lundi 26 janvier 2026

États-Unis, Minneapolis : l’ICE a tué une seconde fois. Elle s’en prend aussi aux enfants

 

Un gang

 

 

À Minneapolis, après qu’une femme de 37 ans ait été tuée par des agents de l’ICE il y a quelques semaines, la police anti-immigration de Trump vient d’assassiner une seconde fois samedi lors d’une manifestation, un infirmier cette fois, Alex Pretti. Mais l’ICE utilise aussi les enfants comme appât pour arrêter leurs parents.

         C’est un enfant de 5 ans qui a été enlevé par cette même ICE dans cette ville, pour piéger le père, demandeur d’asile équatorien.

         Le vice-président J.D. Vance a justifié cette arrestation. Comme il pouvait difficilement traiter l’enfant de 5 ans de terroriste comme Trump et lui le font habituellement pour salir les victimes des brutalités de l’ICE, il a prétendu que le père avait abandonné l’enfant et que l’ICE l’avait recueilli !

         Trump et sa bande ne reculent devant aucune abjection pour justifier la chasse brutale aux travailleurs immigrés. Ils ont pour but de terroriser toute la population. Mais de nombreuses personnes continuent de contester cette politique et cette police et s’organisent contre, comme le démontrent les nombreuses manifestations qui ont lieu à la suite du second meurtre qui vient de se produire.

Gaza : le mythe de la reconstruction

Gaza : le mythe de la reconstruction

La « phase 2 » du plan de Trump prétendant mettre fin à la guerre contre Gaza a débuté le 14janvier. À la suite, le comité technocratique de « gouvernance » que le président américain a prévu pour administrer provisoirement et piloter la reconstruction du territoire, s’est réuni deux jours plus tard en Égypte.

Publié le 21/01/2026

 

Composé de quinze personnalités palestiniennes ayant l’heur de convenir au Conseil de la paix de Trump, et sous sa responsabilité, ce comité a pour l’instant plus ou moins reçu le soutien des responsables du Hamas et du Jihad islamique, depuis Gaza, et du Fatah depuis la Cisjordanie, lesquels se déclarent cependant inquiets sur la réalité de la reconstruction.

Pour la population, c’est plus que de l’inquiétude. L’aide humanitaire ne parvient que sporadiquement à des centaines de milliers de Gazaouis sans toit, sans chauffage, sans eau, sans nourriture et sans médicaments. Parmi les camions autorisés par le gouvernement israélien à acheminer de l’aide, la grande majorité est affrétée par des sociétés privées, et les besoins essentiels sont loin d’être couverts. Si l’on peut trouver des chips hors de prix, le lait infantile reste inaccessible.

Alors que le cessez-le-feu est censé être en place depuis octobre, des tirs ou des bombardements tuent des Palestiniens tous les jours, soi-disant en riposte à des tirs du Hamas ou du Jihad islamique. Le nombre de tués, 470, en témoigne : l’armée israélienne poursuit sa guerre. Elle occupe les points de passage, déplace chaque jour un peu plus la « ligne jaune », dont le franchissement et même l’approche sont interdites aux Gazaouis, en danger de mort. Même depuis le démarrage de la « deuxième phase » du plan de paix de Trump, 14 Gazaouis ont été tués près de Gaza-ville.

« Personne ne se soucie de nous », déclare un habitant depuis les ruines de Gaza-ville à des correspondants téléphoniques. « Le monde entier se réunit auCaire pour parler de Gaza, mais ils ne peuvent même pas y entrer ». D’ailleurs, outre le passage des informations, rien ou presque ne fonctionne à Gaza, ni les réseaux d’eau et d’électricité, à peine les hôpitaux, encore moins les écoles. Les menaces du gouvernement israélien, relayées et amplifiées par Trump, fonctionnent à plein. Le Hamas est sommé de rendre toutes les armes, alors que les troupes israéliennes, elles, sont présentes, armées jusqu’aux dents, et provocantes. La « force internationale de stabilisation » prévue dans le plan Trump et censée aider à sécuriser Gaza pendant la reconstruction apparaît comme une sinistre plaisanterie.

Quant au retrait de l’armée israélienne de Gaza, vaguement évoqué à terme dans le plan de Trump, il ne saurait en être question pour Netanyahou et l’extrême droite au gouvernement, qui continuent à écraser les Palestiniens sous leur talon de fer, condamnant aussi au passage la population israélienne à continuer à vivre en guerre permanente.

                                         Viviane Lafont (Lutte ouvrière n°2999)

 

Arrêts maladies, en Allemagne comme en France : non au travail forcé !

 

Ses serviteurs de la bourgeoisie en forme contre les travailleurs

 

 

Le chancelier Allemand Mertz s’en est pris aux salariés en arrêt maladie, déclarant que cela faisait près de 3 semaines par an pendant lesquels les salariés ne travaillent pas, ajoutant « est-ce vraiment nécessaire ? ».

         Il vise notamment les téléconsultations qui, selon lui, ne seraient plus justifiées. Un comble puisque les téléconsultations servent à essayer de suppléer le manque de médecins.

         En France aussi, ces campagnes visent à stigmatiser les travailleurs, les présentant comme des fainéants trop malades au goût des patrons, mais jamais assez pour être en arrêt. Ce sont pourtant les patrons, avec les conditions de travail qu’ils imposent, qui sont en grande partie responsables des problèmes de santé et de l’usure des travailleurs.

Histoire des deux rives : La disparition de Mohamed Harbi

 Mohammed Harbi : une figure de la lutte du peuple algérien

Mohammed Harbi, historien et militant ayant participé à la lutte du peuple algérien pour son émancipation, est décédé le 1er janvier.

Publié le 21/01/2026

Né en 1933, issu d’une famille de notables du Constantinois, il avait découvert les idées marxistes grâce à un professeur de son lycée. Marqué comme tous ceux de sa génération par les massacres du 8 mai 1945, il avait rejoint alors les rangs du MTLD, le mouvement nationaliste de Messali Hadj. Étudiant à Paris, Mohamed Harbi devint dirigeant de la fédération française du FLN, de 1954 à 1958, et côtoya des militants trotskystes. Par la suite, il devint un cadre du Gouvernement provisoire de la République algérienne et participa aux premières négociations des accords d’Évian.

Témoin de la guerre fratricide qui opposa le FLN au MNA de Messali Hadj, Mohammed Harbi vécut de l’intérieur les luttes de pouvoir qui firent d’Ahmed Ben Bella le premier président du nouvel État indépendant. Il devint son conseiller chargé d’encadrer le mouvement d’autogestion né dans les domaines agricoles laissés par les colons, une tâche qu’il accomplit assisté du militant trotskyste Michel Raptis, alias Pablo. Malheureusement cela entretenait aussi l’illusion que l’Algérie empruntait la voie du socialisme, alors qu’au même moment Ben Bella éliminait ses rivaux et mettait au pas le syndicat Union générale des travailleurs algériens, sous influence de militants communistes.

En 1965, après le coup d’État militaire de Boumédiène, Mohammed Harbi, critique de cette évolution, passa dans l’opposition au régime. Il fonda avec des militants du Parti communiste algérien et des militants de la gauche du FLN, l’Organisation de la résistance populaire. Aussitôt arrêté, il passa les sept années suivantes en prison puis en résidence surveillée, avant de réussir à s’évader et s’exiler en France.

Ses ouvrages, Aux origines du FLN, écrit en prison, et Le FLN, mirage et réalité, publié en 1981, alors interdits en Algérie, furent une révélation pour toute une génération d’Algériens, abreuvée d’un récit officiel mythifiant le rôle joué par le FLN durant la guerre d’indépendance. Son œuvre continue à nourrir la réflexion de ceux qui en Algérie veulent comprendre ce passé et comment changer l’avenir.

                                                      Leïla Wahda (Lutte ouvrière n°2999)