vendredi 19 mars 2021

« Le jeune parti communiste : du combat pour créer un parti révolutionnaire au stalinisme ». Aujourd’hui (25 et dernier) : Conclusion

Comme vous le savez, nous n’avons pas pu tenir le Cercle Léon Trotsky qui devait aborder, un siècle après le Congrès de Tours de décembre 1920, la naissance du parti communiste en France. Le texte de cet exposé est néanmoins disponible sur notre site lutte-ouvrière.org. Nous vous le proposons jour après jour en feuilleton sur notre blog « lo argenteuil ». Voilà la dernière partie, la conclusion de ce texte

 

« Le jeune parti communiste : du combat pour créer un parti révolutionnaire au stalinisme »

Conclusion

Les militants qui avaient engagé le combat pour faire du Parti communiste un parti révolutionnaire ont finalement échoué. Au moment où ce parti est devenu un véritable parti de masse implanté dans la classe ouvrière, il est aussi devenu le principal facteur de sauvegarde du capitalisme. Durant les décennies suivantes, ses dirigeants ont dévoyé l’immense influence de leur parti dans les classes populaires, le crédit personnel acquis par les militants communistes dans les entreprises et les quartiers, pour gagner des positions au sein des institutions de la bourgeoisie, jusqu’à la tête des ministères. À chaque fois que le pouvoir de la bourgeoisie a été fragilisé ou menacé, le PCF a joué un rôle ouvertement contre-révolutionnaire.

L’un des crimes les plus graves du stalinisme est d’avoir déformé et perverti toutes les idées héritées du marxisme ou des meilleures traditions des syndicalistes révolutionnaires. Derrière le langage et le vocabulaire en apparence marxistes, le contenu était aux antipodes des leçons héritées des combats passés de la classe ouvrière. Les dirigeants du PCF ont appris aux travailleurs à tout attendre du bulletin de vote et d’un «bon» gouvernement de gauche. Ils ont formé des générations de militants ouvriers avec des mœurs de bureaucrates, leur apprenant à se méfier des travailleurs du rang, repoussant et craignant les initiatives de ceux-ci, les empêchant de décider eux-mêmes des objectifs de leurs luttes et surtout de les diriger eux-mêmes. Ils ont fait reculer la conscience de classe, la diffusion systématique du nationalisme parmi les travailleurs étant l’une des formes les plus dramatiques de ce recul.

Un siècle plus tard, la nécessité impérieuse de bâtir un parti révolutionnaire demeure. La période dans laquelle nous vivons aujourd’hui est profondément différente de celle des années de jeunesse du PC. Nous ne sortons pas d’une révolution comme la révolution russe d’Octobre 1917 et le niveau de politisation et de conscience de classe des travailleurs comme leur combativité sont considérablement plus faibles que pour ceux des années 1920.

Pourtant, depuis cette époque, la classe ouvrière s’est développée partout sur la planète. Le caractère socialisé et international des moyens de production est de plus en plus évident. Il est irréversible. Tout ce qui fonctionne réellement dans cette société repose sur la classe des travailleurs. Elle seule a l’intérêt et les moyens de gérer et d’organiser la société de façon à répondre aux besoins et aux défis actuels de l’humanité. Ses forces sont intactes et, dans les luttes qu’elle devra mener inéluctablement pour défendre son droit à l’existence, nous avons la conviction qu’elle se montrera tout aussi combative qu’à d’autres périodes. Mais les luttes et la combativité ne suffisent pas. La classe ouvrière devra prendre le pouvoir, renverser la bourgeoisie, et pour cela il lui faudra un parti.

 


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