Cirque
politicien dans un monde en flammes
Publié le 16/03/2026
Malgré un nouveau record
d’abstentions, les résultats du premier tour des élections municipales
électrisent le monde politique. D’abord, parce que le suspense reste total pour
nombre de grandes villes. Ensuite, parce que tous les partis veulent faire de
ce scrutin une démonstration de force en vue de la présidentielle.
Cette agitation politicienne pour
se présenter comme le plus fort ou le plus beau est très loin des intérêts des
travailleurs, et elle est dérisoire.
Quels que soient ceux qui
dirigeront les villes ou le pays, dans les prochains mois la situation sera
plus difficile pour le monde du travail et les habitants des quartiers
populaires. Pas seulement parce que le grand patronat va continuer de bloquer
les salaires et accentuer l’exploitation, mais aussi parce qu’il y aura moins
d’enseignants dans les écoles, moins de lits dans les hôpitaux, moins de
constructions de logements abordables et moins d’argent destiné à tous les
services utiles à la population, parce que l’argent passe dans la hausse des
budgets militaires.
La nouvelle guerre déclenchée par
Trump et Netanyahou au Moyen-Orient entraîne, en effet, le monde vers une
guerre générale et aggrave la crise de l’économie capitaliste en faisant de
nouveau flamber les prix du pétrole et du gaz et, indirectement, de tous les
autres produits. Comme à chaque crise, l’État va voler au secours des
capitalistes, et il nous présentera l’addition, que nous payons déjà en partie
quand nous passons à la pompe.
Et surtout, le risque se précise
de voir nos propres enfants envoyés mourir à la guerre pour les intérêts de
Total, de Vinci ou de Dassault, dans le détroit d’Ormuz, au Liban, en Ukraine
ou ailleurs.
Les partis de droite et d’extrême
droite comme les partis de la gauche institutionnelle ne changeront rien de
fondamental à l’évolution catastrophique du système capitaliste. Car ils se
rangent tous derrière la politique du grand patronat qui exploite les
travailleurs.
Si certains dénoncent
l’impérialisme américain et l’engrenage guerrier qu’il a déclenché en attaquant
l’Iran, ils sont tous d’accord avec Macron pour défendre les intérêts de
l’impérialisme français.
Tous ces partis sont d’accord
pour augmenter le budget militaire. Tous ont approuvé l’envoi du porte-avions
Charles-de-Gaulle au Moyen-Orient. Tous s’aligneront derrière le chef
d’état-major des armées qui, devant le dernier congrès des maires, sommait la
population « d’accepter de perdre ses enfants » et de « souffrir économiquement
». Alors, comment peuvent-ils prétendre protéger la population ?
Il n’y aura pas d’avenir heureux
pour les travailleurs et les peuples opprimés dans le cadre de cette société
capitaliste. Construire un parti communiste, révolutionnaire et
internationaliste est indispensable pour combattre et vaincre la dictature du
grand capital, aussi rapace qu’assassin.
Une telle construction exigera
l’irruption des exploités sur la scène politique à travers leurs mobilisations,
leurs luttes et des grèves de masse. Mais il faut travailler à son
développement dès aujourd'hui, en rassemblant des travailleuses et des
travailleurs conscients que leur camp représente une alternative à la
domination de la classe capitaliste.
C’est ce à quoi s’emploie Lutte
ouvrière et c’est pourquoi il y avait des listes Lutte ouvrière – Le camp des
travailleurs dans 243 communes, rassemblant 11 000 candidats. Ces listes ont
recueilli quelque 74 600 voix, soit 1,20 % des suffrages en moyenne.
Elles ont obtenu 24 élus, dont des ouvriers de l’automobile, un
conducteur de bus, une employée de la SNCF, des enseignants, un gardien
d’immeuble ou encore une couturière…
Ces résultats sont très modestes,
mais nos listes ont exprimé le rejet des représentants des partis qui se
disputent pour gérer un système capitaliste de plus en plus inégalitaire,
réactionnaire et guerrier.
Elles ont affirmé leur appartenance
à un camp et à une perspective : que le monde ouvrier refuse les divisions en
son sein et se batte pour refonder la société sur des bases collectives. Elles
ont exprimé le refus d’être sacrifié pour les profits des capitalistes dans une
nouvelle guerre impérialiste mondiale. Elles représentent un encouragement et
un point de ralliement pour celles et ceux qui n’acceptent pas l’exploitation,
l’injustice et la plongée dans la barbarie.
Faire renaître un parti qui
représente les intérêts de classe des travailleurs et se donne pour but
l’émancipation de tous les exploités de cette planète est la seule issue et le
véritable moyen de reprendre confiance. Le monde du travail représente une
force immense à l’échelle internationale. Cette force s’ignore aujourd'hui,
mais elle sera irrésistible si elle s’organise et a une politique pour changer
la société de fond en comble !
Nathalie ARTHAUD