vendredi 23 janvier 2026

Paysans : la crise vient de loin

Paysans : la crise vient de loin

Mardi 20 janvier, des milliers d’agriculteurs, avec des centaines de tracteurs, manifestaient devant le Parlement européen à Strasbourg. Ils demandaient aux députés de ne pas ratifier le traité avec le Mercosur.

Publié le 21/01/2026

Ils pensent que ce traité de libre échange avec des pays d’Amérique du Sud entraînerait une concurrence déloyale, en particulier sur la viande bovine et, par là, la ruine d’éleveurs, en France et dans d’autres pays d’Europe. Les protestations contre ce traité, comme celles sur la façon dont l’État a traité la maladie qui menaçait les troupeaux, sont les symptômes d’une crise plus profonde, plus ancienne et, en fait, réellement mortelle pour un certain type d’exploitation agricole et pas seulement dans l’élevage bovin.

Bon nombre de paysans, même lorsqu’ils travaillent dur, longtemps et de leurs mains, sont de petits entrepreneurs. Ils possèdent, ou croient posséder leur outil de travail, d’une valeur bien plus grande que leur revenu ; pour être compétitifs, c’est-à-dire en définitive pour pouvoir vendre leurs produits et en vivre, il leur faut un outillage, des compétences et des connaissances toujours plus pointues ; ils ont recours à une multitude d’autres entreprises, qui sont souvent celles de grands capitalistes, des fabricants de matériel mécanique, du tracteur à la trayeuse, jusqu’aux fabricants d’engrais, aux laboratoires vétérinaires, aux semenciers. Il y a désormais dans l’agriculture presque autant de salariés intervenant pour des entreprises spécialisées que de propriétaires exploitants.

Les agriculteurs, même ceux qui travaillent seuls sur leur exploitation, réalisent simplement, comme tout producteur, une partie infime du travail social, complètement dépendante du reste, en amont comme en aval, c’est-à-dire pour les moyens de production comme pour l’écoulement des produits. Ils achètent des produits et des services sur le marché mondial et ils vendent leur production sur ce même marché, en concurrence avec tous les autres, même lorsqu’elle est écoulée « localement ». Ils n’ont plus, depuis longtemps, que l’illusion d’être à leur compte, d’être propriétaires, de décider de leur propre vie, mais c’est cette illusion qui dicte leur conduite et en fait, bien souvent, des soutiens de l’ordre bourgeois. Cela ne les empêche pas de subir la loi de la concurrence et d’être ruinés par plus puissants qu’eux, à commencer par les géants de l’agroalimentaire, qui travaillent sur une base industrielle.

C’est précisément l’un de ceux-là, Arnaud Rousseau, à la tête de 700 hectares de terres et du groupe Avril spécialisé dans les huiles, possédant des antennes jusqu’au Brésil, qui préside la FNSEA, le principal syndicat agricole. Ce poste lui permet d’orienter la politique agricole au profit des capitalistes de sa taille, sans lui coûter trop cher en démagogie auprès des plus petits. Rousseau peut ainsi réclamer, mollement il est vrai, le renoncement au traité avec le Mercosur, la liberté de capter l’eau, bien commun, au profit des grandes exploitations, la liberté de répandre les pesticides, la fin des contrôles, la fermeture des frontières. Cela se fera ou non, mais, finalement, comme dans toute l’histoire du capitalisme, la grande entreprise écrasera l’artisan.

Depuis un siècle ou plus, l’État a maintenu la tête hors de l’eau à une fraction de la petite paysannerie propriétaire, de plus en plus réduite au cours des décennies. Alors que la concurrence s’exacerbe dans tous les domaines, il n’est pas certain qu’il continuera à le faire. Les petits et moyens paysans, aveuglés par leurs illusions de propriétaire, continueront-ils alors à soutenir le système qui les tue ? Ou bien les travailleurs de la terre verront-ils tout ce qui les sépare des Rousseau et autres capitalistes agricoles ?

                                                     Paul Galois (Lutte ouvrière n°2999)

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil et la région :

-Aujourd’hui vendredi 23 janvier : de 16 h. à 16 h.30 au marché du Val ;

Et au carrefour Babou du Centre, de 17h.15 à 18 h.15. ;

-samedi 24 janvier, de 10 h. à 10h.30 au marché des Coteaux ;

-de 10 h.30 à midi, centre commercial de la cité Joliot-Curie ;

De 11 heures à midi au marché de la Colonie ;

-dimanche 25 janvier, de 10 h.25 à 10 h.55 devant l’Intermarché du Centre (sous réserve) ;

-et de 11 h. à midi au marché Héloïse ;

-lundi 26 janvier, de 18 h. à 19 heures, centre commercial, cité des Raguenets, St-Gratien.

 

Afrique subsaharienne : « développement » de la misère

Du "développement" à la régression

 

 

Crédit photo : RawPixel.com

D’après la Banque mondiale, 25 % des pays dits « en voie de développement » sont plus pauvres aujourd’hui qu’en 2019. Il s’agit pour l’essentiel de pays d’Afrique subsaharienne, marqués par les guerres et les famines.

         Ce que la Banque mondiale ne dit pas, c’est que ces catastrophes sont causées et entretenues par les pays riches et leurs grandes manœuvres au service de leurs multinationales respectives.

         La seule « voie de développement », c’est le renversement de cet ordre mondial inique.

 

Frais bancaires : le racket continue

Frais bancaires : le racket continue

Publié le 21/01/2026

En 2026, les frais bancaires devraient augmenter en moyenne de 3 %, d’après une étude publiée le 15 janvier par l’association de défense des consommateurs CLCV, qui se base sur les grilles de prix appliquées par les banques à partir du 1er février.

Ce sont les frais de gestion courante des comptes, forfaitaires, qui augmentent le plus, de 6 %, après une augmentation de 8 % en 2025. Leur tarif moyen, autour de 25 euros, est totalement indu. En effet, la gestion des comptes est très largement informatisée et ne coûte quasiment rien. Cela vaut d’ailleurs pour de nombreuses opérations, comme les très mal nommées « commissions d’intervention », qui ne sont que des factures, par exemple de 20 euros à chaque rejet de prélèvement chez certaines banques.

Il existe bien des lois qui plafonnent certains de ces frais bancaires, mais les plafonds sont si élevés que, dans les faits, ils ne protègent absolument pas les clients. Des ministres ont bien parlé, ces dernières années, de changer cela, mais rien n’a été fait.

Les frais bancaires représentent une importante source de profits, souvent plus de 40 % du revenu d’activité des banques de détail. Du racket pur et simple !

                                                      Thomas Baumer (Lutte ouvrière n°2999)