Avec Léon Trotsky et le communisme, un fil maintenu
La dégénérescence du premier État
ouvrier, de parti communiste en Russie et de la IIIème Internationale, a été
une gigantesque catastrophe dont le mouvement ouvrier ne s’est toujours pas
remis.
En
Union soviétique, nous avons évoqué comment de nombreux militants approuvèrent
les analyses de Léon Trotsky, comment ils furent réprimés et moururent pour la
quasi-totalité d’entre eux dans le goulag de la dictature stalinienne. Cette
Opposition de gauche portait l’expérience de trois révolutions, dans la
continuité du mouvement ouvrier du XIXème siècle, une expérience inestimable.
Le
seul de ce formidable mouvement qui survécut à cette catastrophe fut Léon Trotsky.
Il allait continuer le combat jusqu’à son assassinat par des envoyés de Staline
à Mexico en août 1940.
Ailleurs,
parmi les militants qui avaient rejoint le communisme lors de la vague
révolutionnaire commencée en 1917, nombreux furent ceux à ne pas être dupes de
ce qui se déroulait en Union soviétique. Mais face à ceux qui restèrent dans
les partis communistes stalinisés, par manque d’expérience, par ignorance, ou
par carriérisme, il y en eut bien peu pour surmonter leur déception et qui
poursuivirent leur engagement militant. Ils l’abandonnèrent, souvent sur la
pointe des pieds. Très rares en particulier furent parmi les militants
chevronnés ceux qui résistèrent et continuèrent, mais sans avoir le capital
politique pour non seulement analyser les évènements très denses de la période,
mais se lancer à partir de peu de forces dans la reconstruction d’organisations
communistes au sein de la classe ouvrière.
De
ses différents lieux d’exil, Trotsky analysa la dégénérescence de l’URSS, le
nazisme, la marche à la guerre, la montée ouvrière en France et en Espagne… Il
le fit non en spectateur mais en militant cherchant à définir chaque fois une
orientation susceptible de conduire la classe ouvrière vers l’action
révolutionnaires. À la veille de la guerre, en septembre 1938, il initia avec d'autres militants la proclamation de la IVème Internationale, pour marquer la continuité avec le programme communiste, comme un drapeau planté face aux bouleversements qui se préparaient.
De
loin, il n’eut de cesse de transmettre son expérience à des militants, jeunes pour
la plupart, et largement coupés de la classe ouvrière.
Le
développement des organisations s’affirmant trotskystes, c’est-à-dire
communiste et révolutionnaire fut très laborieux dans cette période de
régression politique qui conduisait à la guerre.
Trotsky
disparu, ces militants, très minoritaires, durent, seuls, trouver leur voie. Leur
histoire comme celle de leurs analyses furent semées d’embûches et d’erreurs.
Mais de génération militante en génération militante, c’est aussi leur
existence qui a permis que le courant trotskyste poursuive son chemin, dans les
décennies très difficiles de la Guerre et de l’Après-Guerre jusqu’à
aujourd’hui. Et si nous sommes-là c’est grâce à cette continuité. Quant à la
tâche de reconstruire des partis ouvriers communistes révolutionnaires, ici et
partout, et une nouvelle Internationale, elle est plus que jamais d’actualité.
DM
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