samedi 7 avril 2012

Total : totalement coupable


Treize ans après le naufrage de l’Érika, qui a souillé des dizaines de kilomètres de côtes, et malgré une condamnation – plutôt symbolique mais confirmée en appel –, un juge de la Cour de cassation envisage très sérieusement d’exonérer Total de toute responsabilité pénale. Le prétexte juridique ? L’Érika était « un navire étranger naviguant dans les eaux internationales».
     Avec des armées d’avocats, du temps et du fric, un groupe richissime comme Total peut, en toute impunité, affréter des bateaux poubelles, détruire la faune et la flore, et ruiner des communes du littoral. Ce n’est pas un déni de justice, c’est la justice ordinaire, dans une société où les lois protègent les propriétaires, surtout les plus riches.

vendredi 6 avril 2012

Arcelor-PSA : un communiqué de Nathalie Arthaud


« Arcelor-PSA, même combat ! »

C’est ce que scan­daient hier les tra­vailleurs de PSA-Aulnay-sous-Bois, venus à Bobigny accueillir ceux d’ArcelorMittal Florange, qui mar­chent depuis dix jours pour défen­dre leur emploi. En effet, d’un côté, le numéro 1 mon­dial de l’acier (1,7 mil­liard d’euros de pro­fits en 2011) laisse depuis des mois les hauts-four­neaux à l’arrêt, avant sans doute de les fermer ; de l’autre, les tra­vailleurs de PSA (588 mil­lions de pro­fits) savent que leur patron veut fermer deux usines, sup­pri­mer plu­sieurs mil­liers d’emplois, pour pré­ser­ver les divi­den­des de la famille Peugeot. Le per­ma­nent de l’Élysée Sarkozy – 19 331 euros par mois – s’en est pris aux syn­di­ca­lis­tes de Florange, qui ont l’impu­dence de mani­fes­ter devant son siège de cam­pa­gne, en les accu­sant de « faire de la poli­ti­que » au lieu de « défen­dre les sala­riés ». Quelle morgue, quelle hypo­cri­sie, de la part d’un ser­vi­teur aussi zélé de la classe capi­ta­liste !
     Il avait promis aux tra­vailleurs de l’acié­rie de Gandrange qu’il main­tien­drait l’acié­rie : elle est main­te­nant fermée. Si Hollande est moins arro­gant, il ne promet rien aux tra­vailleurs de Florange, et sur­tout pas d’empê­cher Arcelor de licen­cier. Ni l’un ni l’autre n’impo­sera quoi que ce soit à PSA, ou à toutes ces entre­pri­ses qui, de Sealink à Sodimédical, de Paru-Vendu à Petroplus, licen­cient ou vont le faire, en toute séré­nité sur l’issue de l’élection pré­si­den­tielle.
     Alors, au-delà de ce scru­tin, il faudra que nous nous bat­tions pour impo­ser l’inter­dic­tion des licen­cie­ments et la répar­ti­tion du tra­vail entre tous, sans perte de salaire !

                                                           Nathalie Arthaud, vendredi 6 avril

"Sans papiers" : nos sœurs et nos frères de misère


Pour déposer une demande de titre de séjour afin d’être régularisé, il faut payer 110 euros  depuis le vote de la loi de finance de 2012 !
    Rien ne sera épargné à ceux que la misère des pays pauvres conduit, après mille écueils, vers les pays bien plus riches du nord.
     Pas encore régularisés mais déjà taxés.

Sous-préfecture : il faut du personnel

Au vu de l'afflux des usagers à la sous-préfecture d'Argenteuil, travailler dans des conditions normales devient impossible. Stress des usagers, surmenage des personnels, rien ne va plus.
     Quand il y a des millions de chômeurs, on peut trouver les employés nécessaires. Embauchons !

Ikéa : derrière les apparences feutrées, des méthodes patronales bien particulières


Les pratiques douteuses d’Ikéa sont depuis des mois mises sur la place publique. On apprenait il y a peu que la direction du magasin de Gonesse avait offert des bons-cadeaux à des policiers locaux en échange d’informations sur ses employés.
    Sur le dernier exercice 2010-2011, Ikéa a fait un bénéfice record de plus de trois milliards.
    Hausse des profits d’un côté, cela veut dire, de l’autre côté, la hausse de l’exploitation pour les travailleurs.
     Si la crainte du chômage ne suffit pas, d’autres arrangements entre amis sont ainsi possibles pour pister les salariés qui voudraient légitimement se défendre.

D’abord la concertation, ensuite la décision


Le projet de construction d’une crèche sur le site du groupe scolaire Marcel-Cachin est abandonné. De nombreux parents et habitants proches du groupe scolaire s'y opposaient arguant que cette construction supplémentaire diminuerait cour et espace public pour les élèves et les habitants. 
     La crèche est nécessaire. Mais pourquoi, en les informant, ne pas demander au préalable l’avis des personnes concernées par tel ou tel projet ?

       Cet ordre (information, concertation, décision) est le seul correct. 


D'abord la concertation, ensuite la décision (2)


De la même façon, la perspective de la vente des 632 logements d’AB-Habitat de Montigny ne fait pas l’unanimité, puisqu’un rassemblement de protestation est appelé demain à 11 heures place de la gare devant l’antenne. La perspective de cette vente a été décidée, et les locataires ont été mis au courant ensuite.
     Je me rendrai demain à ce rassemblement pour exprimer que, lorsqu’un projet sérieux est sur les rails, il faut d’abord informer, concerter, et ensuite décider.
     

jeudi 5 avril 2012

Conseil général du 93 : des fonds publics pillés par le privé…


Le conseil général de la Seine-Saint-Denis, dirigé par le PS, a décidé de recourir à un contrat de « partenariat public-privé » pour la construction et la reconstruction de 12 collèges du département. Le conseil général versera 340 millions d’euros, les 40 % restants seront apportés par les groupes privés. Le conseil général s’engage à payer un loyer annuel de 24 millions d’euros pendant 20 ans.
Il s’agit d’un beau cadeau aux groupes de BTP, Eiffage et Fayat. Le scandale de l’hôpital sud–francilien a déjà montré ce que sont les partenariats public-privé : cet hôpital a été livré par Eiffage avec une année de retard, d’innombrables malfaçons, et un surcoût faramineux. Et la collectivité publique devra lui verser une dîme durant des décennies.
     Ce partenariat, c’est une aubaine pour le privé.


Lycées : pas plus de 30 élèves ou 24 par classe, mobilisation !

Un tel étalement dans la presse ne fait ni plaisir aux élèves, ni à leurs parents, ni aux personnels qui se battent à longueur d'années pour tenter d'offrir aux élèves un enseignement de qualité, mais bien sûr dans des conditions difficiles.
     Et l'on prévoit à la rentrée prochaines dans ces lycées une hausse importante des élèves remettant en question les limites par classe en zone d'éducation prioritaire : 30 en sections générales, 24 en sections professionnelles !
     Le crachat que nous recevons avec ce genre de classement nous donne des raisons supplémentaires de ne pas accepter cette hausse scandaleuse des effectifs.
                                                           D. M., enseignant au lycée Georges Braque