moins de trois ans ne se fait qu'au compte-gouttes.
Les quelques exemples cités ci-dessous montrent bien que cette rentrée est loin d'être idyllique, et déjà des mouvements de protestations s'organisent.


                                                                            Marianne LAMIRAL

mercredi 11 septembre 2013

"Accord de compétitivité" : il ne passe pas à PSA : un communiqué de presse de la CGT PSA

Communiqué de presse de la CGT PSA
11/09/2013

Les salariés PSA en action

Avec 
les débrayages intervenus le 10 septembre dans tous les établissements PSA, 
celui du 11 septembre qui a paralysé l’usine de Mulhouse, réunissant plusieurs centaines de salariés.
la grand-messe organisée par la direction de Sochaux pour le lancement de la nouvelle 308 et la présentation du « nouveau contrat social », au cours de laquelle le directeur a été sifflé et hué.
Les salariés de PSA ont commencé à se faire entendre contre le recul social, la remise en cause de leurs droits et la baisse de leur paie.

Les premiers acquis de la mobilisation des salariés

La direction renonce à la suppression de la prime de rentrée (187,20 €) et à la baisse de 18 à 15 % de la majoration de nuit.

Les problèmes demeurent 

La direction maintient le gel de salaire pour les prochaines années, qui se traduira par la baisse du pouvoir d’achat des salariés.
Si elle annonce l’intégration dans le salaire de la prime PEG  pour les salariés qui ont plus de 20 ans d’ancienneté, elle maintient sa volonté de ne plus la verser pour tous ceux qui y auraient droit (ou changeraient de tranche) dans les prochaines années. La mesure d’intégration est donc principalement une mesure anti-jeunes.
La direction veut toujours supprimer la majoration de 45 % pour le travail du samedi. Avec le système de modulation envisagé, les salariés se retrouveraient à faire des samedis obligatoires et non-payés, à gogo. Contrairement à l’affichage, fait par la direction, d’un maintien de la rémunération, cela se traduira par une perte nette sur la fiche de paie. 
À ce sujet, la direction confirme sa volonté de gain de 100 millions d'euros par an sur le dos des salariés, et veut retrouver sur la flexibilité des horaires ce qu’elle n’a pas réussi à nous prendre à travers la suppression des primes de rentrée et de nuit.
Par ailleurs, la direction n’a toujours pas pris en considération l’avis unanime des salariés contre les mobilités forcées.

Des contreparties virtuelles 

La direction PSA s’engage à donner le 25 septembre prochain des éléments sur les perspectives d’activité des différents sites. Mais en précisant tout aussitôt qu’il ne peut s’agir d’engagements fermes, car soumis aux aléas de l’évolution des marchés et du succès des modèles.
La CGT a rappelé qu’il était hors de question de s’engager dans un donnant-perdant où sous prétexte de compétitivité, les salariés français devraient travailler aux conditions espagnoles, les espagnols aux conditions slovaques et les slovaques aux conditions chinoises.

Amplifier la mobilisation

Les salariés de Mulhouse ont montré la voie.
La CGT appelle l’ensemble du personnel du groupe à maintenir et amplifier la mobilisation.
À discuter dans chaque atelier, chaque service, dans l’unité la plus large d’une action concertée de dé-brayage dans tous les sites PSA, avant la fin du mois.

Le débrayage réussi d'aujourd'hui à Mulhouse : du jamais vu depuis 1989

CAF : « Emplois d’avenir » : donnons de l’avenir à ces demi-emplois pour un vrai travail

A grand renfort de publicité, l’Etat se satisfait de l’embauche de douze jeunes de moins de 25 ans à la Caisse d’Allocations Familiales du Val d’Oise..
     Le directeur de la CAF-95 n’a pas caché qu’ils allaient ainsi « contribuer à améliorer le service ». C’est peu de dire qu’il manque des effectifs à la CAF, d’autant avec la fermeture, totale ou partielle, d’un certain nombre d’antennes locales dans le département.
     Pour pas tout à fait un « vrai »salaire », ces jeunes travailleurs peuvent espérer voir leur contrat d’un an renouvelé deux fois, et peut-être, en particulier « si le budget de la CAF le permet », voir cet emploi devenir pérenne.

     Ces emplois doivent devenir des CDI, avec un vrai salaire, le plus rapidement possible. Cela dépend des mobilisations de l’ensemble des travailleurs sur la question, à l’échelle du pays, à celle de la CAF, et bien évidemment des jeunes eux-mêmes.

PSA : Reclassements à Aulnay : on est loin du compte

Des militants et des habitants d’Argenteuil ont suivi la longue grève de salariés d’Aulnay, et l’ont soutenu, en particulier financièrement. Nous venons de recevoir la « lettre n°18 » de la CGT d’Aulnay. Elle fait le point en particulier sur l’état des reclassements… où l’on est loin du compte.

« Reclassements à Aulnay : on est loin du compte
Depuis la fin de la grève, le 17 mai dernier, l’usine s’est vidée d’une bonne partie de ses salariés. Nous sommes encore 1500, peut-être déjà moins. La direction a annoncé la fin de la production fin octobre, mais la direction n’a a en fait jamais vraiment tenté de la faire redémarrer, depuis le début de la grève le 16 janvier dernier, en raison de la solidarité entre grévistes et non-grévistes.
    571 travailleurs ont maintenant été mutés vers d’autres usines du groupe et 600 ont choisi le licenciement pour trouver un emploi par eux-mêmes. Par ailleurs, les reclassements promis par PSA s’avèrent illusoires : sur les 300 postes « réservés » à la SNCF, à la RATP et à ADP, seuls 20 salariés de PSA ont été acceptés. La seule entreprise qui prévoit de s’installer sur le site d’Aulnay, ID Logistics, propose des salaires de 1200 euros et refuse les salariés de plus de 50 ans ; seuls 18 salariés ont postulé et aucun n’a été pris. D’autre part, 500 des travailleurs encore présents dans l’usine attendent que PSA leur fasse des propositions sérieuses¸ considérant que cela incombe à la direction. 

      Pendant ce temps-là, les attaques continuent. »

RATP : extraits du bulletin Lutte Ouvrière du dépôt de bus de Nanterre dont dépend le 272 qui dessert la localité. Pour les usagers de la localité, cela donne une idée des conditions de travail de ceux qui les transportent.

C’est pas du propre !
La semaine dernière la salle de Grande Arche était dans un état déplorable durant plusieurs jours.
     WC bouchés, salle inondée, odeurs nauséabondes.
     La salubrité de nos locaux, la direction s’en fiche ! Mais nous on peut toujours prendre notre temps pour aller ailleurs.

Il y a du ménage à faire là-haut
À l’occasion de la passation du nouveau marché du nettoyage, Mongin affirme dans la presse que la propreté est une priorité de la RATP.
     Sûrement pas pour le personnel vu la saleté générale des locaux !

Et puis quoi encore ?
Au dépôt, dans la salle du personnel, une affiche nous demande, à chaque course, de ramasser dans le bus : journaux, canettes, etc.
     Il parait que cela joue sur les résultats du dépôt et de nos primes CPU.
     Ils peuvent toujours courir !

On n’est pas là pour jouer
     Avec les zones 30 qui se multiplient il devient impossible de faire les temps de parcours.
     Alors quand on respecte les limitations de vitesse on prend du retard, et l’encadrement nous accuse de ne « pas jouer le jeu », avec le chantage au passage d’échelle.

     En effet, pas question de jouer avec notre permis et la sécurité.