Gaza :
le mythe de la reconstruction
La « phase 2 » du plan de Trump
prétendant mettre fin à la guerre contre Gaza a débuté le 14 janvier. À la suite, le comité technocratique de « gouvernance » que le
président américain a
prévu pour administrer provisoirement et piloter
la reconstruction du territoire, s’est réuni deux jours plus tard en Égypte.
Publié le 21/01/2026
Composé de quinze personnalités
palestiniennes ayant l’heur de convenir au Conseil de la paix de Trump, et sous
sa responsabilité, ce comité a pour l’instant plus ou moins reçu le soutien des
responsables du Hamas et du Jihad islamique, depuis Gaza, et du Fatah depuis la
Cisjordanie, lesquels se déclarent cependant inquiets sur la réalité de la
reconstruction.
Pour la population, c’est plus
que de l’inquiétude. L’aide humanitaire ne parvient que sporadiquement à des
centaines de milliers de Gazaouis sans toit, sans chauffage, sans eau, sans
nourriture et sans médicaments. Parmi les camions autorisés par le gouvernement
israélien à acheminer de l’aide, la grande majorité est affrétée par des
sociétés privées, et les besoins essentiels sont loin d’être couverts. Si l’on
peut trouver des chips hors de prix, le lait infantile reste inaccessible.
Alors que le cessez-le-feu est
censé être en place depuis octobre, des tirs ou des bombardements tuent des
Palestiniens tous les jours, soi-disant en riposte à des tirs du Hamas ou du
Jihad islamique. Le nombre de tués, 470, en témoigne : l’armée israélienne
poursuit sa guerre. Elle occupe les points de passage, déplace chaque jour un
peu plus la « ligne jaune », dont le franchissement et même l’approche sont
interdites aux Gazaouis, en danger de mort. Même depuis le démarrage de la «
deuxième phase » du plan de paix de Trump, 14 Gazaouis ont été tués près
de Gaza-ville.
« Personne ne se soucie de nous », déclare
un habitant depuis les ruines de Gaza-ville à des correspondants téléphoniques.
« Le monde entier se réunit au Caire
pour parler de Gaza, mais ils ne peuvent même pas y
entrer ».
D’ailleurs, outre le passage des informations, rien ou presque ne fonctionne à
Gaza, ni les réseaux d’eau et d’électricité, à peine les hôpitaux, encore moins
les écoles. Les menaces du gouvernement israélien, relayées et amplifiées par
Trump, fonctionnent à plein. Le Hamas est sommé de rendre toutes les armes,
alors que les troupes israéliennes, elles, sont présentes, armées jusqu’aux
dents, et provocantes. La « force internationale de stabilisation » prévue dans
le plan Trump et censée aider à sécuriser Gaza pendant la reconstruction
apparaît comme une sinistre plaisanterie.
Quant au retrait de l’armée
israélienne de Gaza, vaguement évoqué à terme dans le plan de Trump, il ne
saurait en être question pour Netanyahou et l’extrême droite au gouvernement,
qui continuent à écraser les Palestiniens sous leur talon de fer, condamnant
aussi au passage la population israélienne à continuer à vivre en guerre
permanente.
Viviane
Lafont (Lutte ouvrière n°2999)