mardi 9 décembre 2025

Fauteuils roulants : le remboursement, un minimum !

Fauteuils roulants : le remboursement, un minimum !

Vingt ans après l’adoption, en février 2005, de la loi « pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées », Macron a annoncé que les fauteuils roulants seront désormais pris en charge à 100 % par l’Assurance maladie.

Publié le 03/12/2025

 


Pour toutes les personnes concernées, c’est évidemment une bonne nouvelle. Il était plus que temps, alors que c’était l’une des mesures réclamées par toutes les associations au moment où la loi handicap avait été discutée. Jusqu’à présent, la prise en charge de cet équipement, indispensable pour 1,1million de personnes au quotidien, relevait du parcours du combattant. Il leur fallait faire appel à au moins cinq organismes, voire plus, pour obtenir le financement, en tout ou en partie, de l’achat d’un fauteuil roulant. Et cette multiplication de dossiers auprès de la Maison départementale pour les personnes handicapées (MDPH) pour obtenir une prestation de compensation du handicap (PCH), de la mairie ou encore du Centre communal d’action sociale (CCAS), n’aboutissait pas forcément à une prise en charge totale. Les handicapés devaient alors se débrouiller pour payer les quelques centaines, voire quelques milliers d’euros restant à leur charge.

Devant la presse, le gouvernement a reconnu le 28novembre que la situation était « injuste et indigne », ajoutant que « l’accès à la mobilité ne doit pas dépendre des moyens financiers ». Mais la prise en charge des fauteuils roulants n’est qu’un aspect de « l’accès à la mobilité », semé d’obstacles d’autant plus grands que les moyens financiers des personnes handicapées sont réduits. Car si la loi exige depuis 2005 que les lieux publics, les écoles, les transports soient accessibles aux personnes en fauteuil ou à mobilité réduite, on en est très loin ! L’accessibilité des logements est également un casse-tête. Des locataires de HLM en fauteuil après des accidents ou à cause de la progression d’une maladie, sont « prisonniers » de logements en étage dans des bâtiments sans ascenseur, faute de proposition alternative dans un parc HLM saturé. D’autres, propriétaires ou locataires de logements inadaptés, n’ont pas les moyens d’effectuer les travaux d’accessibilité nécessaires.

Macron et le gouvernement ne sont pas avares de déclarations sur les priorités sociales qu’ils se fixent. Ce qui manque à chaque fois pour les mettre en œuvre, ce sont les moyens.

                                          Nadia Cantale (Lutte ouvrière n°2992)

 

Argenteuil, quartier du Val-Nord, retour sur le documentaire « On n’est pas des racailles » (4) : l’activité militante pour l’union de notre classe, le combat prioritaire

 

Redévelopper la conscience et l’organisation du monde du travail

 

Capture d'écran, "Un contrat communal", PCF, 1971 

J’en ai bientôt terminé avec mes commentaires du documentaire « On n’est pas des racailles » ayant pour point de départ la visite en 2005 de Sarkozy à Argenteuil dans le quartier du Val-Nord. Cette provocation a créé une marque indélébile sur l’image de ce quartier aux yeux de ceux qui, au loin, ne le connaissent pas.

         Résumons ce qui caractérise ce quartier aujourd’hui en 2025 : son caractère périphérique, en particulier qui pèse sur les anciens mais aussi sur la jeunesse ; la faiblesse des services publics au sens large utiles à la population ; la faiblesse du commerce et des lieux de sociabilité (le Pub d’argent et les Éperons ne sont plus que des lointains souvenirs). Et un élément supplémentaire : la faiblesse des synergies entre les acteurs associatifs et les structures municipales (Si je me trompe, ils sauront me détromper, mais je pense que j’ai raison). L’ensemble baignant dans un tableau général de montée de la pauvreté et des difficultés sociales.

         Alors que faire ? Des militants révolutionnaires du monde du travail ne peuvent se contenter d’attendre la révolution. Ils la préparent, quelle que soit la conjoncture, en développant les éléments essentiels de notre classe : la force collective, la conscience, et l’organisation.

         Lorsque la « ZUP » du Val-Nord fut réalisée au cours de la décennie 1960, parmi les habitants qui y emménagèrent, il y avait des militants, en l’occurrence pour l’essentiel du Parti Communiste Français, influents parmi les associations, de locataires, et autres, mais également à travers le réseau d’institutrices, d’instituteurs, d’enseignants dévoués et entreprenants. L’Humanité y circulait. Plus tard, nous même, nous y faisions du porte-à-porte le dimanche matin pour y proposer notre hebdomadaire Lutte ouvrière. Nous y avions des proches.

         Le temps a passé, et la conscience et l’organisation du monde du travail, dans ce quartier comme partout ont subi les conséquences de l’effondrement militant, politique et syndical.

         Aujourd’hui, c’est cela qui est à reconstruire.

         Pour notre part, notre activité dans les prochaines élections municipales visera à cela. Nous aurons des candidats habitant le quartier sur notre liste Lutte ouvrière-Le camp des travailleurs. Notre objectif est de sortir de la future campagne électorale avec à nouveau le début d’un petit réseau pérenne dans le quartier du Val-nord. Changer la physionomie d’un quartier marqué par ses problèmes est une chose, mais réimplanter du collectif en est une autre. Même modestement, cela est à la portée de militants ouvriers déterminés. DM

 

Un document à voir et à revoir

Argenteuil, un contrat communal, 1971, 37 min

Ciné-archives

https://www.cinearchives.org/catalogue-argenteuil-un-contrat-communal-1104-277-1-0.html

lundi 8 décembre 2025

Banques alimentaires : qui alimente la pauvreté ?

Banques alimentaires : qui alimente la pauvreté ?

Du 28 au 30novembre, les banques alimentaires ont organisé leur grande collecte, avec plus de 115 000 bénévoles mobilisés sur toute la France.

Publié le 03/12/2025

Si leur nombre comme celui des donateurs, particulièrement dans les milieux populaires, ne baisse pas, le nombre de personnes qui n’arrivent plus à se nourrir, lui, explose. Plus de 2,4millions de femmes et dhommes dépendent de laide alimentaire, soit 500 000 de plus quil y a cinq ans.

Cette aggravation est d’abord due aux vagues de licenciements et de fermetures d’usines, qui ont jeté sur le carreau des centaines de milliers de travailleurs. C’est aussi la conséquence de l’envol des prix depuis 2022, alors que les salaires ont stagné. D’après une responsable de la Fédération française des banques alimentaire, « On a de plus en plus de travailleurs pauvres, c’est 20 % des personnes qu’on accueille. Ce sont des personnes qui ont un emploi, qui sont majoritairement en CDI, majoritairement à temps plein, mais pour qui les fins de mois ne sont pas bouclées. Souvent, cela concerne des familles avec enfants et beaucoup de familles monoparentales, donc des femmes. »

Pendant que la misère se développe à un pôle de la société, à l’autre, la richesse explose : les 500 Français les plus riches ont ainsi vu leur fortune multipliée par 14 en trente ans. Ils la tirent de la propriété de banques et de grandes entreprises qui ont augmenté les prix, accru les cadences de travail, gelé les salaires et… explosé leurs profits.

La richesse d’une toute petite minorité alimente la pauvreté d’une fraction de plus en plus grande de la population laborieuse.

                                           Arnaud Louvet (Lutte ouvrière n°2992)