jeudi 7 mai 2015

Réforme des collèges et latin : tempête dans un bénitier



Tempête dans un bénitier (Brassens)

Le gouvernement vient de concocter une énième réforme du Collège sur laquelle nous reviendrons, mais qui est en tout cas bien loin des problèmes de celui-ci à résoudre dans les quartiers populaires.
         Mais vous l’avez deviné, cette question de l’inégalité scolaire entre quartiers bourgeois et quartiers populaires, n’est pas spécialement au cœur des discours des détracteurs de droite de cette « réforme ». Leur colère à son encontre se concentre en particulier sur l’enseignement des langues « élitistes » de « tradition » dans le pays, le latin, le grec, mais aussi l’allemand.
         Dans le courrier qu’un régiment de parlementaire de droite vient d’envoyer à Hollande pour réclamer le retrait de cette réforme, on trouve ainsi, sans rire, le passage suivant : «une majorité de gauche qui propose de couper la langue française de ses racines en réduisant l'enseignement du latin à de simples notions de civilisation ».
         Rien de moins : « couper la langue française de ses racines » !
         Au lycée Georges Braque d’Argenteuil, il y eut longtemps une « option latin », et ce n’était pas loin de là la plus mauvaise chose qui soit. Elle a disparu il y a quelques années, alors que grandissaient les difficultés de cet établissement et sa prolétarisation. Sans que cela n’émeuve quiconque, ni à droite, ni à gauche.

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