Manifestation du 13 janvier : l'Église
catholique à la manœuvre
À
l'initiative de La Manif
pour tous, organisée le dimanche 13 janvier « pour défendre le mariage qui
unit un homme et une femme », se trouve un conglomérat de groupes, ou de
personnes, ayant pour point commun d'être réactionnaires, bigots, voire
intégristes, majoritairement catholiques.
Si l'Église catholique n'a pas été
l'instigatrice de cette manifestation, cela n'empêche pas ses dignitaires et
des organisations se revendiquant de prétendues valeurs du catholicisme de
militer pour y faire venir le maximum de monde. André Vingt-Trois, le chef de
l'Église catholique française, a annoncé qu'il ne manifesterait pas lui-même...
parce qu'il a d'autres moyens de s'exprimer, mais qu'il irait faire un tour à
cette manifestation qu'il désigne comme « aconfessionnelle » et « apolitique ».
« Aconfessionnelle » ? Depuis des mois,
l'Église mène une propagande intense contre le mariage pour tous, couvrant les
dérives des ultras parmi ses troupes et leurs âneries homophobes, telles que :
l'union légale des homosexuels conduirait à la polygamie (ou la polyandrie),
l'inceste, la zoophilie, voire la fin de la civilisation ! Récemment, un
courrier a été envoyé à chaque directeur d'établissement scolaire catholique,
des appels à manifester sont lancés du haut des chaires. Seront aussi présentes
des organisations comme Laissez-les Vivre, qui milite contre le droit à
l'avortement, ou Civitas, qui se revendique des « valeurs chrétiennes (comme
frapper des militantes de Femmen qui soutenaient le projet de loi à la
manifestation du 18 novembre ?) et de l'ordre naturel » et « visant à
rechristianiser la France
».
Quant à « l'apolitisme », parlons-en
aussi. L'UMP, le Front national et différents groupes d'extrême droite ont
appelé à la manifestation, chacun espérant élargir son audience au sein de ce
marigot réactionnaire. Pour sa part, l'UMP a choisi de cristalliser son
opposition au gouvernement PS autour de ce thème marginal, qui a l'avantage de
ne toucher ni de près ni de loin au mode de fonctionnement de cette société où
le pouvoir économique est entre les mains d'une minorité de possédants, et qui
ne l'engage à rien au cas où elle reviendrait au pouvoir.
Quant à l'Église catholique, elle n'est
pas dénuée d'arrière-pensées et entend peser de tout son poids sur le
gouvernement pour le faire reculer sur une réforme pourtant bien timide, comme
elle l'avait fait le 24 juin 1984 en organisant contre le gouvernement
Mauroy une manifestation pour la défense de l'école libre. Elle avait alors
obligé le ministre de l'Éducation nationale, Alain Savary, à remballer son
projet de réforme visant à intégrer les écoles libres à l'enseignement public
et elle les considère toujours comme sa propriété.
Marianne LAMIRAL
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