vendredi 19 mars 2021

Argenteuil, éducation, la grande misère des collégiens

 

Quand la jeunesse des quartiers populaires est sacrifiée

 

Un nombre déjà bien trop grand d'élèves dans ce collège

Le drame d’Alisha pose aussi bien sûr la question du rôle de l’Éducation nationale qui devrait être un lieu pour repérer, écouter, aider, mais pas seulement. Comme nous l’écrivions dans le l’article de Lutte ouvrière que nous avons posté hier, c’est sur le plan de la diffusion de la culture que l’État via l’Éducation nationale est fondamentalement défaillant  : « Mais les gouvernements qui, les uns après les autres, appauvrissent l’école en supprimant matières, heures d’enseignement et personnel, ne peuvent pas se vanter de donner aux jeunes élèves tous les moyens possibles pour accéder à une culture qui, dans tous les domaines, serait à même d’accrocher leur curiosité et d’élargir leur horizon. » Car cette question de la culture, c’est-à-dire de l’éducation à un certain nombre de points de repères est au cœur de la construction de l’enfant et de l’adolescent.

         Alors, que penser de la mise en place dans les deux années qui viennent d’un super-collège, super au niveau des effectifs, mais pas des capacités éducatives, au collège Jean-Jacques Rousseau du quartier du Val Notre Dame : 800 élèves prévus, c’est-à-dire rassemblés dans une énorme usine à problèmes ! Une question qui n’a pas suscité d’émotion lors du dernier conseil municipal de mardi, sur un sujet pourtant essentiel, celui du maillon le plus faible du système scolaire, le collège, qui concerne tout particulièrement l’adolescence.

         Dans ce quartier, en particulier sur l’axe Général Leclerc, les constructions immobilières se sont multipliées ces dernières années, qui accueillent ou vont accueillir des jeunes familles et augmenter considérablement le nombre d’enfants à scolariser. Où sont les équipements scolaires correspondant ? Ils viendront… un jour.

         Cette situation est dramatique, et les collectivités locales, et l’énorme majorité de leurs membres, n’y voient pas de problème.

         Mais misère pour les futurs collégiens de ce collège, misère pour les personnels qui ne sauront plus où donner les yeux de la tête.

         Que les jeunes des quartiers populaires soient confrontés à de telles conditions lamentables, les édiles n’en ont que faire, la quasi-totalité de leurs enfants iront grandir sous des cieux plus cléments. Même si le manque de points de repère des uns reviendra en boomerang sur l’ensemble de la société. DM

PS. Pour avoir un point de repère supplémentaire, voilà ce qu’écrivait en 2014 le réseau du « Café pédagogique » : « … la relation avec les enseignants est plus proche dans les petites structures. Il y a moins de désordre et de temps perdu à faire de la discipline. Finalement le taux de décrochage est moins important dans les petits établissements que dans les grands. Au final, une étude de Barry et West montre que les jeunes sortis de structures moyennes ont fait de plus longues études que ceux qui viennent de grands établissements et leur salaire est plus élevé… »

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