Tempête dans un bénitier (Brassens)
Le gouvernement vient de concocter
une énième réforme du Collège sur laquelle nous reviendrons, mais qui est en
tout cas bien loin des problèmes de celui-ci à résoudre dans les quartiers
populaires.
Mais
vous l’avez deviné, cette question de l’inégalité scolaire entre quartiers
bourgeois et quartiers populaires, n’est pas spécialement au cœur des discours
des détracteurs de droite de cette « réforme ». Leur colère à son
encontre se concentre en particulier sur l’enseignement des langues « élitistes »
de « tradition » dans le pays, le latin, le grec, mais aussi l’allemand.
Dans
le courrier qu’un régiment de parlementaire de droite vient d’envoyer à
Hollande pour réclamer le retrait de cette réforme, on trouve ainsi, sans rire,
le passage suivant : «une majorité de gauche qui propose de couper la
langue française de ses racines en réduisant l'enseignement du latin à de
simples notions de civilisation ».
Rien
de moins : « couper la langue française de ses racines » !
Au
lycée Georges Braque d’Argenteuil, il y eut longtemps une « option latin »,
et ce n’était pas loin de là la plus mauvaise chose qui soit. Elle a disparu il
y a quelques années, alors que grandissaient les difficultés de cet établissement
et sa prolétarisation. Sans que cela n’émeuve quiconque, ni à droite, ni à
gauche.
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