dimanche 11 janvier 2026

Grève des médecins : pas d’économies sur la santé !

Grève des médecins : pas d’économies sur la santé !

Lundi 5 janvier, les médecins libéraux et les cliniques privées ont commencé une grève nationale devant durer dix jours pour protester contre le budget de la Sécurité sociale adopté en décembre 2025 et jugé largement « insuffisant ».

Publié le 07/01/2026

 

Une manifestation est prévue à Paris le 10 janvier. Que le budget de la Sécurité sociale soit insuffisant, c’est le moins que l’on puisse dire, même si pour obtenir le soutien du PS et des écologistes, le gouvernement a renoncé pour le moment à l’augmentation des franchises médicales et accordé une petite rallonge pour l’Ondam, l’objectif national des dépenses d’assurance maladie. Par contre, la note est salée pour la population. Une taxe d’un milliard sur les complémentaires santé sera bien sûr répercutée par celles-ci sur les adhérents, qui cotiseront plus pour être moins bien remboursés. La baisse de la prise en charge des cures thermales et la limitation des arrêts maladie sont autant d’attaques contre la population qui devra encore plus renoncer aux soins.

Cette grève, comme toute grève d’ailleurs, peut créer une gêne réelle pour la population, ne serait- ce que parce que la fermeture des cabinets médicaux entraînera un engorgement encore plus important des services d’urgence, d’autant plus cet hiver avec l’épidémie de grippe. Cependant ce mouvement, comme les précédents, ne suscite pas d’hostilité dans la population. De nombreux malades connaissent la dure réalité des « déserts médicaux » et des horaires de certains médecins généralistes pour assurer au mieux des soins pour tous. La ministre de la Santé s’est d’ailleurs bien gardée d’attaquer les médecins en les qualifiant de privilégiés trop bien payés.

Bien sûr, les médecins libéraux, même si leurs conditions de travail se dégradent, ne sont pas les plus à plaindre en matière de revenus. D’ailleurs au 1er janvier les médecins spécialistes, comme les gynécologues ou les gériatres, ont obtenu une augmentation du prix de leur consultation. Et le gouvernement se dit prêt à envisager un nouveau coup de pouce des tarifs de consultation si les médecins libéraux acceptaient de prendre plus de patients et d’assurer des gardes de nuit et de week-end, alors qu’ils sont déjà débordés ! À cela s’ajoute le fait que l’on prétend instaurer un contrôle sur leurs prescriptions et notamment sur le nombre d’arrêts maladie qu’ils délivrent.

Cette grève des médecins libéraux n’est que leur réaction face à un système de santé qui vacille sous les coups de boutoir de la recherche de la rentabilité maximale. Depuis des décennies, le système craque de partout. L’épidémie du Covid a déjà montré les conséquences criminelles de ces politiques, mais le « quoi qu’il en coûte » n’est jamais pour la santé de la population, mais pour celle des profits.

                                                            Cédric Duval (Lutte ouvrière n°2997)

 

Etats-Unis : un meurtre policier et politique

Encouragée au meurtre

 

 

Le 7 janvier, un agent de ICE, la police fédérale anti-immigration, a assassiné une femme de 37 ans qui venait de déposer son fils à l’école. Au volant de sa voiture, elle s’est retrouvée au milieu d’une descente de ICE qui mène une vaste opération anti-immigrés à Minneapolis. Elle s’éloignait des policiers lorsque l’un d’entre-eux lui a tiré dessus à trois reprises la tuant.

         Trump et sa clique soutiennent le policier et qualifient ces tirs de légitime défense alors que les vidéos du meurtre montrent l'inverse.

         Les manifestations d’opposant à ICE, réclamant son départ de Minneapolis, ont redoublé depuis. Trump et son administration qui recrutent cette police, l’arme et l’envoient dans des quartiers en prétendant que leurs habitants sont des gangsters, des trafiquants et des assassins, sont également visé par les protestations. Ce sont eux les coupables.

 

Groenland : le prochain sur la liste ?

 Groenland : le prochain sur la liste ?

Quelques heures à peine après son coup de force au Venezuela, Trump s’est donné deux mois pour « s’occuper » du Groenland. Et un de ses aides de camp de renchérir, affirmant que « personne ne va se battre militairement avec les États-Unis pour l’avenir du Groenland ».

Publié le 07/01/2026

L’impérialisme américain, et pas seulement Trump et son équipe, a depuis longtemps les yeux tournés vers cette île grande comme l’Europe de l’ouest mais peuplée seulement de 57 000 habitants, et, au-delà, vers l’Arctique. La fonte des glaces consécutive au réchauffement climatique libère des possibilités d’exploitation minière et des voies maritimes. Dans les passages libres de glaces, contourner par le nord le continent américain ou le continent eurasiatique devient possible et permet d’économiser près de la moitié du trajet Asie-Europe et Asie-New York.

Aujourd’hui l’expédition n’est pas sans risque et les navires ordinaires ne s’y risquent pas. En septembre 2025 un cargo néerlandais de 172 mètres s’est échoué au nord du Canada et il avait fallu deux brise-glace pour le sortir de ce mauvais pas. Le gaz exploité dans la presqu’île de Yamal, en arctique russe, ne peut partir vers l’Europe et l’Asie que dans des méthaniers brise-glace spécialement conçus. Ils sont en outre surveillés par les brise-glace à propulsion nucléaire de la marine russe, la plus performante dans ce domaine. Mais chaque grande puissance n’en place pas moins ses pions et prépare le dégel. Et si chacun renforce ses capacités maritimes, en particulier dans la construction de navires polaires et dans l’établissement de bases permanentes, les États-Unis se portent carrément acquéreurs, voire accapareurs du Groenland.

Cette île leur donnerait en effet un accès supplémentaire à l’Arctique et un poste d’observation au carrefour des deux routes du nord. Le contrôle des passages maritimes, Gibraltar, Malacca, Panama, Suez, Aden, Hong Kong, cap Horn, cap de Bonne Espérance etc., a été une constante de la politique impériale, celle de la Grande-Bretagne jusqu’en 1914, celle des États-Unis depuis. Si aujourd’hui un passage se libère, l’impérialisme entend en prendre possession.

Le Groenland fait juridiquement partie de l’Union européenne en tant que territoire autonome du Danemark. Face aux prétentions de Trump, les gouvernements français, allemand, britannique etc., ont donc renouvelé leurs protestations et les rappels au droit international, au respect des traités, à la bonne amitié entre Occidentaux etc. Rien n’y fait alors que les États-Unis veulent le contrôle de cette route maritime et sont prêts pour cela à s’emparer du Groenland, voire à contraindre le Canada à devenir un de leurs états fédérés. De plus, en cas de conflit généralisé, le Groenland constituerait, encore plus que lors de la Seconde Guerre mondiale, une base avancée indispensable pour les États-Unis, ce que leur état-major souligne à l’envi. Pour les généraux comme pour Trump, dominer le Groenland est donc aussi, une question de « sécurité nationale ».

La réaction des États européens a tout de l’aveu de faiblesse comme le montre, par exemple, la politique danoise. Le jour même où Trump renouvelait ses menaces, l’armée danoise signait un contrat pour l’achat, le maniement et la maintenance de trois avions de surveillance maritime et militaire avec… les États-Unis. Les dirigeants européens ne craignent sans doute pas d’être traités comme le vénézuélien Maduro et traînés devant un tribunal étatsunien sous quelque accusation fantaisiste. Mais ils ont tout simplement conscience que l’impérialisme américain est le plus fort et que, qu’ils le veuillent ou non, ce qu’il désire s’accomplira.

                                                           Paul Galois (Lutte ouvrière n°2997)

Emploi : Arc : capitalistes sous perfusion d’argent public

Le parasitisme des capitalistes

 

 

Le groupe verrier Arc, qui possède une usine de production de 3 500 ouvriers dans la ville d’Arques (Pas-de-Calais), a annoncé son redressement judiciaire. Le groupe a longtemps appartenu aux Durand, une famille de grands bourgeois enrichie depuis le 19e siècle de l’exploitation de ses ouvriers, avant de devoir partager le magot avec des financiers.

         Depuis des années, les dirigeants d’Arc sont des habitués des plans de redressement, recevant de l’argent public tout en licenciant. Le directeur général annonce la couleur et veut réduire les effectifs. Ponction permanente d’argent public et aggravation de l’exploitation : le parasitisme des capitalistes se confirme chaque jour.