La solution : que les habitants prennent la parole
Le problème fondamental dans la question de la défense du patrimoine est celui de l’appétit des promoteurs et la politique des notables municipaux qui ne veulent pas se trouver embarrassés par des obstacles légaux relevant du patrimoine. Un bâtiment ou un élément classé est tout de même un obstacle majeur à toute décision d’aménagement et de promotion immobilière. Depuis un demi-siècle, en conséquence, les initiatives des municipalités successives d’Argenteuil ont été marginales sinon nulles en la matière.
Municipalités et promoteurs, ce sont ces forces qu’il faudra vaincre. En tout cas, ce serait aux habitants de décider, au-delà de la préservation légale de tel ou tel bâtiment ou élément, l’aménagement général des espaces communaux et leur bouleversement éventuel.
Nous avons fait directement l’expérience ces deux dernières décennies que pour que les habitants réussissent à se faire entendre, emprunter la voie de la mobilisation était la seule possible. C’est elle qui a permis que la cité Joliot-Curie ne soit pas détruite dans le dos de ses locataires. C’est plus récemment, ce qui a obligé la municipalité actuelle à abandonner le projet calamiteux de destruction de l’espace Jean Vilar.
C’est un combat difficile mais c’est bien la seule voie. Aux habitants de décider ce qu’ils veulent voir conserver des éléments du passé, et de choisir leur futur. C’est vrai sur ce plan, à cette échelle locale comme à toutes les échelles, mais c’est la seule conviction à avoir en tête et à faire partager. DM
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