dimanche 10 mai 2020

Lutte ouvrière, nos origines, notre histoire


Avec Léon Trotsky et le communisme, un fil maintenu

 
Un journal trotskyste, décembre 1945

La dégénérescence du premier État ouvrier, de parti communiste en Russie et de la IIIème Internationale, a été une gigantesque catastrophe dont le mouvement ouvrier ne s’est toujours pas remis.
                   En Union soviétique, nous avons évoqué comment de nombreux militants approuvèrent les analyses de Léon Trotsky, comment ils furent réprimés et moururent pour la quasi-totalité d’entre eux dans le goulag de la dictature stalinienne. Cette Opposition de gauche portait l’expérience de trois révolutions, dans la continuité du mouvement ouvrier du XIXème siècle, une expérience inestimable.
         Le seul de ce formidable mouvement qui survécut à cette catastrophe fut Léon Trotsky. Il allait continuer le combat jusqu’à son assassinat par des envoyés de Staline à Mexico en août 1940.
         Ailleurs, parmi les militants qui avaient rejoint le communisme lors de la vague révolutionnaire commencée en 1917, nombreux furent ceux à ne pas être dupes de ce qui se déroulait en Union soviétique. Mais face à ceux qui restèrent dans les partis communistes stalinisés, par manque d’expérience, par ignorance, ou par carriérisme, il y en eut bien peu pour surmonter leur déception et qui poursuivirent leur engagement militant. Ils l’abandonnèrent, souvent sur la pointe des pieds. Très rares en particulier furent parmi les militants chevronnés ceux qui résistèrent et continuèrent, mais sans avoir le capital politique pour non seulement analyser les évènements très denses de la période, mais se lancer à partir de peu de forces dans la reconstruction d’organisations communistes au sein de la classe ouvrière.
         De ses différents lieux d’exil, Trotsky analysa la dégénérescence de l’URSS, le nazisme, la marche à la guerre, la montée ouvrière en France et en Espagne… Il le fit non en spectateur mais en militant cherchant à définir chaque fois une orientation susceptible de conduire la classe ouvrière vers l’action révolutionnaires. À la veille de la guerre, en septembre 1938, il initia avec d'autres militants la proclamation de la IVème Internationale, pour marquer la continuité avec le programme communiste, comme un drapeau planté face aux bouleversements qui se préparaient.
         De loin, il n’eut de cesse de transmettre son expérience à des militants, jeunes pour la plupart, et largement coupés de la classe ouvrière.
         Le développement des organisations s’affirmant trotskystes, c’est-à-dire communiste et révolutionnaire fut très laborieux dans cette période de régression politique qui conduisait à la guerre.
         Trotsky disparu, ces militants, très minoritaires, durent, seuls, trouver leur voie. Leur histoire comme celle de leurs analyses furent semées d’embûches et d’erreurs. Mais de génération militante en génération militante, c’est aussi leur existence qui a permis que le courant trotskyste poursuive son chemin, dans les décennies très difficiles de la Guerre et de l’Après-Guerre jusqu’à aujourd’hui. Et si nous sommes-là c’est grâce à cette continuité. Quant à la tâche de reconstruire des partis ouvriers communistes révolutionnaires, ici et partout, et une nouvelle Internationale, elle est plus que jamais d’actualité. DM

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