Si près des vraies interrogations des travailleurs
Samedi 24.1.26.
« J’ai eu une première discussion avec un retraité qui me disait que “rien ne changera jamais si le peuple ne se révolte pas”. Nous avons parlé des attaques de la bourgeoisie française contre les travailleurs tout en la replaçant dans le cadre de la concurrence internationale. Il faisait également le lien entre la guerre économique et l’augmentation des tensions internationales et des conflits. Il me racontait : “ma femme, d’origine russe, au début de la guerre ne disait rien. Moi, je critiquais la Russie. Au bout de 5 jours elle m’a expliqué l’histoire des dernières décennies”. Il voyait bien que dans cette histoire les impérialistes occidentaux étaient eux aussi des fauteurs de guerre, voire les premiers à la manœuvre. Il n’était pas pour autant un soutien de Poutine. Nous avons aussi parlé de la force des travailleurs qui, unis et organisés, pouvaient et devaient prendre le pouvoir. Cela lui semblait évident. Dans les discussions sur le Groenland et le Venezuela Trump est souvent présenté comme un fou, un malade, et les réactions face à ces événements et déclarations laissent à penser que sa politique serait une sorte d’anomalie. Mais, en expliquant que ce sont les marchés et les ressources qui sont visées, il n’est pas difficile de faire comprendre que c'est là le fonctionnement normal de l’impérialisme, de ce système qui n’est pas régi par le droit international mais selon les rapports de force entre les grandes puissances.
Néanmoins, on ressent parfois dans les discussions la pression à se ranger derrière notre gouvernement : “ils sont trop mous, ils ne font rien !” m’a par exemple dit une dame à propos de nos dirigeants et de l’Union Européenne. J’ai tenté de la convaincre que les seconds couteaux de l’impérialisme ne sont pas en reste dans cette course au partage du monde et qu’eux aussi ont commis des horreurs, et continuent d’en commettre, dans l’intérêt de leurs capitalistes. J’ai notamment évoqué le Groenland, où dès les années 1960 le Danemark a tenté d’industrialiser le territoire, regroupant les populations inuit dans les villes, avant de mener une campagne de contraception imposée à plus de la moitié des femmes inuit en âge de procréer, en majorité des enfants.
J’ai également eu dans une discussion une remarque sur les “assistés” à qui l’on “donne trop alors qu’ils ne font rien”. Mais les gens abandonnent rapidement ces arguments quand on rappelle l’actualité récente et 200 ou 270 milliards d’euros versés chaque années aux grandes entreprises et qu’une autre bonne partie du budget de l’État va à l’armée qui se prépare à la prochaine guerre mondiale.
J’ai également eu des discussions à propos de la “gauche de rupture” et de “l’union des gauches”. Sans rentrer dans des guerres de chapelle, je rappelais que dans cette période il fallait être intransigeant sur l’internationalisme et la nécessité que les travailleurs s’organisent en ne comptant que sur leurs propres forces. »

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