Éducation :
écoles ou casernes ?
Certains établissements scolaires
n’ont pas attendu longtemps que Macron, les ministres et les généraux aient
lancé le nouveau service militaire national pour que l’armée s’invite dans
leurs locaux afin de recruter des élèves qui, plus tard, marcheront au pas.
Publié le 14/01/2026
Le journal Libération du
12 janvier
cite plusieurs exemples de séances d’entraînement dans les collèges et lycées.
On y pratique le port d’uniforme et de tout le barda. Des élèves apprennent à
réprimer une manifestation, tandis qu’ailleurs, transformés en matons, ils s’en
prennent aux détenus. Sans aller jusqu’à ces extrémités, au lycée Jean-Monnet
de Montpellier, des militaires sont venus dès le premier jour présenter le
nouveau service dans le but d’y attirer les jeunes.
Cela fait en réalité des années
que les gouvernements font appel aux militaires sous prétexte d’éduquer les
jeunes. Déjà, en 1989, chaque académie s’était vu imposer un trinôme, composé
de représentants de la Défense, de l’Éducation nationale et d’un institut,
devant aider les enseignants à faire connaître les « enjeux de la défense »
et à « promouvoir les valeurs de la République ». Sans beaucoup de
succès, il faut bien le dire. En 2007, une circulaire demandait de diriger les
élèves vers, entre autres, « les emplois civils et militaires offerts par
les armées ». Même discours en 2013 dans Le livre blanc sur la défense,
sans plus de résultats.
Maintenant, vu les menaces de
guerre et le manque de perspectives offertes aux jeunes, l’armée s’invite de
plus en plus dans les établissements scolaires, y compris chez les moins de
15 ans des collèges. Les militaires d’aujourd’hui retrouvent ainsi le rôle
des agents recruteurs de l’ancien régime. Ils seront bientôt tout aussi haïs.
Marianne Lamiral (Lutte ouvrière
n°2998)