lundi 30 juin 2025

Sport à l’école : très loin d’être olympique

 Sport à l’école : très loin d’être olympique

Le 23 juin, à l’occasion de la Journée olympique, le Syndicat national de l’éducation physique, le Snep FSU, a publié les résultats d’une enquête menée auprès de 3 744 établissements du secondaire, soit près de la moitié des collèges et lycées en France.

Publié le 25/06/2025

 

L’enquête montre l’impossibilité pour les jeunes de faire du sport dans de bonnes conditions. Selon elle, 49 % des établissements sont à considérer en « situation d’urgence », soit parce qu’il faudrait faire d’importantes rénovations, soit que, les équipements étant inexistants, il faudrait en construire massivement. 230 000 élèves n’ont en effet pas accès à un gymnase. « Nos gymnases sont nos classes. On n’imagine pas un prof de physique qui n’a pas assez de paillasses. Pour nous, c’est pareil, on ne peut pas travailler avec des installations mauvaises ou pas du tout d’installations sportives », déplore Coralie Benech, cosecrétaire générale du Snep-FSU. 450 000 élèves perdent ainsi plus de trente minutes par cours en raison de l’éloignement des équipements, qui ampute le temps d’apprentissage. 500 000 élèves ne peuvent bénéficier d’un apprentissage de la nage car ils n’ont pas accès à une piscine. Il manquerait au moins mille piscines au parc aquatique, vétuste. Chaque année, on déplore des cas de noyade de jeunes n’ayant pas appris à nager.

Dans ce domaine comme dans bien d’autres, les enfants des classes populaires sont les plus défavorisés, car, pour eux, l’école est le premier lieu de pratiques sportives. Dans le domaine des équipements, les inégalités sont particulièrement criantes. Ainsi Mayotte ne dispose que de 12 équipements pour 10 000 habitants, la Seine-Saint-Denis de 15,3, contrairement aux Hautes-Alpes, qui en disposent de 208.

On voit ce qu’il en est des promesses faites par le gouvernement il y a un an, qui lors des Jeux olympiques prétendait faire de l’accès au sport une priorité nationale.

                                                      Aline Retesse (Lutte ouvrière n°2969)

Argenteuil, collèges, Lucie Aubrac, une hausse des effectifs aux conséquences dramatiques

Comment être au plus près des élèves quand les effectifs sont pléthoriques ?

 

 

Un appel à la grève a lieu aujourd’hui et touchera au moins les deux collèges du Val-Nord, Lucie Aubrac et Claude Monet, mais également des écoles primaires, Éluard et Romain Rolland en particulier. Affirmer son refus, s’organiser, se mettre en grève est la seule voie pour l’amélioration drastique nécessaire. Cela vaut ce 30 juin comme pour la rentrée prochaine.

 

Un grave évènement a touché dernièrement le collège Lucie Aubrac du quartier du Val-Nord, ses agents et professeurs : une menace de mort envoyée par la poste à l’encontre d’un de ces derniers.

         On apprend que, d’après l’Annuaire de l’Éducation nationale, les effectifs de ce collège d’un quartier très populaire sont passés progressivement de 514 élèves en 2017 à 688 élèves à la rentrée 2024. 170 élèves en plus, une augmentation du tiers des effectifs !

         De telles hausses qui concernent d’autres établissements de la Ville sont dramatiques. Elles font des locaux des lieux difficilement gérables, les déplacements entraînant cavalcades et bousculades. Elles réduisent le temps que les personnels de surveillance et d’éducation peuvent consacrer à chaque collégien, pour réduire les problèmes et connaître ne serait-ce qu’un peu les élèves. Elles peuvent transformer les classes en poudrières.

         Dans ces conditions qui concernent pourtant un moment crucial de l’évolution des jeunes, leurs conséquences sont dramatiques.

         L’État s’en moque. Il a d’autres intérêts à défendre. Pour l’avenir de ces jeunes, on ne peut compter que sur l’action collective, des parents, et des travailleurs de l’Éducation nationale, agents et enseignants. DM

 

dimanche 29 juin 2025

Logement, bouilloires thermiques : un mépris étouffant

 Bouilloires thermiques : un mépris étouffant

Alors que les épisodes de canicule se multiplient, des millions de personnes vivent dans de véritables bouilloires thermiques, des logements où il est impossible de garder de la fraîcheur.

Publié le 25/06/2025

Dans les HLM, 40 % des habitants disent souffrir de la chaleur l’été, parfois tout simplement parce que les appartements ne comportent pas de volets : selon une enquête de l’Agence nationale de contrôle du logement social publiée en décembre, 13 % des foyers sondés n’avaient ni volet, ni brise-soleil. 20 % d’entre eux, particulièrement dans les petits logements, ne peuvent pas créer de courant d’air en raison de la configuration de leur appartement. Quant aux logements privés, ils ne valent pas toujours mieux : le manque de volets, les revêtements qui concentrent la chaleur comme le zinc des toits parisiens, les appartements exigus ne permettant pas une réelle aération, condamnent bien des habitants à subir des températures insupportables malgré des loyers ou des prix élevés. Les bouilloires thermiques sont d’ailleurs bien souvent aussi des passoires l’hiver et les mêmes foyers modestes souffrent en alternance de la chaleur et du froid. Les plus pauvres sont les premières victimes : d’après la Fondation pour le logement (ex-Fondation Abbé-Pierre), 37 % des ménages modestes déclarent souffrir de la chaleur dans leur logement, contre 20 % des ménages plus aisés.

Les solutions sont pourtant connues. Isoler les murs, poser des protections solaires, ou encore végétaliser les façades, les cours d’immeuble et les rues, sont autant de mesures efficaces. Mais le budget de la rénovation énergétique est loin des besoins : alors qu’Élisabeth Borne, lorsqu’elle était Première ministre, avait promis que l’État financerait 200 000 rénovations globales de logements par an, seules 91 000 ont été assurées en 2024. Dernièrement, le gouvernement a suspendu les subventions aux rénovations d’ampleur par le dispositif MaPrimeRénov’ et n’a maintenu les aides que pour les petits travaux, souvent insuffisants pour résoudre vraiment le problème.

Tout le monde sait que les épisodes de canicule vont se multiplier en raison du réchauffement de la planète. D’ailleurs, d’après la Fondation pour le logement, le nombre de personnes vivant dans des logements trop chauds a augmenté de 26 % depuis 2013. Cette proportion ne peut qu’augmenter dans les années à venir, puisque la lutte contre le réchauffement climatique se résume à organiser des sommets suivis de communiqués constatant que la situation est grave et qu’il faudrait faire quelque chose, sans jamais y consacrer les moyens nécessaires. Il est vrai que cela ne préoccupe ni les industriels du bâtiment, que la construction de logements de bonne qualité à des prix accessibles aux classes populaires n’intéresse pas, ni le gouvernement, qui se soucie davantage de financer l’armée que de faire baisser la température dans les appartements surchauffés des travailleurs.

                                                      Claire Dunois (Lutte ouvrière n°2969)

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil et la région :

-Aujourd’hui dimanche 29 juin, de 10 h.10 à 10 h.40 devant l’Intermarché du Centre ;

Et de 10 h.45 à 11 h.45 au marché Héloïse ;

Lundi 30 juin, de 18 à 19 heures, centre commercial de la cité des Raguenets de Saint-Gratien.

Mardi 1er juillet : de 10 h.45 à midi : centre cl cité Joliot-Curie.

Sommet de l’OTAN : le bœuf et les grenouilles

 Sommet de l’OTAN : le bœuf et les grenouilles

L’OTAN est cette alliance militaire des pays d’Europe de l’Ouest sous commandement américain qui visait, en 1949, à préparer la guerre contre l’Union soviétique.

Publié le 25/06/2025 

 

 L’URSS disparue, l’OTAN a servi de véhicule à la reconquête ou à la retombée des pays de l’ex-glacis soviétique dans le giron occidental, c’est-à-dire sous la domination du capital américain et, dans une moindre mesure, allemand, français, britannique, etc.

Devant cette poussée allant jusqu’à l’installation de bases militaires aux frontières russes, Poutine a contre-attaqué en envahissant l’Ukraine, suscitant une mobilisation accrue de l’OTAN et trois ans de guerre fratricide et sans issue. Après quoi, Trump, redevenu président, négocie désormais avec Poutine un partage des dépouilles et des minerais ukrainiens. Le chancelier allemand, le président français et le Premier ministre britannique, fournisseurs d’armes et de discours guerriers antirusses, sont priés de s’aligner derrière le chef à l’occasion de la conférence de l’OTAN, et de manger leur chapeau, avec ou sans sauce hollandaise.

Mark Rutte, le secrétaire général de l’OTAN, relaie l’exigence américaine de porter les dépenses militaires de chaque pays membre à 5 % du PIB, soit des centaines de milliards d’euros supplémentaires. Le fait que ces dépenses délirantes ne peuvent se faire qu’en étranglant les populations n’entre pas en ligne de compte, pas plus aux États-Unis qu’ailleurs. L’OTAN, comme l’état-major américain, insiste sur l’interopérabilité des armes : les matériels et les soldats des différents pays doivent pouvoir agir ensemble. Et quoi de mieux pour cela que d’acheter en chœur du matériel américain, d’être formés et encadrés par des spécialistes américains ? Les marchands de mort européens, Dassault, Rheinmetall, Leonardo et quelques autres, ainsi que leurs visiteurs de commerce, Macron, Merz et Meloni, protestent faiblement et, surtout, loin des oreilles du chef et des sommets de l’OTAN. Quoi qu’il en soit, Lockheed-Martin ou Dassault, les budgets militaires ont déjà augmenté et augmenteront encore.

Tous ces chefs d’État plient le genou devant les voltefaces de Trump, en Ukraine, puis au Moyen-Orient, consentent aux massacres et aux mensonges éhontés de son homme-lige Netanyahou, approuvent la prétention de l’impérialisme de tout régler à coups de canon, quoi qu’ils aient dit avant. C’est ainsi qu’un Macron peut se réveiller tardivement en parlant de la nécessité de reconnaître un État palestinien, puis se coucher en approuvant les bombardements israéliens sur l’Iran. Que va-t-il avaler à La Haye ? Le secrétaire général Rutte en donne une idée, disant que le Moyen-Orient est en dehors des compétences de l’OTAN tout en soutenant les bombardements israélo-américains, qui, d’après lui, ressortent de la légitime défense.

L’impérialisme le plus puissant dicte sa loi aux autres. Cela a commencé il y a un siècle et s’est institutionnalisé, après la Deuxième Guerre mondiale, entre autres avec l’OTAN. Cela ne dépend pas de la personnalité du président américain du moment, mais des rapports de force financiers, industriels et militaires. Simplement, les foucades d’un Trump et son cynisme à toute épreuve donnent une piteuse image des grands chefs du « monde libre » que prétendent être Macron, Merz ou Starmer.

Si cela ne se passait pas dans une ambiance générale de marche à la guerre, on pourrait presque en sourire.

                                                          Paul Galois (Lutte ouvrière n°2969)

En Hongrie, à Budapest, le succès éclatant de la Marche des fiertés pourtant interdite

Tous ceux qui s’opposent à Orban peuvent être fiers de ce succès

 

 

Le gouvernement réactionnaire de Viktor Orban pensait qu’une simple interdiction empêcherait la mobilisation pour la Gaypride, la marche des fiertés. Ces catholiques en auront été pour leurs préjugés d’un autre âge. La manifestation a réuni des dizaines de milliers de personnes à Budapest. Il est même question de 200 000 participants.

         Quand on est résolu à défendre ses convictions et sa liberté, bien des obstacles peuvent sauter. C’est une vérité qui vaut pour bien d'autres sujets.

         En tout cas, le succès de cette manifestation est un encouragement contre tous ceux qui en Hongrie lutte contre ce cours réactionnaire dont sont aussi particulièrement victimes les travailleurs.DM