Ukraine-Russie :
quatre ans d’une guerre fratricide
L’année écoulée a été la plus
meurtrière en Ukraine, depuis ce 24 février 2022 où Poutine lança l’armée
russe sur le pays. Et cela bien que, dans le même temps, les États-Unis, la
Russie, l’Ukraine et l’Union européenne aient multiplié les initiatives censées
ouvrir la voie à un cessez-le-feu.
Publié le 25/02/2026
Depuis un an les sommets entre
Trump et Poutine se succèdent, leurs émissaires semblent ne plus se quitter, en
présence parfois de leurs homologues européens et ukrainiens. Mais quelle
réalité peut bien avoir le mot paix pour les soldats au front ou pour les
populations civiles, cet hiver encore privées de chauffage et d’éclairage, qui
vivent dans la hantise des missiles et des drones, toujours plus perfectionnés
dans l’art de tuer ?
Les
raisons de cette guerre
« L’opération militaire spéciale
» du Kremlin n’a pas atteint ses objectifs, se félicite Macron. Certes, Poutine
n’a pas réussi à prendre Kiev en trois jours, ni à balayer le gouvernement
Zelensky, comme le lui promettaient ses généraux. Et le régime russe apparaît
embourbé dans cette guerre, dont les conséquences économiques, démographiques
et sociales pèsent de plus en plus lourd sur la société russe, répètent médias
et gouvernants occidentaux. Mais cette présentation de la situation masque un
fait majeur : depuis l’effondrement de l’Union soviétique, voici 35 ans,
les puissances impérialistes, États-Unis en tête, n’ont cessé de chercher à
détacher l’Ukraine de la Russie. En lui faisant miroiter sa possible
intégration à l’OTAN et à l’Union européenne, ils l’ont utilisée comme un pion
destiné à contrer la Russie dans son propre pré carré.
En effet, la guerre de 2022,
extension à toute l’Ukraine d’un conflit ayant commencé en 2014 dans l’Est
industriel, le Donbass, n’a pas éclaté comme un éclair dans un ciel serein.
Elle était inscrite depuis des décennies dans la politique de l’impérialisme
visant à affaiblir la Russie, et cela sans prendre de risque, puisque c’étaient
l’Ukraine et sa population qui se trouvaient en première ligne.
L’ignorer serait se condamner à
ne rien comprendre au drame qui se déroule à l’est de l’Europe, selon un
scénario que jusqu’au dernier moment la plupart des Russes et des Ukrainiens
jugeaient impossible. Comment deux peuples, qui vivent entremêlés depuis des
siècles, qui partagent une même culture, une même histoire, voire une même
langue, dont de nombreuses familles ont des membres de part et d’autre d’une
frontière qui n’avait jamais vraiment existé, auraient-ils pu se combattre ? Et
pour quoi ?
Ceux qui
parlent de paix, tout en chérissant la guerre
Si les négociateurs du Kremlin
sont dépeints comme ne voulant céder sur rien, certains médias ont souligné
que, en marge des pourparlers de paix à Genève, en Floride ou à Doha, se
négocient des accords économiques bilatéraux massifs entre la Russie et
Washington. L’été dernier, à peine Trump avait-il étendu la main sur les «
terres rares » d’Ukraine que Poutine lui avait signalé que la Russie en
possédait bien plus et qu’elle était prête à conclure des contrats
d’exploitation commune avec des firmes américaines. En coulisse du sommet
Trump-Poutine en Alaska, le géant pétrolier Exxon n’avait-il pas repris langue
avec son partenaire russe pour exploiter des gisements gaziers géants dans
l’île de Sakhaline ? Ce n’était que des mises en jambe. Depuis, les
négociations tournent autour de l’invitation russe faite aux firmes américaines
de coexploiter les richesses en gaz, pétrole, cuivre, titane, nickel, lithium,
etc., de l’Arctique, et de lancer des projets communs dans l’aviation et le
nucléaire. Selon l’agence économique Blomberg, ce « paquet » pèserait 12
000 milliards de dollars.
Ce sont des projets, qui restent
conditionnés à la levée des sanctions économiques contre la Russie. Mais leur
ampleur explique sans doute en bonne part pourquoi Trump fait autant pression
sur son « allié » Zelensky pour qu’il accède aux exigences de Moscou. Et aussi,
car il n’a pas qu’un fer au feu, pourquoi les satellites américains continuent
à fournir des renseignements indispensables à l’armée ukrainienne : il ne
s’agirait pas de la laisser en tête à tête avec des Européens, alliés mais
concurrents des États-Unis.
Pour ce quatrième anniversaire de
la guerre, les alliés européens de l’Ukraine l’ont à nouveau assurée de leur
soutien contre Moscou, mais sans que cela débouche sur autre chose que
l’habituel statu quo quant à un éventuel accord de paix.
Chasse au
pactole
Si les Européens ont pris la
relève des Américains pour les fournitures d’armes à l’Ukraine, ils sont bien
en peine d’assurer sa sécurité face à la Russie, alors qu’ils le clament haut
et fort. D’abord, ils n’auraient pas assez de militaires à envoyer sur le
terrain, et de surcroît l’Allemagne et la Pologne ne veulent pas en entendre
parler. Et puis, finalement, l’actuel statu quo fait bien l’affaire de la
France, du Royaume-Uni, de l’Allemagne qui sont devenus les principaux
pourvoyeurs d’armes de Kiev. Leurs états-majors et leurs industriels de
l’armement ont, dans l’Ukraine telle qu’elle est, un terrain d’exercice XXL
pour développer leurs engins de mort, pour mettre au point de nouvelles
techniques tels les drones. C’est aussi une vitrine géante pour exporter leur
savoir-faire guerrier. Alors pourquoi pousseraient-ils à la conclusion de la
paix, quand la guerre réclame toujours plus de chair à canon, donc de canons,
drones, etc., made in France ou in Germany ?
Certes, Kiev n’a pas les moyens
de poursuivre cette guerre. Mais ses « alliés » se font un plaisir de lui
ouvrir une ligne de crédit permanente, via le FMI ou les institutions
financières européennes. Personne n’ignore que, de quelque façon que se termine
ou pas cette guerre, Kiev ne pourra jamais rembourser ces sommes monstrueuses.
Mais, outre que cela fait d’ores et déjà les beaux jours des prêteurs
occidentaux – avec la garantie de leurs États – cela place ces mêmes États en
meilleure position pour « l’après », quand il s’agira de reconstruire ce pays
dévasté. La dernière estimation évalue ce marché à 400 milliards de
dollars !
Et dans les milieux patronaux, on
ne se cache pas de lorgner ce pactole. Le 30 janvier, une note
internationale du Groupe Crédit Agricole, neuvième banque mondiale en termes
d’actifs, titrait sans détour : « Renforcer la contribution de l’Ukraine à
la croissance du Groupe en Europe. » Nul besoin comme au JT de
20 heures de parler de démocratie, de courage de tout un petit peuple et
de valeurs européennes, la note va droit au but : « Notre objectif est
d’augmenter notre part de marché dans l’agriculture, le crédit automobile et
les technologies de l’information. Et bien sûr, nous souhaitons jouer
pleinement notre rôle dans le processus de reconstruction de l’Ukraine. »
Se tailler une part d’un gâteau de 400 milliards de dollars, cela motive.
« Bien sûr. »
Pierre Laffitte (Lutte ouvrière
n°3004)
Les prochaines permanences
et rendez-vous prévus à Argenteuil :
-Aujourd’hui samedi 28
février, de 10 heures à 10 h.30 marché des Coteaux ;
-de 10 h.30 à 12 h.30
marché Joliot-Curie ;
-de 11h. à midi marché de
la Colonie ;
-de 14 h. à 16 h devant la
mairie ;
Et de 17 h.30 à 19 heures
proximité du carrefour Babou ;
-dimanche 1er
mars :
-9 h30 à midi, carrefour
Babou ;
-10 h à 10 h.55
Intermarché du Centre ;
-11 h. à midi marché
Héloïse ;
-de 14 à 16 heures
Carrefour Babou.
-lundi 2 mars, de 17 h.30
à 19 h.30 devant Intermarché du centre ;
-mardi 3 mars : carrefour
Babou du Centre, de 17h.15 à 18 h.15. ;
-Mercredi 25 février : de
14 à 16 heures entrée de la mairie,
- et de 17 h.30 à 19 h.15
devant Auchan-Val Sud.