L’un, et non des moindres, d’une belle Équipe de militants
Philippe Goiset, militant communiste révolutionnaire de toute une vie nous a quitté le 1er janvier, à l’âge de 70 ans, quelques semaines après Yves Cottençon. Il était replié depuis plusieurs années dans les Pyrénées orientales où il a milité jusqu’au bout avec les camarades de Lutte ouvrière.
Je l’ai toujours connu comme tel, militant, déterminé, volontariste. Il fut l’un des membres de « l’équipe » Lutte ouvrière de la Snecma-Gennevilliers. Pas de chance pour ceux qui avaient choisi le camp des exploiteurs de cette entreprise, aujourd’hui du groupe Safran, et qui durent affronter de tels militants ouvriers. Bonheur en revanche pour ceux qui eurent à leurs côtés ces militants réactifs, quand l’un ou l’autre avait besoin de soutien et de mettre en branle la force collective. Nous aurons bien des occasions pour revenir sur tant de combats et d’en transmettre l’exemple aux militants qui s’engagent pour transformer le monde.
Il fut des nôtres dans nos activités d’Argenteuil comme de celles de Colombes où il habita longtemps. Comme moi, il était un vendeur dynamique de notre journal Lutte ouvrière qui n’existe depuis 1968 que parce qu’il est diffusé et lu.
Nous avions beaucoup d’estime et d’affection l’un envers l’autre. Aux obsèques d’Yves il y a peu de temps où il avait tenu à être présent j’ai hésité à l’embrasser en lui disant bonjour. J’ai eu tort de ne pas le faire.
Dernièrement, une enquête de l’Insee mettait à nouveau l’accent sur l’écart au niveau de l’espérance de vie au sein du monde du travail, entre ouvriers et autres professions, y compris du monde du travail. Il n’y a pas à chercher loin pour en connaître la cause. Pollution industrielle intense, produits manipulés toxiques, on disparaît tôt dans le monde industriel. Christine, Joëlle, Raymond, Patrick, Yves, et maintenant Philippe, par un autre parcours professionnel, vous auriez eu sans doute bien d’autres années de vie à vivre.
Le combat continue bien sûr. Philippe comme ses camarades de combat aujourd’hui disparus de votre génération, vous avez permis que renaisse dans le pays l’espoir qu’à nouveau, demain, un parti du monde du travail, révolutionnaire et porteur du changement du monde, même si l'essentiel reste encore à faire. Dans les combats pour le développer, tu seras, vous serez souvent tant que nous vivrons dans nos échanges militants pour rappeler le rôle que vous eurent, et l’exemple de l’engagement nécessaire qui fut le cœur de votre vie. DM




