vendredi 15 mars 2013

La Poste : suite de la chronique d'une dégradation des services publics dont les milieux populaires sont particulièrement victimes

Mardi et mercredi, le bureau de poste du centre commercial Joliot-Curie a été fermé. Il était indiqué : "à cause des intempéries". On imagine volontiers que les postiers n'aient pu venir travailler, au vu des difficultés de transport. Le seul souci, c'est que le bureau de poste des Côteaux, lui, était ouvert. Vu l'altitude comparée de Joliot et des Côteaux, on ne voit pas très bien pourquoi l'un était ouvert et l'autre fermé, lorsque l'on sait que le personnel des bureaux de poste peut aller de l'un à l'autre, selon les nécessités. Donc, un bureau aurait pu être fermé un jour, et ouvert un autre, et vis-versa.
     C'est tout de même pas la composition sociale majoritaire de l'un et de l'autre quartier qui a joué ?
     Pour les milieux populaires, il reste la solidarité. Une personne était en larme. Il lui fallait absolument retirer des sous. Une autre lui a proposé de l'emmener au bureau de poste des Côteaux !

jeudi 14 mars 2013

Mali : l’Onu dénonce les exactions de l’armée malienne


Les observateurs du Haut-commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme ont publié un rapport accusant l’armée malienne d’avoir mené des représailles contre des groupes de Peuls, de Touaregs et d’Arabes.
     A l’ombre de l’intervention française, l’armée malienne se venge, brutalise, viole, assassine ceux qu’elle accuse d’avoir soutenu la rébellion touareg ou les islamistes. D’ores et déjà plus de 20 000 Touaregs ont dû fuir ces violences en se réfugiant au Burkina Faso.
     Divisions ethniques, représailles, vengeances, l’engrenage de la terreur se prépare aujourd’hui. Nourrir les haines et préparer les massacres de demain, voilà l’un des premiers résultats de l’intervention militaire française au Mali.

PSA Aulnay-sous-Bois : le point sur la grève ; une correspondance ouvrière de l'hebdomadaire Lutte Ouvrière de ce jour. Versez à notre collecte sur Argenteuil.



PSA Aulnay-sous-Bois : plus ouvertement que jamais, le gouvernement complice du patron


La grève se poursuit toujours à l'usine PSA d'Aulnay-sous-Bois. Elle est entrée le 13 mars dans sa neuvième semaine. La direction a perdu plus de 20 000 voitures du fait de la paralysie totale de la production, mais la famille Peugeot continue à jouer la montre. Elle sait qu'en cédant devant les grévistes, elle encouragerait la combativité ouvrière qu'elle craint par-dessus tout.


Le gouvernement se montre de plus en plus l'allié invétéré du patron. Mercredi 6 mars, les grévistes sont allés interpeller M. Sapin, ministre du Travail, pour réclamer le médiateur non seulement promis par Hollande mais qui correspond à un droit élémentaire dans le code du travail.

Le directeur de cabinet du ministre a clairement expliqué à la délégation reçue qu'il n'en était pas question. Il se dit satisfait des négociations, de la position des syndicats et ne veut en aucun cas déranger la direction de PSA.

Ce n'est pas que le médiateur aurait apporté une solution aux revendications des travailleurs en grève. Mais sa nomination aurait obligé PSA à faire la démonstration publique de son refus de négocier. Cette décision du ministère a marqué les esprits des grévistes, qui ont pu juger sur pièces de la profondeur de la complicité de ce gouvernement avec PSA.

Certains ont rebaptisé le ministère du Travail, « ministère Peugeot ».


Les grévistes s'invitent dans le saint des saints


Pour rappeler à l'autre camp que la grève reste bien vivante, vendredi 8 mars, les travailleurs en lutte ont investi par surprise le siège de l'UIMM, le syndicat patronal de la métallurgie dont le président est Saint-Geours, l'homme de confiance de la famille Peugeot. Les grévistes ont apprécié le luxe des bureaux, de l'épaisseur de la moquette aux WC dessinés par un designer de renom. Et c'est dans la salle qui abrite d'habitude les réunions au cours desquelles les patrons décident des licenciements et des sacrifices qu'ils veulent imposer, que les grévistes ont fait leur assemblée générale.

Même quand les gendarmes mobiles sont venus les déloger, c'est fièrement, en manifestation, qu'ils ont quitté les lieux. Et ils pouvaient être satisfaits d'avoir une nouvelle fois déjoué la police et les RG qui les suivent en permanence.


Aucune sanction n'arrive à briser la grève


La grève se poursuit donc, car les travailleurs ne veulent pas non plus abandonner ceux qui ont été encore plus directement attaqués. Deux d'entre eux ont contesté leur licenciement en attaquant PSA aux Prud'hommes vendredi 8 mars.

En début de semaine, la direction convoquait trois nouveaux militants en vue de les licencier. À l'un d'entre eux il est reproché une « agression sonore », à cause du tambour dont il jouait à l'usine. Un autre est licencié pour jet d'œufs. Bref, la direction s'acharne contre les militants de la grève avec des prétextes de plus en plus dérisoires. Nouvelle preuve que les travailleurs se battent dignement.


La lutte, école de la classe ouvrière


Depuis plus de huit semaines, les travailleurs en grève font une démonstration d'organisation et de détermination qui non seulement les renforce, mais renforce aussi tous les travailleurs. En montrant qu'ils peuvent prendre leur sort en main, décider de leur lutte, et tout simplement ne pas accepter les chantages patronaux, ils continuent à montrer la voie à suivre. Dans cette voie, la conscience est indispensable, et celle-ci a grandi au cours de ces semaines : conscience des vrais adversaires et des faux amis ; conscience des soutiens sur lesquels ils peuvent vraiment compter (ces dizaines de milliers de travailleurs qui continuent à alimenter la caisse de grève) et de ceux qui s'avèrent volatils.

Ne serait-ce que pour tout ce qui a été appris, la grève a déjà rapporté énormément. Mais surtout, elle continue à montrer que les travailleurs peuvent refuser de se laisser jeter dehors sans rien. Ils peuvent se faire respecter, gagner le soutien d'une fraction importante du monde du travail et gêner patrons et gouvernement dans leur préparation des attaques contre l'ensemble de celui-ci.

                                                                                        Correspondant LO


G. Mothron, sensible... si l'on veut

La dernière livraison du magazine du Conseil général présente un entretien avec G. Mothron. Le monsieur est en charge du logement et préside le bailleur dit "social" lié au Conseil général, Val d'Oise Habitat.
     On y apprend que GM a "toujours été sensible à la question du logement...".
     Lui qui méprisa et de quelle façon les locataires de la cité Joliot-Curie à Argenteuil qui ne voulaient pas que l'on détruise leur cité, d'autant qu'on les maintenait dans l'ignorance ?
     A moins qu'il soit "sensible" à la manière du charcutier qui aime les petits cochons, ou des chasseurs qui sont si "sensibles" à l'égard de leur proie !

Renault : une signature qui n’engage pas les travailleurs


Carlos Ghosn jubile parce qu’il a trouvé trois syndicats pour signer son « accord de compétitivité » chez Renault. Cet « accord », contre lequel des milliers de travailleurs ont débrayé ces dernières semaines, entérine 8 200 suppressions d’emplois à l’échelle du groupe, une flexibilité et une augmentation du temps de travail, un blocage des salaires pendant trois ans, et instaure une mobilité imposée entre les différents sites du groupe. Cet « accord » illustre le genre d’attaques que la nouvelle loi, concoctée par le patronat et reprise telle quelle par le gouvernement, voudrait imposer.
     Mais ni la loi ni la signature de syndicats prêts à céder au chantage des patrons n’engagent les travailleurs.

Hollande : prévu et attendu mais confirmé maintenant : remisée, la promesse du droit de vote des étrangers



« Une partie de la gauche espérait encore sa résurrection. Rêvait, sans trop y croire , que l’exécutif se résoudrait à saisir le Parlement pour mettre la droite face à ses responsabilité et montrer qu’il essaie de tenir ses promesses » écrivent Les Echos.
Même cela, cette démonstration-là, qui était pourtant le minimum du minimum en la matière, le gouvernement l’abandonne. Le vote des étrangers, serpent de mer du PS,  vieux de plus de trente ans, restera dans la mer.
Pleutres devant les puissants auxquels il est lié, Hollande et son gouvernement le sont même devant leur ombre.
Ce droit de vote, pourtant minimal et évident, les étrangers qui paient des impôts et contribuent à la richesse du pays, attendront.

Valls et les Roms : un discours putride



Dans un entretien avec un journaliste du Parisien au sujet des Roms, Valls démontre  comment il continue la politique de… Sarkozy à leur égard.
Il a ainsi l’outrecuidance de déclarer : «  Nous procéderons avec humanité, sans abandonner l’accompagnement social, l’objectif de scolarisation des enfants et, quand c’est possible, l’accès au logement et au monde du travail ».  Non loin d’ici, à Bezons, on a pu mesurer une nouvelle fois dernièrement le caractère provocateur de tels propos mis en parallèle avec la réalité. Celle-ci est aux antipodes de ces mensonges : toujours rien au niveau de l’accès au logement et au monde du travail. Quant aux enfants scolarisés à Bezons, expulsés avec leurs familles, ils ont disparu dans la nature.
Vals dit ailleurs : « je le redis, je partage ce que m’a dit le Premier ministre roumain : « les Roms ont vocation à rester en Roumanie, ou à y retourner ».
Derrière des barbelés peut-être ?
En tout cas, un discours et une démagogie ignobles.

mercredi 13 mars 2013

Malouines : des moutons et du pétrole


La Grande-Bretagne vient d’organiser un référendum aux Malouines, un minuscule archipel de l’Atlantique sud, situé à plus de 13 000 km des côtes anglaises, où vivent à peine 2 500 habitants et plus de 500 000 moutons. Sans surprise, les 1 672 électeurs ont voté lundi à 99,8 % en faveur du maintien de l’île sous la souveraineté du Royaume-Uni.
     Si le gouvernement britannique a cherché aujourd’hui à donner une caution démocratique à l’occupation de cet îlot, c’est pour justifier sa mainmise sur les gisements pétroliers maritimes découverts à proximité.
     Mais, en 1833, quand l’impérialisme britannique a pris possession de ces territoires qui appartenaient à l’Argentine, il ne s’était pas embarrassé de la moindre élection. Et, en 1982, c’est à coup de canon que Thatcher, la première ministre anglaise de l’époque, avait repris les Malouines que lui disputaient les dirigeants argentins, une guerre qui fit des centaines de morts.
     Alors le gouvernement argentin a de bonnes raisons de dénoncer une manœuvre qui ne vise qu’à justifier une occupation commencée aux plus belles heures du colonialisme britannique et qui se perpétue.