Budget de
l’armée : c’est déjà l’union sacrée
L’Assemblée nationale, suivie du
Sénat, a approuvé à une large majorité l’augmentation de 6,7 milliards
d’euros des crédits d’armement, ce qui porterait le budget de l’armée à
57 milliards d’euros en 2026.
Publié le 17/12/2025
Pour l’instant, ce vote est
symbolique puisque cette augmentation du budget militaire dépend en dernier
ressort du vote du budget général par l’Assemblée, qui n’est pas encore acquis.
Mais les déclarations des uns et des autres montrent, s’il en est besoin, que
tous sont en fait d’accord pour que le pays se lance dans la course à
l’armement et pour défendre l’industrie de guerre : en effet, 411 députés ont
voté pour. LFI et le Parti communiste ont voté contre, les écologistes se sont
abstenus.
Sans surprise, le Premier
ministre Sébastien Lecornu et la coalition gouvernementale ont justifié ce vote
par la prétendue menace russe imminente. En fait, tous les gouvernements
occidentaux réarment car ils savent que la concurrence entre eux, la guerre
économique pour les ressources et les marchés, menace de déboucher sur la
guerre tout court. Les menaces de la Russie et de la Chine ne sont que des
prétextes.
Marine Le Pen, au nom du
Rassemblement national, a enchaîné, estimant que le président agit dans le bons
sens mais ne va pas assez loin, et réclamant plus d’efforts, autrement dit plus
d’argent public pour les marchands d’armes, au détriment de l’hôpital et de
l’école. Son parti a donc voté pour. En fait, du PS au RN, les arguments sont
les mêmes et les discours, plus ou moins interchangeables : l’effort de guerre
doit être accepté au nom d’une prétendue menace étrangère.
Quant à LFI et au PCF, leur
opposition à l’augmentation de ce budget militaire n’est en rien une
condamnation de la marche à la guerre et surtout des fauteurs de guerre.
Édouard Bénard pour le PC et Bastien Lachaud pour LFI se sont tous deux lancés
dans une diatribe contre le gouvernement qui braderait l’industrie de défense
nationale. Ils lui reprochent tous deux d’être inféodé aux États-Unis et de ne
pas assez défendre l’indépendance du pays. Le PCF pleure sur Vencorex,
entreprise de la chimie vendue aux Chinois, ou sur la liquidation d’Atos,
entreprise d’informatique et « fierté nationale ». C’est vouloir faire
croire que, en défendant les capitalistes de l’armement bien français, ils
défendent la souveraineté de la population ou la capacité de « défendre la
patrie ». Mais ce ne sont toujours que des capitalistes prêts à faire de
l’argent sur la mort, et surtout prêts à envoyer à la mort des jeunes… pour
leurs propres profits.
Ces partis clament qu’ils sont
pour la paix alors qu’ils s’alignent sur la marche à la guerre. Ils ne sont
opposés ni à faire endosser l’uniforme aux jeunes, ni à accroître les profits
des marchands d’armes. Comme leurs prédécesseurs en 1914 et en 1939, ils sont
prêts en cas de guerre à se mettre comme un seul homme derrière le gouvernement
et les capitalistes « nationaux », au nom de l’union sacrée.
Pour s’opposer à la guerre, les
travailleurs ne devront vraiment compter que sur eux-mêmes.
Aline Urbain (Lutte ouvrière
n°2994)
Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à
Argenteuil et la région :
-Aujourd’hui dimanche 21 décembre, de de 11 h. à midi
au marché Héloïse.